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CHRONIQUE : Pokrovsk, Huliaipole : quand la terre tremble sous les bottes et les bombes
Crédit: Adobe Stock

38 assauts en une journée : le récit des survivants

À Pokrovsk, la bataille fait rage depuis des mois. Les Russes attaquent par vagues, testant les défenses, cherchant la faille. 38 assauts en 24 heures. Chaque fois, les Ukrainiens repoussent l’ennemi, mais à quel prix ? Les pertes sont lourdes. Les munitions manquent. La fatigue s’accumule. « On dort deux heures par nuit, max. Le reste du temps, on se bat ou on attend le prochain assaut », témoigne Andriy, un lieutenant de la 79e brigade aéroportée.

Les combats les plus féroces ont lieu dans le nord de la ville, près des quartiers industriels. Les Russes veulent couper la route de Kostiantynivka, isoler les défenseurs, les affamer. Les Ukrainiens, eux, se battent pour chaque immeuble, chaque carrefour. « On recule parfois, mais on ne lâche rien », affirme Maksym, un tireur d’élite. Ses yeux sont cernés, ses mains couvertes de suie et de sang séché. Il a tué 12 Russes en trois jours. Il en compte chaque nuit, comme une litanie macabre.

Les rues de Pokrovsk portent les stigmates de la guerre : murs troués par les balles, voitures carbonisées, fils électriques pendants comme des lianes mortes. Les civils qui n’ont pas fui vivent dans la terreur. Iryna, 45 ans, distribue des repas chauds aux soldats. « Ils se battent pour nous. Le moins qu’on puisse faire, c’est les nourrir », dit-elle, les larmes aux yeux. Son fils, Bohdan, 19 ans, est au front. Elle ne sait pas s’il est encore en vie.

Les héros sans nom

Dans l’enfer de Pokrovsk, des héros émergent. Des soldats, des volontaires, des civils ordinaires qui font l’extraordinaire. Comme Vasyl, 50 ans, ancien mineur, qui répare les lignes électriques sous les bombes. Ou Olena, 28 ans, institutrice, qui a transformé son école en abri pour les enfants. Ou encore Mykola, 70 ans, qui fabrique des cocktails Molotov dans son garage.

« On n’a pas le choix. Soit on se bat, soit on meurt », explique-t-il, les mains noires de poudre. Son atelier sent le pétrole et la peur. Mais c’est ici, dans ces gestes simples et courageux, que se joue la véritable bataille. Pas sur les champs de manœuvre, mais dans les cœurs.

Chaque nuit, des convois de blessés arrivent à l’hôpital de campagne. Les médecins opèrent à la lueur des lampes torches, sans anesthésie parfois. « On fait ce qu’on peut. Le reste, c’est à Dieu », murmure Tetyana, une infirmière. Elle a perdu compte des amputations, des transfusions, des vies sauvées in extremis. Mais elle continue. Parce qu’abandonner, ce serait trahir.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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