Un tweet qui restera dans les annales de la lachete politique
C’est dans ce contexte que le senateur Bill Cassidy de Louisiane a choisi d’intervenir. Et son intervention merite d’etre lue dans son integralite pour en saisir toute la portee. Cassidy a ecrit sur X : « Merci au President Trump d’avoir retire la publication sur les Obama. Il a fait des progres significatifs dans sa sensibilisation a la communaute afro-americaine que nous devons continuer. » Relisez. Un senateur americain remercie le president d’avoir efface une publication ouvertement raciste. Il ne condamne pas le racisme. Il ne demande pas d’excuses. Il remercie. Comme si le simple fait de supprimer une horreur meritait de la gratitude. Comme si la barre etait desormais si basse que ne pas etre activement raciste en public constituait un accomplissement digne d’eloges.
La reaction en ligne a ete immediate et devastatrice. Ron Filipkowski, redacteur en chef de MeidasTouch, a qualifie ce tweet de « publication la plus stupide et pathetique d’internet aujourd’hui ». Fred Guttenberg, pere d’une victime de la fusillade de Parkland et militant contre les armes a feu, a repondu : « Vous etes serieux? Il a sciemment publie des ordures racistes. Le racisme est dans son ADN. Et vous le remerciez? Vous, facilitateurs pathetiques, etes une honte pour l’Amerique. » Le mot « pathetique » revient encore et encore. C’est devenu le qualificatif dominant pour decrire cette nouvelle posture republicaine : remercier Trump d’avoir fait le strict minimum, d’avoir efface une publication qui n’aurait jamais du exister en premier lieu.
Il existe un terme en psychologie pour ce phenomene : le « deplacement du cadre normatif ». Quand les attentes morales sont tellement reduites que l’absence de comportement abject devient meritoire. Bill Cassidy ne defend pas Trump. Il illustre, dans toute sa laideur, ce que le trumpisme a fait au Parti republicain : un lieu ou l’on remercie les gens de ne pas etre completement monstrueux.
Le contexte electoral : Cassidy sous pression
Pour comprendre la genese de ce tweet lamentable, il faut regarder la situation politique de Cassidy. Le senateur est l’un des sept republicains a avoir vote pour la condamnation de Trump lors de son second proces en destitution en 2021. Pour ce vote de conscience, Trump ne l’a jamais pardonne. En janvier 2026, le president a publiquement encourage la representante Julia Letlow a defier Cassidy lors des primaires republicaines, lui promettant son « soutien total et complet » si elle se lancait. Letlow a annonce sa candidature, se presentant comme une alliee inconditionnelle de Trump tout en lancant des piques implicites a Cassidy sans jamais le nommer directement.
Cassidy se retrouve donc dans une position impossible de sa propre fabrication. Avoir vote pour condamner Trump lui a valu une cible dans le dos. Maintenant, face a une primaire difficile, il tente de se racheter aupres de la base MAGA en remerciant Trump d’avoir supprime une video raciste. C’est le calcul politique dans toute sa laideur : sacrifier sa dignite sur l’autel de la survie electorale. Et pourtant, ce calcul est voue a l’echec. Les electeurs MAGA ne lui pardonneront jamais son vote de 2021. Et les electeurs moderes ne lui pardonneront jamais d’avoir remercie Trump pour cette video. Cassidy a reussi l’exploit de s’aliener tout le monde tout en ne satisfaisant personne.
Tim Scott : quand un allie rompt le silence
Le seul senateur republicain noir force de reagir
Le contraste avec la reaction du senateur Tim Scott de Caroline du Sud est saisissant. Scott, le seul senateur republicain noir, a qualifie la publication de « chose la plus raciste que j’ai vue sortir de cette Maison-Blanche ». Une condamnation claire, directe, sans ambiguite. Scott a d’abord tente de joindre Trump en prive, sans succes. Face au silence presidentiel, il a choisi de s’exprimer publiquement. Sa prise de position a ouvert la porte a d’autres republicains pour condamner la video. Les senateurs Susan Collins et Roger Wicker ont suivi. Mais ils restent une minorite.
La reaction de Scott est d’autant plus significative qu’il est un allie proche de Trump. Il a fait campagne pour lui, l’a soutenu publiquement, a defendu ses politiques. Pour qu’un tel allie utilise le mot « raciste » de maniere si directe, la gravite de la publication doit etre incontestable. Et pourtant, Trump l’a appele apres sa declaration. Non pas pour s’excuser. Non pas pour exprimer des regrets. Mais pour gerer les retombees politiques, pour maintenir l’alliance, pour s’assurer que Scott ne s’eloigne pas trop. La relation transactionnelle dans toute sa froideur : meme le racisme le plus flagrant peut etre negocie, gere, contenu.
