56 assauts repoussés, 56 fois la mort vaincue
Le secteur de Pokrovsk est devenu le point le plus brûlant du front. 56 actions d’assaut russes repoussées en une seule journée. Le chiffre demande qu’on s’y arrête. 56 fois, des groupes de soldats russes se sont levés de leurs positions et ont avancé vers les lignes ukrainiennes. 56 fois, les défenseurs ont tenu. À Rodynske. À Rivne. À Pokrovsk. À Kotlyne. À Udachne. À Molodetske. À Ivanivka. À Filiia. Des noms de villages que personne en Occident ne sait prononcer, mais qui sont devenus les Verdun de notre époque. Des endroits où la terre est tellement retournée par les explosions qu’elle ne ressemble plus à de la terre. Où les arbres sont des troncs calcinés. Où le seul bruit constant est celui des drones qui bourdonnent au-dessus des têtes comme des guêpes métalliques programmées pour tuer.
42 assauts ont été complètement repoussés au moment du rapport. Les positions ukrainiennes ont tenu. Mais tenir ne signifie pas que rien ne s’est passé. Tenir signifie que des hommes ont tiré, ont été tirés dessus, ont rampé dans la boue sous le feu, ont porté leurs camarades blessés vers l’arrière, ont rechargé, ont recommencé. 56 fois. Les forces russes envoient des vagues d’assaut de petits groupes — 5 à 10 soldats — en succession rapide. La tactique est primitive mais efficace par son volume : submerger la défense par le nombre de tentatives, même si chaque tentative individuelle échoue. Le coût humain est monstrueux. Mais dans le calcul du Kremlin, les humains ne sont pas un coût.
56 assauts. Si un match de football dure 90 minutes, cela signifie qu’un assaut russe a été lancé toutes les 25 minutes pendant 24 heures d’affilée. Sans pause. Sans répit. Sans relâche. Les joueurs de football se plaignent d’épuisement après un match. Les soldats de Pokrovsk en sont à leur 1 087e jour de match. Et il n’y a pas de mi-temps.
Les villages dont personne ne parle
Zatyshok. Novomykolaïvka. Dachne. Vilne. Bilytske. Nove Shakhove. Shevchenko. Novooleksandrivka. Serhiïvka. Des noms qui n’apparaîtront jamais en première page d’un journal occidental. Des noms que les présentateurs de télévision ne savent pas prononcer et ne chercheront pas à apprendre. Et pourtant, dans chacun de ces villages, des soldats ukrainiens ont combattu pour leur vie le 13 février. Dans chacun de ces villages, il y a des maisons où des familles vivaient avant que la guerre ne transforme leur adresse en coordonnée militaire. Il y avait des écoles. Des épiceries. Des voisins qui se saluaient le matin. Tout cela n’existe plus. Il ne reste que la boue, les tranchées et le bruit sourd des explosions.
Les dix secteurs du front, dix enfers parallèles
Du nord au sud, une carte qui saigne
Le rapport de l’État-major ukrainien découpe la ligne de front en secteurs. Chaque secteur est un théâtre d’opérations distinct avec ses propres dynamiques, ses propres dangers, ses propres héros anonymes. Slobojanchyna nord : 4 engagements, des combats près de la frontière avec la Russie elle-même, dans la région de Koursk. Slobojanchyna sud : 15 tentatives russes, des attaques en cours autour de Starytsia et Vovchansk. Lyman : 17 attaques repoussées. Kramatorsk : 1 action. Kostiantynivka : 18 attaques. Huliaïpole : 35 attaques. Orikhiv : 3 attaques. Prydniprovske : 1 action repoussée.
Et pourtant, tous les regards se concentrent sur Pokrovsk. C’est le secteur le plus actif, certes. Mais la guerre se bat sur dix fronts simultanés. Chaque secteur exige des troupes, des munitions, de la logistique, du renseignement. L’Ukraine doit défendre 1 000 kilomètres avec des ressources limitées face à un ennemi qui peut concentrer ses forces sur les points faibles. La stratégie défensive ukrainienne est un exercice d’équilibrisme permanent : trop de troupes à Pokrovsk et Huliaïpole se fragilise. Trop de munitions à Lyman et Kostiantynivka manque d’obus. Le commandement ukrainien jongle avec des ressources insuffisantes et produit des résultats que des armées dix fois mieux équipées auraient du mal à atteindre.
