Skip to content
OPINION : Les États-Unis face à la Chine : pourquoi 500 avions ne suffiront peut-être pas
Crédit: Adobe Stock

Pourquoi 500 avions plutôt que 285

Les auteurs du rapport du Mitchell Institute ne lancent pas des chiffres au hasard pour impressionner les décideurs politiques. Leur recommandation de 300 F-47 et 200 B-21 repose sur une analyse rigoureuse des exigences opérationnelles dans un conflit de haute intensité contre la Chine. Premièrement, le concept de taux de disponibilité : tous les appareils d’une flotte ne sont jamais simultanément opérationnels. Entre la maintenance programmée, les réparations imprévues, les modifications et les cycles d’entraînement, seule une fraction de la flotte totale peut être déployée à tout moment. Les experts estiment généralement qu’environ 60 à 70 pour cent des avions sont disponibles pour des missions à un instant donné. Avec une flotte de 185 F-47, cela signifie peut-être 110 à 130 appareils réellement mobilisables, un chiffre terriblement insuffisant face aux centaines d’avions chinois basés dans la région.

Deuxièmement, la question de l’attrition : dans un conflit contre un adversaire aussi sophistiqué que la Chine, les pertes seront substantielles des deux côtés. Les systèmes de défense aérienne chinois S-400 importés de Russie et les systèmes domestiques HQ-9 constituent une menace mortelle même pour les appareils furtifs américains. Chaque avion abattu représente non seulement une perte matérielle de plusieurs centaines de millions de dollars mais surtout la perte potentielle d’un pilote dont la formation a coûté des millions et nécessité des années. Disposer de réserves stratégiques n’est pas un luxe mais une nécessité absolue pour maintenir la pression opérationnelle sur la durée. Un conflit sino-américain ne se résoudrait probablement pas en quelques jours comme la guerre du Golfe de 1991, mais s’étendrait sur des semaines voire des mois d’affrontements d’une intensité inimaginable.

Le B-21 Raider, pièce maîtresse de la dissuasion

La recommandation d’acquérir 200 bombardiers B-21 Raider plutôt que les 100 prévus mérite une attention particulière. Ce bombardier furtif de nouvelle génération, développé par Northrop Grumman, représente le summum de la technologie aérospatiale américaine. Sa capacité à pénétrer profondément dans l’espace aérien ennemi protégé par des défenses sophistiquées en fait un atout stratégique irremplaçable. Dans un scénario de conflit avec la Chine, les B-21 seraient chargés de frapper les centres de commandement, les installations militaires stratégiques, les dépôts de missiles et potentiellement les sites de lancement de l’arsenal nucléaire chinois. Cette mission de frappe en profondeur constitue l’essence même de la puissance aérienne américaine : la capacité de projeter une force dévastatrice n’importe où dans le monde.

Mais le B-21 n’est pas seulement un instrument de destruction, c’est aussi un outil de dissuasion. L’existence d’une flotte substantielle de bombardiers furtifs capables de frapper le territoire chinois avec une quasi-impunité constitue un facteur crucial dans le calcul stratégique de Pékin. Les dirigeants chinois doivent savoir que toute agression majeure contre Taïwan ou d’autres alliés américains dans la région déclencherait des représailles dévastatrices contre des cibles en Chine continentale. Cette menace crédible ne fonctionne que si les capacités américaines sont suffisamment robustes et nombreuses. Une flotte de 100 B-21 pourrait être neutralisée ou considérablement dégradée lors des premières phases d’un conflit. Une flotte de 200 appareils offre une profondeur stratégique qui change fondamentalement l’équation.

La dissuasion ne fonctionne que si elle est crédible. Des menaces brandies sans les moyens de les exécuter ne sont que du vent. C’est cette réalité brutale que le rapport du Mitchell Institute nous force à affronter : avons-nous réellement les moyens de nos ambitions géopolitiques?

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu