Les pertes humaines: le vertige des chiffres
1 246 330 soldats. Pour mesurer l’ampleur du desastre humain, il faut traduire. C’est l’equivalent de la population entiere de la ville de Prague rayee de la carte. C’est comme si l’on vidait Munich de tous ses habitants. C’est trois fois la population de Nice. C’est dix fois le nombre de soldats sovietiques morts en Afghanistan pendant dix ans de guerre. C’est l’effacement d’une generation entiere de jeunes hommes russes.
En quatre ans, la Russie a perdu plus d’hommes qu’en toutes ses guerres depuis 1945 combinees. Plus qu’en Tchetchenie. Plus qu’en Georgie. Plus qu’en Syrie. La saignee demographique est sans precedent dans l’histoire militaire post-sovietique. Les demographes russes tirent la sonnette d’alarme. La pyramide des ages du pays est devastee. Les consequences se feront sentir pendant des decennies.
Ces chiffres me donnent le vertige. Pas parce qu’ils sont enormes. Parce qu’ils representent des etres humains. Des hommes qui avaient des reves, des familles, des projets. Transformes en statistiques par la folie d’un seul homme au Kremlin. Sacrifies sur l’autel d’un delire imperial anachronique.
Le rythme de l’abattoir: 1040 morts par jour
Le bulletin du 8 fevrier 2026 indique +1 040 pertes en 24 heures. C’est 43 morts par heure. Un soldat russe tue toutes les 83 secondes. Le temps de lire ce paragraphe, trois d’entre eux viennent de mourir. Pendant que vous finissez cette phrase, un autre s’effondre quelque part entre Bakhmout et Kherson. Dans les tranchees boueuses du Donbass. Dans les ruines fumantes d’Avdiivka.
La machine de guerre russe fonctionne comme un broyeur industriel. Elle aspire les hommes par milliers – recrues mal formees, prisonniers liberés sous condition, mercenaires de Wagner, mobilises de force – et les recrache en morceaux. Les hopitaux de campagne debordent. Les refrigerateurs mobiles ne suffisent plus. Les corps s’empilent. Les fosses communes se multiplient. Les cimetieres russes s’etendent.
La ferraille: le cimetiere des blindes russes
11 651 chars detruits: la fin d’un mythe
L’armee russe etait supposee etre la deuxieme force blindee mondiale. Elle possedait, selon les estimations, entre 12 000 et 15 000 chars operationnels et en reserve. Aujourd’hui, 11 651 d’entre eux ne sont plus que carcasses fumantes dans la steppe ukrainienne. Les legendaires T-72, T-80, T-90 – fiertees de l’industrie militaire sovietique puis russe – brulent comme des boites d’allumettes. Les tourelles sautent a des dizaines de metres de hauteur. Les equipages n’ont aucune chance.
Et pourtant, le Kremlin continue d’en envoyer. Il ressort des T-62 des annees 1960 de leurs depots poussiereux. Il reactive des fossiles blindes de l’ere Brejnev. Il les envoie au front comme des cercueils roulants. Les equipages savent qu’ils roulent vers leur mort programmee. Mais les ordres sont les ordres. Et la prison ou l’execution attendent ceux qui refusent.
Un char T-90, c’est entre 4 et 5 millions de dollars. Multipliez par 11 651. Faites le calcul. La Russie a brule plus de 50 milliards de dollars en chars seuls. Assez pour construire des hopitaux, des ecoles, des routes. Assez pour sortir des millions de Russes de la pauvrete. A la place: de la ferraille tordue et des veuves qui pleurent.
24 010 vehicules blindes: l’hemorragie logistique
Les BMD, BMP, BTR – tous ces acronymes qui designent les vehicules blindes de transport de troupes – jonchent les champs ukrainiens par dizaines de milliers. 24 010 detruits a ce jour. Plus un seul vehicule blinde detruit hier, mais le compteur global est vertigineux. L’infanterie russe avance desormais a pied, a decouvert, sous le feu des drones ukrainiens qui les traquent sans repit.
