L’arithmetique macabre du petrole russe
Les chiffres sont vertigineux. Chaque baril de petrole russe qui quitte un port alimente la machine de guerre. Chaque metre cube de gaz qui transite par les pipelines paie un soldat, une bombe, un missile. L’Ukraine n’a pas les moyens de produire autant d’armes que la Russie en achete avec ses revenus energetiques. Alors elle a choisi une autre voie : tarir la source.
En 2025, les exportations petrolieres russes ont genere pres de 180 milliards de dollars. De quoi acheter des millions de missiles. De quoi financer des annees de guerre. De quoi tuer des dizaines de milliers d’Ukrainiens supplementaires. Chaque dollar du petrole russe est trempe dans le sang.
Et pourtant, pendant des annees, l’Occident a demande a l’Ukraine de la retenue. De ne pas frapper le petrole russe. De ne pas perturber les marches. Comme si les marches comptaient plus que les vies. Comme si la stabilite des prix du baril valait plus que les enfants qui meurent de froid a Kharkiv.
Les raffineries brulent
Les drones ukrainiens ont frappe fort. La raffinerie de Syzran, dans la region de Samara — a 640 kilometres de la frontiere — a ete forcee de suspendre ses operations le 19 fevrier. Celle de Volgograd, operee par Lukoil, a subi le meme sort le 3 fevrier. Selon les analystes de Reuters, les frappes ukrainiennes ont desactive pres de 10% de la capacite de raffinage russe.
Quatre raffineries majeures ont du suspendre leurs operations en un seul mois. Ce n’est plus du harcelement. C’est une strategie de guerre economique. C’est une reponse proportionnee aux centaines d’attaques contre les infrastructures civiles ukrainiennes. C’est la guerre totale que Poutine a declenchee et qui lui revient en boomerang.
1 444 jours : le bilan d'une guerre que le monde a oubliee
Les chiffres que personne ne veut voir
Nous en sommes au jour 1 444 de cette guerre. Pres de quatre ans. Et les chiffres donnent le vertige. Ils devraient nous hanter. Ils devraient nous empecher de dormir.
Cote russe : environ 1,2 million de victimes militaires — morts, blesses, disparus. Jusqu’a 325 000 soldats tues selon le CSIS. L’ancien directeur de la CIA William Burns parle de 1,1 million de victimes. Des chiffres qui depassent l’entendement.
Cote ukrainien : entre 500 000 et 600 000 victimes militaires. Le projet UALosses a documente par leurs noms 86 142 combattants ukrainiens tues et 89 324 portes disparus. Chacun avait un visage. Une famille. Des reves.
Civils : 14 534 morts et plus de 38 000 blesses documentes par l’ONU. Mais ces chiffres sont sous-estimes. Les territoires occupes restent inaccessibles. Les fosses communes de Marioupol n’ont pas encore livre tous leurs secrets.
Au rythme actuel, les pertes combinees russes et ukrainiennes pourraient atteindre 2 millions d’ici le printemps 2026. Deux millions. C’est la population de Paris intra-muros. Volatilisee. Et le monde continue de parler de « negociations » comme si on discutait d’un accord commercial.
Zelensky revele le prix du sang
Le 5 fevrier 2026, Zelensky a fait ce qu’aucun dirigeant en guerre ne fait jamais : il a revele le nombre de ses morts. 55 000 soldats ukrainiens tues. Ce chiffre, il l’a prononce devant les cameras. Pas dans un bunker. Pas dans un rapport classifie. Devant le monde. Avec dignite.
Pourquoi? Parce que le monde avait besoin de comprendre. 55 000 hommes et femmes qui ne rentreront jamais chez eux. 55 000 familles brisees. 55 000 chaises vides aux tables de Noel. 55 000 histoires terminees trop tot. 55 000 sacrifices pour la liberte.
L'attaque du 7 fevrier : quand le ciel tombe sur l'Ukraine
La nuit la plus longue
Dans la nuit du 7 fevrier 2026, les sirenes ont hurle a travers tout le pays. 71 missiles et 450 drones ont ete lances vers l’Ukraine. La defense aerienne en a intercepte 38 missiles et 412 drones. Mais 27 missiles et 31 drones ont frappe leurs cibles a travers 27 localites. La terreur venue du ciel.
Les cibles? Le reseau electrique. Les centrales de generation. Les sous-stations de distribution. Les lignes a haute tension de 750 kV et 330 kV — l’epine dorsale du systeme energetique ukrainien. Tout ce qui permet a un pays de fonctionner.
