Les sept secteurs de la mort
La guerre en Ukraine ne se resume pas a Pokrovsk. Elle devore le pays sur sept fronts simultanement. Kostiantynivka a encaisse 30 assauts. Lyman, 22 attaques repoussees. Sloviansk, 14 offensives contenues. Kupiansk, au moins 13 tentatives d’avancee avec encore un engagement en cours. Huliaipole a subi 26 attaques. Oleksandrivka, 7 assauts repousses.
Chaque numero est un combat. Chaque combat, des heures de terreur. Les soldats ukrainiens ne dorment plus vraiment. Ils somnolent entre deux alertes, le doigt sur la detente, l’oreille tendue vers le sifflement des obus. Le temps s’est arrete pour eux. Il ne reste que l’instant present, celui ou l’on survit ou l’on meurt.
Je pense a ces soldats qui tiennent la ligne depuis des mois, parfois des annees. Combien d’anniversaires manques? Combien de naissances non celebrees? Combien de derniers souffles echanges par telephone avec une mere en larmes? La guerre vole tout. Meme le temps.
Le deluge de feu venu du ciel
144 bombes guidees. C’est le nombre de bombes planantes que la Russie a lache sur l’Ukraine en 24 heures. Ces armes de destruction, souvent des bombes sovietiques retrofittees avec des systemes de guidage, peuvent peser jusqu’a 500 kilos chacune. Elles transforment les batiments en crateres. Les bunkers en tombeaux.
Les 2 211 drones kamikazes sont une autre plaie. Ces Shahed iraniens, produits en masse, survolent les villes ukrainiennes comme des essaims de frelons metalliques. Leur bourdonnement est devenu la bande-son des nuits ukrainiennes. Les enfants de Kharkiv connaissent ce son mieux que les comptines de leur enfance. Ils savent qu’il faut courir vers l’abri avant que le silence ne revienne, suivi de l’explosion.
Le ciel ukrainien n’appartient plus aux oiseaux. Il appartient aux machines de mort. Et chaque matin, des equipes de secours fouillent les decombres en esperant ne pas trouver de petites mains sous les gravats.
Les chiffres de l'horreur : 1 246 330 raisons de ne pas oublier
Le compteur de la mort russe
Depuis le 24 fevrier 2022, jour maudit ou Vladimir Poutine a lance son invasion a grande echelle, la Russie a perdu approximativement 1 246 330 soldats. Un million deux cent quarante-six mille trois cent trente hommes. Morts. Blesses. Disparus. Beaucoup ont ete envoyes au front sans entrainement, sans equipement adequat, comme de la chair a canon destinee a epuiser les munitions ukrainiennes.
Et pourtant, la machine de guerre du Kremlin continue de tourner. Les bureaux de recrutement russes continuent d’appater les pauvres, les minorites ethniques, les prisonniers, avec des promesses d’argent. 500 000 roubles pour s’engager. C’est le prix d’une vie dans la Russie de Poutine. Moins cher qu’une voiture d’occasion en Occident.
Un million de morts. Le chiffre est tellement enorme qu’il perd tout sens. Alors pensons a un seul. Un garcon de 19 ans, conscrit de Siberie, qui n’avait jamais quitte son village. Il est mort dans une tranchee boueuse du Donbass, a des milliers de kilometres de chez lui, pour les ambitions imperiales d’un dictateur paranoiaque. Sa mere pleure encore. Elle pleurera toujours.
Le prix de la resistance ukrainienne
L’Ukraine ne publie pas ses pertes. Pas vraiment. C’est une information strategique que Kiev garde secrete. Mais on sait que le prix est immense. Des dizaines de milliers de soldats ukrainiens sont tombes. Des centaines de milliers de civils ont ete deplaces. Des villes entieres ont ete rasees. Marioupol. Bakhmut. Avdiivka. Autant de noms qui resonnent comme des epitaphes.
Mais contrairement aux soldats russes, envoyes mourir pour les delires d’un seul homme, les Ukrainiens se battent pour leur survie. Pour leur terre. Pour leurs enfants. C’est la difference fondamentale entre l’agresseur et la victime. L’un tue pour conquerir. L’autre tue pour exister.
On me demande parfois si je suis « neutre » sur cette guerre. Non. Je ne suis pas neutre face au genocide. Je ne suis pas neutre face a l’agression. La neutralite face au mal, c’est la complicite. Point final.
