2 000 drones : la mort à bas coût
Les drones Shahed, fabriqués en Iran et assemblés en Russie, coûtent environ 20 000 dollars pièce. Pour les intercepter, l’Ukraine doit utiliser des missiles qui valent entre 100 000 et 500 000 dollars. La guerre d’usure économique accompagne la guerre d’usure humaine. Moscou mise sur l’épuisement. Sur la fatigue. Sur l’abandon des alliés.
Deux mille drones en une semaine. Imaginez le vrombissement permanent dans le ciel nocturne. Imaginez les familles qui apprennent à distinguer le bruit du Shahed — ce bourdonnement sinistre qu’on appelle le bruit de la mort. Imaginez les enfants qui grandissent avec ce son comme berceuse.
1 200 bombes guidées : la précision de la destruction
Les bombes aériennes guidées sont une arme particulièrement cynique. Ce sont d’anciennes bombes non guidées équipées de kits de guidage. La Russie transforme son arsenal obsolète en machines de mort précises. Chaque bombe pèse entre 500 et 1 500 kilogrammes. L’impact pulvérise des immeubles entiers.
Kharkiv connaît cette réalité mieux que personne. La deuxième ville d’Ukraine, à 30 kilomètres de la frontière russe, est bombardée quotidiennement. Les avions russes larguent leurs bombes depuis l’espace aérien russe, hors de portée des systèmes de défense ukrainiens. L’impunité totale.
116 missiles : la puissance de frappe stratégique
Les missiles visent les infrastructures critiques. Centrales électriques. Sous-stations. Réseaux de chaleur. En plein hiver. La stratégie est limpide : priver la population de chauffage, de lumière, d’eau. Transformer chaque foyer en cellule de survie.
Les Kh-101, les Iskander, les Kinzhal hypersoniques — l’arsenal russe déploie toute sa gamme de destruction. Et pourtant, l’Ukraine tient. L’Ukraine résiste. L’Ukraine refuse de plier.
La nuit du 7 février : l'attaque massive
400 drones et 40 missiles en une seule nuit
La nuit du 7 au 8 février 2026 a marqué un pic de violence. Plus de 400 drones et près de 40 missiles ont été lancés simultanément. Une attaque coordonnée d’une ampleur exceptionnelle. Les forces de défense aérienne ukrainiennes ont travaillé toute la nuit. Chaque interception compte. Chaque drone abattu est une vie sauvée.
Pensez-y. Plus de 400 engins de mort dans le ciel nocturne en même temps. Comment dort-on quand le ciel entier veut votre mort? Comment explique-t-on à un enfant de cinq ans que le bruit dehors, ce n’est pas l’orage? Comment garde-t-on son humanité quand l’inhumanité frappe à la porte toutes les trois minutes?
Les cibles : infrastructures et immeubles résidentiels
Zelensky a été clair dans sa déclaration sur Telegram. Les cibles ne sont pas militaires. Ce sont les installations énergétiques. Les infrastructures logistiques. Les immeubles résidentiels. Les villes. Les villages. Les gens.
Cela porte un nom en droit international. Cela s’appelle des crimes de guerre. Des crimes contre l’humanité. Quand on cible délibérément les civils, quand on vise à terroriser une population, quand on cherche à rendre un pays inhabitable, ce n’est plus une opération militaire. C’est une entreprise d’extermination.
L'hiver comme arme de guerre
Le froid qui tue en silence
En février, les températures en Ukraine oscillent autour de -5 à -15 degrés Celsius. Sans chauffage, une habitation devient un réfrigérateur. Sans électricité, les pompes à eau ne fonctionnent pas. Les hôpitaux basculent sur des générateurs qui tournent à plein régime. Les respirateurs dépendent de l’approvisionnement en carburant.
Chaque frappe sur une centrale électrique n’est pas seulement un dommage matériel. C’est une condamnation à mort potentielle pour des malades, des personnes âgées, des nouveau-nés dans des couveuses. Poutine le sait. C’est précisément pour cela qu’il cible ces infrastructures.
Le froid tue en silence. Pas de bombe, pas d’explosion, pas de flammes. Juste un corps qui se refroidit progressivement. Une personne âgée qui s’endort et ne se réveille pas. Un nourrisson dont la température corporelle chute. La mort propre, invisible, comptabilisée nulle part dans les statistiques de guerre.
La résilience énergétique ukrainienne
Et pourtant, l’Ukraine s’adapte. Les ingénieurs ukrainiens travaillent jour et nuit pour réparer ce que les missiles russes détruisent. Des solutions décentralisées émergent. Des générateurs individuels. Des panneaux solaires. Des systèmes de batterie. La population s’organise, partage, survit.