Dix secteurs. Dix fronts. Dix enfers simultanés. Et dans chacun de ces enfers, des hommes et des femmes se battent avec la conviction que leur tranchée est le mur entre la liberté et l’obscurité. Ils ne se connaissent pas d’un secteur à l’autre. Ils ne se verront probablement jamais. Mais ils partagent la même terre sous leurs bottes, le même ciel au-dessus de leurs têtes et le même refus, absolu, de reculer.
Les secteurs oubliés où la mort frappe aussi
Kupiansk : 2 attaques. Le chiffre semble dérisoire à côté de Pokrovsk. Mais pour les soldats qui ont vécu ces 2 attaques, elles ont été aussi réelles, aussi terrifiantes, aussi mortelles que les 56 de Pokrovsk. La guerre ne se mesure pas seulement en volume. Elle se mesure en intensité vécue. Un seul assaut peut durer des heures. Un seul assaut peut coûter des vies. Un seul assaut peut transformer un jeune homme de 22 ans en vétéran marqué à vie. Les secteurs « calmes » ne sont calmes que dans les statistiques. Sur le terrain, il n’existe pas de secteur calme sur la ligne de front ukrainienne. Il n’existe que des secteurs où la mort vient moins souvent, mais vient quand même.
Chasiv Yar, quand la guerre se joue dans les sous-sols
Un groupe russe coincé dans les ruines
À Chasiv Yar, dans la région de Donetsk, la guerre prend une dimension différente. Les soldats de la 24e brigade mécanisée séparée, nommée en l’honneur du roi Danylo, ont détecté un petit groupe russe tentant de s’infiltrer entre les positions des Forces de défense. Les Russes opéraient en petits groupes de 2 à 3 hommes, utilisant la faible visibilité et les immeubles détruits avec leurs sous-sols comme couverture. Leur objectif : établir un point d’appui et faire entrer des renforts. C’est la tactique de l’infiltration, vieille comme la guerre : glisser entre les mailles du filet, s’ancrer, s’étendre.
Les soldats ukrainiens ont coincé le groupe dans le sous-sol d’un bâtiment détruit. L’image est saisissante. Des ruines. De la poussière. L’obscurité. Et deux camps armés séparés par quelques mètres de béton effondré. Les Ukrainiens ont prononcé les mots les plus simples et les plus définitifs de la guerre : « Plus d’options. Prisonniers ou la mort. » Les Russes se sont rendus. Ils ont été escortés vers les positions ukrainiennes sous la surveillance de drones. Un moment de guerre capturé en vidéo et partagé par la 24e brigade. Un moment qui dit tout : la détermination ukrainienne, la supériorité tactique à l’échelle locale, l’usage des drones jusque dans les scènes de reddition.
« Prisonniers ou la mort. » Quatre mots. Toute la guerre condensée en quatre mots prononcés dans le sous-sol d’un immeuble qui n’existe plus. Pas de discours héroïque. Pas de cri de bataille. Juste la réalité nue, froide, irréductible de ce que signifie combattre dans les entrailles d’une ville transformée en squelette de béton. Le soldat ukrainien qui a prononcé ces mots n’est pas un personnage de film. C’est un homme qui, avant la guerre, avait probablement un métier, un appartement, un café du matin.
La tactique de l’infiltration et la réponse ukrainienne
L’incident de Chasiv Yar illustre l’évolution de la guerre dans le Donbass. Les Russes ont adapté leur tactique. Fini les assauts frontaux massifs avec des colonnes de blindés comme au début de la guerre. En milieu urbain, ils opèrent par infiltration : de petits groupes, souvent de nuit, utilisant les ruines comme couvert, cherchant les failles dans le dispositif défensif. C’est une guerre de rats, souterraine, claustrophobe, où l’avantage revient à celui qui connaît le mieux le terrain. Et sur ce plan, les Ukrainiens ont l’avantage. Ce sont leurs villes. Leurs rues. Leurs immeubles. Même en ruines, ils les connaissent comme le fond de leur poche.
La pluie de feu qui accompagne chaque assaut
183 bombes planantes en un jour, le bombardement de terreur
Derrière les 218 engagements au sol, il y a la pluie de feu venue du ciel. 61 frappes aériennes en un jour, larguant 183 bombes planantes. Ces bombes — des FAB-500, des FAB-1500, des KAB guidées — sont l’arme la plus redoutée du front. Elles pèsent entre 500 et 1 500 kilogrammes. Elles sont larguées depuis l’espace aérien russe par des Su-34, hors de portée de la plupart des systèmes de défense aérienne ukrainiens. Et elles explosent avec une force qui transforme des immeubles entiers en cratères. 183 en un jour. C’est une bombe planante toutes les huit minutes, pendant 24 heures.
