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BILLET : Le chef de l’OTAN aux Russes votre guerre vous tue, arrêtez avant qu’il soit trop tard
Crédit: Adobe Stock

Quand Moscou et Saint-Pétersbourg dorment tranquilles

Rutte a pointé un fait que les analystes connaissent mais que personne n’ose dire aussi directement : « Ces pertes ne viennent pas de Moscou et de Saint-Pétersbourg, donc l’élite ne ressent peut-être pas cela immédiatement. » La phrase est une bombe. Elle révèle le mécanisme le plus cynique de la guerre de Poutine : les morts viennent des provinces. Des villages de Sibérie. Des banlieues du Caucase. Des communautés bouriates, bachkires, daghestanaises. Les fils de Moscou étudient à l’étranger. Les fils des provinces pourrissent dans la boue du Donbass. C’est une guerre de classes déguisée en guerre patriotique. Les riches envoient les pauvres mourir. Et les pauvres n’ont pas les moyens de refuser.

Et pourtant, Rutte ajoute un avertissement : « Mais cela viendra bientôt. » Le mot « bientôt » résonne comme un glas. Parce que la Russie a déjà épuisé ses réserves de volontaires dans les régions pauvres. Les primes d’engagement augmentent. La mobilisation rampante s’étend. Et tôt ou tard — bientôt, selon Rutte — elle devra toucher les grandes villes. Moscou. Saint-Pétersbourg. Ekaterinbourg. Le jour où les fils de l’élite moscovite commenceront à recevoir des convocations, la dynamique politique changera. Pas par choix moral. Par instinct de survie. Quand la guerre frappe à la porte des puissants, les puissants commencent à chercher la sortie.

La guerre de Poutine est une guerre de géographie sociale. Les morts viennent de là où les caméras ne vont pas. De villages dont les noms n’apparaissent sur aucune carte du journal télévisé. Des régions si lointaines que Moscou les oublie même en temps de paix. Et c’est précisément cet oubli qui rend cette guerre possible. On ne pleure pas les morts qu’on ne voit pas. On ne proteste pas pour les cercueils qu’on ne croise pas. Et on n’arrête pas une guerre quand les morts sont les enfants des autres.

Le calcul qui ne tient plus

Les chiffres sont implacables. 35 000 pertes en décembre. 30 000 en janvier. La Russie mobilise environ 40 000 hommes par mois. Faites le calcul. Le pool de recrues disponibles se réduit à un rythme qui, mathématiquement, n’est pas soutenable à long terme. La Russie n’est pas l’Union soviétique. Elle n’a pas 300 millions d’habitants. Elle en a 145 millions, dont une proportion croissante est trop vieille, trop jeune ou trop indispensable à l’économie pour être envoyée au front. L’équation démographique est un piège dont Poutine ne peut pas sortir. Plus la guerre dure, plus le réservoir se vide. Plus le réservoir se vide, plus il faut mobiliser ceux qu’on voulait protéger. Et le jour où les protégés se retrouvent au front, la base politique du régime commence à craquer.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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