Tim Scott a fait ce que tout elu devrait faire : nommer le racisme quand il le voit. Mais le fait que sa reaction soit remarquable, qu’elle fasse les manchettes, qu’elle soit traitee comme un acte de courage, en dit long sur l’etat du Parti republicain. Quand condamner une video depeignant des Noirs comme des singes devient un acte de bravoure politique, quelque chose est profondement brise.
La Maison-Blanche : le mensonge comme reflexe
La gestion de la crise par la Maison-Blanche a ete un chef-d’oeuvre de mauvaise foi. D’abord, la defense agressive de Karoline Leavitt qualifiant les critiques d' »indignation fabriquee ». Puis, le retrait silencieux de la publication 12 heures plus tard. Enfin, l’excuse du « membre du personnel qui a fait une erreur ». Cette succession de positions contradictoires revele le modus operandi de l’administration Trump : defendre d’abord, reculer ensuite, blamer quelqu’un d’autre toujours. La responsabilite personnelle, ce principe que les conservateurs pretendent cherir, est systematiquement absente quand il s’agit du president lui-meme.
Trump a affirme n’avoir vu qu’une partie de la video avant de la transmettre pour publication. Cette excuse souleve plus de questions qu’elle n’en resout. Un president publie du contenu sur son compte officiel sans le regarder en entier? Un president partage des videos sans savoir ce qu’elles contiennent? Soit Trump ment et savait exactement ce qu’il publiait. Soit il dit la verite et son incompetence est telle qu’il diffuse du contenu presidentiel sans verification. Dans les deux cas, l’image est desastreuse. Dans les deux cas, aucune excuse n’a ete presentee. « Je n’ai pas fait d’erreur », a-t-il insiste. Le refus de s’excuser, meme face a l’evidence, meme face a la condamnation de ses propres allies.
Le Mois de l'histoire des Noirs : un timing qui ne peut etre accidentel
La premiere semaine de fevrier, le pire moment possible
Cette publication est survenue pendant la premiere semaine du Mois de l’histoire des Noirs. Un mois dedie a celebrer les contributions des Afro-Americains a l’histoire des Etats-Unis. Un mois ou le premier president noir du pays, sa famille, son heritage devraient etre honores. Au lieu de cela, le president en exercice diffuse une video les depeignant comme des primates. Le timing ne peut etre une coincidence. Soit Trump ou son equipe ont choisi deliberement ce moment pour maximiser l’outrage. Soit ils sont tellement deconnectes des realites raciales americaines qu’ils n’ont meme pas realise la signification du calendrier. Les deux hypotheses sont condamnables.
L’imagerie utilisee dans cette video n’est pas anodine. Depeindre des personnes noires comme des singes est un trope raciste qui remonte a des siecles. Il a ete utilise pour deshumaniser, pour justifier l’esclavage, pour legitimer la segregation, pour nier l’humanite fondamentale des Afro-Americains. Quand le president des Etats-Unis diffuse une telle imagerie, il ne s’agit pas d’une blague de mauvais gout. Il ne s’agit pas d’un meme inoffensif. Il s’agit de la resurrection d’une propagande haineuse qui a cause des souffrances incalculables. Et pourtant, la Maison-Blanche a d’abord qualifie les reactions d' »indignation fabriquee ». Comme si l’histoire n’existait pas. Comme si les cicatrices n’etaient pas reelles.
On ne peut pas separer cette publication de l’histoire americaine. On ne peut pas la traiter comme un incident isole. Cette video s’inscrit dans une continuite de deshumanisation qui a justifie les pires atrocites. Quand on remercie Trump de l’avoir supprimee sans condamner le fait qu’elle ait existe, on devient complice de cette continuite.
Les allies noirs de Trump dans une position impossible
La publication a place les allies noirs de Trump dans une position intenable. ABC News a documente comment ces figures, qui ont fait campagne pour lui, qui ont defendu ses politiques, se retrouvent soudainement forces de defendre l’indefendable. Certains ont choisi le silence, esperant que la tempete passe. D’autres ont tente des contorsions rhetoriques pour condamner la video sans condamner Trump. Quelques-uns, comme Tim Scott, ont choisi la clarte. Mais tous ont vu leur credibilite ebrechee par cette publication.
