Quatre cent cinquante drones, soixante-dix missiles, une seule cible : les civils
Ce qui se passe a Kyiv ce soir-la n’est pas un evenement isole. C’est le prolongement methodique d’une campagne commencee la veille. Le 7 fevrier 2026, la Russie a lance une attaque massive sur les infrastructures energetiques ukrainiennes. Plus de 450 drones. Plus de 70 missiles. Tous types confondus. Une pluie de feu sur un pays deja a genoux.
Les centrales thermiques de Burshtyn et Dobrotvir dans l’ouest de l’Ukraine ont ete touchees. Les installations nucleaires ont subi des dommages. Un reacteur s’est arrete automatiquement. Les lignes haute tension de 750 kilovolts et 330 kilovolts qui forment la colonne vertebrale du reseau electrique ukrainien ont ete visees systematiquement.
DTEK, le plus grand fournisseur d’energie prive d’Ukraine, a compte. Deux cent vingt attaques sur leurs centrales thermiques depuis le debut de l’invasion. Deux cent vingt. Ce n’est pas de la guerre. C’est de l’acharnement industriel sur des civils.
Moins dix-neuf degres : le froid comme arme de guerre
A Kyiv, les temperatures sont tombees a moins dix-neuf degres Celsius. Dans certaines regions, on prevoit moins vingt-cinq. Et 1 170 immeubles residentiels dans la capitale se retrouvent sans chauffage. Pres de 6 000 batiments prives d’eau chaude. Des familles entieres qui tentent de survivre dans des appartements ou le givre se forme a l’interieur des fenetres.
L’Atlantic Council a trouve les mots justes: « La mort par le froid : la Russie tente de geler des millions de civils ukrainiens. » Ce n’est pas une metaphore. C’est une description clinique de ce qui se passe. Des gens meurent d’intoxication au monoxyde de carbone en essayant de se chauffer avec des poeles a gaz. Une famille entiere a ete empoisonnee mortellement par un generateur installe sur leur balcon. Les victimes sont souvent des personnes agees, seules, incapables de rejoindre les points de chaleur.
La promesse brisee : Trump, Poutine et le mensonge qui tue
Une semaine de pause qui n’a jamais existe
Le 30 janvier 2026, Donald Trump annoncait fierement lors d’une reunion de cabinet a la Maison-Blanche: « J’ai personnellement demande au president Poutine de ne pas tirer sur Kyiv et les villes pendant une semaine durant ce froid extraordinaire. » Le Kremlin, par la voix de Dmitri Peskov, confirmait avoir recu cette « demande personnelle« .
Et pourtant. Les missiles ont continue a tomber. Les drones Shahed ont continue a hurler dans la nuit ukrainienne. Les centrales electriques ont continue a bruler. La « pause » n’a jamais existe ailleurs que dans les conferences de presse de Washington.
Il y a quelque chose de particulierement cruel a promettre un repit aux victimes, a leur faire croire qu’elles pourront dormir sans sirenes pendant sept jours, et puis a laisser les bombes continuer de tomber. C’est pire que de ne rien promettre du tout. C’est ajouter la trahison a l’horreur.
Zelensky face au neant diplomatique
Volodymyr Zelensky a ete clair, avec cette lucidite qui caracterise ceux qui vivent sous les bombes: « Il n’y a pas de cessez-le-feu. Il n’y a pas d’accord officiel sur un cessez-le-feu, comme on en conclut typiquement lors de negociations. » Il a ajoute: « Il n’y a eu aucun dialogue direct et aucun accord direct sur ce sujet entre nous et la Russie. »
Les faits lui ont donne raison. Le 3 fevrier, un jour apres que Trump ait reaffirme que le Kremlin avait accepte de suspendre les attaques sur le secteur energetique, la Russie a lance 450 drones et plus de 70 missiles. Les centrales ont brule dans au moins six regions. Plus de 1 000 immeubles a Kyiv se sont retrouves sans electricite.
Le genocide par le froid : une strategie deliberee
Dix millions huit cent mille personnes ont besoin d’aide humanitaire
Les Nations Unies ont compte. 10,8 millions de personnes en Ukraine ont besoin d’aide humanitaire. Dix millions huit cent mille. C’est plus que la population de la Belgique. C’est plus que la population du Quebec. C’est un pays entier de gens qui ne peuvent plus vivre normalement.
L’Ukraine a officiellement accuse la Russie de « genocide hivernal« . Les mots sont lourds. Ils sont choisis. Un genocide, c’est la destruction deliberee d’un groupe de personnes. Quand on cible systematiquement les infrastructures qui permettent a des millions de civils de survivre en plein hiver arctique, comment appeler ca autrement?
