La guerre économique derrière le rideau de fumée
Le ministre russe a été cinglant sur la question des mesures punitives. L’administration Trump, selon lui, ne conteste pas les lois adoptées sous Biden pour punir la Russie. Elle les applique. Elle les renforce. Elle en ajoute de nouvelles. Les sanctions contre Rosneft et Lukoil sont tombées quelques semaines après ce que Poutine avait décrit comme une très bonne rencontre avec Trump. Le message est limpide: les poignées de main pour les caméras, les coups de couteau dans le dos pour la réalité. Lavrov ne mâche pas ses mots. Les États-Unis mènent une guerre contre les pétroliers en haute mer, en violation de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.
La saisie du Marinera illustre cette nouvelle doctrine. Le 7 janvier 2026, la marine américaine et les garde-côtes ont intercepté ce pétrolier russe dans l’Atlantique Nord, après des semaines de filature par le patrouilleur USCG Munro. Le Secrétaire à la Défense John Healey a justifié l’opération en invoquant un axe russo-iranien d’évasion des sanctions qui finance le terrorisme et alimente les conflits du Moyen-Orient à l’Ukraine. Londres a autorisé l’utilisation de ses bases pour cette mission. La coordination occidentale est totale. Moscou est encerclé économiquement. Et Lavrov crie à l’injustice.
Il y a dans cette séquence toute l’absurdité de notre époque. Un criminel de guerre accuse ses adversaires de ne pas respecter les règles. Et ses adversaires, effectivement, tordent le droit international quand ça les arrange. Les deux ont raison sur l’autre. Les deux ont tort sur eux-mêmes. Et pendant ce temps, les Ukrainiens meurent dans les tranchées du Donbass, sans que personne ne leur demande leur avis sur cette grande partie d’échecs jouée par-dessus leurs têtes.
BRICS: le plan B qui devient plan A
Lavrov ne s’est pas contenté de critiquer. Il a dessiné une alternative. Face au blocus occidental, la Russie se tourne vers les BRICS. Le PIB combiné de ce bloc dépasse désormais celui du G7 en parité de pouvoir d’achat. Moscou cherche des voies protégées pour développer ses projets financiers, économiques et logistiques avec ses partenaires émergents. L’Inde, la Chine, le Brésil, l’Afrique du Sud et les nouveaux membres représentent un marché colossal. Un espace où le dollar n’est plus roi. Un monde où les sanctions américaines perdent leur mordant.
Mais Washington ne l’entend pas de cette oreille. Lavrov accuse les États-Unis de vouloir contrôler les relations militaro-techniques de la Russie avec l’Inde et d’autres membres des BRICS. Le Secrétaire au Commerce Howard Lutnick a ouvertement exprimé son irritation face aux achats d’armes russes par New Delhi. La coopération russo-indienne est perçue comme une menace pour les intérêts américains. Washington veut dominer les routes énergétiques mondiales desservant les grandes économies de plusieurs continents. La Russie tente de s’extraire de cette emprise. L’affrontement est total. Et il ne fait que commencer.
L'Ukraine: le cadavre dans le placard diplomatique
Cinquante-cinq mille morts et des négociations qui patinent
Volodymyr Zelensky a lâché un chiffre glaçant la semaine dernière. Cinquante-cinq mille soldats ukrainiens ont été tués depuis le début de l’invasion russe. Un nombre considérable d’autres sont portés disparus. En février 2025, le président ukrainien parlait de quarante-six mille morts. En un an, neuf mille familles supplémentaires ont reçu la nouvelle fatidique. Neuf mille cercueils. Neuf mille avenirs brisés. Et la guerre continue. Les négociations d’Abu Dhabi n’ont produit aucune percée. L’accord sur les prisonniers reste le seul résultat tangible. Sur la question du territoire, c’est l’impasse totale.
