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COMMENTAIRE : L’Ukraine frappe un navire d’assaut russe en Crimée et la mer Noire change de maître
Crédit: Adobe Stock

Le piège que Poutine s’est construit lui-même

En 2014, quand la Russie a annexé la Crimée, Poutine l’a présentée comme le retour d’un joyau historique au sein de la mère patrie. La péninsule devait être le symbole éternel de la puissance russe en mer Noire. Sébastopol, port d’attache de la flotte de la mer Noire depuis Catherine la Grande, devait rester le bastion inexpugnable de la marine russe. Dix ans plus tard, la réalité est exactement l’inverse. La flotte a été chassée de Sébastopol. Les navires restants se terrent à Novorossiïsk, loin des côtes criméennes. Le pont de Kertch a été frappé à plusieurs reprises. Les bases aériennes sont régulièrement ciblées. Et les navires qui s’aventurent encore dans les eaux criméennes, comme ce BK-16, finissent au fond de l’eau.

La Crimée est devenue ce que les stratèges militaires appellent un « piège logistique ». La Russie doit y maintenir des forces, y acheminer des approvisionnements, y assurer une défense — tout cela à travers un corridor de plus en plus étroit et de plus en plus vulnérable. Le pont de Kertch est la seule connexion terrestre avec le continent russe, et il est dans la portée des missiles ukrainiens. Les traversées maritimes sont exposées aux drones navals. Les livraisons aériennes sont menacées par les systèmes de défense antiaérienne ukrainiens qui gagnent en portée chaque mois. Poutine voulait une forteresse. Il a obtenu une prison.

L’ironie de la Crimée en 2026 est si parfaite qu’elle semble écrite par un romancier particulièrement cruel. Le symbole même de la puissance navale russe est devenu la preuve de son impuissance. La base de la flotte est vide. Les navires coulent. Les radars tombent. Et le drapeau russe flotte au-dessus d’une péninsule qui est en train de devenir le plus grand piège militaire depuis Stalingrad — sauf que cette fois, ce sont les Russes qui sont encerclés.

Le RSP-10 et les yeux crevés de l’occupant

La destruction du radar RSP-10 près de Hvardiïské est, d’un point de vue stratégique, peut-être encore plus significative que celle du BK-16. Le RSP-10 est un système radar mobile capable de détecter des cibles aériennes à une distance allant jusqu’à 150 kilomètres. Il sert à la gestion de l’espace aérien, à la coordination des opérations d’aviation et à l’alerte précoce contre les frappes aériennes ennemies. En l’endommageant, l’Ukraine a créé un trou dans le système de surveillance russe en Crimée. Un trou à travers lequel les prochaines frappes passeront plus facilement. C’est la logique de la guerre moderne : on ne frappe pas seulement les armes de l’ennemi. On frappe ses yeux et ses oreilles pour qu’il ne voie pas venir les coups suivants.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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