On parle souvent des morts par bombes. Des corps dechiquetes. Des immeubles effondres. Mais il y a une autre forme de mort, plus lente, plus insidieuse. Celle de la grand-mere de 78 ans qui s’endort dans son appartement sans chauffage et ne se reveille pas. Celle du bebe de trois mois dont les poumons ne supportent pas le froid. Ces morts-la, on ne les voit pas sur les images. Mais elles comptent aussi.
Les points de chaleur : dernier rempart contre la mort
A Kyiv, les autorites ont mis en place plus de 1 200 espaces chauds securises. Soixante-huit points de chauffage supplementaires installes par les services d’urgence et les partenaires humanitaires. C’est la que les gens viennent rechauffer leurs os. Recharger leurs telephones. Boire quelque chose de chaud. Survivre.
Mais ces refuges ne peuvent pas accueillir tout le monde. Et il y a ceux qui ne peuvent pas se deplacer. Les personnes a mobilite reduite. Les malades chroniques. Les tres jeunes. Les tres vieux. Ceux que le froid tue en premier.
Bryansk : la ou partent les missiles qui tuent
L’origine de la menace balistique
L’Armee de l’air ukrainienne a identifie l’origine de la menace balistique: Bryansk. Cette region russe qui borde l’Ukraine. C’est de la que partent les missiles qui foncent vers Kyiv a des vitesses supersoniques. Des engins qui laissent a peine quelques minutes aux habitants pour reagir une fois les sirenes declenchees.
Et pourtant. La Russie continue d’affirmer qu’elle ne cible pas les civils. Qu’elle vise des « objectifs militaires« . Que les dommages collateraux sont « regrettables mais inevitables« . Les mots du Kremlin contredisent systematiquement les faits sur le terrain.
Il y a 1 078 abris anti-bombes a Kyiv. Une commission gouvernementale a decouvert en juin 2023 que seule la moitie d’entre eux sont utilisables. Cinq cent trente-neuf abris pour trois millions de personnes. Faites le calcul. Il y a des gens qui n’ont nulle part ou aller quand les sirenes hurlent.
Le missile Oreshnik : la nouvelle terreur
La Russie a recemment confirme l’utilisation du missile balistique Oreshnik dans ses attaques massives sur l’Ukraine. C’est une de ses armes les plus avancees. Un missile hypersonique capable de manoeuvres evasives pendant son vol. Plus difficile a intercepter. Plus precis. Plus mortel.
Le 8 janvier 2026, ce missile a frappe l’ouest de l’Ukraine. Un message du Kremlin. Une demonstration de force. Un avertissement: nous avons des armes contre lesquelles vos defenses sont impuissantes. Dormez avec cette idee.
Les morts qu'on ne compte pas
Quatre morts, trente-deux blesses : le bilan visible
Les chiffres officiels de l’attaque du 3 fevrier parlent d’au moins quatre morts et trente-deux blesses. A Druzhkivka, dans l’oblast de Donetsk, des munitions a sous-munitions ont frappe un marche. Sept morts. Huit blesses. Des gens qui faisaient leurs courses. Qui achetaient du pain. Des legumes. Les petites choses de la vie quotidienne.
Un secouriste a ete tue a Kyiv. Quelqu’un dont le travail etait de sauver des vies. Il est mort en essayant de faire son travail. De porter secours. D’aider les autres. La Russie a tue un homme dont la seule arme etait une trousse de premiers soins.
Quand on tue un secouriste, on ne tue pas seulement un homme. On tue tous ceux qu’il aurait pu sauver. On tue l’espoir que quelqu’un viendra a votre aide quand vous serez sous les decombres. On tue la confiance dans l’humanite elle-meme.
Les morts invisibles : l’hypothermie et le monoxyde de carbone
Et pourtant. Ces chiffres ne racontent pas toute l’histoire. Ils ne comptent pas les morts par hypothermie. Ceux qui s’endorment dans le froid et ne se reveillent pas. Ceux dont le coeur lache a cause du stress thermique. Ceux qui meurent d’intoxication au monoxyde de carbone parce qu’ils ont essaye de se chauffer avec des moyens de fortune.
Ces morts-la ne sont pas comptabilisees comme des victimes de guerre. Pas officiellement. Pas dans les statistiques. Mais ce sont des victimes quand meme. Des gens qui seraient vivants si la Russie n’avait pas detruit les infrastructures qui leur permettaient de survivre.
L'appel a l'aide internationale
Ukrenergo demande l’aide d’urgence de la Pologne
L’operateur du reseau electrique ukrainien, Ukrenergo, a lance un appel a l’aide d’urgence a la Pologne. Le Premier ministre Denys Shmyhal a confirme la demande d’assistance apres les frappes sur les centrales de Burshtyn et Dobrotvir. L’Ukraine ne peut plus produire assez d’electricite pour chauffer sa population.