Moscou exige le retrait des troupes ukrainiennes de l’ensemble du Donbass, y compris des villes fortifiées qui constituent la dernière ligne de défense de Kiev. Poutine veut la région entière. Zelensky refuse tout retrait unilatéral. Il propose un gel du conflit sur les lignes actuelles. La Russie occupe environ vingt pour cent du territoire ukrainien. La Crimée, annexée en 2014. Des portions du Donbass grignotées depuis lors. Et les territoires conquis depuis février 2022. Chaque kilomètre carré est arrosé de sang. Chaque ville est un cimetière. Et les diplomates parlent de zones économiques comme s’il s’agissait de transactions immobilières.
Voilà la réalité que Lavrov ne mentionne jamais dans ses interviews calibrées. Cinquante-cinq mille Ukrainiens morts pour défendre leur pays contre une invasion que personne n’avait provoquée. Des familles détruites, des villes rasées, des enfants déportés. Quand le ministre russe parle d’obstacles artificiels créés par les Américains, il oublie commodément l’obstacle fondamental: son propre pays a envahi son voisin. Tout le reste découle de ce crime originel.
Trump: le négociateur qui ne négocie rien
Donald Trump avait promis de résoudre le conflit en vingt-quatre heures. C’était sa promesse de campagne. Son argument massue. Lui seul pouvait parler à Poutine. Lui seul pouvait obtenir la paix. Nous sommes en février 2026. La guerre dure depuis quatre ans. Les négociations traînent. Les médiateurs américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, font la navette entre les capitales. Zelensky affirme que les Américains veulent conclure avant le début de l’été. Mais les lignes rouges restent infranchissables. Moscou veut tout le Donbass. Kiev refuse de céder un pouce de plus.
Et pourtant, Trump et Zelensky affichent leur optimisme devant les caméras. Plus proches que jamais d’un accord, disent-ils après chaque rencontre à Mar-a-Lago. Quelques problèmes épineux à régler, admettent-ils. Mais on avance. On progresse. Les mots sont positifs. La réalité est sanglante. Lavrov, depuis Moscou, jette un seau d’eau glacée sur cet optimisme de façade. Si on aborde le dossier comme des hommes, dit-il, le problème devrait être résolu. Mais les Américains ne sont pas fiables. Ils promettent et ne tiennent pas. La Russie a accepté les propositions américaines sur l’Ukraine. Et rien ne se passe.
La flotte fantôme: symbole d'une guerre économique totale
Chasse aux pétroliers dans l’Atlantique
La saisie du Marinera n’est pas un incident isolé. C’est le signe d’une escalade majeure dans la guerre économique contre la Russie. La flotte fantôme, ces centaines de pétroliers vieillissants qui transportent le brut russe en contournant les sanctions, est devenue une cible prioritaire. Le M/T Sophia, l’Olina, le Sagitta ont tous été sanctionnés en janvier 2025. Aujourd’hui, on passe à l’étape suivante: la saisie physique. Les garde-côtes américains arraisonnent des navires en haute mer. Les équipages russes sont détenus. Lavrov exige leur libération. Washington fait la sourde oreille.
Cette dimension navale du conflit est souvent ignorée. Elle est pourtant cruciale. Le pétrole est le nerf de la guerre pour Moscou. Les revenus d’hydrocarbures financent l’effort militaire. Couper ce flux, c’est affaiblir la machine de guerre russe. Washington l’a compris. Londres aussi. L’Union européenne prépare de nouvelles sanctions contre la flotte fantôme. Le Washington Post rapportait la semaine dernière que Bruxelles durcit sa position. La Russie est prise en tenaille. Et Lavrov hurle à la piraterie.
La comparaison avec la piraterie est savoureuse venant d’un régime qui a volé la Crimée, qui pille le grain ukrainien, qui bombarde les ports de la mer Noire. Mais au-delà de l’ironie, il y a une question légitime: où s’arrête le droit international quand les grandes puissances décident de l’ignorer? Les États-Unis saisissent des navires. La Russie envahit des pays. Chacun invoque ses propres règles. Et le droit devient une arme parmi d’autres.