Les videos pullulent sur les reseaux sociaux. On y voit des colonnes de BMD rouilles exploser les unes apres les autres. Des groupes d’assaut fauches avant meme d’atteindre les lignes ukrainiennes. Des motocyclistes envoyes en premiere ligne parce qu’il n’y a plus de blindes. Des soldats courant a travers les champs, sous le bourdonnement sinistre des drones. L’armee russe ne ressemble plus a une armee moderne. Elle ressemble a un cortege funebre motorise.
L'artillerie muette: 37 044 canons silencies a jamais
La colonne vertebrale brisee
L’artillerie est le coeur de la doctrine militaire russe. Depuis la Seconde Guerre mondiale, Moscou a toujours compense ses faiblesses tactiques par une superiorite de feu ecrasante. Ses canons devaient pulveriser l’ennemi avant que l’infanterie n’avance. Raser les villes. Aneantir les defenses. C’etait la theorie. La realite ukrainienne l’a reduite en miettes.
37 044 systemes d’artillerie detruits. Obusiers lourds, mortiers de tous calibres, canons automoteurs sophistiques – tous sont tombes sous les frappes de precision ukrainiennes. Les HIMARS americains, les Caesar francais, les Panzerhaubitze 2000 allemands ont fait leur travail avec une efficacite devastatrice. Ils ont localise les batteries russes grace aux drones de reconnaissance et les ont aneantes. Une par une. Methodiquement.
37 044 canons. C’est plus que ce que possedent la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni reunis. La Russie a perdu en Ukraine plus d’artillerie que ce que l’OTAN entiere pourrait aligner sur le terrain. Et elle continue de se battre. Avec quoi? Avec des reserves qui s’epuisent. Avec du materiel de plus en plus vieux. Avec des obus de moins en moins precis.
Les lance-roquettes multiples: 1637 systemes volatilises
Les BM-21 Grad, BM-27 Uragan, BM-30 Smerch – ces systemes de lance-roquettes multiples qui faisaient trembler les analystes militaires occidentaux pendant la Guerre froide – ne sont plus que des souvenirs calcines. 1 637 unites detruites. Ces engins etaient concus pour saturer des zones entieres sous un deluge de feu et d’acier. Ils devaient terrifier l’adversaire. Ils ont fini en debris eparpilles dans les champs ukrainiens.
Le Kremlin puise maintenant dans ses reserves strategiques. Il racle les fonds de tiroirs de l’ere sovietique. Il ressort des armes qui n’ont pas ete entretenues depuis trente ans, stockees dans des hangars ou l’humidite et les rats ont fait leur oeuvre. Combien de temps avant qu’il n’y ait plus rien a ressortir? Combien de temps avant que les arsenaux soient vides?
Le ciel vole: 132 600 cibles aeriennes abattues
Les drones: 127 549 yeux aveugles
La guerre en Ukraine est la premiere guerre des drones a grande echelle de l’histoire. Les deux camps en utilisent par milliers chaque jour. Des drones de reconnaissance qui survolent le front. Des drones kamikazes qui plongent sur leurs cibles. Des drones de frappe qui lancent des grenades. La difference: l’Ukraine les detruit a un rythme industriel. 127 549 drones russes ont ete abattus. Des Orlan-10 de reconnaissance. Des Lancet kamikaze. Des Shahed iraniens transformes en Geran-2. Tous precipites au sol.
Hier encore, 468 drones ont ete neutralises en 24 heures. 468. C’est presque 20 par heure. Un drone russe tombe toutes les trois minutes. Les defenseurs ukrainiens ont developpe un ecosysteme anti-drone sans equivalent au monde. Guerre electronique, systemes de defense aerienne portables, mitrailleuses lourdes, meme des fusils de chasse charges de chevrotine. Tout est bon pour faire tomber les yeux du Kremlin.
Avions et helicopteres: 782 appareils au tapis
435 avions. 347 helicopteres. 782 aeronefs au total. La VKS – les forces aerospatiales russes – a ete saignee a blanc. Des Su-34 dernier cri. Des Su-35 supposes superieurs aux chasseurs occidentaux. Des Ka-52 Alligator, fleurons de l’aviation d’attaque. Tous gisent dans la boue ukrainienne. Leurs epaves sont exhibees dans les musees ukrainiens.
