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OPINION : Les pertes russes en Ukraine atteignent un niveau que même les espions n’avaient jamais imaginé
Crédit: Adobe Stock

Des tactiques d’un autre âge face à une défense moderne

Comment en est-on arrivé là ? La réponse se trouve dans la doctrine militaire que la Russie a adoptée en Ukraine, une doctrine que les analystes militaires occidentaux qualifient régulièrement de « guerre d’attrition à l’ancienne ». Face à des forces ukrainiennes de plus en plus aguerries, équipées de technologies occidentales, formées aux tactiques de combat modernes et motivées par la défense de leur territoire, l’armée russe a fait un choix stratégique aussi cynique que dévastateur : compenser la qualité par la quantité. Envoyer des vagues d’hommes, encore et encore, dans des assauts frontaux contre des positions fortifiées, en acceptant des taux de pertes qui feraient frémir n’importe quel état-major du monde civilisé.

Les témoignages qui parviennent du front, via les soldats ukrainiens, les prisonniers de guerre russes et les images captées par les drones, décrivent des scènes d’une violence indicible. Des colonnes de fantassins russes envoyés à pied à travers des champs de mines. Des véhicules blindés lancés sans couverture aérienne contre des positions défendues par des missiles antichars de dernière génération. Des unités entières décimées en quelques heures, remplacées le lendemain par d’autres hommes, souvent mal entraînés, parfois recrutés dans les prisons ou arrachés de force dans les régions les plus pauvres de l’immense territoire russe. C’est une boucherie organisée, méthodique, froidement calculée par des généraux qui savent pertinemment que le rapport pertes-gains est catastrophique, mais qui n’ont pas d’autre option dans leur arsenal stratégique.

Il y a quelque chose de profondément obscène dans le fait qu’au vingt-et-unième siècle, un État membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies utilise ses propres citoyens comme chair à canon, comme simple matériau consommable dans une guerre de conquête territoriale. Cette obscénité devrait nous empêcher de dormir.

Le rôle des combattants nord-coréens et des mercenaires

La situation est devenue si critique en termes de ressources humaines que la Russie a dû se tourner vers des sources de recrutement que personne n’aurait imaginées il y a encore deux ans. L’envoi de troupes nord-coréennes sur le front ukrainien, confirmé par de multiples sources de renseignement occidentales, constitue un aveu d’échec retentissant. Quand une puissance militaire autoproclamée de premier plan doit faire appel à des soldats étrangers venus de l’un des régimes les plus isolés de la planète pour combler les trous béants dans ses lignes, c’est que la crise des effectifs a atteint un point de non-retour. Les rapports indiquent que ces combattants nord-coréens ont eux-mêmes subi des pertes considérables, souvent envoyés dans les secteurs les plus meurtriers du front sans familiarité avec le terrain ni coordination adéquate avec les unités russes.

Avant eux, c’était le groupe Wagner, la milice privée d’Evgueni Prigojine, qui avait servi de variable d’ajustement humain. Les batailles pour Bakhmout, devenues le symbole de cette guerre d’attrition insensée, avaient déjà révélé au monde entier la willingness du commandement russe à sacrifier des milliers de vies pour gagner quelques centaines de mètres de ruines. Les anciens détenus recrutés par Wagner, envoyés en première ligne avec un entraînement minimal, avaient payé le prix le plus lourd. Prigojine lui-même avait fini par dénoncer publiquement l’incompétence du haut commandement russe, avant de connaître le sort que l’on sait. Mais sa mort n’a rien changé à la logique mortifère du système.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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