L’axe russo-iranien dans le viseur
Le Secrétaire à la Défense Healey n’a pas mâché ses mots. La saisie du Marinera visait un axe russo-iranien d’évasion des sanctions. Téhéran et Moscou coopèrent pour contourner les restrictions occidentales. Les drones Shahed iraniens pleuvent sur l’Ukraine. Le pétrole russe transite par des circuits opaques. Les deux régimes partagent une hostilité commune envers l’Occident. Cette alliance de circonstance est devenue une alliance stratégique. Washington tente de la briser. Par les sanctions. Par les saisies. Par la pression militaire.
L’Inde observe cette situation avec inquiétude. New Delhi achète massivement du pétrole russe à prix réduit. Elle maintient des relations militaro-techniques étroites avec Moscou. Les Américains sont furieux. Howard Lutnick a publiquement exprimé son irritation. Mais l’Inde est trop importante pour être sanctionnée. Trop puissante pour être ignorée. Trop stratégique pour être perdue. Washington doit jongler entre ses objectifs contradictoires: punir la Russie tout en séduisant l’Inde. Contenir Moscou tout en évitant de jeter New Delhi dans ses bras. La quadrature du cercle.
L'art de la projection: Moscou accuse ce qu'elle pratique
Quand le Kremlin dénonce l’hypocrisie américaine
Lavrov est un maître de la communication stratégique. Chaque accusation qu’il porte contre Washington contient une part de vérité. Les États-Unis pratiquent effectivement le double standard. Ils violent le droit international quand ça les arrange. Ils imposent des sanctions unilatérales sans mandat onusien. Ils saisissent des navires en haute mer. Ils espionnent leurs alliés. Ils ont envahi l’Irak sur la base de mensonges. Lavrov n’invente rien quand il pointe ces contradictions. Le problème, c’est qu’il les utilise pour masquer ses propres crimes.
C’est la technique de la projection. Accuse l’autre de ce que tu fais toi-même. Moscou parle de violation du droit de la mer alors qu’elle bombarde les ports ukrainiens. Elle dénonce les obstacles artificiels à la coopération alors qu’elle a envahi un pays souverain. Elle accuse les Américains de ne pas tenir leurs promesses alors que le Mémorandum de Budapest, signé par la Russie en 1994, garantissait l’intégrité territoriale de l’Ukraine en échange de son arsenal nucléaire. Cette promesse-là, Lavrov ne la mentionne jamais.
L’inversion accusatoire est une arme redoutable. Elle sème la confusion. Elle relativise les crimes. Elle permet au coupable de jouer la victime. Mais elle ne résiste pas à l’épreuve des faits. Qui a envahi qui? Qui bombarde des hôpitaux? Qui déporte des enfants? Les réponses sont limpides. Tout le reste n’est que brouillard de guerre informationnelle.
Le bal des menteurs
Dans cette danse diplomatique, personne n’a les mains propres. Trump a menti sur l’élection volée. Il a menti sur le Capitole. Il a menti sur ses affaires. Son administration promet la paix tout en intensifiant la guerre économique. Poutine a menti sur les petits hommes verts en Crimée. Il a menti sur l’opération spéciale. Il a menti sur les massacres de Boutcha. Lavrov est le porte-parole de ces mensonges institutionnalisés. Quand deux menteurs s’affrontent, la vérité est la première victime.
Et pourtant, il faut distinguer les échelles. Les mensonges américains sont nombreux et documentés. Mais ils n’ont pas déclenché cette guerre. Les sanctions américaines sont discutables juridiquement. Mais elles ne tuent pas des civils dans leur sommeil. La saisie de pétroliers est contestable. Mais elle ne se compare pas au bombardement de Marioupol. Lavrov joue sur cette équivalence fallacieuse. Il met sur le même plan des sanctions économiques et un génocide rampant. Cette manipulation ne doit pas nous aveugler.