L’aviation russe ne survole plus l’Ukraine. Elle se tient a distance prudente, lache ses bombes guidees depuis l’espace aerien russe, et fuit avant que les missiles ne l’atteignent. Les systemes Patriot americains et les NASAMS norvegiens ont transforme le ciel ukrainien en zone de mort pour les pilotes russes. Ils le savent. Ils n’y vont plus. La maitrise du ciel, promise en 72 heures, n’a jamais ete obtenue.
468 drones en une journee. C’est plus que ce que certains pays possedent dans leur inventaire total. La Russie les envoie par vagues. L’Ukraine les fait tomber par vagues. Et le lendemain, ca recommence. Une guerre d’usure dans le ciel. Une guerre que la Russie est en train de perdre.
Les missiles interceptes: 4269 echecs de la terreur
La strategie de la terreur en echec
Depuis le debut de la guerre, la Russie a tire des milliers de missiles de croisiere sur les villes ukrainiennes. Kalibr depuis la mer Noire. Kh-101 depuis les bombardiers strategiques. Iskander depuis la Bielorussie et le territoire russe. L’objectif: briser le moral de la population civile. Detruire les infrastructures critiques. Couper l’electricite en plein hiver. Forcer Kiev a capituler.
4 269 missiles de croisiere ont ete interceptes. Hier, 24 de plus ont ete abattus en vol. La defense antiaerienne ukrainienne – un patchwork de systemes sovietiques herites, occidentaux modernes et improvises artisanalement – tient bon. Elle ne peut pas tout intercepter. Mais elle en intercepte assez pour que la strategie russe echoue. Kiev n’a pas capitule. Les Ukrainiens n’ont pas plie.
Les cibles civiles: le crime de guerre permanent
Et pourtant, certains missiles passent. Ils frappent des immeubles d’habitation. Des hopitaux. Des ecoles. Des marches bondes de civils. Le 14 janvier dernier, un missile russe a frappe un immeuble residentiel a Dnipro. Des dizaines de morts. Des familles entieres ecrasees dans leur sommeil. Des enfants qui ne se reveilleront jamais.
La Cour penale internationale a emis un mandat d’arret contre Vladimir Poutine pour crimes de guerre. Il voyage de moins en moins. Il ne met plus les pieds dans les pays qui reconnaissent la CPI. Il reste enferme dans ses palais, entoure de courtisans terrifies. Mais il continue d’ordonner les frappes. Les missiles continuent de tomber. Les civils continuent de mourir. La terreur continue.
Chaque missile de croisiere coute entre 1 et 3 millions de dollars. 4 269 missiles interceptes. Faites le calcul. Des milliards de dollars tires en l’air. Litteralement. Pour rien. Pour des crateres dans des parkings. Pour des fenetres brisees. Pour de la terreur qui ne fonctionne pas. Pour des crimes qui seront un jour juges.
La marine coulee: 28 navires par le fond
La flotte de la mer Noire decimee
L’Ukraine n’a pas de marine. Du moins, pas de marine conventionnelle capable d’affronter la puissante flotte russe. Et pourtant, elle a coule ou endommage 28 navires russes. Le croiseur Moskva, navire amiral de la flotte de la mer Noire, fleuron de la puissance navale russe, repose par 50 metres de fond. Des fregates, des corvettes, des patrouilleurs – tous envoyes par le fond par des missiles Neptune ukrainiens et des drones navals improvises avec des moteurs de jet-ski.
La flotte russe s’est repliee vers Novorossiysk, loin des cotes ukrainiennes. Elle n’ose plus s’aventurer en mer Noire occidentale. Les sous-marins restent a quai. Les navires de debarquement ne debarquent plus personne. La puissance navale russe en mer Noire est devenue une legende. Au sens propre. Une histoire qu’on racontera dans les manuels d’histoire militaire.