Vovchansk, Kupiansk, Dronivka : geographie de la souffrance
Les villes fantomes du front
Vovchansk etait une ville de 17 000 habitants avant la guerre. Aujourd’hui, il n’en reste qu’une poignee, les plus ages, ceux qui n’ont pas pu ou pas voulu partir. Ils vivent dans des caves, sans eau courante, sans electricite reguliere, en priant pour que le prochain obus tombe plus loin. Kupiansk, liberee puis menacee de nouveau, oscille entre espoir et terreur selon les mouvements du front.
Dronivka, Kostiantynivka, Huliaipole : ces noms ne disent rien a la plupart des gens. Ce sont pourtant des lieux ou des etres humains luttent chaque jour contre la mort. Des medecins operent a la lueur des bougies. Des instituteurs font classe dans des bunkers. Des agriculteurs labourent des champs mines, parce que la vie doit continuer, meme sous les bombes.
J’ai vu des photos de ces villes. Des immeubles eventres, des facades noircies, des voitures calcinées. Et au milieu des ruines, une poussette abandonnee. Vide. Je ne sais pas ce qui est arrive a l’enfant qui etait dedans. Je ne veux pas le savoir. Mais cette image me hante.
Le front qui ne recule jamais
Malgre la pression ecrasante, malgre le deluge de feu, les forces armees ukrainiennes tiennent. Elles repoussent des dizaines d’assauts par jour. Elles infligent des pertes massives a l’ennemi. Elles defendent chaque metre de terrain comme si c’etait le dernier. Parce que pour beaucoup, c’est le cas. Derriere eux, il n’y a que leurs familles, leurs villages, leur pays.
Et pourtant, l’aide occidentale arrive au compte-gouttes. Les obus d’artillerie manquent. Les systemes de defense anti-aerienne sont insuffisants. Les F-16 promis arrivent trop lentement. Pendant ce temps, la Russie puise dans ses reserves sovietiques apparemment inepuisables et recoit des drones d’Iran et des obus de Coree du Nord. L’arsenal de la tyrannie contre la resilience d’une democratie.
Chaque jour qui passe sans livraison d’armes suffisantes, c’est un jour de plus ou des soldats ukrainiens meurent parce qu’ils manquent de munitions. Chaque hesitation politique a l’Ouest se paie en sang a l’Est. L’histoire jugera severement notre lenteur.
Les drones kamikazes : la nouvelle terreur du XXIe siecle
2 211 attaques en 24 heures
Deux mille deux cent onze drones kamikazes. En une seule journee. Cela represente environ un drone toutes les 40 secondes, 24 heures sur 24. Les Shahed-136 iraniens, rebaptises par Moscou pour masquer leur origine, sont devenus l’arme de predilection du terrorisme russe. Peu couteux, produits en masse, ils saturent les defenses ukrainiennes par leur nombre.
La defense anti-aerienne ukrainienne fait des miracles. Elle abat la majorite des menaces. Mais elle ne peut pas tout intercepter. Et un seul drone qui passe, c’est un immeuble qui s’effondre. C’est une famille qui disparait. C’est une vie qui s’arrete net dans le fracas du metal et du feu.
L’Iran fournit les drones. La Russie les lance. L’Ukraine les subit. Et le monde regarde, impuissant ou indifferent. A quel moment avons-nous accepte que la terreur soit normalisee? Qu’elle devienne un simple item dans les bulletins d’information entre la meteo et le sport?
Les bombes guidees, nouvelle plaie du conflit
Les bombes planantes sont encore plus devastatrices. Ces FAB-500 et FAB-1500 sovietiques, equipees de kits de guidage UMPK, transforment des munitions anciennes en armes de precision. Larguees depuis des avions qui restent hors de portee de la defense anti-aerienne ukrainienne, elles frappent avec une violence inouie. Un seul impact peut raser un immeuble de plusieurs etages.
144 de ces bombes ont ete larguees en 24 heures. Combien d’ecoles? Combien d’hopitaux? Combien de maternites? La Russie pretend viser des objectifs militaires. Mais les Nations Unies documentent les crimes. Les rapports s’accumulent. Bucha. Irpin. Marioupol. La verite finit toujours par emerger des gravats.
On me dit que la Russie a des « preoccupations de securite legitimes ». Je reponds: montrez-moi la menace ukrainienne contre Moscou. Montrez-moi les missiles ukrainiens sur les appartements russes. Montrez-moi les charniers ukrainiens sur sol russe. Il n’y en a pas. Il n’y en a jamais eu. Il n’y a que l’agression d’un empire qui refuse de mourir.
La resilience ukrainienne : tenir malgre tout
Des soldats ordinaires, un courage extraordinaire
Qui sont ces hommes et ces femmes qui tiennent la ligne? Des enseignants. Des ingenieurs. Des fermiers. Des musiciens. Des gens ordinaires qui ont pris les armes parce qu’un matin de fevrier, leur monde s’est effondre. Ils n’avaient pas choisi la guerre. Elle les a choisis. Et ils ont repondu present.