L’Ukraine réclame des avions de chasse F-16 et des systèmes de défense aérienne à longue portée pour contrer cette menace. Quelques F-16 sont arrivés. Quelques Patriot ont été déployés. Mais face à 183 bombes par jour, c’est comme essayer d’éteindre un incendie de forêt avec un arrosoir. L’aide est réelle. Elle est insuffisante. Et chaque bombe qui passe à travers les mailles du filet emporte avec elle des vies, des maisons, des souvenirs, des futurs qui n’existeront jamais.
183 bombes planantes. Le poids total de ces bombes larguées en un seul jour dépasse les 100 tonnes d’explosifs. 100 tonnes. Sur des positions où des soldats s’abritent dans des tranchées d’un mètre de profondeur. La disproportion entre la force de frappe russe et la capacité de protection ukrainienne est si obscène qu’elle devrait provoquer une mobilisation immédiate de l’aide occidentale. Au lieu de quoi, les livraisons se comptent au compte-gouttes pendant que les bombes, elles, pleuvent par centaines.
5 873 drones et le ciel qui ne s’arrête jamais
5 873 drones kamikazes déployés le 13 février. Le chiffre dépasse l’entendement. Chaque drone est un vecteur de mort. Chaque drone est guidé par un opérateur qui voit sa cible sur un écran avant de la percuter. 5 873 tentatives de tuer en une journée. Les drones FPV poursuivent des soldats individuels dans les tranchées. Les drones de reconnaissance surveillent chaque mouvement. Les drones Shahed frappent les arrières. Le ciel ukrainien n’est plus un ciel. C’est un espace de combat permanent, saturé de machines volantes programmées pour détruire.
Le quotidien des soldats ukrainiens, entre survie et résistance
Ce que signifie tenir une position pendant 1 087 jours
Les rapports de l’État-major sont des documents froids, factuels, dépourvus d’émotion. Ils disent « assaut repoussé ». Ils ne disent pas que le soldat qui a repoussé cet assaut n’a pas dormi depuis 48 heures. Ils disent « position tenue ». Ils ne disent pas que cette position est un trou dans la terre recouvert de rondins où il fait moins 10 degrés en février. Ils disent « l’ennemi a subi des pertes ». Ils ne disent pas que ces pertes incluent un garçon de 19 ans qui appelait encore sa mère quand il est tombé. La guerre en rapports est propre. La guerre en réalité est sale, bruyante, terrifiante et interminable.
Les soldats ukrainiens qui défendent la ligne de front sont des professionnels. Beaucoup sont des vétérans de trois ans de guerre continue. Ils connaissent le son de chaque type de munition. Ils distinguent un drone FPV d’un drone de reconnaissance au bruit du moteur. Ils savent exactement combien de secondes ils ont entre le sifflement et l’impact. Cette expertise les maintient en vie. Elle les maintient aussi dans un état de tension permanente qui use le corps et l’esprit de manière irréversible. Le syndrome de stress post-traumatique n’est pas une question de « si » pour ces soldats. C’est une question de « quand ». Et pour beaucoup, le « quand » est déjà arrivé.
Tenez une position. Trois mots simples qui résument un enfer que la plupart d’entre nous ne peuvent même pas imaginer. Tenir une position signifie ne pas dormir. Signifie avoir faim. Signifie avoir froid. Signifie entendre les explosions se rapprocher et décider, consciemment, de ne pas bouger. Signifie regarder un camarade tomber et continuer à tirer. Signifie faire tout cela aujourd’hui en sachant que demain sera exactement pareil. Les soldats ukrainiens tiennent. Depuis 1 087 jours. Et ils tiennent pour nous tous.
La rotation qui ne vient pas assez vite
Le problème de la mobilisation plane sur chaque position ukrainienne. Les soldats vétérans sont épuisés. Les rotations sont trop lentes. Les remplaçants arrivent avec moins d’expérience que ceux qu’ils remplacent. La loi de mobilisation adoptée en 2024 a élargi le pool de recrues, mais former un soldat capable de survivre sur le front de Pokrovsk prend du temps — un temps que la guerre n’accorde pas. L’Ukraine se bat avec les hommes qu’elle a. Et ces hommes portent le poids d’un continent sur des épaules qui commencent à trembler. Non pas de peur. De fatigue.
