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OPINION : L’Europe capitule-t-elle face aux États-Unis au nom du pragmatisme
Crédit: Adobe Stock

Une relation déséquilibrée depuis des décennies

La vérité que personne n’ose dire tout haut, c’est que l’alliance transatlantique n’a jamais été une relation entre égaux. Depuis 1945, l’Europe occidentale a accepté une forme de tutelle américaine en échange de la protection militaire et de l’accès au marché américain. Cette dépendance structurelle s’est consolidée avec la création de l’OTAN, transformant une nécessité temporaire de l’après-guerre en architecture permanente. Aujourd’hui, cette asymétrie est devenue un boulet qui entrave toute velléité d’autonomie stratégique européenne. Les déclarations de Kallas ne font que confirmer cette réalité inconfortable : nous ne pouvons pas nous passer des États-Unis, même quand ils nous traitent avec condescendance.

Les chiffres de la dépendance militaire parlent d’eux-mêmes. Les pays européens membres de l’OTAN comptent sur le parapluie nucléaire américain et sur la puissance de projection des forces américaines. Nos investissements en matière de défense restent largement insuffisants, malgré les engagements répétés d’atteindre 2% du PIB. Cette sous-investissement chronique n’est pas un accident : il reflète un choix politique conscient de déléguer notre sécurité aux États-Unis plutôt que d’assumer le coût politique et financier d’une défense européenne intégrée. Résultat : nous sommes condamnés à accepter les conditions américaines, quelles qu’elles soient, parce que nous n’avons pas développé d’alternative crédible.

Le coût réel du pragmatisme sans principes

Kallas présente sa position comme du réalisme politique. Mais qu’est-ce que le réalisme sans principes, sinon de l’opportunisme? En acceptant de travailler avec les États-Unis malgré des divergences sur les valeurs, l’Europe ne fait pas preuve de maturité diplomatique. Elle révèle son incapacité à défendre ce en quoi elle prétend croire. Cette trahison progressive de nos principes fondateurs a des conséquences concrètes. Comment pouvons-nous exiger du respect des droits humains de la part de la Chine, de la Russie ou de l’Iran quand nous fermons les yeux sur les dérives de notre principal allié? Cette double moralité détruit notre crédibilité sur la scène internationale.

Les pays du Sud global observent cette hypocrisie institutionnalisée avec un mélange de cynisme et de méfiance. Ils voient une Europe qui donne des leçons de démocratie et de respect des droits fondamentaux tout en s’accommodant parfaitement des violations commises par ses alliés. Cette incohérence stratégique explique en grande partie pourquoi l’influence normative européenne s’érode rapidement dans les régions en développement. Nous avons perdu le monopole du discours moral que nous pensions détenir. Et cette perte n’est pas le résultat d’une campagne de propagande adverse, mais bien de nos propres compromissions répétées.

Le pragmatisme devient de la complicité quand il nous conduit à accepter l’inacceptable. En renonçant à défendre fermement nos valeurs face aux États-Unis, nous ne préservons pas l’alliance transatlantique, nous la vidons de tout sens.

Sources

Sources primaires

Bloomberg – Kallas Says EU Can Work With US Despite Differences on Values (15 février 2026)

Sources secondaires

Contexte historique et géopolitique basé sur l’analyse des relations transatlantiques depuis 1945, les débats académiques sur l’autonomie stratégique européenne, et l’observation des développements récents en matière de politique étrangère européenne et américaine.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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