Et pourtant, la Russie pretend ne frapper que des « cibles militaires ». Les centrales electriques qui chauffent les hopitaux. Les sous-stations qui alimentent les ecoles. Les lignes qui permettent aux respirateurs de fonctionner dans les services de soins intensifs. Tout cela serait « militaire ». Le mensonge est tellement enorme qu’il en devient presque risible. Presque.
Les degats : une cartographie de la destruction
Les regions touchees : Volyn, Ivano-Frankivsk, Lviv, Rivne, Kyiv. La compagnie nationale Ukrenergo a rapporte des « coupures de courant significatives » dans les regions de Kyiv, Kharkiv, Vinnytsia et Odessa. Des millions de personnes plongees dans le noir.
Les centrales thermiques de Burshtyn et Dobrotvir ont ete frappees. A Kharkiv, une centrale electrique a ete endommagee « au-dela de toute reparation ». 300 000 personnes sans electricite. Dans un froid polaire. Au coeur de l’hiver. Sans espoir de reparation rapide.
La treve brisee : quand Poutine joue avec Trump
Une pause pour stocker des missiles
Il y avait eu une treve energetique. Une pause dans les frappes sur les infrastructures, negociee par Donald Trump avec Vladimir Poutine. L’Ukraine y avait cru. Ou du moins, avait fait semblant d’y croire. Elle n’avait pas le choix.
Mais comme l’a souligne Zelensky, la Russie a utilise cette pause non pas pour la diplomatie, mais pour stocker des missiles. Pour attendre les jours les plus froids de l’annee. Pour frapper quand ca fait le plus mal. La cruaute calculee.
C’est la methode Poutine. Negocier pour gagner du temps. Promettre pour desarmer. Puis frapper. Toujours frapper. Et le monde continue de lui tendre la main comme si les cent premieres fois n’avaient pas suffi a comprendre.
L’hiver le plus dur
Les Ukrainiens interroges par ABC News sont unanimes : cet hiver est le plus difficile de la guerre. « La vie normale a disparu », temoignent-ils. Les temperatures descendent a moins 13 degres Fahrenheit (moins 25 Celsius) dans certaines regions. Les gens vivent dans l’obscurite. Se chauffent comme ils peuvent. Meurent quand ils ne peuvent plus.
Les drones et missiles ont cause 35% de toutes les victimes civiles en 2025 — 682 morts et 4 443 blesses. Rien que par les airs. Rien que par le ciel qui tombe. La mort qui vient d’en haut.
Le deadline de juin : Trump joue l'arbitre
Une date limite pour la paix
L’administration Trump a pose une echeance : juin 2026. D’ici la, l’Ukraine et la Russie doivent avoir trouve un accord. C’est ce qu’a revele Zelensky lui-meme. Les raisons de cette date? Les elections de mi-mandat americaines. Trump veut pouvoir se presenter en artisan de la paix. La politique avant les vies.
Et pourtant, on parle de la vie de millions de personnes. De la survie d’une nation. D’un genocide en cours. Et la date limite est fixee en fonction du calendrier electoral americain. L’absurdite de la geopolitique a rarement ete aussi criante.
Abu Dhabi : des negociations dans le desert
Les 4 et 5 fevrier, les delegations americaine, ukrainienne et russe se sont retrouvees a Abu Dhabi pour un deuxieme cycle de pourparlers trilateraux. Resultat? Aucune percee. Les positions restent « mutuellement exclusives ». Le blocage est total.
Le blocage principal? Le Donbass. La Russie exige que l’Ukraine se retire de la region. Kyiv refuse. Les Etats-Unis proposent de transformer le Donbass en « zone economique libre ». Zelensky reste sceptique. Comment ne pas l’etre?
La prochaine reunion? A Miami. Sur sol americain. Comme si le lieu allait changer quoi que ce soit aux positions irreconciliables. Comme si le soleil de Floride pouvait faire fondre les glaces du Kremlin.
La logique de la frappe : pourquoi l'energie est devenue militaire
Le circuit de l’argent du sang
L’equation que pose Zelensky est implacable. Le petrole russe se vend. L’argent rentre dans les caisses du Kremlin. Cet argent achete des missiles. Ces missiles detruisent les centrales ukrainiennes. Les Ukrainiens meurent de froid. Le cycle est infernal.
Donc : frapper le petrole, c’est frapper les missiles a la source. C’est assecher le financement de la mort. C’est logique. C’est legitime. C’est necessaire.
