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CHRONIQUE : Zelensky à Munich, ou le discours que l’Europe ne voulait pas entendre
Crédit: Adobe Stock

Diviser l’Ukraine ne sauvera personne

Zelensky attaque de front. Sa voix est calme mais ses mots portent comme des balles : « Ce serait une illusion de croire que cette guerre peut se terminer de manière fiable en divisant l’Ukraine. » La phrase tombe dans la salle comme une pierre dans un lac gelé. Elle craque la surface lisse des discours convenus. Elle fracture le consensus mou selon lequel donner un bout de Donbass à Poutine pourrait acheter la paix. L’histoire a déjà jugé cette stratégie. Elle s’appelait les Accords de Munich. Elle a donné la Tchécoslovaquie à Hitler. Six mois plus tard, Prague tombait. Un an plus tard, le monde entier brûlait.

« Tout comme sacrifier la Tchécoslovaquie n’aurait pas sauvé l’Europe d’une grande guerre », poursuit Zelensky, « Poutine espère reproduire Munich 1938. » Et voilà. Le parallèle est posé. Pas par un historien dans un amphithéâtre. Par un président en exercice, dans un pays en guerre, à 800 kilomètres du front. Les visages dans la salle changent imperceptiblement. Certains baissent les yeux. D’autres fixent leurs notes. Personne ne contredit. Parce que personne ne peut contredire la vérité quand elle est aussi tranchante. Céder du territoire à un agresseur n’a jamais, dans toute l’histoire de l’humanité, conduit à la paix. Cela conduit à plus de territoire cédé, puis à plus de guerre, puis à plus de morts.

On connaît la suite de Munich 1938. Des dizaines de millions de morts. L’Europe en ruines. Et une phrase qui hante les manuels scolaires : « Nous aurions dû agir. » En 2026, les manuels du futur sont en train de s’écrire. La question est simple : quelle phrase voulons-nous y lire?

Les concessions dont personne ne parle

Ce qui frappe dans le discours de Zelensky, c’est ce qu’il révèle sur la dynamique des négociations en coulisses. « Les Américains reviennent souvent sur la question des concessions », dit-il avec une retenue qui cache mal l’amertume. « Et trop souvent, ces concessions sont discutées dans le contexte de l’Ukraine seule, pas de la Russie. » Relisez cette phrase. Lentement. L’agresseur envahit. L’agressé doit concéder. La Russie détruit, bombarde, viole, déporte — et c’est à l’Ukraine qu’on demande de sacrifier son territoire. Le monde à l’envers porte un nom en diplomatie : on appelle ça le réalisme. En ukrainien, on appelle ça la trahison.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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