Leurs temoignages, quand ils filtrent, sont bouleversants de simplicite. « On fait ce qu’on doit faire », disent-ils. « On n’a pas le choix ». « Si on ne tient pas, qui le fera? » Il n’y a pas de grandiloquence. Pas de pose heroique. Juste une determination tranquille, forgee dans le feu et la boue, qui force le respect.
Je pense a ce chef d’orchestre de Kharkiv qui a echange sa baguette contre un fusil. A cette institutrice de Marioupol qui a guide ses eleves a travers les lignes ennemies. A ce medecin de Bakhmut qui a ampute sous les obus sans anesthesie. Ce sont eux, les heros. Pas les generaux dans leurs bureaux climatises. Eux.
L’aide internationale : trop peu, trop tard?
L’Occident aide l’Ukraine. C’est vrai. Les HIMARS americains ont change le cours de la guerre. Les Leopard allemands et les Challenger britanniques renforcent les blindes ukrainiens. Les systemes Patriot protegent les villes. Mais est-ce suffisant? Non. Pas encore. Pas assez vite.
Chaque mois de debat au Congres americain sur l’aide a l’Ukraine, c’est un mois supplementaire ou les soldats ukrainiens se battent avec des munitions rationnees. Chaque hesitation europeenne sur les blindes, c’est une avancee russe quelque part sur la carte. Le temps joue contre l’Ukraine. Moscou le sait. Moscou compte dessus.
L’histoire de cette guerre sera aussi l’histoire de nos hesitations. De nos calculs politiciens. De notre peur de « provoquer » Poutine. Comme si l’on pouvait provoquer celui qui a deja tout provoque. Comme si la prudence face au mal etait autre chose que de la lachete.
Les crimes de guerre : documenter l'indicible
La memoire des morts
Bucha restera grave dans l’histoire. Les corps dans les rues. Les mains liees. Les traces de torture. Les fosses communes. Irpin, Hostomel, Izioum: partout ou l’armee russe passe, elle laisse la meme signature macabre. Viols. Executions sommaires. Pillages. C’est une methode, pas des derapages. Une politique, pas des bavures.
La Cour penale internationale a emis un mandat d’arret contre Vladimir Poutine. Pour la deportation d’enfants ukrainiens. Des milliers d’enfants arraches a leurs familles, envoyes en Russie pour etre « reeduques », adoptes de force par des familles russes. C’est la definition meme du genocide culturel. C’est ce que Poutine fait, en toute impunite, sous les yeux du monde.
Ces enfants ont des noms. Des visages. Des parents qui les cherchent desesperement. Certains ne se souviendront peut-etre plus de l’ukrainien quand ils seront retrouves. Certains ne seront jamais retrouves. Comment peut-on voler l’enfance d’un peuple et pretendre mener une « operation speciale »?
La justice viendra-t-elle?
Les preuves s’accumulent. Les temoignages sont recueillis. Les satellites enregistrent. Les journalistes documentent. Un jour, peut-etre, les responsables seront juges. Mais en attendant, les crimes continuent. Chaque jour apporte son lot de nouvelles atrocites. Et chaque jour, l’impunite dure un peu plus longtemps.
Nuremberg a eu lieu apres la defaite nazie. La Haye a juge les criminels de Yougoslavie des annees apres les faits. La justice internationale est lente. Trop lente pour les victimes. Trop lente pour les survivants. Mais elle finit par arriver. Elle doit arriver. Sans justice, il n’y a pas de paix veritable.
Je refuse le cynisme qui dit que les puissants ne paient jamais. Milosevic a fini en prison. Karadzic aussi. Mladic aussi. Poutine finira dans les livres d’histoire aux cotes d’Hitler et de Staline. Les empires meurent. Les tyrans passent. Les peuples restent.
La communaute internationale : entre soutien et inertie
L’OTAN face a ses responsabilites
L’OTAN a longtemps hesite avant d’agir. Le Memorandum de Budapest de 1994 garantissait l’integrite territoriale de l’Ukraine en echange de l’abandon de son arsenal nucleaire. La Russie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni avaient signe. Trente ans plus tard, cette promesse git sous les decombres de Marioupol. L’Ukraine a renonce aux armes atomiques. Elle se fait bombarder avec des missiles conventionnels. Lecon apprise: ne jamais faire confiance aux grandes puissances.
