Les promesses non tenues
En 2022, on nous parlait de soutien sans faille. De livraisons massives d’armes. D’une alliance indéfectible. Quatre ans plus tard, les stocks s’épuisent. Les usines tournent au ralenti. Et les politiques tergiversent.
« On ne peut pas envoyer des F-16, ça risquerait d’escalader le conflit », disent les uns. « Il faut négocier, la paix à tout prix », disent les autres. Pendant ce temps, à Pokrovsk, les soldats ukrainiens meurent avec des armes datées des années 1980, pendant que les drones russes, eux, bénéficient des dernières technologies.
Et puis il y a l’argent. Ou plutôt, son absence. Les 61 milliards de dollars promis par les États-Unis ? Bloqués au Congrès. Les fonds européens ? Gelés par la Hongrie. Résultat : les salaires des soldats sont payés en retard. Les hôpitaux manquent de médicaments. Les villes manquent de chauffage.
Le jeu dangereux des négociations
À Abu Dhabi, on discute. On parle cessez-le-feu. On parle échanges de prisonniers. On parle désescalade. Mais personne ne parle de victoire ukrainienne. Parce que la victoire, aujourd’hui, c’est un mot interdit.
« Il faut être réaliste », disent les diplomates. « L’Ukraine ne peut pas gagner militairement », murmurent les experts. Alors on prépare le terrain pour un compromis. Un de ces accords qui, sous couvert de « paix », ne feront que geler le conflit, laisser la Russie digérer ses gains, et condamner l’Ukraine à une paix armée, une guerre sans fin.
Parce que l’Occident, dans sa lâcheté calculée, préfère une défaite honorable à une victoire coûteuse. Et ça, les Ukrainiens le savent. Ils le voient dans les yeux de ceux qui viennent leur serrer la main avant de retourner dans leurs bureaux climatisés.
La stratégie de l’échec
L’erreur fatale
Le problème, ce n’est pas que l’Ukraine perde. Le problème, c’est qu’elle ne peut pas gagner. Pas avec la stratégie actuelle. Parce que cette guerre, ce n’est plus une question de territoire. C’est une question de volonté. Et sur ce terrain-là, Poutine a un avantage : il n’a pas de limites.
L’Ukraine, elle, en a. Elle a des frontières. Elle a une population à protéger. Elle a une économie en lambeaux. Elle a des alliés qui, un jour ou l’autre, se lasseront.
Alors on en arrive à cette absurdité : un pays qui se bat pour sa survie est condamné à jouer la montre, pendant que son agresseur, lui, peut se permettre de perdre des dizaines de milliers d’hommes sans sourciller.
Le piège technologique
On vante les drones ukrainiens, les frappes de précision, les innovations tactiques. Mais à quoi bon, si derrière, il n’y a pas de stratégie globale ? Les Flamingo qui frappent en Russie, c’est spectaculaire. Mais ça ne change pas le rapport de force. Les Starlink coupés aux Russes, c’est une victoire. Mais ça ne comble pas le fossé en nombre d’hommes et de matériel.
« On est comme un boxeur qui donne des coups de poing, mais qui n’a pas de plan pour gagner le combat », résume un officier ukrainien. Et pendant ce temps, la Russie, elle, a un plan. Un seul. Épuiser l’Ukraine. Épuiser l’Occident. Attendre que le monde se lasse.
Et le pire, c’est que ça marche.
Le coût humain
Les sacrifiés
À Pokrovsk, on meurt pour quelques mètres de terrain. Pour un carrefour. Pour une colline. Des vies échangées contre des positions tactiques qui, demain, seront peut-être abandonnées. Des familles brisées pour des communiqués de victoire qui, à Kyiv ou à Bruxelles, feront à peine trembler une ligne dans un rapport.
« On nous demande de tenir, dit un soldat. Mais tenir pour quoi ? Pour qu’au final, on nous dise qu’il faut négocier ? Qu’il faut céder du terrain ? Qu’il faut accepter que des gens comme moi soient morts pour rien ? »
L’Occident complice
Parce que c’est ça, la vérité qui fâche : l’Occident est complice. Pas par ses actes. Par son inaction. Par sa lâcheté. Par son refus de voir que cette guerre, c’est aussi la sienne.
Si Poutine gagne – même partiellement –, ce ne sera pas seulement une défaite pour l’Ukraine. Ce sera une défaite pour l’ordre international. Pour la démocratie. Pour l’idée même que les frontières ne s’achètent pas, ne se volent pas, ne s’effacent pas sous les chenilles des chars.
Et pourtant, on tergiverse. On temporise. On cherche des échappatoires. Parce que une vraie victoire, ça coûte cher. En argent. En hommes. En engagement politique. Et ça, aujourd’hui, personne n’est prêt à le payer.
Alors on laisse les Ukrainiens se battre seuls. On les applaudit. On les admire. On pleure leurs morts. Mais on ne leur donne pas les moyens de gagner. Parce que gagner, ça voudrait dire qu’on croit encore à quelque chose. Et ça, c’est peut-être ce qu’on a perdu de plus précieux.
L’illusion de la négociation
Le leurre d’Abu Dhabi
Les négociations à Abu Dhabi, c’est du théâtre. Un spectacle pour donner l’illusion que la diplomatie fonctionne. Que la paix est possible. Que la raison peut l’emporter.
Mais la raison, ici, c’est un luxe. Parce que Poutine ne veut pas la paix. Il veut l’Ukraine à genoux. Il veut un pays démilitarisé, neutralisé, sous tutelle. Un pays qui ne sera plus une menace, mais un vassal.
