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OPINION : Trump célèbre un accord avec la Chine pendant que les fermiers américains coulent
Crédit: Adobe Stock

Comment détruire un marché en trois mouvements

Pour comprendre l’ampleur de ce qui s’est passé, il faut revenir à 2018, quand Trump a lancé sa guerre commerciale contre la Chine avec la subtilité d’un marteau-piqueur. Les tarifs douaniers imposés sur les importations chinoises ont été immédiatement suivis de représailles chinoises ciblant précisément les produits agricoles américains, notamment le soja. Ce n’était pas un hasard. Pékin savait exactement où frapper pour infliger le maximum de douleur politique à l’administration Trump : au cœur de sa base électorale rurale. Les producteurs de soja américains, qui dépendaient de la Chine pour environ 60% de leurs exportations avant la guerre commerciale, se sont retrouvés du jour au lendemain sans leur principal marché.

La réponse de Trump a été de promettre que les fermiers seraient les « grands gagnants » de cette confrontation, que la Chine capitulerait rapidement et que les exportations atteindraient des « niveaux records jamais vus auparavant ». Des promesses grandioses prononcées avec la confiance d’un homme qui n’a jamais eu à se soucier d’une récolte ratée ou d’un prêt bancaire impayé. Pendant ce temps, dans la réalité, les exportations de soja vers la Chine se sont effondrées de plus de 75% entre 2017 et 2018. Les fermiers ont été forcés de stocker leur production dans l’espoir que les marchés se rétabliraient, regardant impuissants les prix chuter et leurs marges de profit s’évaporer. Certains ont tenté de trouver de nouveaux marchés, mais on ne reconstruit pas des décennies de relations commerciales en quelques mois.

Il y a quelque chose de profondément obscène dans le spectacle d’un milliardaire new-yorkais qui n’a jamais planté une graine de sa vie dire à des fermiers de cinquième génération de « faire confiance au processus » pendant que leurs moyens de subsistance s’effondrent autour d’eux.

Les chiffres qui contredisent la propagande

Les données sont accablantes pour quiconque prend la peine de les examiner. Selon les statistiques du Service de recherche économique de l’USDA, les exportations totales de soja américain vers la Chine ont atteint 31,7 milliards de dollars en 2017, juste avant le début de la guerre commerciale. En 2018, elles sont tombées à 9,2 milliards de dollars, une chute vertigineuse de 71%. Même avec l’accord commercial de « Phase Un » signé en janvier 2020, les exportations n’ont jamais vraiment retrouvé leurs niveaux d’avant-guerre. En 2023, elles stagnaient encore à environ 17 milliards de dollars, soit presque la moitié des niveaux de 2017. Ces chiffres ne sont pas des abstractions statistiques, ce sont des familles qui perdent leurs fermes, des enfants qui ne peuvent plus reprendre l’exploitation familiale, des communautés entières qui se désintègrent.

Mais voici ce qui rend cette situation encore plus révoltante : pendant que les fermiers américains souffraient, qui a pris leur place sur le marché chinois? Le Brésil. Les exportations brésiliennes de soja vers la Chine ont explosé pendant la guerre commerciale de Trump, passant de 53 millions de tonnes en 2017 à 83 millions de tonnes en 2023. Les Brésiliens ont envoyé des cartes de remerciement à Trump pour leur avoir essentiellement offert sur un plateau d’argent la plus grande opportunité commerciale de leur histoire agricole. Les parts de marché perdues par les Américains ne reviendront probablement jamais complètement, car les Chinois ont diversifié leurs sources d’approvisionnement et construit de nouvelles infrastructures logistiques pour faciliter les importations sud-américaines. Trump n’a pas simplement blessé les fermiers américains à court terme, il a structurellement affaibli leur position compétitive pour les décennies à venir.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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