L'impasse territoriale: le nœud gordien du Donbass
Vingt pour cent de l’Ukraine sous occupation
Les chiffres sont implacables. La Russie occupe environ un cinquième du territoire ukrainien. La Crimée d’abord, annexée en 2014. Puis des portions croissantes du Donbass. Et les gains territoriaux de l’invasion de 2022. Poutine veut garder tout ça. Mieux: il veut plus. Il exige le retrait ukrainien de l’ensemble du Donbass, y compris des zones que Kiev contrôle encore. Ces villes fortifiées constituent la dernière barrière contre l’avancée russe. Les abandonner serait une capitulation. Zelensky le sait. Il refuse.
La proposition américaine d’une zone économique dans le Donbass est une tentative de sortir de l’impasse. Zelensky dit que la Russie a accepté d’en discuter pour la première fois. C’est peut-être une ouverture. Ou peut-être une tactique dilatoire. Moscou joue la montre depuis le début. Chaque mois qui passe affaiblit l’Ukraine. Chaque hiver épuise les ressources. Chaque offensive russe grignote du terrain. Le temps travaille pour Poutine. Il le sait. Lavrov le sait. Trump le sait-il?
La question territoriale est au cœur de tout. Pas les sanctions. Pas la flotte fantôme. Pas les relations économiques avec les BRICS. Le territoire. Le sang versé pour chaque colline, chaque village, chaque rue. Cinquante-cinq mille Ukrainiens sont morts pour défendre ce territoire. Des millions ont été déplacés. Des villes ont été rasées. Et maintenant, des diplomates en costume discutent de zones économiques dans des palaces d’Abu Dhabi. L’obscénité de cette situation devrait nous révolter.
Les lignes de front qui ne bougent pas
Malgré les offensives et les contre-offensives, les lignes de front ont peu bougé depuis des mois. La guerre de tranchées s’est installée. Les gains se mesurent en mètres, pas en kilomètres. Les pertes se comptent en milliers. Bakhmout, Avdiivka, ces noms sont devenus synonymes de carnage. Les deux armées s’épuisent. Les munitions manquent. Les soldats meurent. Et les politiciens parlent de paix sans jamais visiter le front.
Zelensky a révélé que la délégation russe à Abu Dhabi avait changé de rhétorique. Des discussions concrètes ont eu lieu sur ce que Moscou est prêt à faire et ce qu’elle refuse. C’est peut-être un progrès. Mais les lignes rouges demeurent. La Russie veut le Donbass. L’Ukraine veut ses frontières de 1991. Entre ces deux positions, il y a des milliers de kilomètres carrés. Des millions de personnes. Des années de guerre potentielle. Et Lavrov, depuis son bureau moscovite, parle d’obstacles artificiels.
La rupture annoncée avec Washington
Pas d’avenir radieux: le diagnostic glacial de Lavrov
L’expression utilisée par Lavrov est révélatrice. Pas d’avenir radieux. Pas d’espoir. Pas de perspective positive. Le diagnostic est posé. Les relations russo-américaines sont dans l’impasse. Moscou ne voit aucune volonté de Washington de changer de cap. Les sanctions persistent. Les saisies s’intensifient. La pression sur les partenaires BRICS augmente. Lavrov conclut que les Américains ne sont pas des partenaires fiables. Ils promettent une chose et font le contraire.
Cette analyse n’est pas nouvelle. Elle reprend les thèmes récurrents de la propagande russe. Mais elle prend une dimension particulière dans le contexte actuel. Trump était censé être l’ami de Poutine. Le président qui allait normaliser les relations. Rétablir le dialogue. Lever les sanctions. Mettre fin à la guerre. Rien de tout cela ne s’est produit. Lavrov exprime une déception qui pourrait être sincère. Ou qui pourrait être une posture pour justifier la poursuite de la guerre.