Les sous-marins: 2 neutralises
Deux sous-marins russes ont ete mis hors de combat. L’un d’eux, le Rostov-na-Donu, a ete frappe en cale seche a Sebastopol par des missiles de croisiere Storm Shadow britanniques. Un sous-marin de classe Kilo – une plateforme de lancement de missiles Kalibr – neutralise pendant qu’il etait en reparation. L’humiliation supreme. La Crimee, forteresse navale reputee imprenable, transformee en cible.
La Crimee, annexee illegalement en 2014, devait etre un bastion inexpugnable. Le Kremlin la presentait comme russe pour l’eternite. Elle est devenue un champ de tir. Les bases navales sont regulierement frappees. Les depots de munitions explosent dans des gerbes de flammes. Les radars sont aveugles. Le reve imperial russe s’effrite sous les coups ukrainiens.
L’Ukraine a fait ce que personne ne croyait possible: neutraliser une flotte entiere sans posseder de navires. Avec des missiles fabriques localement et des drones navals improvises. David contre Goliath, version XXIe siecle. Et David gagne.
La logistique en ruine: 77 439 vehicules aneantis
L’armee qui ne peut plus bouger
77 439 vehicules et citernes de carburant detruits. Hier, 60 de plus ont ete pulverises. Une armee moderne repose sur sa logistique. C’est une evidence que tout officier apprend a l’ecole militaire. Les chars ont besoin de carburant. Les soldats ont besoin de munitions. Les blesses ont besoin d’evacuations. Sans vehicules, rien de tout cela n’est possible. L’armee s’immobilise et meurt.
Les convois de ravitaillement russes sont devenus des cibles prioritaires. Les drones ukrainiens les repaient et les frappent sans relache. Les partisans les sabotent derriere les lignes. Les frappes de precision les pulverisent avant qu’ils n’atteignent le front. L’armee russe souffre de penuries chroniques. Penuries de munitions. Penuries de carburant. Penuries de nourriture. Penuries de tout.
L’equipement special: 4069 unites detruites
Sous la categorie equipement special, on trouve les systemes de guerre electronique, les ponts mobiles, les vehicules de commandement, les stations radar. 4 069 unites detruites. Ces equipements sont irreplacables a court terme. Leur destruction aveugle et paralyse les forces russes. Sans guerre electronique, les drones ukrainiens sont libres d’operer. Sans ponts mobiles, les rivieres deviennent des obstacles infranchissables.
Les systemes de guerre electronique russes etaient supposes etre parmi les meilleurs au monde. La propagande du Kremlin les presentait comme capables de neutraliser toute menace aerienne. Ils devaient brouiller les communications ukrainiennes, aveugler les drones, neutraliser les missiles guides. A la place, ce sont eux qui sont neutralises. Un par un. Methodiquement. Impitoyablement.
77 439 vehicules. C’est plus que le parc automobile de nombreuses villes moyennes. La Russie a perdu l’equivalent de toute la logistique d’une armee moderne. Et elle continue de se battre. Avec des chevaux? Avec des charrettes? Non. Avec ce qu’il reste. Et il reste de moins en moins chaque jour.
La defense anti-aerienne: 1295 systemes silences
Le bouclier perce
1 295 systemes de defense anti-aerienne detruits. Les S-300, S-400, Buk, Tor, Pantsir – tous ces systemes que la Russie vendait fierement a l’export comme les meilleurs au monde – se sont reveles vulnerables. Les missiles ukrainiens les trouvent. Les drones kamikazes les frappent. Les missiles antiradiation HARM americains les detruisent des qu’ils allument leurs radars.
L’espace aerien russe au-dessus du front n’est plus protege. Les drones ukrainiens penetrent en Russie meme, frappent des raffineries a des centaines de kilometres de la frontiere. Les systemes de defense censes proteger le territoire russe echouent. Les explosions se multiplient. A Belgorod. A Voronej. A Saratov. A Moscou meme.
