Le précédent de juin 2025 et ses conséquences
Pour comprendre la gravité du moment présent, il faut se souvenir de ce qui s’est passé il y a à peine huit mois. Le 22 juin 2025, dans le cadre de l’opération Midnight Hammer, l’armée de l’air et la marine américaine ont frappé trois installations nucléaires iraniennes majeures. Les sites de Fordow, de Natanz et du centre de technologie nucléaire d’Ispahan ont été bombardés par sept bombardiers furtifs B-2 Spirit qui avaient décollé de la base aérienne de Whiteman dans le Missouri et volé sans interruption pendant 18 heures vers le Moyen-Orient, ravitaillés trois fois en vol. Quatorze bombes GBU-57A/B, ces monstrueuses bombes anti-bunker de près de 14 tonnes chacune, avaient été larguées. Des chasseurs F-35 et F-22 avaient pénétré l’espace aérien iranien pour attirer le feu des défenses antiaériennes, sans qu’aucun tir de riposte ne soit détecté.
Cette opération, aussi spectaculaire fût-elle, n’avait duré que quelques heures. L’Iran avait riposté de manière limitée en frappant une base américaine au Qatar. Mais ce que les responsables du Pentagone planifient aujourd’hui est d’un tout autre ordre de magnitude. Dans le cadre d’une campagne prolongée, les cibles ne se limiteraient plus aux installations nucléaires. Les infrastructures étatiques et sécuritaires iraniennes seraient dans le viseur : les quartiers généraux des Gardiens de la Révolution, les centres de commandement militaire, les systèmes de communication et peut-être même les centres de pouvoir politique du régime iranien. C’est la différence entre une opération de neutralisation ciblée et une campagne militaire visant à démanteler la capacité même de l’État iranien à fonctionner et à riposter.
Il faut être honnête avec nous-mêmes. Quand une superpuissance militaire commence à parler ouvertement de campagne prolongée de plusieurs semaines contre un pays souverain, quand elle déploie simultanément deux groupes aéronavals et des milliers de soldats supplémentaires dans une zone de tension maximale, nous avons dépassé le stade de la simple dissuasion. Nous sommes entrés dans la phase de préparation active.
Des négociations de la dernière chance à Genève
Le rendez-vous du 17 février et ses enjeux colossaux
Pendant que les navires de guerre sillonnent les mers en direction du golfe Persique, la diplomatie tente un ultime baroud d’honneur. Le ministère suisse des Affaires étrangères a confirmé que les États-Unis et l’Iran tiendront un deuxième round de négociations nucléaires cette semaine à Genève, probablement le mardi 17 février. L’Oman, qui avait accueilli le premier round de discussions indirectes le 6 février à Mascate, assurera de nouveau la médiation. Du côté américain, l’envoyé spécial Steve Witkoff et le conseiller présidentiel Jared Kushner mèneront les discussions. Du côté iranien, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi dirigera la délégation.
Mais les conditions posées par Washington ressemblent davantage à un ultimatum qu’à une base de négociation. Le président Trump a été catégorique : tout accord devra inclure l’arrêt complet de l’enrichissement d’uranium sur le sol iranien. Zéro enrichissement. C’est une exigence que Téhéran a toujours considérée comme un non-départ absolu. L’Iran insiste sur le fait que son programme nucléaire est à des fins pacifiques, mais ses responsables menacent de plus en plus ouvertement de poursuivre le développement d’une arme nucléaire. Avant la guerre de juin, l’Iran enrichissait l’uranium à 60 % de pureté, un pas technique à peine de niveaux utilisables dans une arme. Le secrétaire d’État Marco Rubio a qualifié la perspective d’un accord de tâche extrêmement difficile. Par ailleurs, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a rencontré Trump à Washington mercredi, pousse pour que tout accord englobe aussi le programme de missiles balistiques iranien et le soutien de Téhéran au Hamas et au Hezbollah. L’Iran a catégoriquement refusé de lier ces questions, créant un triangle d’impossibilité diplomatique.