Le message envoye aux electeurs afro-americains est devastateur. Trump avait fait des efforts de sensibilisation vers cette communaute, comme le note ironiquement Cassidy dans son tweet malaisant. Ces efforts sont maintenant aneantis. Aucune campagne de communication ne peut effacer 12 heures de racisme diffuse depuis le compte presidentiel. Aucune parole ne peut contrebalancer une image. Et l’absence d’excuses rend le message encore plus clair : Trump ne regrette pas. Trump ne s’excuse pas. Trump considere que la publication etait acceptable, que la suppression etait une concession politique, pas une correction morale.
Morning Joe : le miroir de l'absurdite republicaine
Joe Scarborough ne peut plus cacher son degout
Le segment de Morning Joe du lundi 9 fevrier 2026 restera dans les memoires comme un moment de verite televisee. Quand Jonathan Lemire a commence a lire le tweet de Cassidy, le grognement de Joe Scarborough etait presque physique. « C’etait tellement pathetique », a-t-il lache avant meme que la lecture soit terminee. Puis cette question, chargee de tout le poids de son exasperation : « Est-ce qu’on est vraiment obliges de lire ca? » Cette reaction n’etait pas preparee. Elle n’etait pas scriptee. Elle etait l’expression spontanee d’un homme qui, malgre toutes ses annees de couverture politique, ne peut plus masquer son degout face a ce que le Parti republicain est devenu.
Scarborough est un ancien republicain lui-meme. Il a siege au Congres comme representant de Floride dans les annees 1990. Il connait le parti de l’interieur. Il a vu son evolution, sa transformation, sa mutation sous l’ere Trump. Et ce qu’il a vu lundi matin, ce tweet de Cassidy remerciant Trump d’avoir supprime une video raciste, representait pour lui un point de non-retour. Non pas parce que c’etait le pire moment du trumpisme. Mais parce que cela revelait, avec une clarte brutale, la normalisation complete de l’inacceptable. Quand un senateur remercie un president de ne plus etre activement raciste en public, les normes se sont effondrees au-dela de toute reparation.
La reaction de Scarborough n’etait pas du theatre. C’etait du desespoir. Le desespoir d’un homme qui a cru au conservatisme americain et qui voit, jour apres jour, ce conservatisme se transformer en quelque chose qu’il ne reconnait plus. Quand on en arrive a demander si on doit vraiment lire les declarations des senateurs de son ancien parti, c’est que quelque chose est mort.
Le contraste avec les autres reactions republicaines
Le segment de Morning Joe a egalement souligne le contraste entre les differentes reactions republicaines. D’un cote, Tim Scott appelant la publication « la chose la plus raciste » qu’il ait vue de cette Maison-Blanche. De l’autre, Bill Cassidy remerciant Trump de l’avoir supprimee. Entre les deux, un gouffre moral que l’emission a explore sans menagement. Lemire a note que Cassidy avait poste ce message apres que Trump eut endosse son adversaire aux primaires. Le senateur, menace politiquement par le president lui-meme, choisissait quand meme de le remercier. La soumission meme face au rejet.
Ce contraste illustre les deux voies possibles pour les republicains face au trumpisme. La voie Scott : condamner le racisme clairement, quitte a affronter les consequences politiques. La voie Cassidy : tenter de menager la chevre et le chou, remercier sans condamner, critiquer a demi-mot, esperer que ca suffise. L’histoire jugera quelle voie etait la bonne. Mais l’histoire immediate suggere que la voie Cassidy ne satisfait personne : les electeurs MAGA le detestent pour son vote de 2021, les moderes le meprisent pour son tweet de 2026. Entre deux chaises, il n’y a que le vide.
La fabrique de l'impunite : comment le GOP normalise l'inacceptable
Le schema recurrent de la non-accountability
Cette affaire s’inscrit dans un schema que nous avons observe des dizaines de fois depuis 2015. Trump fait quelque chose de scandaleux. La reaction initiale est l’indignation. Puis viennent les excuses, les justifications, les relativisations. Finalement, l’incident est oublie, absorbe dans le flux continu des controverses. Aucune consequence n’est jamais imposee. Aucune responsabilite n’est jamais assumee. Le cycle recommence avec le prochain scandale. Cette fois encore, le schema se repete. La video est supprimee, non pas parce qu’elle etait moralement indefendable, mais parce qu’elle creait des problemes politiques. Trump refuse de s’excuser, maintenant que « je n’ai pas fait d’erreur ».
