Les chiffres de l’acharnement
Reprenons les données. 1er janvier 2026: début du compteur. 8 février 2026: 19 attaques contre les installations de Naftogaz. Faites le calcul: une attaque tous les deux jours. Comme une horloge. Comme un métronome de destruction.
Les régions de Kharkiv et Poltava représentent 88% de la production gazière totale de l’Ukraine. Ce sont ces deux régions que la Russie martèle sans relâche. Le 3 octobre 2025, Moscou a lancé ce que les experts appellent la plus grande attaque de la guerre contre l’infrastructure gazière: 35 missiles, dont plusieurs missiles balistiques, et 60 drones Shahed. En une seule nuit.
Trente-cinq missiles. Soixante drones. Pour détruire du gaz. Pour empêcher des gens de se chauffer. C’est cela, le visage moderne de la guerre: calculer combien de familles on peut faire geler avec combien de munitions.
La cible: Ukrgasvydobuvannya
Ukrgasvydobuvannya. Retenez ce nom. C’est la filiale de Naftogaz qui extrait plus de 70% du gaz domestique ukrainien. C’est le coeur énergétique du pays. C’est la cible numéro un de la campagne russe.
Chaque installation détruite, chaque puits endommagé, chaque équipement pulvérisé se traduit en mètres cubes de gaz qui n’arriveront jamais dans les foyers ukrainiens. En degrés en moins dans les appartements de Kyiv, de Kharkiv, de Dnipro. En enfants qui dormiront avec trois couvertures au lieu d’une.
Le calcul cynique du Kremlin
Trois ans d’évitement, puis l’offensive totale
Voici ce que les médias occidentaux ne disent pas assez fort. Pendant trois ans, de 2022 à 2024, la Russie a évité de cibler les installations gazières ukrainiennes. Trois ans. Ce n’est pas un hasard. Ce n’est pas de la clémence. C’est du calcul.
Pourquoi épargner le gaz pendant trois ans? Parce que la Russie avait encore des ambitions de contrôle. Parce que détruire l’infrastructure énergétique d’un pays qu’on veut annexer est contre-productif. Parce que le gaz ukrainien avait encore une valeur stratégique pour Moscou.
Et pourtant, en 2025, tout a changé. Les négociations de paix ont commencé. Et c’est précisément à ce moment que la Russie a lancé sa campagne de destruction totale. Coïncidence? Jamais de la vie.
Pendant qu’on parle de paix, on détruit l’avenir. C’est la négociation à la russe: tu veux qu’on arrête de te frapper? Regarde d’abord ce qu’il te restera quand on aura fini.
La tactique de la terre brûlée énergétique
La logique est implacable. Glaçante. Littéralement. Si la Russie ne peut pas posséder l’Ukraine, elle veut s’assurer qu’il n’y aura rien à posséder. Pas d’usines fonctionnelles. Pas de centrales électriques. Pas de gaz. Pas de chauffage. Pas de vie normale.
C’est la version XXIe siècle de la terre brûlée. On ne brûle plus les champs de blé. On congèle les appartements. On ne tue plus les gens avec des balles. On les tue avec le froid.
Les conséquences: une nation qui importe pour survivre
La dépendance imposée
Les chiffres sont vertigineux. En 2025, l’Ukraine a importé 6,5 milliards de mètres cubes de gaz. C’est neuf fois plus qu’en 2024. Neuf fois. En une seule année.
D’où vient ce gaz? D’Europe. Des États-Unis. De partout sauf de chez eux. Parce que chez eux, les installations sont en ruines. Parce que la Russie a méthodiquement détruit la capacité de l’Ukraine à se chauffer elle-même.
Et combien cela coûte-t-il? Si les attaques continuent au rythme actuel, l’Ukraine devra importer environ 4,4 milliards de mètres cubes d’ici la fin mars 2026. Le prix estimé: 2 milliards d’euros. Deux milliards. Pour du gaz qu’ils produisaient eux-mêmes il y a un an.