On dit souvent que la diplomatie est l’art du possible. Mais quand l’une des parties exige l’impossible et que l’autre refuse de céder sur l’essentiel, que reste-t-il de cet art ? Des porte-avions. Des bombes. Et la prière silencieuse de millions de civils qui savent que leur destin se joue dans des salles de réunion à Genève où ils ne seront jamais invités.
Le bain de sang iranien qui a changé la donne
Des manifestations populaires noyées dans la violence
Pour saisir pleinement pourquoi la tension entre les États-Unis et l’Iran a atteint un niveau aussi critique, il faut revenir sur les événements tragiques qui ont secoué la République islamique depuis fin décembre 2025. Ce qui avait commencé comme des manifestations économiques déclenchées par l’effondrement du rial iranien s’est transformé en le plus vaste soulèvement populaire depuis la révolution islamique de 1979. Des millions d’Iraniens se sont retrouvés dans les rues de plus de 400 villes à travers les 31 provinces du pays, réclamant non seulement des réformes économiques mais la fin du régime théocratique lui-même. La réponse des autorités a été d’une brutalité inouïe.
Les chiffres sont difficiles à vérifier en raison de la coupure quasi totale d’Internet imposée à partir du 8 janvier 2026. Le gouvernement iranien reconnaît 3 117 victimes. L’agence HRANA, basée aux États-Unis, a documenté au moins 6 964 décès confirmés parmi les manifestants. Iran International, après examen de documents classifiés, estime que plus de 36 500 Iraniens ont été tués par les forces de sécurité les 8 et 9 janvier seulement. Human Rights Watch a trouvé des preuves d’une escalade coordonnée dans l’utilisation de la force meurtrière, incluant des tirs à la tête et au torse sur des manifestants et des passants. Le guide suprême Ali Khamenei a lui-même reconnu que des milliers de personnes avaient été tuées, tout en qualifiant les manifestants de fauteurs de troubles affiliés aux États-Unis et à Israël. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, est décrit comme l’architecte de la répression, sanctionné depuis par le Trésor américain.
Il y a quelque chose de profondément insoutenable dans le spectacle d’un régime qui tire sur son propre peuple, puis blâme l’étranger pour le sang versé. Les images qui ont filtré malgré le black-out numérique, ces morgues débordantes, ces familles hurlant de douleur parmi des rangées de sacs mortuaires, resteront gravées dans la mémoire collective de l’humanité.
La réponse américaine entre diplomatie de la canonnière et préparation réelle
La stratégie de pression maximale de Trump
La réponse du président Trump aux massacres iraniens combine la pression militaire, l’escalade rhétorique et la coercition économique dans ce que les analystes qualifient de diplomatie de la canonnière. Trump a encouragé les manifestants iraniens, leur disant de continuer à protester et que l’aide était en route. Il a menacé à plusieurs reprises de frapper l’Iran si les autorités continuaient la répression ou procédaient à des exécutions massives de détenus. Le chef de la magistrature iranienne, Gholamhossein Mohseni-Ejei, avait annoncé des procès rapides et des condamnations capitales pour les manifestants arrêtés, provoquant un avertissement direct de Trump : cette approche ne fonctionnerait pas bien pour eux.
Sur le plan militaire, le déploiement du USS Abraham Lincoln fin janvier, suivi de celui du USS Gerald R. Ford cette semaine, s’accompagne de milliers de soldats supplémentaires, d’avions de chasse, de destroyers lance-missiles et de systèmes de défense. Les bases américaines au Moyen-Orient ont été placées en état d’alerte maximale. Du personnel de la base américaine au Qatar a même reçu l’ordre d’évacuer. Des chasseurs A-10C de l’armée de l’air américaine ont été vus en exercice de protection de navires de déminage dans le Golfe, en prévision d’une tentative iranienne de miner le détroit d’Ormuz. Le Royaume-Uni a également positionné un nombre inhabituel d’avions de frappe à Chypre et au Qatar, et envoyé son plus grand navire de guerre dans la région.
Derrière les communiqués officiels et les formules diplomatiques calibrées, il y a une réalité que personne ne veut nommer à voix haute. Les préparatifs en cours ne sont pas un exercice de routine. Ce sont les gestes méthodiques d’une machine militaire qui se met en position de frappe. Et chaque jour qui passe rapproche le moment où quelqu’un devra appuyer sur le bouton ou décider de ne pas le faire.