Il y a quelque chose de pathétique dans cette attente déçue. Le Kremlin espérait que Trump serait différent. Qu’il tiendrait ses promesses tacites. Qu’il abandonnerait l’Ukraine à son sort. Ce calcul s’est avéré faux. Trump est imprévisible, mais l’État profond américain a ses propres priorités. Les institutions résistent. Les sanctions demeurent. La politique étrangère américaine a une inertie que même Trump ne peut pas briser complètement. Lavrov découvre cette réalité avec amertume.
Le découplage économique s’accélère
Au-delà de l’Ukraine, Lavrov voit un fossé qui se creuse sur le plan économique. Washington cherche à contrôler les routes énergétiques mondiales. À imposer le dollar comme seule monnaie de réserve. À dicter les termes du commerce international. La Russie refuse ce diktat. Elle se tourne vers l’Est. Vers les BRICS. Vers un monde multipolaire où Washington ne serait plus le gendarme unique. Ce découplage est déjà en cours. Il s’accélère.
Les conséquences dépassent le cadre bilatéral. L’économie mondiale se fragmente. Les chaînes d’approvisionnement se réorganisent. Les alliances se redessinent. Un bloc occidental face à un bloc sino-russe? La réalité est plus complexe. L’Inde navigue entre les deux. Le Brésil garde ses distances. L’Afrique refuse de choisir. Mais la tendance est claire. Le monde se polarise. Et Lavrov se prépare à cette nouvelle ère.
Les victimes oubliées de ce grand jeu
Les civils ukrainiens, absents du discours
Dans toute l’interview de Lavrov, un mot est absent. Victimes. Les civils ukrainiens n’existent pas dans son discours. Les enfants tués par les missiles russes. Les familles enterrées sous les décombres. Les millions de réfugiés dispersés à travers l’Europe. Les déportés emmenés de force en Russie. Tout cela est invisible. Lavrov parle de sanctions, de pétroliers, de relations économiques. Il ne parle jamais des êtres humains que son pays détruit.
C’est la marque d’un régime déshumanisé. Les Ukrainiens ne sont pas des personnes. Ils sont des obstacles. Des nazis à dénazifier, selon la terminologie officielle. Des pions sur un échiquier géopolitique. Cette négation de l’humanité de l’adversaire est le premier pas vers le génocide. Lavrov l’incarne parfaitement. Poli, cultivé, multilingue, et totalement indifférent à la souffrance qu’il contribue à infliger.
On peut analyser la géopolitique. Décortiquer les sanctions. Débattre des négociations. Mais il ne faut jamais perdre de vue l’essentiel: des gens meurent. Pas des statistiques. Des gens. Avec des noms, des familles, des rêves. Chaque jour qui passe sans cessez-le-feu ajoute des noms à la liste des morts. Et Lavrov, depuis son bureau climatisé, parle d’obstacles artificiels. Cette déconnexion entre le discours diplomatique et la réalité sanglante est obscène.
Les soldats russes, chair à canon de Poutine
Les victimes russes aussi sont invisibles. Les conscrits envoyés au front sans formation. Les mobilisés arrachés à leurs familles. Les prisonniers recrutés par Wagner pour servir de chair à canon. Les mères russes qui attendent des nouvelles de fils qui ne reviendront jamais. Moscou ne publie pas de chiffres. Les estimations occidentales parlent de dizaines de milliers de morts. Des jeunes hommes sacrifiés pour l’ambition impériale d’un vieil homme au Kremlin.
Lavrov ne les mentionne jamais non plus. Ces morts-là sont embarrassants. Ils contredisent le narratif officiel d’une opération spéciale qui se déroule comme prévu. Ils révèlent l’ampleur du désastre. Ils nourrissent le mécontentement qui couve dans les régions russes. Alors on les cache. On enterre les cercueils en silence. On intimide les familles qui posent des questions. La vérité est la première victime de cette guerre. De tous les côtés.