C’est cela, la vraie victoire russe. Pas des territoires conquis. Des factures imposées. Une économie saignée. Un pays forcé de mendier l’énergie que l’agresseur lui a volée.
Le GNL américain: solution ou dépendance?
Naftogaz a annoncé son plan: importer jusqu’à 1 milliard de mètres cubes de GNL américain en 2026. En 2025, les livraisons américaines ont atteint 600 millions de mètres cubes, avec 300 millions supplémentaires contractés pour le premier trimestre 2026.
C’est une bouée de sauvetage. Mais c’est aussi une nouvelle dépendance. Une dépendance créée artificiellement par les missiles russes. Une dépendance qui coûte des milliards que l’Ukraine n’a pas. Une dépendance qui enrichit d’autres pendant que l’Ukraine survit.
L’ironie est cruelle. Avant la guerre, l’Ukraine était un producteur majeur de gaz en Europe. Elle possédait les plus grandes réserves souterraines du continent. Elle exportait. Elle était autonome. Aujourd’hui, elle importe ce qu’elle produisait hier. Elle paie pour ce qui lui appartenait. Elle dépend de ceux qu’elle fournissait.
Et qui profite de cette situation? Les compagnies gazières européennes et américaines qui vendent leur GNL à des prix records. Les intermédiaires qui gèrent le transit. Tous ceux qui tirent profit d’une catastrophe qu’ils n’ont pas créée mais qu’ils n’ont pas non plus empêchée. La guerre énergétique de Poutine a des gagnants. Et ce ne sont pas les Ukrainiens.
Kharkiv: la région sacrifiée
La deuxième zone d’extraction sous le feu
La région de Kharkiv. Deuxième plus grande zone d’extraction de gaz en Ukraine. À quelques dizaines de kilomètres de la frontière russe. Sous le feu quotidien. Permanent. Implacable.
Les travailleurs de Naftogaz dans cette région ne se contentent pas de faire leur travail. Ils le font sous les bombardements. Ils réparent les équipements entre les frappes. Ils extraient du gaz pendant que les drones survolent leurs têtes. Ce sont des héros sans uniforme. Des combattants de la survie énergétique.
On parle des soldats qui défendent le Donbass. On devrait aussi parler des techniciens qui défendent le chauffage. Ils risquent leur vie pour que des inconnus ne gèlent pas. Et personne ne connaît leurs noms.
Les attaques de la région de Balaklia
Le 17 janvier 2026. La Russie lance une attaque combinée avec 19 missiles — de croisière, balistiques et guidés — contre les installations de production de gaz dans la région de Poltava. Dans la soirée, une série d’attaques frappe les régions de Merefa et Pesochin. Dans la région de Balaklia, dans l’oblast de Kharkiv, une autre frappe.
Un incendie se déclare. Les spécialistes de la compagnie doivent arrêter les processus technologiques pour des raisons de sécurité et pour prévenir la pollution environnementale. Traduction: la production s’arrête. Le gaz ne coule plus. Les maisons refroidissent.
Le silence occidental
L’indifférence calculée
Où sont les condamnations? Où sont les sanctions supplémentaires? Où sont les livraisons accélérées de systèmes de défense aérienne? La Russie détruit méthodiquement la capacité de l’Ukraine à chauffer sa population, et le monde regarde.
Et pourtant, cibler l’infrastructure civile est un crime de guerre. Priver intentionnellement une population civile de chauffage en plein hiver est inhumain. Détruire 60% de la production de gaz d’un pays n’est pas un acte de guerre. C’est un acte de barbarie.
Nous comptons les missiles. Nous documentons les attaques. Nous exprimons notre « profonde préoccupation ». Et puis nous retournons à nos vies chaudes, nos appartements confortables, notre gaz qui coule sans qu’on y pense. Le privilège de ceux qui ne sont pas bombardés.