Les coupures d’urgence atteignent 4,5 a 5 niveaux sur l’echelle nationale. Des mesures supplementaires ont ete imposees dans les regions est et nord. Concretement, cela signifie des heures sans electricite. Sans chauffage. Sans lumiere. En pleine nuit hivernale.
L’Ukraine demande de l’aide. Elle demande de l’electricite. Elle demande de la solidarite. Elle demande simplement a ne pas etre tuee par le froid pendant que le monde regarde ailleurs. Est-ce vraiment trop demander?
Les 9 megawatts de l’espoir
Le meme jour que les explosions a Kyiv, les autorites ukrainiennes annoncaient le lancement de 9 megawatts de capacite supplementaire pour repondre aux deficits critiques d’electricite. Neuf megawatts. Une goutte d’eau dans un ocean de besoins. Mais c’est un symbole. Une preuve que l’Ukraine continue de construire pendant que la Russie continue de detruire.
C’est ca, la resilience ukrainienne. Pas seulement resister. Reconstruire. Reparer. Recommencer. Meme quand les bombes continuent de tomber. Meme quand le monde semble avoir oublie.
Quatre ans de guerre : la normalisation de l'horreur
Deux cent vingt attaques sur les centrales thermiques
Depuis le debut de l’invasion en fevrier 2022, la Russie a mene 220 attaques sur les centrales thermiques de DTEK. Deux cent vingt. C’est une attaque tous les six a sept jours pendant quatre ans. Une campagne systematique de destruction des capacites de l’Ukraine a produire de l’electricite.
Le ministere de l’Energie a parle des « pires dommages » jamais vus. Chaque attaque laisse des cicatrices plus profondes. Chaque reparation est plus difficile que la precedente. Le reseau tient, mais il s’effrite. Lentement. Inexorablement.
On s’habitue a tout. C’est ce qu’on dit. Mais comment s’habituer a vivre sans chauffage par moins vingt? Comment s’habituer a dormir avec la peur qu’un missile vous tombe dessus? Comment s’habituer a enterrer ses voisins, ses amis, sa famille? L’Ukraine ne s’habitue pas. L’Ukraine survit. C’est different.
La vie normale a disparu
ABC News a titre: « La vie normale a disparu. » C’est le resume le plus exact de ce que vivent les Ukrainiens. Pas de vie normale. Pas de routines. Pas de certitudes. Juste la survie. Au jour le jour. A l’heure en heure. Au missile pres.
Et le monde continue de tourner. Les bourses montent et descendent. Les elections se preparent. Les scandales se succedent. Pendant ce temps, a Kyiv, une mere enveloppe son bebe dans toutes les couvertures qu’elle possede et prie pour que le chauffage revienne avant le matin.
Ce que le monde choisit de ne pas voir
La fatigue de la compassion
Apres quatre ans de guerre, on parle de « fatigue de la compassion« . Les gros titres sur l’Ukraine ne font plus cliquer comme avant. Les images de destruction sont devenues banales. Les appels a l’aide se perdent dans le bruit de l’actualite. Le monde s’est habitue a ce que l’Ukraine souffre.
Mais l’Ukraine ne s’est pas habituee a souffrir. Chaque mort fait mal. Chaque missile fait peur. Chaque nuit sans chauffage est une epreuve. La douleur ne diminue pas avec le temps. Elle s’accumule.
Nous avons le luxe de la fatigue. Le luxe de changer de chaine. De scroller vers le bas. De passer a autre chose. Les Ukrainiens n’ont pas ce luxe. Ils ne peuvent pas changer de chaine sur leur propre vie. Ils ne peuvent pas scroller vers le bas pour eviter les missiles. Leur seule option, c’est de tenir. Et d’esperer que le monde se souvienne qu’ils existent.
Les negotiations de paix qui n’arrivent jamais
On parle de negociations. De pourparlers. De paix. Mais qu’est-ce que la « paix » quand l’agresseur continue de bombarder la veille des discussions? Qu’est-ce qu’une « pause » quand les missiles continuent de tomber? Qu’est-ce qu’un « accord » quand une des parties n’a jamais tenu une seule de ses promesses?
La Russie a frappe les infrastructures energetiques ukrainiennes la veille meme des pourparlers de paix prevus. Ce n’est pas un hasard. C’est un message. Un ultimatum deguise. Negociez depuis une position de faiblesse, ou nous continuerons a vous geler a mort.
Le prix de l'inaction internationale
Quand l’Occident regarde ailleurs
Chaque jour qui passe sans action decisive est un jour de plus ou la Russie peut bombarder en toute impunite. Chaque sommet diplomatique qui se termine en declarations vagues est une victoire pour le Kremlin. Chaque hesitation sur l’envoi d’armes est une condamnation a mort pour des civils ukrainiens.
