Qui siege au Board of Peace?
Les noms circulent. Les rumeurs enflent. On parle d’anciens generaux, de milliardaires, de lobbyistes bien connectes. Pas un seul Palestinien. Pas un seul Ukrainien. Pas une seule voix des peuples qui souffrent et pour lesquels on pretend chercher la paix.
C’est un board. Un conseil. Comme dans une entreprise. Avec des actionnaires, des interets, des dividendes. La paix devient un produit. Un deal. Une transaction.
Et pourtant, on voudrait nous faire croire que ce comite d’hommes d’affaires et de va-t-en-guerre repentis detient la cle de la reconciliation mondiale. Comme si la paix etait un marche a conquerir plutot qu’une justice a construire.
Washington, capitale de quelle paix?
Washington. La ville qui abrite le Pentagone et ses 900 milliards de budget annuel. La ville ou le lobby militaro-industriel dicte la politique etrangere. La ville qui a autorise, finance et arme tant de guerres sur tous les continents.
C’est la que Trump veut installer son quartier general de la paix. L’ironie serait comique si elle n’etait pas tragique.
Les bombes americaines tombent encore sur le Yemen. Les drones survolent l’Afrique. Les bases militaires encerclent la planete. Mais a Washington, on parlera de paix.
Le fantome de l'accord du siecle
Un precedent qui devrait tous nous alarmer
On a deja vu ce film. En 2020, Trump annoncait son « Deal of the Century » pour la Palestine. Un plan elabore sans les Palestiniens. Un plan qui enterrait leurs droits, legitimait les colonies et offrait a Netanyahu tout ce qu’il demandait.
Le resultat? Zero paix. Des tensions exacerbees. Des espoirs pietines. Et finalement, le 7 octobre 2023 comme aboutissement tragique de decennies d’injustice accumulee.
Mais l’histoire ne sert a rien pour ceux qui ne veulent pas apprendre. Trump revient avec le meme schema, les memes methodes, les memes certitudes. Et on devrait croire que cette fois sera differente?
La paix des vainqueurs n’est pas la paix
Il existe deux visions de la paix. Celle qui impose. Et celle qui reconcilie. Trump n’a jamais cache sa preference pour la premiere.
« Peace through strength ». La paix par la force. Le slogan favori des empires. La philosophie qui a echoue en Irak, en Afghanistan, en Libye, partout ou l’Amerique a voulu imposer sa vision du monde.
Une vraie paix exige de la justice. Elle demande que les victimes soient entendues. Que les crimes soient reconnus. Que les reparations soient envisagees. Rien de tout cela n’interesse Trump.
Les fantomes a la table
Gaza : le genocide qu’on refuse de nommer
Pendant que Washington prepare sa reunion de paix, Gaza compte ses morts. Plus de 50 000 victimes confirmees depuis octobre 2023. Des quartiers entiers rases. Des hopitaux bombardes. Des ecoles transformees en cimetieres.
Et Trump dans tout ca? Son administration a bloque chaque resolution de cessez-le-feu a l’ONU. Ses envoys ont couvert chaque crime israelien. Son fils a visite les colonies illegales comme un touriste au Disneyland.
Comment parler de paix quand on refuse de nommer le massacre? Comment pretendre a la reconciliation quand on arme le bourreau? Le Board of Peace de Trump est construit sur une montagne de cadavres qu’il refuse de voir.
Ukraine : la paix de la capitulation
Les fuites ont deja commence. Le plan de paix pour l’Ukraine que mijoteraient les conseillers de Trump ressemblerait dangereusement a une capitulation deguisee.
Gel du conflit sur les lignes actuelles. Reconnaissance de facto des annexions russes. Neutralite imposee a Kiev. Fin des sanctions contre Moscou.
En d’autres termes : Poutine gagne. L’agresseur est recompense. Le droit international est enterre. Et on appelle ca la paix.