Les promesses et les actes
L’Occident a promis de soutenir l’Ukraine. L’Occident a promis que la Russie paierait pour ses crimes. L’Occident a promis des systèmes de défense aérienne, des sanctions paralysantes, un soutien indéfectible.
Et pourtant, les attaques continuent. 19 en 39 jours. Une tous les deux jours. Comme si les promesses n’existaient pas. Comme si les systèmes Patriot et NASAMS étaient encore en discussion pendant que les installations brûlent. Comme si la bureaucratie occidentale était plus lente que les missiles russes.
La résilience ukrainienne
Réparer sous les bombes
Ce que la Russie ne comprend pas — ou refuse de comprendre — c’est que l’Ukraine ne s’effondre pas. Chaque installation détruite est réparée. Chaque équipement endommagé est remplacé. Chaque puits fermé pour sécurité est rouvert dès que possible.
Les équipes de Naftogaz travaillent 24 heures sur 24. Elles arrivent sur les sites encore fumants. Elles évaluent les dégâts pendant que les sirènes annoncent de nouvelles menaces. Elles reconstruisent ce que les missiles ont détruit. Encore et encore. Sans jamais abandonner.
C’est cela, la vraie force ukrainienne. Pas seulement les soldats au front. Les techniciens dans les ruines. Les ingénieurs sous les bombes. Les ouvriers qui savent que leur travail sauve des vies, même si personne ne le reconnaît.
L’adaptation permanente
L’Ukraine s’adapte. Elle diversifie ses sources d’approvisionnement. Elle stocke du gaz dans ses installations souterraines — les plus grandes d’Europe. Elle négocie des contrats avec l’Europe, les États-Unis, tous ceux qui peuvent fournir ce que la Russie lui vole.
C’est une course contre la montre. Une course contre le froid. Une course contre les missiles. Et pour l’instant, l’Ukraine gagne. Non pas parce qu’elle n’est pas touchée. Mais parce qu’elle refuse de tomber.
Le crime documenté
Les preuves s’accumulent
Chaque attaque est documentée. Photographiée. Analysée. Les dates, les heures, les types de missiles, les cibles touchées — tout est consigné. Pour les tribunaux futurs. Pour la justice qui viendra. Les enquêteurs internationaux collectent méthodiquement chaque fragment de missile, chaque témoignage, chaque image satellite.
Les experts du droit international sont formels: cibler délibérément l’infrastructure civile constitue une violation flagrante des Conventions de Genève. L’article 54 du Protocole additionnel I interdit explicitement de détruire les biens indispensables à la survie de la population civile. Le chauffage en plein hiver? C’est indispensable. Le gaz pour cuisiner? C’est indispensable. L’énergie pour les hôpitaux? C’est indispensable.
La Cour pénale internationale a déjà émis un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine. Mais les crimes énergétiques s’ajoutent à la liste. Chaque installation gazière détruite est une pièce à conviction supplémentaire. Chaque nuit sans chauffage est un témoignage de plus. L’histoire n’oublie pas. Et les procureurs non plus.
Le 3 octobre 2025: attaque massive avec 35 missiles et 60 drones. Le 27 janvier 2026: 15e frappe de l’année contre Naftogaz. Le 8 février 2026: 19e attaque. La liste s’allonge. Les preuves s’empilent. L’histoire enregistre.
Un jour, les responsables seront jugés. Un jour, Poutine et ses généraux devront répondre de chaque installation détruite, de chaque hiver rendu invivable, de chaque famille forcée de vivre dans le froid. La justice peut être lente. Mais elle a une mémoire infaillible.
Le précédent dangereux
Si la Russie peut détruire impunément l’infrastructure énergétique d’un pays souverain, quel message envoie-t-on au monde? Que les civils sont des cibles légitimes? Que l’hiver est une arme acceptable? Que la communauté internationale ne réagira pas?