C’est brutal. C’est froid. C’est la guerre. Et c’est exactement ce que l’Ukraine aurait du pouvoir faire depuis le debut si l’Occident n’avait pas eu si peur de « l’escalade ». Comme si la mort de dizaines de milliers de civils n’etait pas deja une escalade. Comme si le genocide n’etait pas deja la.
Les precedents qui comptent
L’Ukraine n’invente rien. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allies ont bombarde les raffineries allemandes et les infrastructures petrolieres du Reich. C’etait considere comme une strategie militaire legitime. Personne n’a accuse Churchill ou Roosevelt de « cibler des civils ».
Quand l’OTAN a frappe la Serbie en 1999, les ponts, les centrales electriques et les infrastructures etaient des cibles. Legitimes. Militaires. Strategiques. Personne n’a crie au scandale.
Alors pourquoi l’Ukraine devrait-elle s’interdire ce que les grandes puissances se sont toujours autorisees? Le deux poids deux mesures a assez dure.
Le memorandum de Budapest : la trahison originelle
Les promesses de 1994
En 1994, l’Ukraine a renonce a son arsenal nucleaire — le troisieme plus grand au monde. En echange, la Russie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont signe le memorandum de Budapest. Ils garantissaient l’integrite territoriale et la securite de l’Ukraine. Des promesses solennelles.
2014 : la Russie annexe la Crimee. Les garants? Silence.
2022 : la Russie envahit l’Ukraine. Les garants? Des sanctions. Des armes. Mais pas de bottes sur le terrain. Pas de no-fly zone. Pas de vraie protection. Des mots. Toujours des mots.
Et pourtant, l’Ukraine avait fait confiance. Elle avait rendu ses bombes nucleaires sur la foi d’une promesse. Et cette promesse a ete trahie. Pas une fois. Pas deux fois. Systematiquement. La lecon est claire : dans ce monde, seuls comptent ceux qui peuvent se defendre seuls. Les promesses ne valent rien.
Le prix de la confiance
Si l’Ukraine avait garde ses armes nucleaires, Poutine aurait-il ose envahir? La question hante. Elle hantera les futurs traites de non-proliferation. Elle hantera chaque pays qui hesite a renoncer a sa capacite de frappe. Le message est clair.
L’Ukraine a paye le prix de sa confiance en l’ordre international. Un ordre qui n’existe que sur le papier. Une illusion mortelle.
Les civils russes : l'argument que Moscou n'a pas le droit d'invoquer
L’inversion accusatoire
Deja, les voix s’elevent a Moscou. Les frappes ukrainiennes sur les raffineries? Du « terrorisme ». Des « crimes de guerre ». Des « attaques contre les civils ». La propagande du Kremlin tourne a plein regime.
C’est la methode russe. Accuser l’autre de ses propres crimes. Projeter. Inverser. Manipuler. Mentir. Toujours mentir.
C’est la meme Russie qui bombarde les hopitaux de pediatrie. Qui frappe les files d’attente pour le pain. Qui vise les convois humanitaires. Qui a rase Marioupol. Qui a massacre a Boutcha. Cette Russie-la n’a aucune legitimite morale pour parler de protection des civils. Aucune.
La difference fondamentale
L’Ukraine frappe des raffineries. Des depots de carburant. Des infrastructures industrielles. Elle vise ce qui finance la guerre. Des cibles strategiques.
La Russie frappe des maternites. Des ecoles. Des centres commerciaux. Des immeubles residentiels. Elle vise ce qui fait vivre les gens. Des cibles civiles.
La difference n’est pas de degre. Elle est de nature. Elle est morale. Elle est fondamentale.
L'Europe complice : le gaz qui coule encore
Le pipeline de la honte
Pendant que l’Ukraine gele dans le noir, le gaz russe continue de transiter vers l’Europe. Moins qu’avant, certes. Mais il coule encore. L’Europe a reduit sa dependance, mais elle ne l’a pas eliminee. La lachete a un prix.
Chaque euro qui part vers Gazprom finance un missile. Chaque megawatt d’origine russe paie un drone. L’Europe le sait. Elle continue. Elle ferme les yeux.
Et pourtant, l’Europe se dit solidaire de l’Ukraine. Elle envoie des armes. Des milliards. Mais elle continue d’acheter de l’energie a l’agresseur. C’est comme fournir des pansements a quelqu’un tout en payant celui qui le poignarde. L’hypocrisie est structurelle. Elle est politique. Elle est mortelle.