Les marionnettistes dans l'ombre
Netanyahu : l’invite d’honneur invisible
Benjamin Netanyahu ne siegera peut-etre pas formellement au Board of Peace. Mais son ombre plane sur chaque decision. Sa vision guide chaque orientation. Ses interets dictent chaque priorite.
Trump et Netanyahu partagent plus qu’une amitie politique. Ils partagent une conception du monde ou la force prime sur le droit, ou les victimes sont des obstacles, ou la paix signifie la soumission de l’adversaire.
Et pourtant, c’est ce tandem qui pretend apporter la paix au Moyen-Orient. L’homme qui a fait bombarder 50 000 civils et celui qui a couvert chaque bombe. Les pyromanes avec des extincteurs vides.
L’Iran : le veritable agenda?
Derriere le rideau de fumee de la paix, un autre objectif se dessine. L’Iran. La confrontation que Netanyahu reclame depuis des decennies. La guerre que certains cercles a Washington attendent avec impatience.
Le Board of Peace pourrait bien devenir un Board of War. Une plateforme pour justifier une nouvelle escalade. Un alibi pour dire qu’on a tout essaye avant de frapper.
Les faucons ont appris de l’Irak. On ne peut plus envahir sans preparation mediatique. Il faut des comites, des experts, des rapports. Il faut pouvoir dire : nous avons cherche la paix, ils l’ont refusee.
La langue de bois et le sang des autres
Quand les mots cachent les crimes
Board of Peace. Deal of the Century. Abraham Accords. La diplomatie trumpienne excelle dans l’emballage. Des noms brillants pour des contenus vides. Des slogans publicitaires pour des politiques qui tuent.
Les Accords d’Abraham devaient apporter la paix au Moyen-Orient. Ils ont normalise les relations entre Israel et des dictatures du Golfe. Ils ont ignore completement la question palestinienne. Et trois ans plus tard, la region explosait.
La paix ne se decrete pas dans des palaces climatises entre milliardaires qui ne connaitront jamais le bruit des bombes. Elle se construit avec ceux qui souffrent, pas contre eux.
Le silence des medias complices
Les grands medias americains relaient deja l’annonce avec une neutralite suspecte. « Trump’s Board of Peace Sets Date ». Factuel. Objectif. Comme si ce nom ne portait pas en lui une contradiction monumentale.
Ou est l’analyse? Ou sont les questions? Ou est le rappel du passe? On presente ce Board comme s’il naissait de nulle part, sans contexte, sans historique, sans les cicatrices qu’il pretend guerir.
Les veritables artisans de paix
Ceux qu’on n’invitera jamais
Il existe des artisans de paix authentiques. Des hommes et des femmes qui consacrent leur vie a la reconciliation. Des ONG sur le terrain. Des mediateurs discrets. Des survivants qui choisissent le pardon plutot que la vengeance.
Breaking the Silence, ces anciens soldats israeliens qui temoignent des crimes de l’occupation. B’Tselem, qui documente chaque violation des droits humains. Medical Aid for Palestinians, qui soigne sans distinction. Aucun ne sera invite au Board of Peace.
Parce que la vraie paix derange. Elle oblige a regarder en face ce qu’on a fait. Elle exige des comptes. Elle ne permet pas les compromissions avec l’injustice. Et ca, Trump ne peut pas le tolerer.
La paix des peuples contre la paix des palais
Dans les camps de refugies, on ne parle pas de boards ni de deals. On parle de retour. De dignite. De justice. Des mots que le vocabulaire trumpien ne connait pas.
A Ramallah, les Palestiniens n’attendent pas que Washington leur dicte leur avenir. A Kiev, les Ukrainiens ne veulent pas d’une paix qui legitime l’occupation. Au Yemen, les survivants ne demandent qu’on arrete de les bombarder.
Leurs voix ne porteront pas jusqu’aux salons feutres de Washington. Mais ce sont elles qui portent la verite de ce que signifie vraiment la paix.