Les republicains qui condamnent sont isoles. Ceux qui excusent deviennent la norme. Et la fenetre d’Overton continue de glisser. Ce qui etait impensable hier devient debattable aujourd’hui, acceptable demain. Une video depeignant le premier president noir comme un singe? On remercie le president de l’avoir supprimee. Pas de s’excuser. Pas de reconnaitre l’erreur. Juste de l’avoir supprimee. La barre est tellement basse qu’elle est enterree. Et pourtant, meme cette barre enterree devient un accomplissement digne d’eloges pour certains senateurs. Ou va le prochain glissement? Que faudra-t-il pour qu’une condamnation unanime soit possible?
L’impunite cree l’impunite. Chaque scandale non sanctionne pave la voie au prochain. Chaque excuse non exigee normalise l’absence d’excuses. Bill Cassidy, en remerciant Trump, ne fait pas que trahir ses principes. Il participe activement a la construction d’une norme ou le racisme presidentiel n’est plus un motif de demission, mais simplement une publication a supprimer.
Le role des medias dans cette normalisation
Les medias ont un role dans cette dynamique. Certains choisissent de rapporter les faits sans les qualifier. D’autres, comme Morning Joe, choisissent de nommer les choses par leur nom. La reaction de Scarborough, son refus de traiter le tweet de Cassidy comme une declaration politique normale, represente un choix editorial. Un choix de ne pas normaliser. Un choix de maintenir une distinction entre l’acceptable et l’inacceptable. Mais ce choix devient de plus en plus difficile a maintenir quand chaque jour apporte son lot de nouvelles transgressions.
La fatigue scandaleuse est reelle. Les audiences peuvent devenir insensibilisees a force de chocs repetes. Les journalistes peuvent devenir cyniques a force de couvrir l’impensable. Et pourtant, des moments comme celui de lundi matin rappellent pourquoi le journalisme d’opinion existe. Pourquoi il est necessaire que quelqu’un dise, a haute voix, sur une chaine nationale, que ce tweet etait « pathetique ». Pourquoi la question « Est-ce qu’on est vraiment obliges de lire ca? » est, en soi, une forme de resistance contre la normalisation.
L'election de Louisiane : le test a venir
Cassidy face a Letlow : le combat de la survie
La bataille entre Bill Cassidy et Julia Letlow pour le siege senatorial de Louisiane sera l’un des tests definissants de cette annee politique. D’un cote, un senateur qui a vote pour condamner Trump et qui tente maintenant de se racheter. De l’autre, une representante endossee par Trump lui-meme, qui se presente comme l’incarnation de la loyaute MAGA. Le tweet de Cassidy remerciant Trump pour la suppression de la video raciste doit etre compris dans ce contexte electoral. C’est un acte de desespoir politique, une tentative maladroite de signaler sa loyaute retrouvee.
Mais cette strategie est vouee a l’echec. Les electeurs MAGA ont des memoires longues. Le vote de 2021 ne sera jamais pardonne, peu importe combien de tweets reconnaissants Cassidy publie. Trump lui-meme a endosse Letlow, signalant clairement qu’il veut Cassidy dehors. Et pourtant, en publiant ce tweet, Cassidy a egalement perdu le respect des electeurs moderes et independants qui auraient pu lui accorder le benefice du doute. Une defaite sur tous les fronts. Une strategie qui aliene tout le monde sans satisfaire personne.
Bill Cassidy avait un choix. Il pouvait maintenir la position morale qui l’avait conduit a voter pour la condamnation en 2021. Il pouvait accepter les consequences electorales de cette position. Au lieu de cela, il a choisi le pire des deux mondes : trahir ses principes tout en echouant a reconquerir ceux qu’il a perdus. C’est ca, le pathetisme dont parle Scarborough.
Ce que cette election dira sur l’Amerique
Le resultat de la primaire de Louisiane aura des implications au-dela de l’Etat. Si Cassidy perd face a Letlow, le message sera clair : la loyaute a Trump est la seule monnaie qui compte dans le Parti republicain, et meme les tentatives de rehabilitation sont insuffisantes une fois le vote de condamnation enregistre. Si Cassidy gagne, contre toute attente, cela pourrait suggerer qu’il existe encore un espace pour les republicains qui ne sont pas completement alignes sur Trump. Mais ce scenario semble de plus en plus improbable.