Les Gardiens de la Révolution et la promesse d'une riposte régionale
Un arsenal de représailles qui menace tout le Moyen-Orient
Du côté iranien, les avertissements sont tout aussi glaçants. Les Gardiens de la Révolution islamique ont prévenu qu’en cas de frappes sur le territoire iranien, ils riposteraient contre toute base militaire américaine dans la région. Le commandement central Khatam Al Anbia a averti que les pays de la région soutenant les Américains subiraient des conséquences dévastatrices. Le ministre des Affaires étrangères Araghchi a déclaré que le président Trump se faisait entraîner dans une guerre par certains éléments et certaines parties. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, s’est adressé directement à Trump lors d’un rassemblement à Téhéran : tous les centres et forces américains dans la région deviendraient des cibles légitimes.
L’Iran dispose encore d’un arsenal considérable. Son armée régulière compte environ 600 000 soldats, auxquels s’ajoutent les 200 000 membres des Gardiens de la Révolution. En février, l’Iran a déployé son missile Khorramshahr-4 à longue portée dans une installation souterraine. Le 3 février, six vedettes des Gardiens de la Révolution ont tenté d’intercepter un pétrolier américain dans le détroit d’Ormuz. Un chasseur F-35C américain a abattu un drone iranien Shahed 139 approchant le USS Abraham Lincoln. Les Houthis au Yémen ont menacé de reprendre les attaques contre les navires américains en mer Rouge. Le Hezbollah au Liban a refusé de révéler ses intentions, son chef Naim Kassem déclarant que le groupe se préparait à une possible agression et était déterminé à se défendre. Si l’Iran décidait de miner le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial, les conséquences sur les marchés énergétiques seraient cataclysmiques pour chaque foyer de la planète.
L’ironie amère de notre époque est que ceux qui subiront les conséquences les plus dévastatrices d’un conflit militaire au Moyen-Orient ne sont ni à Washington ni à Téhéran. Ce sont les familles ordinaires de Dubaï, de Riyad, de Mascate, les travailleurs migrants qui ont construit les gratte-ciels du Golfe, les enfants qui vont à l’école chaque matin en espérant que le ciel restera silencieux au-dessus de leurs têtes.
Le peuple iranien pris en étau entre son régime et les bombes étrangères
Victimes de la répression et menacés par l’intervention
C’est peut-être la dimension la plus tragique de cette crise. Le peuple iranien, qui vient de payer un prix inimaginable pour avoir osé réclamer sa liberté et sa dignité, se retrouve maintenant pris en étau entre la brutalité de son propre gouvernement et la menace d’une intervention militaire étrangère. Les familles qui pleurent encore les dizaines de milliers de victimes des massacres de janvier, les mères qui cherchent les corps de leurs enfants dans des morgues surpeuplées, les pères qui ne savent pas si leurs fils arrêtés sont encore vivants, ces personnes n’ont demandé ni les missiles balistiques de leur gouvernement ni les bombes des Américains. Elles ont demandé du pain, de la dignité, de la justice.
Les familles des victimes commencent à marquer le deuil traditionnel de quarante jours. Des vidéos montrent des endeuillés dans des cimetières à travers le pays, portant les portraits de leurs morts. Dans la province de Razavi Khorasan, des endeuillés ont entonné le chant patriotique Ey Iran, datant des années 1940, un acte de résistance culturelle qui résonne comme un cri de douleur collective. Le président iranien Masoud Pezeshkian a présenté des excuses à la nation pour la répression, un geste sans précédent qui trahit l’ampleur de la fracture au sein même du pouvoir iranien. L’Union européenne et l’Ukraine ont désigné les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste. L’Australie, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et de nombreux autres pays ont imposé des sanctions et convoqué leurs ambassadeurs iraniens. Amnesty International a appelé à une action diplomatique mondiale pour mettre fin à ce qu’elle qualifie de massacre des manifestants.
