Le rapport qui change tout
Le 7 janvier 2026, Volker Turk, Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, a fait ce qu’aucun de ses predecesseurs n’avait ose faire. Il a utilise le mot. Apartheid. Dans un rapport de 47 pages, le Haut-Commissariat documente ce que les Palestiniens vivent depuis des decennies : deux systemes juridiques distincts sur un meme territoire. Les colons israeliens vivent sous la loi civile israelienne. Les Palestiniens vivent sous l’occupation militaire. Les premiers construisent. Les seconds sont demolos. Les premiers circulent librement. Les seconds passent des heures aux checkpoints. Les premiers ont l’eau courante. Les seconds la voient detournee vers les colonies.
Le rapport parle d’asphyxie systematique des droits des Palestiniens. Chaque aspect de leur vie est controle et limite par les lois, politiques et pratiques discriminatoires d’Israel. Ce n’est pas une metaphore. C’est un etranglement lent. Et pourtant, Israel a rejete le rapport. Absurde et deforme, ont-ils dit. Les politiques en Cisjordanie seraient motivees par des preoccupations de securite, pas par des motifs raciaux. La meme excuse depuis 1967. La meme negation depuis toujours.
Quand l’ONU utilise le mot apartheid, ce n’est pas une opinion. C’est une qualification juridique. La Cour internationale de justice l’a confirme en juillet 2024. Et maintenant, le plus haut responsable des droits humains de la planete le dit clairement. Combien de rapports faudra-t-il encore pour que le monde agisse?
La justice qui ne vient jamais
En juillet 2024, la Cour internationale de justice a rendu un avis consultatif historique. Elle a conclu que les politiques israeliennes en Cisjordanie violent l’article 3 de la Convention internationale sur l’elimination de la discrimination raciale. Celui qui interdit la segregation et l’apartheid. Elle a demande a Israel de mettre fin a l’occupation. De demanteler les colonies. De reparer les prejudices causes aux Palestiniens. Dix-huit mois plus tard, non seulement Israel n’a rien demantele, mais il accelere l’annexion. Et pourtant, la communaute internationale regarde ailleurs. Les sanctions restent symboliques. Les condamnations restent verbales. L’impunite reste totale.
C’est la ou reside le scandale absolu. Quand la Russie a annexe la Crimee en 2014, le monde a reagi. Sanctions economiques. Isolation diplomatique. Exclusion du G8. Quand Israel annexe la Cisjordanie, morceau par morceau, decret apres decret, le monde exprime sa preoccupation. La difference de traitement n’est meme plus cachee. Elle est devenue la norme. Et cette norme a un nom : deux poids, deux mesures.
Le nettoyage ethnique en marche
Les chiffres de l’horreur
Pres de 700 Palestiniens deplaces en janvier 2026 seulement. C’est le chiffre le plus eleve depuis octobre 2023. Neuf villages et communautes de bergers affectes. Des familles entieres chassees de terres qu’elles cultivent depuis des generations. Pas par la guerre. Pas par les bombes. Par les colons. Par l’armee. Par les ordres de demolition. Par la bureaucratie de l’occupation. Medecins Sans Frontieres a documente ce qu’ils appellent un risque de nettoyage ethnique. L’ancien Premier ministre israelien Ehud Olmert lui-meme a utilise ces mots : proche du nettoyage ethnique.
Ce ne sont pas des accusations venues de l’exterieur. Ce sont des faits documentes. Au moins 850 maisons demolies ou severement endommagees dans trois camps de refugies. 70 structures palestiniennes detruites dans une seule operation au quartier de Kafr Aqab et aux abords du camp de Qalandia. Chaque demolition est une famille jetee a la rue. Chaque ordre militaire est une vie brisee. Et pendant ce temps, le gouvernement israelien approuve 126 nouvelles unites de logement pour les colons dans l’avant-poste de Sa-Nur.
Il y a quelque chose d’obscene dans cette symetrie. D’un cote, on detruit. De l’autre, on construit. D’un cote, des enfants palestiniens regardent leur maison s’effondrer. De l’autre, des colons posent la premiere pierre de leur villa. Meme territoire. Deux humanites. Une qui compte. Une qui ne compte pas.