Les primaires republicaines de 2026 sont, collectivement, un referendum sur le trumpisme. Dans Etat apres Etat, les candidats endosses par Trump affrontent ceux qui ont ose le critiquer, meme timidement. Louisiane n’est qu’un champ de bataille parmi d’autres. Mais l’affaire de la video raciste, et la reaction de Cassidy, ont cristallise les enjeux de maniere particulierement brutale. D’un cote, la dignite. De l’autre, la survie. Et quand on remercie un president pour avoir supprime une video raciste plutot que de le condamner pour l’avoir publiee, on a clairement choisi la survie au detriment de la dignite.
Le silence des Obama : une lecon de dignite
Quand ne rien dire dit tout
Barack et Michelle Obama n’ont pas reagi publiquement a la video. Ce silence est, en soi, une declaration. Ils refusent de donner a Trump l’attention qu’il recherche. Ils refusent de se laisser entrainer dans le cycle de provocation et de reaction. Ils refusent de legitimer cette attaque en y repondant. Quelques jours apres l’incident, ils ont ete vus en public, encourageant l’equipe olympique americaine, souriant, dignes, au-dessus de la melee. Le contraste avec le chaos de la Maison-Blanche ne pouvait etre plus frappant.
Ce silence n’est pas de la faiblesse. C’est une forme de force. Les Obama ont compris que repondre a chaque provocation de Trump serait epuisant et contre-productif. Ils ont choisi de vivre leur vie, de poursuivre leur travail, de maintenir leur dignite sans se soucier des attaques. Cette approche frustre probablement Trump, qui thrives sur le conflit, qui se nourrit de la reaction de ses adversaires. En refusant de reagir, les Obama lui refusent ce qu’il desire le plus : l’attention.
Il y a une lecon dans ce silence. La dignite ne se defend pas en criant. Elle se defend en continuant a vivre avec grace. Les Obama, en refusant de reagir a cette video abjecte, ont offert un contraste saisissant avec l’agitation de leurs critiques. Pendant que Trump refuse de s’excuser et que Cassidy le remercie, eux continuent simplement d’exister avec dignite. C’est la reponse la plus devastante possible.
L’heritage attaque mais pas diminue
L’ironie de cette attaque est qu’elle ne peut pas diminuer l’heritage des Obama. Barack Obama reste le premier president noir des Etats-Unis. Il reste celui qui a servi deux mandats complets sans scandale personnel. Il reste celui dont la cote de popularite post-presidentielle depasse largement celle de Trump. Michelle Obama reste l’une des femmes les plus admirees au monde, dont les memoires se sont vendues a des dizaines de millions d’exemplaires. Une video raciste sur Truth Social ne change rien a cela. Elle ne fait que reveler la petitesse de ceux qui l’ont creee et partagee.
Et pourtant, l’attaque blesse. Elle blesse non pas parce qu’elle touche sa cible, mais parce qu’elle rappelle a chaque Afro-Americain que meme atteindre le sommet du pouvoir ne protege pas contre le racisme le plus primaire. Elle blesse parce qu’elle montre que le president des Etats-Unis peut diffuser de la haine raciale sans consequence. Elle blesse parce qu’elle revele, une fois de plus, que la couleur de peau reste, pour certains, un motif de deshumanisation. L’heritage des Obama n’est pas diminue. Mais la plaie du racisme americain est rouverte, encore une fois, par celui qui devrait la guerir.
Conclusion : Le miroir que l'Amerique refuse de regarder
Ce que cette affaire revele sur l’etat de la nation
Cette affaire n’est pas seulement une affaire de video raciste. C’est un miroir tendu a l’Amerique. Un miroir qui montre ce que le pays est devenu sous l’ere Trump. Un pays ou un president peut diffuser de la haine raciale pendant 12 heures sans consequence. Un pays ou des senateurs remercient ce president d’avoir supprime cette haine. Un pays ou la condamnation du racisme est devenue un acte de courage politique plutot qu’un reflexe moral basique. Ce miroir n’est pas flatteur. Mais il est necessaire.
La question qui hante apres cette affaire est simple : ou est le fond? A quel moment une ligne rouge devient-elle vraiment rouge? Si une video depeignant le premier president noir et sa femme comme des singes ne constitue pas cette ligne, qu’est-ce qui la constituera? Cassidy a remercie Trump. Pas condamne. Remercie. Si c’est ca la reaction a une telle publication, qu’est-ce qui pourrait susciter une condamnation unanime? La reponse, terrifiante, est peut-etre : rien. Peut-etre n’y a-t-il plus de fond. Peut-etre le Parti republicain a-t-il abandonne toute pretention a une boussole morale.