Les sanctions a trous
Les sanctions contre la Russie? Impressionnantes sur le papier. Contournees dans la realite. Le petrole russe transite par l’Inde. Le gaz passe par des intermediaires. La technologie arrive par la Chine. Les failles sont beantes.
Le plafond des prix sur le petrole? La Russie utilise une flotte fantome de tankers non assures pour le contourner. Et le monde regarde ailleurs. Deliberement. Lachement.
Conclusion : La guerre de ceux qui n'ont plus rien a perdre
Les conscrits russes : les autres victimes de Poutine
Il y a une tragedie dans la tragedie. Les soldats russes qui meurent sur les lignes de front ne sont pas tous des volontaires fanatises. Beaucoup sont des conscrits. Des jeunes hommes arraches a leurs villages par la mobilisation. Envoyes au front avec quelques jours d’entrainement. Transformes en chair a canon.
Les meres russes perdent leurs fils. 325 000 morts russes selon les estimations. 325 000 familles endeuillees. 325 000 vies sacrifiees par un dictateur qui n’a jamais mis les pieds dans une tranchee. La folie d’un seul homme.
Le choix de Zelensky
En declarant les sites energetiques russes cibles legitimes, Zelensky a fait un choix. Celui de la survie. Celui de la reciprocite. Celui de ne plus accepter une guerre asymetrique ou seul son peuple paie le prix. Un choix de leader.
C’est un choix dur. Risque. Qui pourrait etre utilise contre l’Ukraine dans les salles de negociation. Mais c’est le choix de ceux qui n’ont plus rien a perdre. Le choix de ceux qui se battent depuis 1 444 jours. Le choix de ceux dont les enfants meurent de froid.
Et maintenant, que fait-on? On continue de demander a l’Ukraine la « retenue » pendant que la Russie massacre? On continue de negocier des « treves » que Poutine utilise pour stocker des missiles? On continue de fixer des « deadlines » en fonction des elections americaines? Ou on accepte enfin que cette guerre ne se terminera que lorsque la Russie n’aura plus les moyens de la mener? La reponse est la, devant nous. Brutale. Evidente. Ignoree.
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Positionnement editorial
Cette chronique assume une position pro-ukrainienne. Non par parti pris ideologique, mais par conviction que l’agresse a le droit de se defendre et que l’agresseur — qui a viole le droit international, les accords signes et les normes humanitaires — ne peut pretendre a une equivalence morale. La neutralite face a une guerre d’agression n’est pas de l’objectivite; c’est de la complicite passive.
Methodologie et sources
Les faits presentes sont issus de sources verifiees : declarations officielles du president Zelensky, donnees de l’armee de l’air ukrainienne, rapports d’Ukrenergo, estimations du CSIS, declarations de l’ex-directeur de la CIA, documentation de l’ONU et du projet UALosses, ainsi que des reportages de terrain de medias internationaux (ABC News, The Guardian, Reuters, Al Jazeera).
Nature de l’analyse
Ce texte est une chronique d’opinion, pas un article factuel neutre. Il analyse les faits a travers une grille de lecture morale et geopolitique assumee. Les interpretations engagent l’auteur. Les faits sont verifiables.
Sources
Sources primaires
The Guardian – Ukraine war briefing: Zelenskyy says Russian energy sites are legitimate targets
Ukrinform – Zelensky: Russia attacks Ukraine with more than 400 drones and approximately 40 missiles
Al Jazeera – US has given Ukraine and Russia June deadline to end war: Zelenskyy
NPR – U.S. gave Ukraine and Russia June deadline to reach peace agreement
Al Jazeera – Zelenskyy reveals 55,000 Ukrainian soldiers killed fighting against Russia
Sources secondaires
ABC News – Russia’s energy offensive plunges Ukraine into dark and bitter cold
Euromaidan Press – Russia launches 2026’s largest energy attack during -20C freeze
CSIS – Russia’s Grinding War in Ukraine
Defense Express – 1444 Days of Russia-Ukraine War: Russian Casualties
Human Rights Watch – Ukraine: Civilians Perennial Targets of Russian Attacks
Atlantic Council – Ukrainian drones reportedly knock out 10 percent of Russian refining capacity
UN News – Ukraine: Massive overnight attack leaves millions in the dark
Wikipedia – Casualties of the Russo-Ukrainian war
NBC News – Russia faces a heavy price for limited gains in Ukraine war
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