La strategie du fait accompli
Pourquoi maintenant? La question merite d’etre posee. Smotrich et Katz ont insiste pour que ces mesures soient adoptees trois jours avant la visite de Benjamin Netanyahu a Washington. Trois jours avant sa rencontre avec Donald Trump. Ce n’est pas un hasard. C’est un calcul. Les analystes parlent d’une course contre la montre. Le gouvernement d’extreme droite israelien veut creer des faits irreversibles sur le terrain avant les elections d’octobre. Avant que la situation politique ne change. Avant que quelqu’un, quelque part, ne dise stop.
Et pourtant, qui va dire stop? Certainement pas Trump, qui a deja reconnu les colonies comme conformes au droit international lors de son premier mandat. Certainement pas l’Union europeenne, qui condamne mais ne sanctionne pas. Certainement pas l’ONU, paralysee par le veto americain au Conseil de securite. Les Palestiniens sont seuls. Comme ils l’ont toujours ete. Depuis la Nakba de 1948. Depuis l’occupation de 1967. Depuis l’echec d’Oslo. Depuis toujours.
Gaza et la Cisjordanie : le meme projet, deux methodes
Le genocide a l’ombre de l’annexion
Pendant que le monde fixe son attention sur Gaza, la Cisjordanie brule a petit feu. Et pourtant, les deux sont lies. Le meme gouvernement qui bombarde Gaza est celui qui annexe la Cisjordanie. La meme ideologie qui nie l’existence d’un peuple palestinien a Gaza la nie en Cisjordanie. Les memes ministres qui parlent de transfert volontaire des Gazaouis parlent de souverainete complete sur la Cisjordanie. Le projet est le meme : un Israel sans Palestiniens. Seules les methodes different. A Gaza, les bombes. En Cisjordanie, les decrets.
Les chiffres de Gaza sont la pour rappeler l’ampleur du desastre. 71 851 Palestiniens tues au 5 fevrier 2026 selon le ministere de la Sante de Gaza. 171 626 blesses. Plus de 10 000 corps encore sous les decombres. Des chiffres tellement enormes qu’ils en deviennent abstraits. Et pourtant, l’armee israelienne elle-meme a fini par accepter ces chiffres le 27 janvier 2026. Pour la premiere fois depuis le debut du genocide, Tsahal a reconnu le bilan du ministere de la Sante qu’elle avait toujours qualifie de non fiable et trompeur.
Quand l’agresseur lui-meme finit par accepter le bilan de ses victimes, c’est qu’il n’y a plus moyen de nier. 71 851 morts. Chacun avait un nom. Chacun avait une famille. Chacun avait des reves. Et nous, on compte. On compte en attendant que ca s’arrete. Mais ca ne s’arrete pas.
L’etude qui revele l’ampleur reelle
Les chiffres officiels sont deja insupportables. Mais ils sont probablement sous-estimes. Une etude du Max Planck Institute for Demographic Research estime que le nombre reel de morts violentes a Gaza se situe entre 100 000 et 126 000. Dont 27% d’enfants de moins de 15 ans. Dont 24% de femmes. Des enfants. Des femmes. Les plus vulnerables. Les plus innocents. Cibles deliberement ou victimes collaterales, peu importe. Le resultat est le meme : un massacre de masse dont le monde est temoin en temps reel.
Et la Cisjordanie suit le meme chemin, a un rythme different. Les raids militaires dans les camps de refugies de Jenine, Naplouse, Tulkarem se multiplient. Les violences des colons, protegees par l’armee, atteignent des niveaux records. Les permis de travail sont annules du jour au lendemain, plongeant des familles entieres dans la misere. Les restrictions de mouvement empechent les Palestiniens d’acceder a leurs terres, a leurs emplois, a leurs hopitaux. C’est une guerre d’usure. Une guerre qui ne dit pas son nom.
Oslo est mort : autopsie d'une trahison
Ce que les nouvelles mesures signifient vraiment
L’Autorite palestinienne l’a dit clairement : ces mesures mettent fin aux Accords d’Oslo. Pas officiellement. Israel n’a pas declare la mort d’Oslo. Mais dans les faits, que reste-t-il? Les zones A et B n’existent plus comme entites autonomes. Les pouvoirs municipaux sont transferes. Le controle territorial est complet. L’Autorite palestinienne devient ce qu’elle a toujours ete accusee d’etre par ses detracteurs : un sous-traitant de l’occupation. Une facade. Un alibi.