Ce qui se passe en Ukraine aujourd’hui pourrait se reproduire demain ailleurs. En Moldavie. En Géorgie. Dans les pays Baltes. Partout où un agresseur décide que la population civile d’un voisin mérite de geler.
La Moldavie le sait mieux que quiconque. Ce petit pays coincé entre l’Ukraine et la Roumanie dépend encore largement du gaz russe. Il a vu ce qui arrive quand Moscou décide de couper le robinet. Il a vu les hivers difficiles, les factures explosées, les menaces à peine voilées. Et maintenant, il regarde l’Ukraine se faire bombarder et comprend: « Nous pourrions être les prochains. »
Les pays Baltes — Estonie, Lettonie, Lituanie — ont passé des décennies à se libérer de la dépendance énergétique russe. Ils ont construit des terminaux GNL. Ils ont diversifié leurs sources d’approvisionnement. Ils savaient. Ils avaient compris que l’énergie était une arme dans les mains du Kremlin. L’Ukraine leur donne tragiquement raison.
L'hiver qui n'en finit pas
Février, le mois le plus dur
Février. Le coeur de l’hiver ukrainien. Les températures peuvent descendre à -20°C. Le chauffage n’est pas un luxe. C’est une question de survie. Et c’est précisément maintenant que la Russie intensifie ses attaques.
Ce n’est pas une coïncidence. C’est une stratégie. Frapper le plus fort quand les gens sont le plus vulnérables. Maximiser la souffrance. Transformer chaque degré perdu en pression politique. Espérer que le froid fera ce que les chars n’ont pas pu faire: briser la volonté ukrainienne.
Mais ils ne comprennent pas. Quatre ans de guerre. Des milliers de missiles. Des dizaines de milliers de morts. Et l’Ukraine tient toujours. Le froid ne brisera pas ce que la terreur n’a pas pu briser.
Les familles en première ligne
Derrière les statistiques, il y a des visages. Une grand-mère de 78 ans à Kharkiv qui se demande si son appartement sera chauffé demain. Un père à Poltava qui calcule combien de couvertures il faudra pour ses enfants. Une mère à Kyiv qui vérifie obsessionnellement les alertes aériennes, parce que chaque attaque peut signifier des jours sans chaleur.
Ce sont eux, les vraies victimes de cette guerre énergétique. Pas des combattants. Pas des cibles militaires. Des familles. Des êtres humains. Des gens qui veulent simplement vivre. Et qui se battent chaque jour pour ne pas geler.
Dans les hôpitaux de Kharkiv, les médecins opèrent parfois à la lumière des lampes de poche. Les générateurs de secours fonctionnent, mais pour combien de temps? Les médicaments qui doivent rester au froid risquent de se perdre quand le courant saute. Les couveuses pour les prématurés dépendent d’une électricité que les missiles russes menacent chaque nuit.
Dans les maisons de retraite, les personnes âgées portent leurs manteaux même à l’intérieur. Elles ont survécu à l’Union soviétique. Elles ont survécu à l’indépendance. Elles ont survécu à Maïdan. Et maintenant, à 80 ans, elles doivent survivre à des missiles qui ciblent le gaz qui les chauffe. L’absurdité de cette cruauté dépasse l’entendement.
L'absurdité morale
Le terrorisme énergétique
Appelons les choses par leur nom. Ce que fait la Russie n’est pas une opération militaire. Ce n’est pas une tactique de guerre. C’est du terrorisme énergétique. Pur. Simple. Documenté.
Le terrorisme, par définition, vise à terroriser une population civile. À créer la peur. À imposer la soumission par la souffrance. Et c’est exactement ce que fait Moscou. Chaque missile sur une installation gazière dit la même chose: « Soumettez-vous, ou gelez. »
Et nous appelons cela une « guerre ». Nous traitons Poutine en « dirigeant ». Nous parlons de « négociations ». Comme si bombarder des civils méritait autre chose que le mot juste: terrorisme.