Les perspectives d'un avenir sans accord
Vers une guerre de longue durée
Si Lavrov a raison, si l’avenir n’est pas radieux, qu’est-ce que cela signifie? Une guerre qui s’éternise. Des sanctions qui perdurent. Un découplage économique qui s’approfondit. Une polarisation mondiale qui s’aggrave. L’Ukraine comme champ de bataille permanent. L’Europe comme zone de tension chronique. Les BRICS comme alternative au système occidental. Ce scénario n’est pas hypothétique. Il est en train de se réaliser.
Les négociations de Miami prévues dans les prochains jours pourraient changer la donne. Ou pas. Zelensky espère un accord avant l’été. Lavrov n’y croit plus. Trump veut un succès diplomatique avant les midterms. Poutine veut le Donbass. Ces objectifs sont incompatibles. Quelque chose devra céder. Quelqu’un devra perdre. Et ce sera probablement l’Ukraine, coincée entre deux puissances qui négocient son sort par-dessus sa tête.
Lavrov a peut-être raison sur un point. Il n’y a pas d’avenir radieux. Pas pour les relations russo-américaines. Pas pour l’Ukraine. Pas pour l’ordre international. Nous entrons dans une ère de conflits prolongés, de tensions permanentes, de monde fragmenté. Les optimistes parleront de multipolarité. Les réalistes verront le chaos. Et les Ukrainiens, eux, continueront de mourir, oubliés des grands titres dès qu’une nouvelle crise attirera l’attention.
La question qui reste sans réponse
À la fin de cette interview calculée, une question demeure. Que veut vraiment la Russie? La paix? Elle pourrait l’avoir demain en retirant ses troupes. Le Donbass? Elle l’occupe déjà en partie. La reconnaissance de ses conquêtes? L’Occident refuse. La fin des sanctions? Trump les maintient. L’effondrement de l’Ukraine? Elle résiste depuis quatre ans. La soumission de l’Europe? L’OTAN s’est renforcée. Moscou n’a obtenu aucun de ses objectifs déclarés. Et pourtant elle continue.
Peut-être que la guerre est devenue sa propre justification. Un régime qui ne peut plus faire marche arrière. Un dictateur qui a misé son pouvoir sur cette aventure. Une économie de guerre qui profite à certains. Une propagande qui a besoin d’un ennemi permanent. Lavrov est le visage présentable de cette machine infernale. Il parle d’obstacles artificiels et de mauvaise foi américaine. Mais le seul obstacle à la paix, c’est Moscou. Le seul obstacle à l’avenir radieux, c’est Poutine.
Conclusion: le miroir des hypocrites
Deux mensonges ne font pas une vérité
Lavrov a parlé. Washington a répondu par des saisies de pétroliers. Kiev compte ses morts. Moscou cache les siens. Trump promet la paix. Poutine exige la capitulation. Dans ce ballet macabre, chacun accuse l’autre de ce qu’il fait lui-même. Les Américains violent le droit international au nom de la lutte contre la Russie. Les Russes violent le droit international au nom de la lutte contre l’Occident. Deux hypocrisies ne font pas une vérité. Deux mensonges ne font pas une paix.
Et au milieu de ce théâtre d’ombres, il y a des êtres humains. Des Ukrainiens qui veulent simplement vivre en paix. Des Russes qui ne voulaient pas de cette guerre. Des familles brisées. Des villes détruites. Des avenirs volés. Lavrov parle d’économie et de BRICS. Trump parle de deals et de négociations. Personne ne parle des gens. Personne ne se souvient que derrière les chiffres, il y a des visages. C’est peut-être ça, la vraie obscénité de notre époque.
Lavrov a dit qu’il n’y avait pas d’avenir radieux. Pour une fois, il a peut-être dit la vérité. Pas d’avenir radieux tant que la Russie occupera l’Ukraine. Pas d’avenir radieux tant que les grandes puissances joueront avec les vies comme des pions. Pas d’avenir radieux tant que le cynisme sera la seule doctrine diplomatique. Nous méritons mieux. L’Ukraine mérite mieux. Le monde mérite mieux. Mais pour l’instant, nous n’avons que Lavrov et ses diagnostics glacials. Et cinquante-cinq mille morts qui ne peuvent plus espérer rien du tout.
