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BILLET : 205 combats en 24 heures — Le jour où les chiffres ont cessé de vouloir dire quelque chose
Crédit: Adobe Stock

L’inventaire de la mort

Mais les 205 combats au sol ne sont que la moitié de l’histoire. Parce qu’il y a aussi le ciel. Et le ciel, lui, ne se repose jamais.

52 frappes aériennes. 170 bombes guidées. 4316 drones kamikazes. 2875 bombardements d’artillerie. En vingt-quatre heures. Pendant que les soldats se battaient au sol, le ciel déversait sa propre version de l’enfer. Un enfer méthodique. Calculé. Industriel.

Prenez juste les drones. 4316 drones kamikazes. Quatre mille trois cent seize. Divisez par 24 heures. Ça fait 179,8 drones par heure. Divisez par 60 minutes. Ça fait trois drones par minute. Un toutes les vingt secondes.

Vingt secondes.

Le sifflement qui ne s’arrête jamais

Fermez les yeux une seconde. Imaginez. Vous êtes dans une tranchée quelque part près de Pokrovsk. Il fait froid. Vous n’avez pas dormi depuis 36 heures. Vos mains tremblent, pas de peur mais d’épuisement pur. Et vous entendez le sifflement. Ce sifflement aigu, métallique, qui vient du ciel. Un drone.

Vous plongez. Par instinct de survie. Votre corps réagit avant votre cerveau. Vous vous écrasez au fond de la tranchée. Le drone explose. Peut-être sur votre position. Peut-être cinquante mètres plus loin. Vous ne savez pas. Vous êtes vivant. Pour l’instant.

Vous vous relevez. Vous reprenez votre souffle. Vingt secondes passent. Le sifflement recommence. Un autre drone. Vous plongez à nouveau. Explosion. Vous survivez. Encore.

Encore vingt secondes. Sifflement. Plongeon. Explosion. Survie.

Toujours vingt secondes. Sifflement. Plongeon. Explosion. Survie.

Pendant vingt-quatre heures.

4316 fois, quelqu’un a entendu ce sifflement. 4316 fois, quelqu’un a plongé. Combien ont survécu? Le rapport ne le dit pas. Il énumère juste: 4316 drones. Comme on dirait: il a plu 4316 gouttes. Neutre. Factuel. Insupportable.

Ce que les statistiques ne révèlent pas

Le rapport de l’État-major ukrainien est précis. Chirurgical. 52 frappes aériennes. 170 bombes guidées. 4316 drones kamikazes. 2875 bombardements d’artillerie. Chaque chiffre est vérifié. Documenté. Réel.

Mais le rapport ne précise pas combien de ces 4316 drones ont atteint leur cible. Il ne dit pas combien ont été interceptés par la défense aérienne ukrainienne. Il ne dit pas combien sont tombés dans des champs vides. Il ne dit pas combien ont visé des maisons où il y avait des gens.

Le rapport ne quantifie pas les secondes qui s’écoulent entre le moment où un soldat entend le sifflement et celui où il comprend s’il va vivre ou mourir. Il ne dépeint pas ce qui traverse l’esprit d’un homme pendant ces secondes-là. Il ne dit pas si on prie. Si on pense à sa mère. Si on pense à rien du tout.

Le rapport ne souligne pas que 4316 drones, c’est 4316 décisions prises par quelqu’un, quelque part en Russie, de programmer une machine pour qu’elle aille tuer des gens qu’il ne verra jamais. 4316 actes délibérés. 4316 fois où quelqu’un a appuyé sur un bouton en sachant exactement ce qui allait se passer.

Sources

Sources primaires

Ukrinform — War update: 205 combat engagements on front line, fiercest battles are in Pokrovsk sector

État-major général des forces armées ukrainiennes — Rapports quotidiens sur les opérations militaires (février 2026)

Données géographiques: OpenStreetMap, sources officielles ukrainiennes sur la démographie des villes mentionnées

Sources secondaires

Médias internationaux couvrant le conflit: BBC, Reuters, Associated Press, The Guardian

Organisations humanitaires: Croix-Rouge Internationale, Human Rights Watch, Amnesty International (rapports sur les civils en zones de conflit)

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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