Joe Scarborough avait raison de demander si on devait vraiment lire ce tweet. Parce que le lire, c’est accepter qu’il existe. C’est accepter que des senateurs americains en 2026 peuvent remercier un president d’avoir supprime une publication raciste sans la condamner. C’est accepter que la barre morale du Parti republicain est desormais si basse qu’elle a disparu. Et pourtant, nous devons le lire. Nous devons le documenter. Nous devons le nommer. Parce que l’histoire jugera, et l’histoire a besoin de savoir.
Et maintenant?
L’affaire continuera a faire des vagues pendant quelques jours, puis elle sera remplacee par le prochain scandale. C’est ainsi que fonctionne le cycle de l’actualite trumpiste. Mais quelque chose aura change. Pas grand-chose, peut-etre. Mais quelque chose. Chaque personne qui a vu cette video, chaque personne qui a lu le tweet de Cassidy, chaque personne qui a entendu la reaction de Scarborough, portera ce souvenir. Et ce souvenir s’ajoutera a tous les autres. Jusqu’au jour ou la somme de ces souvenirs forcera une reconsideration. Jusqu’au jour ou le miroir sera regarde en face.
En attendant, Bill Cassidy continuera sa campagne pour la survie politique. Julia Letlow continuera de se presenter comme l’alliee de Trump. Trump continuera de refuser de s’excuser pour quoi que ce soit. Et Morning Joe continuera de poser la question fondamentale : « Est-ce qu’on est vraiment obliges de lire ca? » La reponse est oui. Nous sommes obliges. Parce que si nous detournons le regard, si nous cessons de nommer les choses par leur nom, alors nous devenons complices. Et la complice silencieuse est la plus dangereuse de toutes.
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Positionnement editorial
Ce billet adopte une perspective critique envers la reaction de certains republicains a la publication raciste de Donald Trump. L’auteur considere que le racisme, sous toutes ses formes, merite une condamnation claire et non des remerciements pour sa suppression. Cette position editoriale est assumee et transparente. Le billet ne pretend pas a la neutralite sur une question qui, selon l’auteur, ne devrait pas etre neutre.
L’auteur reconnait que d’autres perspectives existent sur cette affaire. Certains pourraient argumenter que Cassidy tentait une approche diplomatique, cherchant a encourager le bon comportement plutot qu’a condamner le mauvais. Cette interpretation n’est pas partagee par l’auteur, qui considere qu’elle normalise l’inacceptable, mais elle existe et merite d’etre mentionnee par souci de transparence.
Methodologie et sources
Ce billet s’appuie sur les reportages factuels de multiples sources journalistiques americaines couvrant l’affaire de la video raciste et ses suites. Les citations directes de Trump, Cassidy, Scott et des animateurs de Morning Joe proviennent de ces sources. L’auteur a verifie la coherence des informations entre plusieurs sources avant de les inclure.
Le contexte electoral concernant Cassidy et Letlow en Louisiane provient des reportages anterieurs sur l’endossement de Trump et l’annonce de candidature de Letlow. Les reactions en ligne citees, notamment celles de Ron Filipkowski et Fred Guttenberg, ont ete rapportees par Raw Story et d’autres sources.
Nature de l’analyse
Ce billet est une piece d’opinion dans le genre du billet journalistique. Il combine des faits rapportes avec une analyse editoriale et des jugements de valeur assumes. Le ton sarcastique et critique est un choix delibere correspondant au genre du billet. Les faits presentes sont verifiables; les interpretations et jugements sont ceux de l’auteur.
L’auteur assume pleinement les positions exprimees dans ce billet. Le racisme est condamnable. Remercier quelqu’un d’avoir supprime une publication raciste sans condamner sa publication initiale est, selon l’auteur, une forme de complicite. Ces positions sont editoriales et ne pretendent pas representer une verite objective, mais un jugement moral assume.
Sources
Sources primaires
‘Do we have to read it?’ Morning Joe buries GOP senator over ‘pathetic’ Trump defense – Raw Story
‘Are you for real?’ GOP senator under fire for response to Trump taking down racist post – Raw Story
Tim Scott says Trump post « most racist thing I’ve seen » from this White House – Axios
Sources secondaires
Trump says he won’t apologize for racist post depicting the Obamas as apes – NBC News
Trump shares video depicting Barack and Michelle Obama as apes – The Washington Post
Republicans condemn Trump’s racist video portraying the Obamas as apes – CBS News
Republicans condemn racist Trump video post depicting Obamas as apes – Al Jazeera
Trump says « I didn’t make a mistake » after racist video of Obamas removed – Axios
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.