L’Alliance atlantique a finalement reagi. Elle livre des armes. Elle forme des soldats. Elle renforce son flanc est. Mais elle refuse toujours d’engager directement ses forces. Par peur de l’escalade. Par peur du nucleaire. Poutine a compris cette peur. Il l’exploite. Chaque menace nucleaire russe est un chantage qui fonctionne. Et le monde cede. Encore et toujours.
Et pourtant, l’escalade est deja la. Elle a commence le 24 fevrier 2022. Qu’est-ce qui serait pire qu’une guerre d’agression, des crimes de guerre massifs, des deportations d’enfants? A quel moment decide-t-on que ca suffit? A quel moment arrete-t-on d’avoir peur d’un homme qui n’a peur de rien?
L’Europe en quete de courage
L’Union europeenne a rompu avec des decennies de naivete energetique. Elle s’est sevree du gaz russe. Elle a impose des sanctions. Elle a accueilli des millions de refugies ukrainiens. C’est historique. C’est necessaire. Mais c’est insuffisant. Tant que Moscou continue de financer sa guerre avec les revenus du petrole, les sanctions ont des limites.
La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni: les grandes puissances europeennes sont unies dans leur soutien rhetorique. Moins dans leurs actes. Les livraisons d’armes sont calibrees, prudentes, toujours en retard d’une offensive russe. On donne juste assez pour que l’Ukraine ne perde pas. Pas assez pour qu’elle gagne. Cette strategie a un nom: la prolongation indefinie de la souffrance.
Quand l’histoire jugera cette periode, elle ne retiendra pas nos declarations. Elle retiendra nos actes. Et nos silences. Nos hesitations coupables. Notre art de l’esquive face a l’urgence. Les Ukrainiens meurent pendant que nous debattons.
Le quotidien sous les bombes : survivre a l'invivable
Les civils pris au piege
Derriere les chiffres militaires, il y a des vies civiles broyees. Des familles separees. Des enfants traumatises. Une generation entiere d’Ukrainiens grandira avec le bruit des sirenes grave dans leur memoire. Ils auront connu les caves plus que les cours de recreation. Les alertes aeriennes plus que les histoires du soir.
Dans les villes proches du front, la vie continue malgre tout. Les marches ouvrent entre deux bombardements. Les cafes servent des clients qui consultent leur telephone pour suivre les alertes. Les couples se marient dans des mairies qui peuvent s’effondrer a tout moment. C’est la definition meme de la resilience: vivre pleinement, sachant que tout peut s’arreter dans la seconde qui suit.
J’ai lu le temoignage d’une femme de Kharkiv qui fait son jogging chaque matin. Entre les alertes. Elle dit que c’est sa facon de rester saine d’esprit. De ne pas laisser la guerre lui voler sa vie quotidienne. Cette obstination a vivre normalement dans un monde fou, c’est peut-etre la plus grande victoire de l’Ukraine.
L’hiver comme arme de guerre
La Russie cible methodiquement les infrastructures energetiques ukrainiennes. Les centrales electriques. Les sous-stations. Les reseaux de chauffage. L’objectif est clair: faire geler la population civile. Transformer l’hiver en arme de destruction massive. C’est un crime de guerre caracterise, documente, indeniable. Et il continue.
Chaque hiver depuis 2022 est un test de survie. Des millions d’Ukrainiens vivent avec des coupures de courant regulieres. Ils s’organisent, s’adaptent, tiennent bon. Les generateurs tournent. Les poeles a bois brulent. Les couvertures s’empilent. Poutine voulait les briser. Il les a rendus plus forts. Plus determines. Plus unis que jamais.
Imaginez votre appartement sans chauffage par moins quinze degres. Imaginez vos enfants qui dorment en manteau. Imaginez preparer le diner a la bougie parce que l’electricite est coupee. Maintenant imaginez ca pendant quatre hivers consecutifs. C’est le quotidien de millions d’Ukrainiens. Et ils ne cedent pas.
L'avenir incertain : quelle fin pour cette guerre?
Les scenarios du pire
Personne ne sait comment cette guerre finira. Les scenarios oscillent entre l’espoir et le cauchemar. Une victoire ukrainienne totale, avec la liberation de tous les territoires occupes, y compris la Crimee? C’est le reve de Kiev. Un gel du conflit sur les lignes actuelles, transformant l’Ukraine en nouvelle Coree? C’est la crainte de beaucoup. Un effondrement ukrainien face a une Russie que rien n’arrete? C’est l’objectif de Poutine.
Chaque jour de combat repousse la decision. Chaque journee comme celle du 8 fevrier 2026, avec ses 283 engagements, ses 150 Russes elimines, ses milliers de drones et d’obus, c’est une journee de plus ou l’Ukraine refuse de mourir. Ou elle gagne du temps. Ou elle espere que le vent finira par tourner.