Et l’Occident, dans sa naïveté crasse, semble croire que quelque part, il y a un compromis acceptable. Qu’on peut trouver un terrain d’entente entre un agresseur qui veut tout et une victime qui veut survivre.
Le prix de la paix
La paix, aujourd’hui, a un prix. Et ce prix, c’est l’abandon. C’est accepter que la Crimée reste russe. Que le Donbass soit perdu. Que des millions d’Ukrainiens vivent sous occupation. Que leurs enfants grandissent en apprenant que leur pays n’a pas mérité d’être défendu.
« On nous parle de réalisme, s’emporte un vétéran. Mais quel réalisme ? Celui qui dit qu’on doit accepter de vivre dans un pays amputé ? Celui qui dit qu’on doit oublier ceux qui sont sous les décombres de Marioupol ? Celui qui dit qu’on doit pardonner à ceux qui ont violé nos femmes, brûlé nos villages, tué nos enfants ? »
Parce que la paix, sans justice, ce n’est pas la paix. C’est la reddition. Et ça, l’Ukraine ne peut pas l’accepter. Pas plus que l’Occident ne devrait le lui demander.
Le choix
Ce qu’on refuse de voir
Le vrai choix, ce n’est pas entre la guerre et la paix. C’est entre deux guerres. Celle qu’on mène aujourd’hui, avec ses horreurs, ses sacrifices, mais aussi son espoir. Et celle de demain, quand Poutine, fort de sa victoire, décidera que la Moldavie, la Géorgie, ou les pays baltes sont ses prochaines cibles.
Parce que Poutine ne s’arrêtera pas. Pas à Pokrovsk. Pas à Kyiv. Pas tant qu’il n’aura pas reconstitué son empire. Et chaque centimètre qu’on lui cède aujourd’hui, c’est un kilomètre qu’il prendra demain.
Le moment de vérité
Alors il est temps de choisir. Vraiment. Pas avec des mots. Pas avec des déclarations. Mais avec des actes. Des armes. Des sanctions qui font mal. Un engagement sans faille.
Parce que si l’Ukraine tombe, ce ne sera pas seulement une défaite pour elle. Ce sera une défaite pour tout ce en quoi on croit. Ou plutôt, en quoi on croyait.
« Vous voulez la paix ? Alors donnez-nous les moyens de gagner, lance un officier ukrainien. Parce que sinon, votre paix, ce sera notre tombe. »
Et ça, l’Occident devra le porter. Pas aujourd’hui. Pas demain. Mais dans dix ans, quand les cartes seront redessinées, quand les alliances seront brisées, quand on se demandera : et si on avait fait autre chose ?
Conclusion : Le miroir
Ce que Pokrovsk nous renvoie
Pokrovsk, ce n’est pas qu’une bataille. C’est un miroir. Un miroir qui nous renvoie notre lâcheté. Notre égoïsme. Notre refus de voir que le monde a changé, et que si on ne se bat pas pour lui, personne ne le fera à notre place.
Les soldats ukrainiens, eux, l’ont compris. Ils se battent pour nous. Pas seulement pour leur pays. Mais pour l’idée que la force ne fait pas le droit. Que la liberté vaut la peine qu’on se batte pour elle. Que certaines choses ne s’achètent pas, ne se négocient pas, ne s’abandonnent pas.
Le dernier mot
Alors oui, Pokrovsk résiste. Oui, l’Ukraine tient. Oui, les Russes perdent des hommes, du matériel, du terrain. Mais à quel prix ? Et pour quoi ?
Parce que si on ne leur donne pas les moyens de gagner – vraiment gagner –, alors tout ça, ce ne sera qu’un sursis. Une parenthèse de souffrance avant l’inévitable.
Et ce jour-là, on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. On ne pourra pas dire qu’on n’a pas vu. On ne pourra pas dire qu’on n’a pas eu le choix.
Parce que le choix, on l’a. Aujourd’hui. Maintenant. Et il est simple : soit on se bat pour ce en quoi on croit, soit on accepte de vivre dans un monde où les Pokrovsk ne sont plus qu’un lointain souvenir.
Et ça, ce n’est pas un choix. C’est une condamnation.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cet article est une opinion : une analyse argumentée, engagée, qui ne prétend pas à la neutralité mais à la clarté. Les faits rapportés sont sourcés, mais l’interprétation en est personnelle. L’objectif n’est pas de plaider pour une solution miracle, mais de poser les questions qu’on refuse de se poser.
Méthodologie et sources
Les informations proviennent de :
– Rapports militaires (General Staff of the Armed Forces of Ukraine, ISW)
– Analyses géopolitiques (Understanding War, GlobalSecurity)
– Articles de presse (Kyiv Post, AP, AFP)
– Témoignages de soldats et experts (anonymes pour des raisons de sécurité)
Nature de l’analyse
Ce texte est une opinion : un plaidoyer pour une remise en question radicale de la stratégie occidentale en Ukraine. Il ne propose pas de solution clé en main, mais dénonce l’hypocrisie, l’inertie, et le manque de courage qui condamnent l’Ukraine à une guerre sans fin.
Sources
Sources primaires
Ukrinform – War update: Defense Forces repel 13 attacks in Pokrovsk sector (10 février 2026)
Understanding War – Russian Offensive Campaign Assessment, February 5, 2026
Associated Press – Russia and Ukraine envoys meet in Abu Dhabi for US-brokered talks (février 2026)
Sources secondaires
GlobalSecurity – Russo-Ukraine War Update (8 février 2026)
Kyiv Post – Ukraine’s Top General Says Russian Army Still Attacking Despite Heavy Losses (décembre 2025)
Al Jazeera – Russia-Ukraine war live updates (février 2026)
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