En écrivant ces lignes, je ne peux m’empêcher de penser à ces familles iraniennes qui regardent le ciel avec une double angoisse. Elles ont survécu aux tirs de leurs propres forces de sécurité. Survivront-elles aux frappes d’une superpuissance qui prétend vouloir les libérer ? L’histoire nous enseigne que les peuples libérés par les bombes portent des cicatrices qui ne guérissent jamais.
La course contre la montre avant le point de non-retour
Un mois pour éviter le pire
Le temps est désormais l’ennemi de tous les acteurs de cette crise. Le président Trump, interrogé sur son échéancier pour conclure un accord avec l’Iran, a répondu qu’il envisageait environ un mois. Un mois. Trente jours pour éviter ce qui pourrait devenir le conflit militaire le plus important depuis la guerre d’Irak. Les négociations de Genève de cette semaine représentent peut-être la dernière fenêtre réaliste pour une solution diplomatique. Le USS Gerald R. Ford devrait arriver dans la zone d’opérations d’ici trois à quatre semaines. La coïncidence entre ce délai militaire et le délai diplomatique n’est pas fortuite. Elle dessine un calendrier implacable où la diplomatie et la préparation militaire avancent en parallèle vers un même point de convergence.
La première session de négociations indirectes à Mascate le 6 février a produit très peu de résultats concrets, renforçant l’impression que l’Iran cherche à étirer les discussions pour gagner du temps. L’envoyé spécial Witkoff a transmis plusieurs messages à Téhéran via le ministre omanais des Affaires étrangères, qui a préparé un document remis à Ali Larijani. Ce dernier, sanctionné pour avoir orchestré la répression, a confirmé avoir reçu le document. Pour la première fois, le commandant militaire américain le plus haut gradé au Moyen-Orient était présent lors des négociations, un signal qui dit tout sur la nature de ces pourparlers. Le directeur de l’AIEA, Rafael Grossi, a déclaré à la Conférence de Munich sur la sécurité que les inspecteurs avaient regagné l’Iran après la guerre de juin mais n’avaient pas été autorisés à visiter les sites ciblés, rendant impossible toute vérification de l’état réel du programme nucléaire iranien.
Un mois. C’est le temps qu’il nous reste, selon les mots du président de la nation la plus puissante du monde. Un mois avant que les diplomates cèdent la place aux généraux, que les stylos soient remplacés par des missiles. Un mois, c’est le temps d’une vie pour ceux qui sont dans la ligne de tir. Et une éternité pour ceux qui attendent dans l’angoisse de savoir si leur monde va basculer.
Les leçons non apprises et les fantômes des guerres précédentes
L’Irak, l’Afghanistan, la Libye et le poids de l’histoire
L’histoire récente du Moyen-Orient regorge de leçons que les architectes de cette confrontation semblent déterminés à ignorer. L’invasion de l’Irak en 2003, vendue au monde sous le prétexte d’armes de destruction massive qui n’existaient pas, a engendré des décennies de chaos et la naissance de l’État islamique. La campagne en Libye de 2011 a transformé ce pays en un État failli. L’Afghanistan, après vingt ans d’occupation, est retombé aux mains des talibans en quelques semaines. Chacune de ces interventions a été lancée avec l’assurance que la supériorité militaire américaine garantirait une issue rapide. Chacune s’est transformée en un bourbier dévastateur.
L’Iran n’est pas l’Irak de Saddam Hussein. C’est un pays trois fois plus grand, avec une population de plus de 88 millions d’habitants et une identité nationale forgée par des millénaires de civilisation. C’est un pays doté de missiles balistiques capables d’atteindre n’importe quel point du Moyen-Orient et d’un réseau de forces par procuration qui, même affaiblies, pourraient transformer la région en un champ de batailles multiples. Sa géographie montagneuse, sa doctrine de guerre asymétrique et ses installations souterraines en font un adversaire potentiellement bien plus redoutable que tout ce que l’armée américaine a affronté depuis le Vietnam. L’accord nucléaire de 2015, le JCPOA, avait démontré que la diplomatie multilatérale pouvait fonctionner. Le retrait unilatéral américain de 2018 a sapé cette confiance et poussé l’Iran vers un enrichissement de plus en plus avancé. Si la réponse à cette crise se résume à des bombardements massifs, le message envoyé au monde sera que la seule garantie de sécurité est l’acquisition rapide de l’arme nucléaire elle-même.