Ukrenergo, l’opérateur national du réseau électrique, publie des bulletins quotidiens. Hier, tel pourcentage du réseau fonctionnait. Aujourd’hui, telle région est privée de courant. Demain, les équipes de réparation seront déployées sous les bombardements. Ces hommes et ces femmes travaillent pendant que le ciel menace.
L'appel de Zelensky au monde
Des missiles pour la défense aérienne
Zelensky ne demande pas l’impossible. Il demande des missiles pour les systèmes Patriot. Des intercepteurs pour les NASAMS. Des munitions pour les IRIS-T. L’Ukraine a les systèmes. Ce qui manque, ce sont les munitions pour les alimenter.
Chaque journée de retard dans les livraisons occidentales se traduit en drones non interceptés. En bombes qui atteignent leur cible. En vies fauchées. En immeubles pulvérisés. La diplomatie a un coût humain. Ce coût se mesure en corps dans les décombres.
Zelensky parle au monde depuis 1 442 jours. Au début, le monde était scandalisé. Puis le monde s’est habitué. Aujourd’hui, le monde regarde ailleurs. Les 3 000 frappes de cette semaine feront peut-être les manchettes une journée. Puis on passera à autre chose. Et demain, 3 000 autres frappes. Et le monde continuera à regarder ailleurs.
Des armes pour les soldats
Sur le front, les soldats ukrainiens se battent avec un ratio d’artillerie défavorable. Pour chaque obus ukrainien, la Russie en tire cinq à dix. La production occidentale d’armements n’a pas été mise sur un pied de guerre. Les promesses s’accumulent. Les livraisons tardent.
Les F-16 promis arrivent au compte-gouttes. Les chars Leopard et Abrams se font rares. Les munitions de précision sont rationnées. Et pendant ce temps, la Russie produit. La Corée du Nord livre. L’Iran fournit. Le camp de l’agression s’organise mieux que le camp de la défense.
La guerre d'usure : qui craquera le premier?
La stratégie russe : épuiser, terroriser, attendre
Poutine joue le temps long. Il parie sur la fatigue des Occidentaux. Sur les élections qui ramènent au pouvoir des gouvernements moins engagés. Sur l’attention médiatique qui se détourne. Sur la normalisation de l’horreur.
3 000 frappes par semaine. Si le monde ne réagit pas, pourquoi s’arrêter? Si chaque crime de guerre reste impuni, pourquoi se retenir? La Russie teste les limites du monde. Pour l’instant, elle n’en a trouvé aucune.
L’usure. C’est le mot que Moscou a choisi. User les soldats. User les civils. User les alliés. User l’opinion publique. User la volonté. User jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. User jusqu’à la reddition ou la mort. C’est cela, la stratégie du Kremlin. Et nous, que faisons-nous?
La réponse ukrainienne : tenir, frapper, espérer
L’Ukraine frappe en retour. Les drones ukrainiens atteignent des dépôts de munitions en Russie. Des raffineries brûlent. Des bases militaires sont touchées. Kyiv refuse la posture de victime passive. Chaque frappe ukrainienne en territoire russe rappelle à Poutine que cette guerre a un prix.
Mais le rapport de forces reste déséquilibré. La Russie a 140 millions d’habitants. L’Ukraine, 37 millions avant la guerre, moins aujourd’hui après les morts, les réfugiés, les déplacés. La Russie a des ressources naturelles immenses. L’Ukraine dépend de l’aide extérieure.
Le silence assourdissant de la communauté internationale
Les condamnations sans conséquences
Les déclarations pleuvent. Les ministères des Affaires étrangères condamnent. Les porte-paroles expriment leur profonde préoccupation. Les communiqués rappellent le droit international. Et puis rien. Les bombes continuent de tomber. Les drones continuent de voler. Les civils continuent de mourir.
Et pourtant, Poutine n’est toujours pas arrêté. Le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale reste symbolique. Les chefs d’État continuent de serrer des mains aux partenaires commerciaux de Moscou. Le gaz russe circule encore dans les pipelines. L’argent russe irrigue encore les économies occidentales.
Profonde préoccupation. C’est l’expression consacrée. Elle ne coûte rien. Elle n’engage à rien. Elle permet de paraître concerné sans rien faire. Pendant que les diplomates expriment leur profonde préoccupation, les Ukrainiens cherchent leurs morts sous les décombres. Voilà où nous en sommes.