Les mots et les actes
La Russie parle de « dénazification ». De « protection des russophones ». De « sécurité ». Mais ses actes disent autre chose. Ses missiles ne visent pas des nazis imaginaires. Ils visent des installations de gaz. Ils visent la chaleur des enfants. Ils visent la survie des civils.
Il n’y a pas de justification possible. Il n’y a pas d’excuse acceptable. Il n’y a que la réalité: un régime qui a choisi de faire geler des millions de personnes pour atteindre ses objectifs politiques.
Conclusion : Ce que le monde doit comprendre
19 attaques en 39 jours. Ce n’est pas un chiffre. C’est un acte d’accusation. Chaque missile qui frappe une installation de Naftogaz est une preuve supplémentaire de la barbarie russe. Chaque degré perdu dans un appartement ukrainien est un témoignage de notre échec collectif à protéger les innocents.
L’Ukraine ne demande pas la pitié. Elle demande les moyens de se défendre. Des systèmes de défense aérienne. Des sanctions réelles contre ceux qui fournissent les missiles. Une communauté internationale qui agit au lieu de « condamner fermement ».
Parce que le froid tue. Parce que les missiles continuent. Parce que 19 attaques en 39 jours, ce n’est pas une statistique — c’est une tragédie humaine en cours.
Et pendant que vous lisez ces lignes, quelque part dans la nuit ukrainienne, une sirène hurle. Un drone traverse le ciel. Une installation brûle. Et une famille se demande si elle aura du chauffage demain.
Le monde regarde. Le monde documente. Le monde « condamne ».
Mais le monde agit-il?
C’est la question qui hantera notre génération. Et l’histoire jugera notre réponse.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cette chronique adopte une position explicitement pro-ukrainienne et anti-agression russe. Je considère que la neutralité face à un crime de guerre documenté — le ciblage systématique de l’infrastructure civile — constitue une forme de complicité morale. La destruction délibérée de la capacité de chauffage d’un pays en plein hiver est un acte de barbarie qui ne mérite pas de traitement « équilibré ».
Méthodologie et sources
Les informations présentées dans cette chronique proviennent de sources ouvertes vérifiables: communiqués officiels de Naftogaz, rapports de médias ukrainiens et internationaux (Kyiv Independent, Euromaidan Press, RBC Ukraine), analyses d’experts énergétiques, et données gouvernementales ukrainiennes. Les chiffres cités (60% de destruction, 19 attaques, 6,5 milliards de m³ importés) sont documentés et corroborés par plusieurs sources indépendantes.
Nature de l’analyse
Cette chronique est une opinion éditoriale basée sur des faits documentés. Elle ne prétend pas à la neutralité journalistique mais à l’honnêteté intellectuelle. Le ton employé reflète ma conviction que certains actes méritent une condamnation claire plutôt qu’une analyse distanciée. Le lecteur est invité à consulter les sources primaires pour former son propre jugement.
Sources
Sources primaires
Naftogaz Ukraine — Russia strikes Ukrainian gas infrastructure again (communiqué officiel)
Sources secondaires
Kyiv Independent — Ukraine’s Naftogaz reports more Russian attacks on gas production
RBC Ukraine — Russia strikes Naftogaz facilities again: Six attacks on gas production in one week
RBC Ukraine — Russia hits Poltava Naftogaz facilities — Destruction confirmed
Kyiv Post — ‘No Military Sense’: Russia Pounds Ukraine’s Gas Infrastructure in Largest Attack Yet
Kyiv Post — Russian Strikes Slash More Than Half of Ukrainian Gas Production
The Moscow Times — Kyiv Says Russia Launches Largest-Ever Attack on Gas Sites
Al Jazeera — Ukraine scrambling for energy as Russian strikes hit infrastructure
Wikipedia — Ukrgasvydobuvannya (données sur la production gazière ukrainienne)
Bloomberg — Ukraine’s Naftogaz Says Russia Attacked Facilities Overnight (8 février 2026)
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.