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BILLET : Ukraine sous pression : entre exigences électorales américaines et victoires militaires fragiles
Crédit: Adobe Stock

Washington joue une partition dangereuse

Revenons à cette demande américaine présumée. Si elle se confirme, et tout porte à croire qu’une forme de pression existe réellement, elle révèle une méconnaissance troublante des réalités du conflit ukrainien. Les États-Unis, champions autoproclamés de la démocratie mondiale, semblent oublier que même leur propre histoire connaît des précédents d’élections reportées ou adaptées en contexte de crise majeure. Durant la Guerre de Sécession, l’élection de 1864 s’est déroulée dans des conditions exceptionnelles, avec des États entiers exclus du processus électoral. Pourquoi cette indulgence historique ne s’appliquerait-elle pas à l’Ukraine actuelle?

La Constitution ukrainienne prévoit explicitement que les élections ne peuvent se tenir sous loi martiale, une disposition de bon sens quand on considère les défis logistiques et sécuritaires. Comment organiser un scrutin dans Mariupol occupée? Comment garantir le vote des millions d’Ukrainiens dispersés à travers l’Europe? Comment protéger les bureaux de vote des frappes de missiles qui n’épargnent ni hôpitaux ni écoles? Ces questions ne sont pas rhétoriques, elles sont existentielles pour la viabilité même d’un processus démocratique crédible.

J’ai le sentiment que certains décideurs occidentaux veulent une Ukraine démocratique à leur image, sans comprendre qu’exiger des élections maintenant pourrait paradoxalement affaiblir cette démocratie qu’ils prétendent défendre.

Le paradoxe de la légitimité présidentielle

La légitimité du Président Zelensky fait l’objet de débats croissants, particulièrement dans les sphères politiques occidentales où certains voient d’un mauvais œil la prolongation de son mandat au-delà de sa date d’expiration constitutionnelle normale. Pourtant, les sondages internes ukrainiens, même s’ils doivent être pris avec précaution en temps de guerre, montrent un soutien populaire qui reste majoritaire. Le président bénéficie de cette union sacrée typique des nations en guerre, où les critiques se taisent temporairement face à l’ennemi commun.

Mais cette situation ne peut durer indéfiniment. Plus le conflit s’éternise, plus les fissures apparaissent. Des voix s’élèvent désormais au sein même de la société ukrainienne pour questionner certaines décisions gouvernementales, la gestion de la mobilisation, les exemptions accordées à certaines catégories professionnelles pendant que d’autres sont envoyées au front. Ces tensions, normales dans toute démocratie, prennent une dimension explosive quand elles se superposent à l’épuisement d’une population en guerre depuis trop longtemps.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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