Le precedent dangereux
Quand l’agresseur devient le juge
Il y a quelque chose de profondement pervers dans cette configuration. Les Etats-Unis, qui ont arme les guerres, qui ont bloque les cessez-le-feu, qui ont oppose leur veto a chaque tentative de justice internationale, se positionnent comme arbitres.
C’est comme demander au loup de negocier la paix de la bergerie. Avec cette nuance que le loup continue de devorer les moutons pendant qu’il parle.
Et pourtant, le monde accepte cette mascarade. Les capitales europeennes hochent la tete. Les Nations Unies restent silencieuses. Et les victimes continuent de mourir pendant qu’on discute des dates de reunion.
L’impunite institutionnalisee
Le Board of Peace de Trump envoie un message clair aux dictateurs du monde entier. Vous pouvez envahir. Vous pouvez massacrer. Vous pouvez annexer. A la fin, on vous invitera a la table des negociations comme un partenaire respectable.
Poutine observe. Xi Jinping prend des notes. Erdogan sourit. Si l’agression paie, pourquoi s’en priver?
Le droit international, deja fragilise, recoit un nouveau coup. Les traites ne valent plus le papier sur lequel ils sont ecrits. Les frontieres ne sont plus que des lignes a deplacer selon le rapport de force.
Ce que revelent les silences
Les mots qu’on ne prononcera pas
Dans les communiques du Board of Peace, certains mots n’apparaitront jamais. Occupation. Colonies. Apartheid. Genocide. Droit au retour. Crimes de guerre.
Ces mots sont radioactifs pour la diplomatie americaine. Ils designent des responsabilites. Ils pointent des coupables. Ils exigent des consequences.
Mais une paix qui ne peut pas nommer les crimes est une paix qui les perpetue. C’est un pansement sur une plaie infectee. Ca cache la gangrene sans la guerir.
Les victimes invisibles
Hind Rajab. Six ans. Tuee dans une voiture a Gaza, entouree de cadavres, pendant que les ambulanciers qui venaient la chercher etaient eux aussi abattus. Son nom ne sera jamais prononce au Board of Peace.
Les 20 000 enfants tues a Gaza depuis octobre 2023. Les familles entieres effacees des registres d’etat civil. Les bebes prematures morts quand les hopitaux n’avaient plus d’electricite. Aucun ne sera mentionne.
Parce que les nommer, c’est accuser. Et accuser, c’est remettre en question toute la legitimite de ce Board et de ceux qui le composent.
L'alternative qui existe
La justice comme fondement de la paix
Il existe une autre voie. Elle s’appelle la justice. Elle passe par la Cour penale internationale. Par le respect du droit international. Par la fin de l’impunite.
Les mandats d’arret contre Netanyahu et Gallant ne sont pas des obstacles a la paix. Ils en sont la condition. Une paix construite sur des crimes impunis n’est qu’une treve avant la prochaine explosion.
L’Afrique du Sud l’a compris avec la Commission Verite et Reconciliation. Le Rwanda l’a compris avec les tribunaux gacaca. La paix durable exige que la verite soit dite, que les victimes soient reconnues, que les bourreaux rendent des comptes.
Ce que nous devrions exiger
Au lieu d’applaudir le Board of Peace, nous devrions exiger. Exiger que les Palestiniens soient a la table. Exiger que les Ukrainiens aient un droit de veto sur leur propre avenir. Exiger que les victimes soient au centre, pas a la marge.
Nous devrions refuser. Refuser la normalisation de l’injustice. Refuser que des criminels de guerre soient traites en partenaires. Refuser que le mot paix soit ainsi prostitue.
Le verdict de l'histoire
Les precedents qui condamnent
L’histoire juge severement les fausses paix. Les Accords de Munich en 1938, qui devaient sauver la paix et ont precipite la guerre. Les Accords d’Oslo, sabotes des leur signature par ceux-la memes qui les avaient signes.