La plus grande tragédie de cette crise n’est peut-être pas le conflit lui-même, aussi dévastateur soit-il. C’est la destruction de l’idée même qu’il est possible de régler les différends nucléaires par la négociation plutôt que par la force. Si nous perdons cette idée, nous perdrons bien plus qu’une guerre. Nous perdrons l’espoir d’un monde où la raison l’emporte sur la puissance brute.
Le monde dans l'attente du verdict de Genève
Une semaine qui pourrait redéfinir l’ordre mondial
Nous entrons dans une semaine qui pourrait s’inscrire dans les livres d’histoire. Mardi, les négociateurs américains et iraniens se retrouveront à Genève dans ce qui constitue peut-être la dernière tentative sérieuse d’éviter un affrontement militaire aux conséquences imprévisibles. Le même jour, dans la même ville, les États-Unis, la Russie et l’Ukraine tiendront des discussions trilatérales sur le conflit ukrainien. Cette convergence de crises majeures dans un même lieu symbolise la fragilité extrême de l’ordre international actuel. Le monde n’a pas connu une telle concentration de tensions géopolitiques depuis la fin de la Guerre froide.
La communauté internationale se divise entre ceux qui appellent à la retenue et ceux qui voient dans la faiblesse actuelle du régime iranien une occasion historique. Les nations du Golfe supplient pour la prudence, craignant que leurs infrastructures pétrolières, leurs villes et leurs économies soient parmi les premières victimes. Un diplomate arabe a confié que les principaux gouvernements du Moyen-Orient avaient activement tenté de dissuader l’administration Trump, craignant des conséquences qui pourraient exploser en guerre totale. Le chancelier allemand Friedrich Merz a suggéré que le régime iranien vivait ses derniers jours et ses dernières semaines. Le chef d’état-major israélien a estimé qu’une guerre pourrait commencer dans les deux semaines à deux mois. Entre ces deux estimations se trouvent les vies de millions de personnes qui n’ont rien demandé à personne.
Nous vivons un de ces rares moments où chaque citoyen du monde, qu’il le veuille ou non, est concerné par ce qui se passe entre Washington, Téhéran et Genève. La guerre, si elle éclate, ne restera pas confinée au Moyen-Orient. Elle entrera dans nos stations-service, dans nos épiceries, dans nos portefeuilles, dans nos angoisses quotidiennes. Elle nous rappellera, une fois de plus, que nous vivons tous sur le même fragile vaisseau planétaire.
Ce qui se joue au-delà des bombes, un choix qui nous appartient
Le dernier mot de l’espérance et de la vigilance
Face à cette accumulation de menaces, de déploiements militaires et de rhétorique belliqueuse, il est tentant de céder au fatalisme. De considérer que le cours de l’histoire est tracé et que rien ne peut arrêter la mécanique de l’escalade. Mais ce serait oublier que chaque conflit évité dans l’histoire de l’humanité l’a été parce que des voix se sont élevées pour dire non. Parce que des citoyens ont refusé d’accepter l’inacceptable. Les négociations de Genève ne sont pas condamnées d’avance. La diplomatie, même dans ses heures les plus sombres, a toujours la capacité de surprendre. Mais elle ne réussira que si les peuples du monde, de Montréal à Tokyo, de Berlin à Buenos Aires, exigent de leurs dirigeants qu’ils privilégient la paix sur la confrontation, le dialogue sur les bombes, la vie sur la destruction.