L’illusion de l’invincibilite
Le mythe de l’armee russe invincible est mort en Ukraine. Il a ete tue par des fermiers en tracteurs remorquant des chars abandonnes. Par des babouchkas nourrissant des drones de reconnaissance avec des restes de poulet. Par des civils signalant les positions ennemies sur Telegram. Par une nation entiere refusant de plier face a l’envahisseur.
La Russie alignait, sur le papier, la deuxieme armee du monde. Les analystes occidentaux la craignaient. Les pays voisins tremblaient. Quatre ans plus tard, elle n’arrive meme pas a prendre Bakhmout sans y laisser des dizaines de milliers d’hommes. Elle avance de quelques centaines de metres par mois. Au prix de milliers de vies. C’est une victoire? C’est un suicide assiste.
La Russie vend des S-400 au monde entier en promettant une protection totale. Les Turcs en ont achete. Les Indiens aussi. Les Chinois en evaluent l’achat. Ils regardent ce qui se passe en Ukraine et ils se posent des questions. A juste titre. Le produit ne correspond pas a la publicite.
Le cout humain: un million de familles brisees
Les meres qui ne reverront jamais leurs fils
1 246 330 soldats tues. Derriere chaque chiffre, une famille. Une mere qui a recu un cercueil de zinc. Un pere qui a enterre son fils. Une epouse qui est devenue veuve. Des enfants qui ont perdu leur pere et qui grandissent avec un cadre vide sur la cheminee. Un million de familles russes ont ete devastees par cette guerre.
Le Kremlin verse des compensations. 5 millions de roubles par mort. Environ 50 000 dollars au taux actuel. C’est le prix qu’un dictateur met sur la vie de ses citoyens. 50 000 dollars. Moins que le prix d’une voiture de luxe. Moins que le prix d’un an de loyer a Moscou. C’est ce que vaut un fils, un mari, un pere aux yeux de Vladimir Poutine. Cinquante mille dollars et tais-toi.
Les blesses: le chiffre cache
Les blesses ne sont pas comptabilises officiellement. Moscou refuse de publier des chiffres. Mais les analystes militaires estiment que pour chaque mort, il y a trois a quatre blesses. Si 1 246 330 soldats ont ete tues, cela signifie que 3 a 5 millions ont ete blesses. Beaucoup gravement. Amputes. Defigures. Traumatises pour le reste de leur vie. Ils ne combattront plus jamais. Ils ne travailleront peut-etre plus jamais.
Les hopitaux russes debordent. Les centres de rehabilitation sont satures. Les protheses manquent. Les soins psychiatriques sont quasi inexistants. Les syndromes de stress post-traumatique ne sont pas reconnus. Ces hommes brises seront un fardeau pour la societe russe pendant des decennies. Et personne ne s’en occupe vraiment. Le Kremlin prefere les oublier.
Je pense a ces meres. Ces meres russes qui ont regarde leur fils partir et qui ne l’ont jamais revu. Qui ont recu un sac plastique avec des effets personnels. Qui n’ont parfois meme pas recu de corps. Dont les fils ont ete abandonnes dans des fosses communes en Ukraine. Et je me demande: combien de temps avant qu’elles se levent? Combien de temps avant que leur colere explose?
Le decompte final: la Russie peut-elle tenir?
Les reserves s’epuisent
La Russie puise dans ses reserves strategiques. Elle ressort des equipements des annees 1960 de hangars ou ils rouillaient depuis l’effondrement sovietique. Elle recrute dans les prisons, offrant la liberte aux condamnes qui acceptent de combattre. Elle mobilise des hommes de 50 ans et plus. Elle enrole des migrants centre-asiatiques en echange de la citoyennete russe. Elle gratte les fonds de tiroirs d’un empire en decomposition.
Combien de temps encore? Les usines d’armement russes tournent a plein regime, mais elles ne peuvent pas remplacer les pertes. La production de chars est estimee a 200-300 par an. Au rythme actuel des pertes, c’est insuffisant. Meme chose pour l’artillerie. Pour les blindes. Pour tout. L’usure est mathematique. Ineluctable.
