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CHRONIQUE : 72 heures dans le noir — Quand le froid devient une arme et que l’Occident regarde ailleurs
Crédit: Adobe Stock

Le choix de Sofia

Sofia, 34 ans, infirmière à l’hôpital Ohmatdyt, a dû faire un choix impossible. Le générateur de son service ne tenait plus que trois heures. Elle avait dix enfants sous respirateur. Lequel sauver en premier ? Elle a commencé par les prématurés, les enveloppant dans des couvertures chauffantes, priant pour que l’électricité revienne avant que les batteries ne lâchent. À 22h47, le générateur s’est éteint. Elle a allumé des bougies, continuant les soins à la lueur vacillante, les doigts engourdis par le froid.

« On nous avait promis une trêve », a-t-elle murmuré à une collègue, les yeux brillants de colère. Mais les promesses russes valent moins que le papier sur lequel elles sont écrites. Pendant ce temps, les missiles continuaient de pleuvoir, ciblant méthodiquement les sous-stations électriques, les chauffages urbains, les réserves de gaz. La stratégie était claire : faire geler l’Ukraine jusqu’à la reddition.

Le détail qui tue : les briques chaudes

Dans un immeuble du quartier de Podil, les résidents avaient appris à survivre. Ils chauffaient des briques dans ce qui restait de leurs cuisinières à gaz, les enveloppaient dans des vieux journaux, et les glissaient sous leurs couvertures. « Ça tient deux heures », expliquait Iryna, 58 ans, en montrant ses mains rougies par le froid. « Après, il faut recommencer. » Et Pourtant, à la télévision, les experts parlaient de « désescalade ». Personne ne mentionnait les briques chaudes, les doigts gelés, les nuits sans sommeil.

Dans la cave transformée en dortoir collectif, un vieux radio diffusait les nouvelles : « La Russie respecte la trêve », disait un journaliste. Un homme a ri, amer : « Quelle trêve ? Celle où on gèle à mort ? » Le rire s’est transformé en toux, sèche, douloureuse.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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