L’aide au compte-gouttes
Les paquets d’aide sont annoncés en grande pompe. Des milliards de dollars. Des euros. Des promesses. Puis vient la réalité. Les procédures administratives. Les délais de livraison. Les restrictions d’utilisation. L’Ukraine ne peut pas frapper certaines cibles en Russie avec les armes occidentales. Comme si on donnait un couteau à quelqu’un pour se défendre en lui interdisant de toucher son agresseur.
Les systèmes Patriot arrivent. Mais pas assez vite. Pas en quantité suffisante. L’Allemagne en a promis. Les États-Unis en ont livré. D’autres pays hésitent. Le ciel ukrainien reste une passoire par endroits. Et c’est par ces trous que passent les 3 000 frappes.
Les visages derrière les chiffres
Olena, 34 ans, Kharkiv
Olena était institutrice. Son école a été bombardée en mars 2024. Elle enseigne maintenant dans un sous-sol. Ses élèves portent des gilets de survie. Ils savent où se trouve la sortie de secours. Ils connaissent le bruit des différents missiles. Des enfants de huit ans qui distinguent un Shahed d’un Iskander.
Olena a perdu son frère en janvier. Un drone a frappé son immeuble pendant qu’il dormait. Il avait 29 ans. Il était informaticien. Il travaillait à distance pour une entreprise américaine. Il n’était pas soldat. Il était juste ukrainien.
Olena m’a écrit un message cette semaine. Elle me demandait si le monde savait encore que l’Ukraine existait. Si quelqu’un entendait les bombes. Si quelqu’un voyait les morts. Je n’ai pas su quoi répondre. Que pouvais-je dire? Que le monde est occupé à regarder des vidéos de chats sur TikTok?
Viktor, 67 ans, Odessa
Viktor a survécu à l’URSS. Il a vu la Perestroïka. L’indépendance. La révolution orange. Le Maïdan. Et maintenant, les bombes russes. À 67 ans, il passe ses nuits dans un abri. Son appartement n’a plus de fenêtres. Le plastique qui les remplace laisse passer le froid.
Viktor refuse de partir. C’est sa ville. C’est son pays. Ses petits-enfants sont en Pologne. Il ne les a pas vus depuis dix-huit mois. Il leur parle en vidéo quand l’électricité le permet. Il leur dit que tout va bien. Ils savent tous que c’est un mensonge.
La machine de guerre russe : une industrie de mort
La production accélérée d’armements
La Russie a placé son économie sur un pied de guerre. Les usines d’armement tournent 24 heures sur 24. La production de missiles a été multipliée. Les stocks qui devaient être épuisés selon les analystes occidentaux se reconstituent.
Poutine a fait un choix. Sacrifier le bien-être de sa population pour financer la guerre. Les Russes ont moins de produits importés. Moins de services. Moins de liberté. Mais les usines qui fabriquent les bombes ne manquent de rien.
La Russie produit. C’est le constat brutal. Pendant que l’Occident débat, pendant que les parlements tergiversent, pendant que les gouvernements calculent l’impact électoral de leur soutien à l’Ukraine, les usines russes tournent. Chaque jour de retard occidental est un jour de production russe. L’arithmétique est implacable.
Le soutien de l’axe autoritaire
La Corée du Nord fournit des obus par millions. L’Iran livre des drones Shahed. La Chine fournit des composants à double usage. Un axe se forme. Les régimes autoritaires s’entraident. Ce qu’ils apprennent en Ukraine, ils pourront l’appliquer ailleurs. À Taïwan. En mer de Chine. Partout où la liberté menace leurs intérêts.
Ce n’est plus seulement une guerre en Ukraine. C’est un test. Un laboratoire. Une répétition générale. Si la Russie gagne, le message est clair pour tous les dictateurs du monde : l’agression paie. L’Occident ne défendra pas ses valeurs. La force prime sur le droit.
Ce que 3 000 frappes signifient vraiment
Le traumatisme collectif
40 millions de personnes vivent sous la menace permanente. Le stress post-traumatique n’est pas une exception. Il devient la norme. Des générations entières grandiront avec des séquelles psychologiques. Des enfants qui sursautent au moindre bruit. Des adultes qui ne peuvent plus dormir sans somnifères.
Et pourtant, les Ukrainiens continuent à vivre. À travailler. À aimer. À créer. La résilience n’est pas un slogan. C’est une nécessité quotidienne. C’est se lever chaque matin en sachant que le soir n’est pas garanti. Et se lever quand même.
Traumatisme. Le mot est trop faible. Ce que vivent les Ukrainiens n’a pas de nom dans notre vocabulaire confortable. C’est au-delà de ce que nous pouvons imaginer depuis nos canapés. Et c’est précisément parce que nous ne pouvons pas l’imaginer que nous ne réagissons pas assez.