Les promesses d’aide arrivent. Les livraisons prennent du retard. Les systemes de defense aerienne promis depuis des mois ne sont toujours pas deployes. Et pendant ce temps, les missiles balistiques continuent de tomber sur Kyiv. La bureaucratie occidentale tue aussi surement que les bombes russes.
Il y a une forme de lachete qui se deguise en prudence. Une forme de complicite qui se cache derriere la diplomatie. Quand on laisse mourir des gens qu’on pourrait sauver, on n’est pas neutre. On est du cote de ceux qui tuent.
Les mots qui ne suffisent plus
Les condamnations pleuvent. Les declarations de solidarite se multiplient. Les communiques officiels expriment une « profonde preoccupation« . Mais les mots ne rechauffent pas les appartements. Les mots n’interceptent pas les missiles. Les mots ne ramenent pas les morts.
L’Ukraine a besoin d’actes. D’armes. D’electricite. De systemes Patriot qui peuvent abattre les missiles balistiques. Elle a besoin que le monde cesse de parler et commence a agir.
Conclusion : La question qui reste
Que faut-il pour que le monde reagisse?
Ce soir du 8 fevrier 2026, les sirenes ont hurle sur Kyiv. Les explosions ont retenti. Les gens se sont precipites vers les abris. Certains n’en sont jamais sortis. D’autres ont passe la nuit a trembler, pas seulement de peur, mais de froid.
Et demain, les sirenes hurleront peut-etre encore. Et apres-demain. Et la semaine prochaine. Jusqu’a quand? Combien de morts faudra-t-il? Combien d’hivers sans chauffage? Combien d’enfants traumatises a vie?
Il y a des moments ou le silence devient complice. Des moments ou l’inaction devient une forme de participation au crime. Nous sommes dans un de ces moments. Chaque jour que nous laissons passer sans agir est un jour ou la Russie continue de tuer. Des missiles russes. Une inaction mondiale. Et au milieu, trois millions d’habitants de Kyiv qui essaient simplement de survivre a une autre nuit glaciale.
Le dernier mot
21h07, ce samedi soir de fevrier. Moins dix-neuf degres. Des missiles balistiques dans le ciel. Des explosions dans la nuit. Et trois millions de personnes qui se demandent si elles verront le matin.
C’est ca, l’Ukraine en 2026. Pas les grandes declarations. Pas les sommets diplomatiques. Pas les promesses creuses. Juste des gens ordinaires qui essaient de rester en vie pendant qu’un empire tente de les effacer de la carte.
Maintenant, vous savez. La question est: qu’est-ce que vous allez en faire?
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Positionnement editorial
Cette chronique adopte une position claire: la guerre d’agression russe contre l’Ukraine est un crime. Le bombardement delibere d’infrastructures civiles en plein hiver constitue, selon le droit international humanitaire, un crime de guerre. La neutralite face a de tels actes n’est pas de l’objectivite — c’est de la complicite. Cette position est assumee et transparente.
Methodologie et sources
Cette analyse s’appuie sur des sources primaires (declarations officielles des autorites ukrainiennes, communications de l’operateur Ukrenergo, rapports de l’Armee de l’air ukrainienne) et des sources secondaires (medias internationaux de reference: Kyiv Independent, CNN, Al Jazeera, ABC News, Washington Post, rapports des Nations Unies, Atlantic Council). Les chiffres cites sont verifiables et recoupes entre plusieurs sources.
Nature de l’analyse
Ce texte est une chronique, pas un reportage factuel. Il combine des faits verifies avec une analyse editoriale et une perspective morale assumee. Les passages en italique representent des reflexions personnelles du chroniqueur. Le ton emotionnel est delibere: face a des crimes de guerre, la froideur clinique serait une forme de mensonge.
Sources
Sources primaires
UNN – Explosions heard in Kyiv amid ballistic missile threat
Mezha – Ballistic Missile Threat Prompts Air Raid Alert in Kyiv and Regions
Kyiv Independent – Explosions heard in Kyiv amid Russian missile attack
Sources secondaires
Washington Post – Russia attacks Ukraine power sector again despite Trump call for pause
UN News – Ukraine: Deadly Russian strikes push civilians deeper into winter crisis
Atlantic Council – Death by cold: Russia is attempting to freeze millions of Ukrainian civilians
NBC News – Confusion in Kyiv and Moscow after Trump says Putin agreed to pause attacks for a week
Al Jazeera – Trump says Russia to pause bombing Kyiv during extreme winter conditions
NPR – Russia says it used new Oreshnik ballistic missile in major attack on Ukraine
The Moscow Times – Russia Hits Ukraine Power Grid With Massive Attack, Operator Says
Wikipedia – Kyiv strikes (2022-present)
Wikipedia – Russian strikes against Ukrainian infrastructure
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