Le peuple iranien a payé un prix incommensurable pour sa quête de liberté. Il mérite mieux que de devenir le théâtre d’une guerre entre superpuissances. Et nous méritons tous mieux qu’un monde où la réponse à chaque crise est la puissance de feu. Les prochains jours seront décisifs. Chaque développement diplomatique, chaque mouvement militaire, chaque déclaration présidentielle pourrait faire basculer la situation. Ce qui est certain, c’est que le monde ne peut plus se permettre le luxe de l’indifférence. La crise américano-iranienne n’est pas un fait divers lointain. C’est un enjeu civilisationnel qui touche à la sécurité énergétique mondiale, à l’avenir de la non-prolifération nucléaire, au sort de 88 millions d’Iraniens et à la stabilité d’une région dont dépend l’équilibre économique de la planète. L’heure est à la vigilance, à l’engagement et à la conviction indéfectible que la paix, aussi fragile soit-elle, reste toujours préférable à la plus brillante des victoires militaires.
Il est minuit moins cinq sur l’horloge de cette crise. Les porte-avions avancent, les missiles sont en position, les diplomates font leurs valises pour Genève. Quelque part entre la peur et l’espoir, entre la guerre et la paix, se tient le choix le plus important de notre époque. Et ce choix, qu’on le veuille ou non, nous appartient à tous.
Un appel à la conscience collective
L’histoire jugera non seulement les dirigeants qui ont pris les décisions, mais aussi les peuples qui les ont laissés faire en silence. Chaque voix qui s’élève pour la paix compte. Chaque exigence de transparence sur les intentions militaires compte. Chaque refus de se résigner à l’inévitabilité de la guerre compte. Le monde a traversé des crises aussi graves et en est sorti sans apocalypse, parce que la volonté de paix a fini par l’emporter sur la tentation de la force. Il n’est pas trop tard pour que cela se reproduise. Mais le temps presse. Et chaque heure qui passe nous rapproche soit de la résolution, soit de l’irréparable.
À ceux qui liront ces mots dans un an et qui sauront comment cette histoire s’est terminée, je souhaite de tout mon être qu’ils puissent se dire : la paix a prévalu. Que les bombes sont restées dans leurs soutes. Que les diplomates ont trouvé les mots que les généraux n’avaient pas. Que l’humanité, une fois de plus, a choisi la vie.Car au bout du compte, au-delà des porte-avions et des missiles, au-delà des négociations et des ultimatums, il y a cette vérité simple et irréductible : chaque vie perdue dans une guerre est une défaite pour l’ensemble de l’humanité. Et cette vérité-là ne connaît ni frontières ni drapeaux.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Note de transparence éditoriale
Cet article d’opinion reflète les analyses et les convictions personnelles de son auteur, fondées sur le recoupement de sources internationales variées et vérifiées. Les informations factuelles proviennent de dépêches d’agences de presse reconnues, de rapports d’organisations de défense des droits humains, de déclarations officielles et de médias internationaux crédibles. L’auteur ne dispose d’aucune information privilégiée provenant de gouvernements ou de services de renseignement. Les opinions exprimées dans les passages éditoriaux engagent uniquement leur auteur et ne constituent ni une recommandation politique ni un appel à l’action. L’objectif de ce texte est d’informer, de contextualiser et de susciter la réflexion critique du lecteur face à une situation géopolitique d’une gravité exceptionnelle. L’auteur rappelle que les chiffres relatifs aux victimes des manifestations iraniennes varient considérablement selon les sources et restent difficiles à vérifier de manière indépendante en raison des restrictions imposées par les autorités iraniennes sur les communications et l’accès médiatique.
Sources
Sources primaires
Axios — U.S. and Iran set to hold second round of nuclear talks in Geneva — 13 février 2026
PBS News / Associated Press — Iran and U.S. to hold nuclear talks in Geneva — 14 février 2026
NBC News — Second U.S. aircraft carrier is being sent to the Middle East — 13 février 2026
Al Jazeera — Trump confirms second aircraft carrier headed to Middle East — 13 février 2026
Human Rights Watch — Iran: Growing Evidence of Countrywide Massacres — 16 janvier 2026
Sources secondaires
Wikipedia — 2025-2026 Iranian protests — Consulté le 15 février 2026
Wikipedia — 2026 United States military buildup in the Middle East — Consulté le 15 février 2026
Iran International — Liveblog: Iran Crisis Updates — Février 2026
NPR — At least 6,126 people killed in Iran’s crackdown on nationwide protests — 27 janvier 2026
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