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OPINION : Deux pourcent des dossiers Epstein dévoilés, et le reste dort dans les coffres du silence
Crédit: Adobe Stock

Des témoignages enterrés vivants

Derrière ces statistiques froides se cachent des femmes brisées. Des survivantes qui ont trouvé le courage incommensurable de raconter leur calvaire, de pointer du doigt leurs agresseurs, de briser des décennies de terreur et de manipulation. Elles ont témoigné devant des procureurs, ont subi des contre-interrogatoires humiliants, ont exposé leur intimité détruite devant des jurys. Et pour quoi? Pour voir leurs bourreaux les plus puissants continuer de marcher librement, protégés par des clauses de confidentialité et des accords secrets.

L’affaire Virginia Giuffre illustre parfaitement cette tragédie. Cette femme a accusé publiquement le Prince Andrew, a livré des détails précis, a fourni des photographies. Résultat? Un accord financier confidentiel qui a permis au prince de conserver sa dignité publique, pendant qu’elle reste marquée à vie. Les documents qui pourraient corroborer ses accusations, qui pourraient révéler l’ampleur du réseau, dorment dans les archives du DOJ. Ils ne servent à rien, sauf à protéger ceux qui devraient être exposés.

Le prix psychologique de l’injustice prolongée

Chaque jour qui passe sans révélation complète est un jour de torture supplémentaire pour ces femmes. Elles voient leurs agresseurs présumés continuer leurs vies, participer à des galas de charité, donner des conférences, accumuler des distinctions. Pendant ce temps, elles luttent contre le syndrome de stress post-traumatique, contre les dépressions chroniques, contre le sentiment insupportable que le système judiciaire les a trahies. Parce que c’est exactement ce qui s’est passé. Le système qui devait les protéger a choisi de protéger leurs bourreaux.

Les psychologues spécialisés dans les traumatismes le confirment: l’absence de justice publique prolonge et aggrave les blessures psychologiques. Voir son agresseur impuni n’est pas seulement frustrant, c’est destructeur. C’est un message clair envoyé aux victimes: votre souffrance ne compte pas autant que la réputation de vos agresseurs. Votre vérité sera enterrée sous des couches de protocole juridique et de raison d’État.

Quelle valeur donnons-nous réellement à la parole des victimes quand nous enterrons délibérément les preuves qui la soutiennent? Quelle crédibilité conserve un système judiciaire qui pratique la transparence sélective en fonction du statut social des accusés?

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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