Ce que l’histoire retiendra
Dans cinquante ans, quand les historiens se pencheront sur cette période, que verront-ils? Un conflit évitable devenu inévitable. Des dirigeants qui ont choisi la guerre quand la paix était possible. Des institutions internationales impuissantes. Des peuples sacrifiés sur l’autel de l’ambition. Lavrov sera une note de bas de page. Trump aussi. Même Poutine finira par disparaître. Mais les conséquences de leurs décisions marqueront des générations.
L’interview de ce 9 février 2026 n’est qu’un épisode de plus dans cette saga tragique. Un ministre qui annonce la rupture. Un président qui maintient les sanctions. Une guerre qui continue. Des morts qui s’accumulent. Pas d’avenir radieux, dit Lavrov. Il a raison. Mais ce n’est pas la faute des Américains. C’est la faute de ceux qui ont choisi la guerre. De ceux qui refusent la paix. De ceux qui préfèrent les ruines à la négociation. L’histoire jugera. Elle juge toujours.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cet article adopte une position critique envers le régime russe et sa guerre d’agression contre l’Ukraine. Cette position n’est pas neutre, mais elle est fondée sur les faits: la Russie a envahi un pays souverain, violant le droit international et les traités qu’elle avait elle-même signés. La neutralité face à l’agression n’est pas de l’objectivité. Elle est de la complicité passive.
L’article reconnaît également les contradictions et les hypocrisies de la politique américaine. Les États-Unis ne sont pas des acteurs irréprochables. Leurs violations du droit international sont documentées. Mais ces violations ne justifient ni n’excusent l’invasion russe de l’Ukraine. Deux torts ne font pas un droit.
Méthodologie et sources
Cet article s’appuie sur l’interview de Sergueï Lavrov diffusée par TV BRICS le 9 février 2026, telle que rapportée par The Moscow Times, TASS, Modern Diplomacy et d’autres médias internationaux. Les informations sur les négociations proviennent de NBC News, Al Jazeera, Axios et ABC News. Les données sur les victimes sont celles communiquées par le président Zelensky et rapportées par les médias occidentaux.
Les informations sur la saisie des pétroliers proviennent de l’Atlantic Council, du Washington Post et de Radio Free Europe. Le contexte géopolitique s’appuie sur les analyses de Russia Matters et du Council on Foreign Relations.
Nature de l’analyse
Cette analyse combine des faits vérifiés et une interprétation critique. Les passages en italique représentent mes opinions personnelles et mes réflexions éditoriales. Ils sont clairement distingués du contenu factuel. Le lecteur est invité à former son propre jugement en consultant les sources citées.
Sources
Sources primaires
‘No Rosy Future’: Lavrov Slams Trump Administration in Interview – The Moscow Times
US to control Russia’s military-technical ties with India, other BRICS members – Lavrov – TASS
Russia Sees No Bright Future for U.S. Economic Ties, Eyes BRICS Alternatives – Modern Diplomacy
Russia’s Lavrov Sees No ‘Bright Future’ for Economic Ties with US – Asharq Al-Awsat
Sources secondaires
Zelenskyy reveals 55,000 Ukrainian soldiers killed fighting against Russia – Al Jazeera
Ukraine’s president says 55,000 troops killed so far, as negotiators talk peace – NBC News
Russia-Ukraine talks conclude without breakthrough on ending war – Al Jazeera
Zelensky says Trump wants Russia-Ukraine peace deal by June – Axios
Russia’s shadow fleet increasingly in E.U. sights as new sanctions loom – The Washington Post
US Seizure Of Russian Tanker Puts Shadow Fleet On Notice – Radio Free Europe/Radio Liberty
The Russia-Ukraine War Report Card, Feb. 4, 2026 – Russia Matters
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.