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OPINION : Washington exige des élections en Ukraine d’ici le 15 mai, et les enfants meurent sous les bombes
Crédit: Adobe Stock

Witkoff, Kushner et l’horloge qui tourne

Les détails de la pression américaine dessinent un tableau d’une froideur calculée. Lors des récentes négociations à Abu Dhabi, les envoyés de Trump, Keith Kellogg, Steve Witkoff et Jared Kushner, auraient transmis un message sans ambiguïté à la délégation ukrainienne : tout doit être bouclé rapidement, parce que les élections de mi-mandat américaines approchent en novembre 2026, et Donald Trump n’aura plus le temps de s’occuper de l’Ukraine. Il sera concentré sur la politique intérieure. Autrement dit, le sort de 44 millions d’Ukrainiens dépend de la fenêtre d’attention d’un président américain occupé par sa propre survie politique.

Cette logique est d’une brutalité transactionnelle rarement assumée aussi ouvertement dans les relations internationales. L’Ukraine doit voter, non pas parce que la démocratie l’exige, mais parce que le calendrier politique américain le commande. Les Ukrainiens doivent choisir leur président et se prononcer sur un accord de paix qui impliquera probablement la cession du Donbas, non pas quand les conditions le permettront, mais quand Washington aura besoin que ce soit fait. La souveraineté ukrainienne, que les États-Unis prétendent défendre depuis 2022, se réduit soudain à un item dans un agenda électoral étranger.

On parle de démocratie comme d’un outil qu’on actionne quand ça arrange, et qu’on range quand ça dérange. Les mêmes voix qui exigeaient que l’Ukraine se batte « pour les valeurs démocratiques » lui demandent maintenant de voter sous les missiles pour respecter un calendrier qui n’est pas le sien.

Le piège du référendum

Le référendum constitue peut-être l’élément le plus insidieux de cette architecture. Selon le Financial Times, il servirait à légitimer les concessions territoriales et autres compromis d’un futur accord de paix. En d’autres termes, on demande au peuple ukrainien de valider démocratiquement l’abandon d’une partie de son territoire. Le Donbas. Des villes comme Donetsk, Louhansk, Marioupol. Des lieux où des Ukrainiens ont vécu, travaillé, aimé, et sont morts pour défendre leur pays. Le référendum transformerait cette perte en choix collectif assumé, lavant les mains de ceux qui l’ont imposé.

Et pourtant, comment organiser un référendum légitime quand des millions de citoyens des régions concernées sont soit sous occupation russe, soit déplacés aux quatre coins de l’Europe ? Comment prétendre que le résultat reflète la volonté populaire quand ceux qui sont les plus directement touchés par les concessions territoriales seront les moins en mesure de voter ? La Rada a créé un groupe de travail pour préparer une loi spéciale encadrant le vote en temps de guerre, avec des garanties de sécurité et de représentativité. Deux réunions ont eu lieu. Mais le temps manque. Le temps manque toujours quand ce sont les autres qui fixent le chronomètre.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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