Le Board of Peace de Trump rejoindra cette liste. Non pas comme une tentative de paix echouee, mais comme une operation de communication qui n’a jamais eu l’intention de reussir.
Dans vingt ans, quand les historiens analyseront cette periode, ils se demanderont comment le monde a pu etre aussi naif. Comment on a pu croire qu’un menteur pathologique, entoure de va-t-en-guerre, allait sincerement chercher la paix.
Notre responsabilite collective
Nous ne pouvons pas dire que nous ne savions pas. Les preuves sont la. Le passe parle. Les victimes temoignent.
Chaque fois que nous acceptons le langage du Board of Peace sans le questionner, nous devenons complices. Chaque fois que nous relayons les communiques sans contexte, nous participons a la mascarade.
La neutralite n’existe pas face a l’injustice. Elle n’est que le masque de la complicite.
Conclusion : Le nom de la paix vole
Ils ont vole le mot paix. Ils l’ont vide de son sens. Ils l’ont transforme en produit marketing, en slogan electoral, en ecran de fumee pour couvrir les pires crimes.Pendant que le Board of Peace se prepare a sieger dans les salons climatises de Washington, des enfants meurent sous les bombes que l’Amerique a fournies. Des families sont expulsees des terres que les accords de Trump ont offertes aux colons. Des soldats ukrainiens se battent seuls contre un agresseur que Trump admire en secret.La vraie paix ne viendra pas de ce Board. Elle viendra des peuples qui refusent de se soumettre. Elle viendra des voix qui persistent a nommer les crimes. Elle viendra de nous tous, si nous avons le courage de refuser cette imposture.Le Board of Peace de Trump n’est pas une promesse. C’est une menace. La menace que l’injustice soit institutionnalisee, que l’impunite soit consacree, que le mot paix perde definitivement son sens.A nous de ne pas laisser faire.
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Positionnement editorial
Cette chronique adopte une position critique envers l’initiative du Board of Peace de l’administration Trump. Cette critique se fonde sur l’analyse historique des precedentes tentatives diplomatiques de cette administration, sur le contexte geopolitique actuel et sur les principes fondamentaux du droit international. Le chroniqueur considere que la neutralite face a l’injustice documentee constitue une forme de complicite passive.
Methodologie et sources
L’analyse s’appuie sur les declarations officielles de l’administration Trump, sur les precedents historiques documentes (Deal of the Century, Accords d’Abraham, retrait du JCPOA), sur les rapports d’organisations internationales (ONU, CPI, ONG de defense des droits humains) et sur le travail de terrain des journalistes couvrant les conflits mentionnes. Les chiffres cites proviennent des sources officielles disponibles au moment de la redaction.
Nature de l’analyse
Il s’agit d’une chronique d’opinion, non d’un reportage factuel. Le genre journalistique choisi permet et encourage l’expression d’un point de vue argumente. Les lecteurs sont invites a confronter cette analyse avec d’autres perspectives et a se forger leur propre opinion.
Sources primaires
New York Times — Article original sur l’annonce du Board of Peace
Maison Blanche — Communiques officiels de l’administration Trump
Departement d’Etat americain — Archives des precedentes initiatives diplomatiques
Nations Unies — Resolutions et rapports sur les conflits mentionnes
Cour penale internationale — Mandats d’arret et procedures en cours
Sources secondaires
B’Tselem — Documentation des violations des droits humains dans les territoires occupes
Human Rights Watch — Rapports sur les conflits au Moyen-Orient
Amnesty International — Analyses juridiques sur les crimes de guerre
Institute for Middle East Understanding — Contexte historique du conflit israelo-palestinien
Carnegie Endowment for International Peace — Analyses geopolitiques
Foreign Affairs — Articles d’analyse sur la diplomatie americaine
The Intercept — Enquetes sur la politique etrangere americaine
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