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BILLET : 1 252 020 soldats russes perdus en Ukraine et le silence assourdissant du monde
Crédit: Adobe Stock

Quand un kilomètre coûte 156 vies humaines

Les chiffres globaux sont vertigineux. Mais les chiffres locaux sont pires. Sur le front de Donetsk, la Russie paie chaque kilomètre de terrain avec 156 soldats. 156 vies humaines pour un kilomètre de ruines. Pas un kilomètre de territoire fertile. Pas un kilomètre de ville prospère. Un kilomètre de terre retournée, minée, empoisonnée, inutilisable. En 2024, le ratio était de 27 soldats par kilomètre. Il a été multiplié par six en un an. L’armée ukrainienne fait payer chaque mètre de terrain à un prix que même les généraux soviétiques de la Seconde Guerre mondiale auraient jugé excessif. Et la Russie continue. Sans hésitation. Sans remords. Sans même l’apparence d’une réflexion stratégique.

Pourquoi? Parce que dans le calcul de Poutine, les vies humaines ne sont pas un coût. Elles sont une ressource. Une ressource renouvelable, comme le pétrole ou le gaz. La Russie compte 145 millions d’habitants. Poutine regarde ce chiffre et y voit un réservoir. Pas de citoyens. Pas de familles. Un réservoir de chair utilisable. Et tant que le réservoir n’est pas vide, la machine continue. Le problème, c’est que le réservoir se vide plus vite qu’il ne se remplit. La Russie mobilise 40 000 hommes par mois. Elle en perd 30 000 à 35 000. L’écart se rétrécit. La machine grince. Mais elle tourne encore.

Il y a un mot pour ça. Quand un État envoie ses propres citoyens mourir par centaines de milliers pour conquérir des territoires dont il n’a pas besoin, que personne ne lui a disputés, et qui seront de toute façon inhabitables pour des générations. Ce mot existe. Il est dans tous les livres d’histoire. Et il commence toujours de la même façon : par un dirigeant que personne n’a osé arrêter à temps.

Les visages derrière les statistiques

Derrière chaque unité du compteur, il y a un visage. Andreï, 19 ans, originaire du Bachkortostan. Il a signé son contrat pour payer l’hypothèque de sa mère. Il n’a jamais vu la tranchée où il est mort. On l’a déployé un mardi. Il est mort un jeudi. Sa mère a reçu un cercueil scellé et une médaille qu’elle garde dans un tiroir parce qu’elle ne supporte pas de la regarder. Viktor, 42 ans, de Novossibirsk. Prisonnier de droit commun. On lui a offert le choix entre 15 ans de prison et 6 mois au front. Il a choisi le front. Il n’a pas survécu au premier mois. Sergueï, 34 ans, de Saratov. Père de trois enfants. Il croyait qu’il allait faire des exercices militaires. Quand il a compris qu’on l’envoyait en Ukraine, il était déjà dans le camion. Il a envoyé un dernier message à sa femme : « Dis aux enfants que papa les aime. » Le message est resté en « lu » sans réponse. Parce que sa femme était déjà en train de pleurer trop fort pour taper.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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