Et pourtant, Oslo portait en lui les germes de son echec. L’accord de 1993 etait cense etre transitoire. Cinq ans pour negocier un statut permanent. Trente-trois ans plus tard, nous y sommes toujours. Parce qu’Israel n’a jamais voulu de ce statut permanent. Parce que chaque annee de negociations etait une annee de colonisation supplementaire. Parce que le processus de paix n’etait pas un chemin vers la paix, mais un ecran de fumee pour l’annexion rampante.
On peut tuer un accord de mille facons. On peut le denoncer officiellement. On peut le violer quotidiennement. Ou on peut le vider de sa substance, decret apres decret, jusqu’a ce qu’il ne reste qu’une coquille vide. C’est ce qu’Israel a fait avec Oslo. Et maintenant, meme la coquille est brisee.
Les complices silencieux
Qui a laisse faire? Tous. Les Etats-Unis, qui ont toujours couvert Israel au Conseil de securite. L’Europe, qui commerce avec les colonies tout en les condamnant. Les pays arabes, qui normalisent leurs relations avec Israel pendant que les Palestiniens meurent. La communaute internationale, ce concept vide qui permet a chacun de se defausser sur les autres. Oslo n’a pas ete tue par Israel seul. Il a ete assassine par le silence complice de ceux qui auraient pu agir.
Et maintenant, que reste-t-il? Mahmoud Abbas a qualifie les nouvelles mesures de dangereuses, illegales, et equivalentes a une annexion de facto. Mais que peut-il faire? L’Autorite palestinienne n’a pas d’armee. Pas de ressources. Pas de levier. Elle depend des taxes que lui reverse Israel pour fonctionner. Elle est prisonniere d’un systeme qu’elle a contribue a construire. Et les Palestiniens paient le prix de cette impuissance.
Le visage humain de la catastrophe
Ceux qu’on ne voit pas
Derriere les chiffres, il y a des visages. Fatima, 67 ans, qui a vu sa maison demolie a Masafer Yatta pour la troisieme fois en cinq ans. Chaque fois, elle reconstruit. Chaque fois, ils reviennent. Mohammed, berger dans la vallee du Jourdain, dont le troupeau a ete confisque par des colons pendant que l’armee regardait. Amal, 9 ans, qui ne peut plus aller a l’ecole parce que le checkpoint entre son village et l’ecole est ferme depuis trois mois. Ces histoires ne font pas les gros titres. Elles sont la normalite de l’occupation.
Et puis il y a ceux qui resistaient. Les militants des droits humains. Les journalistes. Les avocats. Ceux qui documentaient, qui temoignaient, qui refusaient le silence. Beaucoup sont en prison. Beaucoup ont ete tues. Shireen Abu Akleh, journaliste d’Al Jazeera, abattue par un tireur d’elite israelien en mai 2022. Son cas n’a jamais ete juge. L’impunite n’est pas un accident. C’est une politique.
Je pense souvent a Shireen. A sa voix calme. A sa facon de raconter l’occupation sans haine, juste avec la verite. Ils l’ont tuee parce qu’elle montrait ce qu’ils voulaient cacher. Et trois ans plus tard, personne n’a paye. Personne ne paiera. C’est ca, l’impunite. C’est ca, l’injustice. C’est ca, le monde dans lequel nous vivons.
La resistance qui persiste
Et pourtant, ils tiennent. Malgre tout. Malgre les demolitions. Malgre les arrestations. Malgre les morts. Les Palestiniens continuent d’exister. C’est leur forme de resistance. Chaque olivier plante est un acte de resistance. Chaque enfant qui va a l’ecole est un acte de resistance. Chaque maison reconstruite est un acte de resistance. Israel peut demolir les murs. Il ne peut pas demolir la memoire. Il ne peut pas demolir l’identite. Il ne peut pas demolir l’esperance.