Je ne pretends pas connaitre l’issue. Mais je sais une chose: un peuple qui resiste avec cette intensite depuis quatre ans ne peut pas perdre pour toujours. L’histoire a montre que les empires finissent par s’epuiser. Que les occupants finissent par partir. Que la liberte, meme ecrasee, finit par refleurir.
La paix, a quel prix?
On parle beaucoup de negociations. De cessez-le-feu. De paix. Mais quelle paix? Une paix qui recompense l’agression? Qui laisse a Poutine les territoires conquis par la force? Qui abandonne des millions d’Ukrainiens sous occupation russe? Ce ne serait pas la paix. Ce serait la capitulation deguisee. Et ce serait le signal, pour tous les dictateurs du monde, que l’agression paie.
La seule paix acceptable est celle qui respecte la souverainete ukrainienne. Qui garantit sa securite. Qui permet le retour des refugies et des deportes. Qui traduit les criminels en justice. Tout le reste n’est que pause avant la prochaine guerre. Poutine a deja attaque la Georgie en 2008. L’Ukraine en 2014. Puis en 2022. Sans consequences reelles, il recommencera. Ailleurs. Autrement. Toujours.
La paix n’est pas l’absence de guerre. C’est la presence de la justice. Sans justice, il n’y a que des treves. Des pauses. Des moments de recuperation avant le prochain round. L’Ukraine merite mieux qu’une treve. Elle merite la victoire.
Conclusion : 283 raisons de ne pas detourner le regard
Ces 283 engagements ne sont pas des statistiques. Ce sont des batailles. Des cris. Des prieres. Des derniers souffles. Ce sont des hommes et des femmes qui se levent chaque matin en sachant qu’ils peuvent ne pas voir le coucher du soleil. Ce sont des familles qui attendent des nouvelles qui ne viendront peut-etre jamais. C’est l’Ukraine, debout, saignante, mais invaincue.
Je refuse la lassitude. Je refuse le « fatigue de l’Ukraine » qui contamine les salles de redaction occidentales. Quatre ans de guerre, ce n’est pas une raison de s’en desinteresser. C’est une raison de redoubler d’attention. De solidarite. D’action. Les Ukrainiens n’ont pas le luxe de la lassitude. Ils n’ont que celui de la survie.
Demain, il y aura d’autres 283 engagements. D’autres 150 morts russes. D’autres milliers de drones. D’autres bombes sur des villes qui etaient des lieux de vie. La guerre continuera. Mais tant qu’il y aura des temoins pour la raconter, tant qu’il y aura des voix pour refuser l’oubli, l’Ukraine ne sera pas seule. Elle ne sera jamais seule.
A ceux qui me lisent: ne vous habituez pas. Ne vous laissez pas anesthetiser par les chiffres. Derriere chaque numero, il y a un nom. Derriere chaque statistique, il y a une histoire. Et cette histoire, c’est aussi la notre. Parce que le jour ou l’Ukraine tombe, c’est l’idee meme d’un monde fonde sur le droit qui s’effondre avec elle.
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Positionnement editorial
Cette chronique assume une position claire en soutien a l’Ukraine et en condamnation de l’agression russe. Ce positionnement n’est pas une deviation de l’objectivite journalistique; c’est l’application du principe selon lequel la neutralite face au crime est une forme de complicite. Les faits rapportes sont verifiables. L’interpretation de ces faits est assumee et transparente.
Methodologie et sources
Les donnees militaires citees proviennent de l’Etat-major general des Forces armees ukrainiennes, relaye par l’agence Ukrinform. Ces chiffres concernant les pertes russes sont des estimations ukrainiennes et peuvent differer d’autres sources. La Russie ne communique pas de chiffres officiels sur ses pertes. Les informations ont ete verifiees par recoupement avec les rapports disponibles au moment de la redaction.
Nature de l’analyse
Ce texte est une chronique, un genre journalistique qui combine l’information factuelle et l’analyse personnelle de l’auteur. Il ne pretend pas a l’exhaustivite encyclopedique mais vise a eclairer le sens des evenements a travers une perspective assumee. Le lecteur est invite a consulter plusieurs sources pour former son propre jugement.
Sources
Sources primaires
Ministere de la Defense de l’Ukraine – Communications officielles de l’Etat-major general
Sources secondaires
Cour penale internationale – Mandat d’arret contre Vladimir Poutine
OTAN – Relations avec l’Ukraine et soutien militaire
Conseil de l’Union europeenne – Reponse de l’UE a l’invasion de l’Ukraine
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