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CHRONIQUE : Pokrovsk devient le nouveau Bakhmout pendant que l’Europe compte les euros
Crédit: Adobe Stock

Un nœud logistique stratégique dans le viseur de Moscou

Pokrovsk n’est pas une ville choisie au hasard dans la liste des objectifs russes. Cette agglomération d’environ soixante mille habitants avant la guerre représente un carrefour logistique crucial pour le dispositif ukrainien dans le Donbass. Située à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Donetsk, elle constitue un point de passage obligé pour l’approvisionnement des forces ukrainiennes déployées plus à l’est. Sa capture permettrait à Moscou de couper des lignes de ravitaillement essentielles, d’isoler plusieurs poches de résistance et d’avancer significativement vers la frontière administrative de l’oblast de Donetsk que le Kremlin prétend avoir « libéré » intégralement. Cette dimension stratégique explique l’intensité des combats, mais elle ne justifie en rien le coût humain délirant que la Russie est prête à payer pour s’emparer de quelques kilomètres carrés supplémentaires. Les tactiques employées rappellent sinistrement celles observées à Bakhmout en 2023 : des vagues d’assaut massives et répétées, un mépris total pour les pertes dans ses propres rangs, une utilisation intensive de l’artillerie pour détruire systématiquement toute infrastructure avant l’avancée de l’infanterie.

Les analystes militaires occidentaux qui suivent l’évolution du conflit notent une modification tactique significative dans l’approche russe depuis le début de l’année 2025. Après les échecs cuisants des offensives massives de 2022 et l’enlisement dans des batailles urbaines interminables comme à Bakhmout, l’état-major russe a adopté une stratégie plus pragmatique basée sur la concentration des forces sur des secteurs limités. Plutôt que de disperser ses troupes sur l’ensemble du front, Moscou identifie des points de pression stratégiques et y déploie une masse critique de soldats, d’artillerie et de blindés. Pokrovsk répond parfaitement à cette logique : c’est un objectif aux conséquences stratégiques importantes, défendu par des forces ukrainiennes déjà étirées sur un front de plus de mille kilomètres, et suffisamment éloigné des grandes villes pour limiter l’impact médiatique de la destruction. Cette approche méthodique et patiente contraste avec l’image d’une armée russe désorganisée et incompétente véhiculée par certains médias occidentaux. La réalité du terrain est infiniment plus inquiétante : face à l’Ukraine, se dresse une machine militaire brutale mais apprenante, capable d’adapter ses méthodes et prête à sacrifier des dizaines de milliers de soldats pour gagner quelques kilomètres.

Pendant que les experts décortiquent les cartes et analysent les mouvements de troupes depuis leurs bureaux climatisés, des soldats ukrainiens de vingt ans meurent sous les bombardements pour défendre un carrefour routier dont personne ne se souviendra dans dix ans.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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