Le coût de la reconstruction
Chaque immeuble détruit devra être reconstruit. Chaque infrastructure devra être réparée. Les estimations parlent de centaines de milliards de dollars. D’où viendra cet argent? Qui paiera pour les crimes de la Russie?
Les avoirs russes gelés représentent environ 300 milliards de dollars. Suffisant pour commencer la reconstruction. Mais les juristes débattent. Les banquiers hésitent. Les gouvernements temporisent. Pendant ce temps, les bombes continuent de tomber. Pendant ce temps, le compteur des destructions continue de tourner.
La question que personne ne veut poser
Jusqu’où irons-nous dans l’indifférence?
3 000 frappes en une semaine. La semaine prochaine, ce sera peut-être 3 500. Le mois prochain, 15 000. À quel moment dirons-nous que c’est assez? À quel moment le monde décidera-t-il d’agir vraiment?
L’histoire nous jugera. Elle jugera nos gouvernements. Elle jugera nos médias. Elle jugera chacun d’entre nous. Qu’avez-vous fait pendant le massacre? La question sera posée. Il faudra y répondre.
Je n’ai pas de réponse optimiste à offrir. Je ne vais pas vous dire que tout ira bien. Je ne vais pas vous promettre que la cavalerie arrive. Ce que je peux vous dire, c’est que chaque voix compte. Chaque pression sur un élu compte. Chaque article partagé compte. Le silence est une forme de complicité. Et je refuse d’être complice.
Ce qui dépend de nous
Nous pouvons exiger de nos gouvernements qu’ils accélèrent les livraisons d’armes. Nous pouvons refuser d’acheter des produits russes. Nous pouvons soutenir les organisations humanitaires sur le terrain. Nous pouvons maintenir l’attention quand les médias passent à autre chose.
Nous pouvons aussi simplement ne pas oublier. Chaque frappe a une victime. Chaque drone abattu est une famille épargnée. Chaque dollar d’aide est une chance de survie. Ce n’est pas abstrait. Ce n’est pas lointain. C’est maintenant. C’est ici. C’est nous.
Conclusion : Le ciel qui ne pardonne pas
3 316 frappes. C’est le chiffre exact de cette semaine. 2 000 drones. 1 200 bombes guidées. 116 missiles. Des chiffres qui devraient nous empêcher de dormir. Des chiffres qui devraient nous faire descendre dans la rue. Des chiffres qui devraient provoquer des crises gouvernementales dans chaque capitale occidentale.Mais nous dormons. Nous allons au travail. Nous vivons nos vies. Pendant qu’à 3 000 kilomètres d’ici, des gens comme nous comptent les secondes entre chaque sirène.L’Ukraine ne nous demande pas de nous battre à sa place. Elle demande les moyens de se défendre. Elle demande des armes, pas des soldats. Elle demande de l’aide, pas de la pitié. La moindre des choses serait de répondre.Le ciel ukrainien est devenu un champ de bataille. Chaque nuit, des drones bourdonnent. Des missiles sifflent. Des bombes tombent. Et chaque matin, les Ukrainiens se relèvent. Ils reconstruisent. Ils résistent. Ils refusent de mourir.C’est cela, le courage. C’est cela, la dignité humaine. C’est cela que nous devons défendre. Pas demain. Maintenant.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cette chronique prend clairement position en faveur de l’Ukraine et contre l’agression russe. Ce positionnement n’est pas le fruit d’un biais partisan, mais d’une analyse factuelle : la Russie a envahi un pays souverain en violation du droit international. La neutralité face à l’agression n’est pas de l’objectivité, c’est de la complicité passive.
Méthodologie et sources
Les chiffres cités proviennent directement de la déclaration officielle du président Volodymyr Zelensky sur Telegram le 8 février 2026. Les informations contextuelles proviennent de sources ouvertes vérifiées, notamment Ukrinform, agence de presse nationale ukrainienne. Les témoignages d’Olena et Viktor sont des compositions représentatives basées sur des centaines de témoignages similaires documentés.
Nature de l’analyse
Cette chronique mêle information factuelle et analyse éditoriale. Les passages en italique représentent mes réflexions personnelles et prises de position. Les faits sont distincts des opinions. Le lecteur est invité à vérifier les informations auprès de sources multiples et à se forger sa propre opinion.
Sources
Sources primaires
Telegram officiel de Volodymyr Zelensky
Sources secondaires
Institute for the Study of War — Rapports quotidiens sur la guerre en Ukraine
International Institute for Strategic Studies — Analyses des capacités militaires
Center for Strategic and International Studies — Suivi de l’aide occidentale à l’Ukraine
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.