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OPINION : La US Navy abandonne la toute-puissance des porte-avions et ce virage change tout pour le monde
Crédit: Adobe Stock

Le modèle du groupe aéronaval à bout de souffle

Le groupe aéronaval américain est une merveille d’ingénierie militaire. Au centre, un porte-avions à propulsion nucléaire embarquant une escadre aérienne complète : des chasseurs furtifs F-35C Lightning II, des F/A-18E/F Super Hornet, des avions de guerre électronique EA-18G Growler, des hélicoptères et des appareils de surveillance. Autour de lui, une escorte de croiseurs lance-missiles, de destroyers Arleigh Burke, de sous-marins d’attaque et de navires logistiques. L’ensemble représente une puissance de feu capable de frapper n’importe quelle cible à des centaines de kilomètres. C’est la force de projection par excellence, l’outil qui a permis aux États-Unis de dominer les mers pendant trois quarts de siècle.

Mais ce modèle souffre de failles structurelles que les analystes navals dénoncent depuis des années. Les retards de maintenance sont devenus chroniques. Un rapport du Congressional Budget Office publié en décembre 2025 révèle que les destroyers de classe DDG-51 passent en moyenne neuf années de leur vie opérationnelle en maintenance, soit plus du double de ce qui était prévu. Les chantiers navals sont saturés, les cales sèches insuffisantes, la main-d’œuvre qualifiée manque cruellement. Le USS John C. Stennis, entré en refonte à mi-vie en 2021, accuse quatorze mois de retard sur le calendrier initial. Le USS Ronald Reagan ne sortira de cale sèche qu’à la fin 2026. Et le USS Nimitz, le plus ancien porte-avions nucléaire encore en service, entame sa dernière mission avant une mise hors service prévue en mai 2026.

On ne peut pas s’empêcher de ressentir un vertige devant ces chiffres. La marine la plus puissante de l’histoire de l’humanité n’arrive plus à réparer ses propres navires à temps. Les cales sèches débordent. Les ouvriers qualifiés se font rares. Les budgets explosent. Et pendant ce temps, la Chine construit des navires de guerre à une cadence qui fait pâlir les stratèges occidentaux, avec une flotte projetée à 435 bâtiments de combat d’ici 2030. Le contraste est saisissant et devrait inquiéter quiconque se soucie de l’équilibre des forces mondiales.

Le casse-tête de la maintenance qui paralyse la flotte

La crise de maintenance de la US Navy n’est pas un problème récent. C’est une maladie chronique qui s’aggrave d’année en année. Les quatre chantiers navals publics américains, qui assurent l’entretien des navires à propulsion nucléaire, fonctionnent avec des infrastructures vieillissantes et une capacité insuffisante. Les retards se mesurent désormais en années, pas en mois. Soixante-quinze pour cent des périodes de maintenance planifiées pour les porte-avions et les sous-marins ont été complétées en retard entre 2015 et 2019, selon le Government Accountability Office. Malgré 2,8 milliards de dollars investis dans les chantiers navals entre 2015 et 2019, la situation ne s’est pas améliorée de manière significative.

Cette paralysie logistique a des conséquences opérationnelles directes. Quand un porte-avions est en cale sèche au-delà du calendrier prévu, c’est tout le cycle de déploiement qui est perturbé. Les équipages perdent leur certification. Les escadres aériennes doivent être réaffectées. Et la zone géographique que ce groupe aéronaval devait couvrir reste sans protection. La loi fédérale américaine exige un minimum de onze porte-avions opérationnels en permanence. Avec le départ du USS Nimitz prévu en 2026 et les retards considérables dans la livraison des nouveaux porte-avions de classe Ford — le USS John F. Kennedy ne sera livré qu’en mars 2027, soit deux ans de retard — ce seuil légal risque d’être temporairement franchi à la baisse.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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