Les manifestations continuent. En Cisjordanie. A Jerusalem-Est. Dans les villes arabes d’Israel. Et dans le monde entier. Des millions de personnes qui refusent de detourner le regard. Des etudiants qui occupent leurs campus. Des syndicats qui refusent de decharger des navires israeliens. Des artistes qui annulent leurs concerts. Ce n’est pas assez pour arreter l’annexion. Mais c’est assez pour rappeler qu’il existe une autre humanite. Une humanite qui ne se resigne pas.
Netanyahu a Washington : le spectacle de l'impunite
La rencontre qui legitime le crime
Dans trois jours, Benjamin Netanyahu sera recu a la Maison Blanche. Il serrera la main de Donald Trump. Ils souriront pour les cameras. Ils parleront de securite, de partenariat strategique, de menace iranienne. Pas un mot sur les 700 deplaces de janvier. Pas un mot sur les 71 851 morts de Gaza. Pas un mot sur l’annexion qui vient d’etre officialisee. Ce sera une celebration de l’impunite. Une poignee de main entre complices.
Trump a deja montre sa position. Lors de son premier mandat, il a reconnu Jerusalem comme capitale d’Israel. Il a reconnu l’annexion du Golan. Il a presente un plan de paix qui n’en etait pas un, offrant a Israel tout ce qu’il demandait sans rien exiger en retour. Il n’y a aucune raison de croire que son second mandat sera different. Au contraire. Les mesures de Smotrich et Katz ont ete adoptees maintenant precisement parce qu’ils savent que Trump ne dira rien.
On assiste a un theatre obscene. Le dirigeant d’un pays accuse de genocide par des experts de l’ONU, dont le mandat d’arret a ete demande par la Cour penale internationale, est recu en grande pompe par la premiere puissance mondiale. Et on voudrait que les Palestiniens croient encore a la justice internationale? A quel monde?
L’Europe et sa lachete structurelle
Et l’Europe? L’Europe condamne. L’Europe deplore. L’Europe appelle a la retenue. L’Europe exprime sa vive preoccupation. Mais l’Europe continue de commercer avec Israel. Continue d’importer les produits des colonies. Continue de vendre des armes qui servent a tuer des Palestiniens. L’Allemagne a augmente ses livraisons d’armes a Israel depuis octobre 2023. La France s’abstient prudemment sur les resolutions les plus importantes. Le Royaume-Uni maintient ses partenariats strategiques.
Il y a une expression pour cela : complicite active. Ce n’est pas de l’inaction. C’est un choix delibere de ne pas agir. Un calcul froid qui place les interets economiques et strategiques au-dessus des droits humains. Les memes pays qui sanctionnent la Russie pour l’Ukraine refusent de sanctionner Israel pour la Palestine. La meme indignation selective. Le meme deux poids, deux mesures. La meme hypocrisie erigee en politique etrangere.
Ce que l'histoire retiendra
Le moment ou tout etait visible
Nous vivons un moment historique. Pas dans le sens celebratoire du terme. Dans le sens tragique. Le moment ou tout est documente, filme, archive. Le moment ou l’ONU parle d’apartheid. Ou MSF parle de nettoyage ethnique. Ou la CIJ parle de violations massives du droit international. Le moment ou personne ne peut dire : je ne savais pas. Et pourtant, le moment ou rien ne change.
L’histoire jugera. Elle jugera Netanyahu et son gouvernement d’extreme droite. Elle jugera Trump et sa complicite enthousiaste. Elle jugera l’Europe et sa lachete calculee. Elle jugera les pays arabes qui ont normalise pendant le massacre. Elle nous jugera tous, nous qui avons regarde sans agir. Mais l’histoire jugera trop tard. Les morts seront deja morts. Les maisons seront deja demolies. L’annexion sera deja consommee.
On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Les rapports sont publics. Les images sont partout. Les temoignages sont accessibles. On sait. On a toujours su. La question n’est pas de savoir. La question est de faire. Et c’est la que nous echouons. Collectivement. Lamentablement. Historiquement.
La question qui reste
Que faire maintenant? La question hante. Les sanctions economiques pourraient fonctionner. Elles ont fonctionne contre l’apartheid sud-africain. Mais elles exigent une volonte politique qui n’existe pas. Le BDS (Boycott, Desinvestissement, Sanctions) progresse, mais trop lentement. Les tribunaux internationaux rendent des avis, mais sans moyens de les faire appliquer. L’Autorite palestinienne est trop faible. La resistance armee est etouffee. La diplomatie est un echec.