L'artillerie, le tonnerre incessant du front
3 133 attaques d’artillerie, le rythme de la destruction
3 133 attaques d’artillerie en un jour, dont 89 au lance-roquettes multiples. L’artillerie russe reste la colonne vertébrale de sa tactique offensive. Elle pilonne les positions ukrainiennes avant chaque assaut, transformant les tranchées en amas de terre et de métal tordu. Les obus de 152 mm explosent avec une force qui peut tuer à 50 mètres du point d’impact. Les roquettes de MLRS saturent des zones entières en quelques secondes. Le 13 février, l’artillerie russe a tiré sans interruption, martelant les positions ukrainiennes du nord au sud de la ligne de front. Les villes de Rogizne, Iskryskivchyna, Volfyne, Ryjivka, Koucherivka dans la région de Soumy ont été bombardées. Certaines de ces villes n’ont plus de civils depuis longtemps. D’autres en ont encore. Des gens qui vivent sous les bombes parce qu’ils n’ont nulle part où aller.
Et pourtant, malgré ce déluge de feu, les positions ukrainiennes tiennent. La défense en profondeur — des lignes successives de tranchées, d’abris et de positions de repli — absorbe le choc de l’artillerie russe et permet aux défenseurs de survivre à des bombardements qui auraient détruit n’importe quelle force moins préparée. L’ingénierie militaire ukrainienne, l’art de creuser, de fortifier, de camoufler, est devenue l’une des meilleures au monde. Par nécessité. Parce que quand 3 133 obus tombent en un jour, la qualité de votre tranchée est la différence entre la vie et la mort.
3 133 obus. Si chaque obus fait un bruit d’une seconde, cela représente 52 minutes de tonnerre continu. Près d’une heure de détonations sans interruption. Sauf que chaque détonation ne dure pas une seconde. Elle dure le temps que la terre retombe, que la poussière se dissipe et que le soldat vérifie qu’il est encore entier. Multipliez ce temps par 3 133 et vous obtenez une journée complète sous le feu. Voilà ce que signifie « le front est actif » dans les rapports militaires.
Le déséquilibre de munitions qui fait mal
L’un des drames silencieux de cette guerre est le ratio de munitions. La Russie tire plus d’obus que l’Ukraine ne peut en tirer en retour. Le rapport a varié entre 3 pour 1 et 10 pour 1 en faveur de la Russie, selon les périodes et les secteurs. Les livraisons occidentales d’obus de 155 mm ont amélioré la situation, mais pas suffisamment. Chaque obus ukrainien doit compter. Chaque tir doit être précis. La Russie peut se permettre le gaspillage. L’Ukraine ne peut pas. Cette asymétrie de munitions est la traduction matérielle de l’inégalité entre un agresseur soutenu par une industrie de guerre en pleine mobilisation et un défenseur dépendant de la bonne volonté de ses alliés.
Les secteurs de Volyn et Polissia, le calme trompeur
Quand le silence est aussi inquiétant que le bruit
Le rapport de l’État-major note que les secteurs de Volyn et Polissia n’ont pas enregistré de mouvements offensifs russes. Le calme. Pas un assaut. Pas une tentative d’infiltration. Ce calme devrait rassurer. Il inquiète. Parce que le calme sur un front peut signifier deux choses : soit l’ennemi n’a pas les moyens d’attaquer, soit il se prépare. Les analystes militaires surveillent ces secteurs « calmes » avec la même attention qu’ils surveillent les secteurs actifs. Un déploiement soudain de forces dans un secteur calme peut signifier une offensive surprise. La guerre est aussi une guerre de perception et de déception, et le silence est parfois le prélude au tonnerre.
La frontière nord de l’Ukraine — les régions de Volyn, Polissia, Soumy, Tchernihiv — reste sous surveillance permanente. Les souvenirs de février 2022 sont encore frais : les colonnes de blindés russes descendant du Bélarus, la bataille de Kyiv, les massacres de Boutcha et d’Irpin. L’Ukraine ne baissera jamais la garde sur sa frontière nord. Le prix de la surprise a été trop élevé la première fois.
Le silence de Volyn est celui d’un animal qui retient son souffle dans l’herbe haute. Il ne signifie pas l’absence de danger. Il signifie que le danger est peut-être en train de se positionner. Les soldats ukrainiens qui surveillent ce silence le savent. Ils écoutent. Ils attendent. Et ils espèrent que le silence restera du silence et ne se transformera pas, un matin, en rugissement.