L’Ukraine tient
1446 jours. Quatre ans. L’Ukraine tient toujours. Elle n’a pas capitule comme le Kremlin l’esperait en trois jours. Elle n’a pas plie sous les bombardements. Elle n’a pas negocie sa reddition. Elle combat. Elle resiste. Elle contre-attaque meme, frappant le territoire russe avec des missiles et des drones de plus en plus nombreux et de plus en plus loin.
Le monde libre doit comprendre: cette guerre n’est pas perdue d’avance. Elle peut etre gagnee. L’Ukraine a les hommes, la volonte, la determination. Elle a besoin d’armes. De munitions. De soutien constant et sans faille. Si l’Occident tient ses engagements, la Russie perdra. C’est mathematique. C’est inevitable. C’est une question de temps et de volonte.
Conclusion : Le prix de notre indifference
Le monde qui regarde ailleurs
Pendant que vous lisiez cet article, environ 40 soldats russes sont morts. Pendant que vous decidiez quoi manger ce soir, un char russe a peut-etre brule. Pendant que vous scrolliez distraitement vos reseaux sociaux, un missile de croisiere a peut-etre ete tire sur une ville ukrainienne. La guerre ne s’arrete pas. Le compteur ne s’arrete pas.
Cette guerre n’est pas loin. Elle est ici. Elle affecte les prix de l’energie que vous payez. Les prix de la nourriture dans vos supermarches. La stabilite de l’ordre mondial dans lequel nous vivons. Si la Russie gagne, d’autres dictateurs s’enhardiront. D’autres invasions suivront. D’autres guerres eclateront. Le monde sombrera dans le chaos.
Ce que nous devons retenir
1 246 330 morts. Ce chiffre devrait nous hanter. Il devrait nous empecher de dormir. Il devrait nous pousser a agir. A exiger de nos gouvernements qu’ils soutiennent l’Ukraine sans faillir. A refuser que cette guerre soit oubliee. A nous souvenir que chaque jour d’inaction prolonge le massacre. A ne jamais accepter la normalisation de l’horreur.
Dans mille jours, quand le compteur aura encore grimpe, quand d’autres centaines de milliers d’hommes seront morts, on se souviendra de ce que nous avons fait. Ou pas fait. On se souviendra de notre silence. Ou de notre voix. L’histoire nous jugera. Et elle jugera severement ceux qui auront detourne le regard.
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur et sources
Positionnement editorial
Cette chronique assume un parti pris clair: celui de l’Ukraine agressee contre la Russie agresseur. La neutralite face a une guerre d’invasion n’est pas de l’objectivite – c’est de la complicite passive. Les faits sont verifiables. Les chiffres proviennent de sources officielles ukrainiennes, corroborees par des analystes independants. L’interpretation editoriale est assumee et signee.
Methodologie et sources
Les donnees de pertes russes proviennent de l’Etat-major general des Forces armees ukrainiennes, publiees quotidiennement sur leur page Facebook officielle et leur site web. Ces chiffres sont contestes par Moscou, qui ne publie pas de bilan officiel et poursuit les journalistes qui tentent de les documenter. Les estimations independantes (Oryx, Mediazona, BBC Russia) suggerent des chiffres inferieurs pour les pertes confirmees visuellement, mais compatibles avec l’ordre de grandeur ukrainien compte tenu des destructions non documentees.
Nature de l’analyse
Ce texte est une chronique d’opinion, non un article d’information factuelle neutre. Il combine des donnees verifiees avec une analyse editoriale assumee. Le lecteur est invite a verifier les sources, a diversifier ses lectures, et a se forger sa propre opinion en connaissance de cause.
Sources primaires
Etat-major general des Forces armees d’Ukraine – Page Facebook officielle
Ministere de la Defense de l’Ukraine – Site officiel
Sources secondaires
Oryx – Attack on Europe: Documenting Russian Equipment Losses
Mediazona et BBC News Russia – Russian Casualties Documentation Project
International Institute for Strategic Studies (IISS) – Military Balance Reports
Royal United Services Institute (RUSI) – Ukraine Conflict Analysis
Center for Strategic and International Studies (CSIS) – Russia-Ukraine War Coverage
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.