Et pourtant, il reste quelque chose. La verite. La memoire. Le refus de normaliser l’innommable. Chaque article ecrit, chaque temoignage partage, chaque manifestation organisee est un acte de resistance contre l’oubli. Ce n’est pas assez pour sauver les vies qui seront perdues demain. Mais c’est assez pour que le crime ne soit jamais oublie. Pour que les bourreaux ne puissent jamais pretendre qu’ils ne savaient pas. Pour que l’histoire ait acces a la verite.
Le monde qui vient
L’Etat unique et ses fantomes
L’annexion de la Cisjordanie nous mene vers un Etat unique. Un Etat ou des millions de Palestiniens vivent sous domination israelienne sans droits politiques. Sans droit de vote. Sans citoyennete. C’est la definition meme de l’apartheid. Pas une metaphore. Pas une exageration. La realite juridique vers laquelle nous nous dirigeons. Israel a fait son choix. Il a choisi la terre sans le peuple. Il a choisi l’annexion sans les droits.
Ce choix aura des consequences. Pas seulement pour les Palestiniens. Pour Israel lui-meme. Un Etat ne peut pas maintenir indefiniment des millions de personnes en servitude. L’Afrique du Sud l’a appris. L’Algerie francaise l’a appris. Tous les systemes coloniaux l’ont appris. L’histoire n’est pas du cote des occupants. Elle ne l’a jamais ete. Et pourtant, combien de vies seront brisees avant que cette lecon soit entendue?
Je ne sais pas combien de temps cela prendra. Des annees. Des decennies peut-etre. Mais je sais comment cela finira. La Palestine existera. Sous une forme ou une autre. Parce qu’un peuple ne disparait pas. Parce que la memoire ne s’efface pas. Parce que la justice, meme retardee, finit toujours par triompher. C’est la seule certitude que j’ai. Et c’est celle qui me permet de continuer a ecrire.
Ce qui nous reste a faire
Temoigner. C’est le minimum. Partager les histoires. Amplifier les voix. Refuser le silence complice. Agir. Selon ses moyens. Boycotter ce qu’on peut boycotter. Manifester quand on le peut. Voter pour ceux qui s’engagent. Exiger. Des gouvernements. Des entreprises. Des institutions. Exiger que les mots se transforment en actes. Que les condamnations se transforment en sanctions. Que l’indignation se transforme en justice.
Ce ne sera pas facile. Ce ne sera pas rapide. Et peut-etre que ce ne sera pas suffisant. Mais l’alternative est l’acceptation. L’acceptation que le plus fort ecrase le plus faible. Que le droit international ne s’applique qu’aux ennemis de l’Occident. Que certaines vies valent moins que d’autres. Cette acceptation, je la refuse. Et j’espere que vous la refusez aussi.
Conclusion : La nuit qui precede l'aube
Ce qui ne meurt jamais
Il est minuit en Palestine. Les bulldozers attendent l’aube pour reprendre leur oeuvre. Les colons consultent les registres fonciers fraichement publies. Les ministres preparent la prochaine serie de decrets. Et quelque part, dans un village de Cisjordanie, une famille palestinienne regarde sa maison en se demandant si demain elle existera encore. C’est ca, la vie sous l’occupation. L’incertitude permanente. La menace constante. Le sursis indefini.
Et pourtant, demain, cette famille se levera. Elle enverra ses enfants a l’ecole. Elle cultivera son champ. Elle existera. Parce que c’est ca, la resistance. Pas forcement les armes. Pas forcement les slogans. Juste le refus de disparaitre. Le refus d’accepter que sa terre ne soit plus sa terre. Le refus de croire que l’occupant a le dernier mot. Sumud, disent les Palestiniens. La perseverance. L’enracinement. Etre la, malgre tout.
Je termine cet article avec la gorge serree. Pas de colere. La colere, elle viendra plus tard. Pour l’instant, juste la tristesse. Et une certitude : ce que j’ai ecrit ici sera lu. Peut-etre par vous. Peut-etre par d’autres. Et chaque personne qui lit, qui comprend, qui refuse de detourner le regard, est une victoire. Petite. Insuffisante. Mais reelle. C’est tout ce que je peux offrir. C’est tout ce que nous pouvons offrir. Jusqu’a ce que le monde se reveille.