La leçon de février 2022 que personne n’oubliera
L’Ukraine a appris de ses erreurs de 2022. La défense de Kyiv a été improvisée, héroïque et miraculeuse. Mais elle n’aurait pas dû être nécessaire si la frontière nord avait été mieux préparée. Aujourd’hui, les fortifications sont en place. Les champs de mines sont posés. Les unités de garde sont stationnées. Les systèmes de détection sont actifs. L’Ukraine ne sera plus surprise. Mais le coût de cette vigilance permanente est immense : des milliers de soldats immobilisés le long d’une frontière où, pour l’instant, rien ne se passe. Des ressources qui pourraient être déployées à Pokrovsk ou Chasiv Yar mais qui doivent rester en place, au cas où. C’est le luxe que la Russie peut se permettre et que l’Ukraine paie chèrement : forcer l’ennemi à disperser ses forces sur toute la longueur du front.
Conclusion : 218 combats, 1 087 jours et la même question
Le front tient, mais pour combien de temps
Le 14 février, le lendemain des 218 engagements, 98 nouveaux affrontements avaient déjà eu lieu avant 16 heures, dont 45 dans le seul secteur de Pokrovsk. Le rythme ne faiblit pas. Il accélère. Chaque jour apporte son lot de combats, de morts, de positions défendues, de villages contestés. Le front tient. Grâce au courage des soldats. Grâce à leur expertise. Grâce aux armes occidentales qui arrivent — pas assez, mais qui arrivent. La question qui hante chaque commandant ukrainien, chaque analyste, chaque citoyen qui suit cette guerre est simple : combien de temps encore?
La réponse dépend de nous. De l’Occident. De la vitesse de nos livraisons. De l’ampleur de notre aide. De la fermeté de notre engagement. 218 combats par jour ne sont pas soutenables éternellement. Pas sans renfort. Pas sans munitions. Pas sans systèmes de défense aérienne. Le front tient aujourd’hui. Il tiendra peut-être demain. Mais chaque jour d’insuffisance de notre aide est un jour de plus où le fil s’amincit. Et quand le fil casse, il ne se renoue pas. Il casse pour de bon. Et les 218 combats deviennent 500. Puis 1 000. Puis une défaite que personne n’avait prévue mais que tout le monde avait rendue possible par son inaction.
218 combats. Le chiffre sera oublié demain, remplacé par le chiffre de demain. Mais derrière chaque chiffre oublié, il y a des soldats qui n’oublient pas. Qui ne peuvent pas oublier. Qui portent chaque combat dans leur chair, dans leurs cauchemars, dans leurs mains qui tremblent quand tout est fini et que le silence revient — ce silence fragile, temporaire, mensonger, qui n’est que la pause entre deux tempêtes. Le front tient. Mais le front, c’est des êtres humains. Et les êtres humains ont des limites. Combien de temps avant que nous les atteignions?
Le monde doit regarder, sinon le monde sera complice
218 combats. Ce n’est pas un titre de journal. C’est un cri. Un cri qui traverse 1 000 kilomètres de front et qui devrait résonner dans chaque capitale européenne, dans chaque salle de rédaction, dans chaque conscience. Le jour où ce cri cessera, ce ne sera pas parce que la guerre est finie. Ce sera parce que ceux qui criaient n’auront plus la force de crier. Et ce jour-là, il sera trop tard pour regretter de ne pas avoir écouté.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cet éditorial est écrit depuis une position pro-ukrainienne qui considère la défense de l’Ukraine comme un enjeu de sécurité européenne et mondiale. L’auteur assume un ton d’urgence qui reflète la gravité de la situation sur le terrain tel que rapporté par les sources officielles ukrainiennes et les analystes militaires indépendants.
L’urgence du ton n’est pas un effet de style. Elle est proportionnelle à l’urgence de la situation. 218 combats en un jour méritent plus qu’un paragraphe factuel — ils méritent que le monde s’arrête et regarde.
Méthodologie et sources
Les données opérationnelles proviennent des rapports quotidiens de l’État-major général des Forces armées ukrainiennes, relayés par Ukrinform et ArmyInform. L’incident de Chasiv Yar est documenté par un communiqué de la 24e brigade mécanisée séparée incluant une documentation vidéo. Les analyses tactiques s’appuient sur les évaluations publiques d’analystes militaires reconnus.
Nature de l’analyse
Ce texte est un éditorial engagé qui combine données factuelles vérifiées et interprétation éditoriale. Les passages en italique sont des réflexions personnelles de l’auteur. Les chiffres présentés sont issus des sources officielles ukrainiennes et n’ont pas fait l’objet de vérification indépendante pour chaque engagement individuel.
Sources
Sources primaires
Ukrinform — Defense forces stop Russian attempt to consolidate in Chasiv Yar, 14 février 2026
Les rapports de l’État-major ukrainien constituent la source primaire pour les données opérationnelles quotidiennes sur l’ensemble de la ligne de front.
Sources secondaires
Al Jazeera — Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,449, 12 février 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.