Le silence et apres
Il n’y a rien a ajouter. Les faits parlent d’eux-memes. L’annexion avance. L’apartheid est nomme. Le nettoyage ethnique continue. Le monde regarde. Et les Palestiniens tiennent. Comme ils ont tenu en 1948. Comme ils ont tenu en 1967. Comme ils tiendront demain. Parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce que leur terre est leur identite. Parce qu’abandonner signifierait cesser d’exister.
Maintenant, vous savez. Vous savez ce qui se passe. Vous savez qui en est responsable. Vous savez qui laisse faire. La question n’est plus de savoir. La question est de decider. Que faites-vous avec cette connaissance? C’est la seule question qui compte. C’est la seule question a laquelle chacun d’entre nous doit repondre. Seul avec sa conscience. Seul avec son humanite.
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Positionnement editorial
Cette chronique adopte une perspective resolument critique envers les politiques israeliennes d’occupation et d’annexion en Cisjordanie. Je ne pretends pas a la neutralite sur ce sujet. La neutralite face a l’apartheid, comme l’a nomme l’ONU, n’est pas de l’objectivite journalistique. C’est une forme de complicite passive. Mon positionnement est clair : je me range du cote du droit international, des droits humains, et des populations civiles qui subissent l’occupation.
Ce positionnement n’affecte pas la veracite des faits rapportes. Tous les chiffres, toutes les declarations, toutes les mesures decrites sont verifiables aupres de sources multiples. Le lecteur est invite a consulter les sources primaires pour former son propre jugement. Mon role n’est pas de penser a sa place, mais de lui fournir les elements necessaires a une reflexion informee.
Methodologie et sources
Cette chronique s’appuie sur des sources diversifiees : medias israeliens (Yedioth Ahronoth, Times of Israel), medias internationaux (Al Jazeera, CNN, PBS), rapports d’organisations internationales (ONU, OHCHR, OCHA), organisations de defense des droits humains (Medecins Sans Frontieres, Human Rights Watch), et think tanks (International Crisis Group). Les declarations officielles proviennent des communiques du gouvernement israelien, de l’Autorite palestinienne, et des agences onusiennes.
Les chiffres sur les victimes a Gaza proviennent du ministere de la Sante de Gaza, dont la fiabilite a ete reconnue par l’armee israelienne elle-meme en janvier 2026. Les estimations alternatives proviennent de l’etude du Max Planck Institute for Demographic Research. Les donnees sur les deplacements en Cisjordanie proviennent de l’OCHA (Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU).
Nature de l’analyse
Cette chronique est un texte d’opinion argumente, pas un reportage factuel. Elle contient des analyses, des interpretations, et des jugements de valeur assumes. Les passages en italique representent mes reflexions personnelles et ne pretendent pas a l’objectivite. Le lecteur est encourage a distinguer les faits rapportes des opinions exprimees, et a consulter des sources contradictoires pour enrichir sa comprehension du sujet.
Je ne recois aucun financement de quelque partie que ce soit liee a ce conflit. Je n’ai aucun lien personnel, familial ou financier avec Israel, la Palestine, ou les organisations citees dans cet article. Ma seule motivation est de temoigner de ce que je considere comme une injustice majeure de notre epoque.
Sources
Sources primaires
Al Jazeera – Israeli security cabinet approves rules to increase control over West Bank
Al Jazeera – Israeli plans deepen de facto annexation of occupied West Bank
CNN – Israel tightens grip on West Bank ahead of Netanyahu’s visit to US
Al Jazeera – Settler violence stokes peak West Bank displacement since October 2023: UN
WAFA – Death toll in Gaza surges to 71,851 amid ongoing Israeli genocide
Sources secondaires
Middle East Eye – Israel’s new West Bank measures accelerate annexation and end Oslo Accords
Medecins Sans Frontieres – Risk of ethnic cleansing in the West Bank
Euronews – Israeli policy in West Bank close to ethnic cleansing says Ehud Olmert
La Presse – Cisjordanie occupee : L’ONU denonce l’apartheid israelien
PBS News – Netanyahu’s government vows to expand West Bank settlements, annex occupied territory
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