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BILLET : Trois Fissures dans l’Armure de Poutine Pourquoi la Russie ne Gagnera Pas cette Guerre
Crédit: Adobe Stock

Plus qu’un Pays, une Idée

Moscou a commis l’erreur fatale de tous les impérialismes : croire qu’une nation n’est qu’un territoire, une carte à colorier. Ils ont vu des champs de blé, des ports en eau profonde, des ressources minières. Ils n’ont pas vu l’âme ukrainienne. Cette guerre, pour Kyiv, n’est pas une guerre de conquête ou d’influence. C’est une guerre existentielle. Chaque obus qui tombe sur Kharkiv, chaque missile qui frappe un centre commercial, chaque exécution sommaire à Boutcha, ne fait que souder davantage cette identité nationale, la forger dans le feu et le sang. La résistance ukrainienne est le facteur décisif, la variable que les planificateurs du Kremlin ont, avec une arrogance stupéfiante, complètement sous-estimée.

Regardez les visages des soldats dans l’est. Ils ne sont pas des mercenaires. Ils sont des professeurs, des informaticiens, des agriculteurs, des artistes. Ils ont choisi de se battre. Ce volontariat massif crée une armée d’une cohésion et d’un moral que les unités russes, composées de conscrits terrorisés et de mercenaires du groupe Wagner motivés par l’argent, ne peuvent pas égaler. L’Ukraine combat pour sa maison, pour le droit de ses enfants à parler leur langue, pour le simple privilège de vivre libres. La Russie, elle, se bat pour les chimères d’un seul homme, pour la restauration d’un empire qui n’existe plus que dans les manuels de propagande. Quelle cause porte le plus de sens ? Quelle cause donne la force de tenir dans un sous-sol inondé, gelé, sous un bombardement constant ? La réponse se lit dans l’opiniâtreté avec laquelle les Ukrainiens défendent chaque mètre carré.

L’Union Sacrée, Réel et Non Édicté

En Russie, l’« unité » est un slogan d’État, imposé par la censure et la peur. En Ukraine, elle est organique, née de la nécessité. Le président Zelensky, ce comédien transformé en symbole mondial, n’a pas eu à ordonner la résistance. Il l’a incarnée, dès les premières heures, avec son fameux « Je n’ai pas besoin d’un taxi, j’ai besoin de munitions ». Cette symbiose entre un leader et son peuple est un phénomène rare et puissant. Elle a galvanisé la nation et captivé le monde. En face, Poutine s’isole dans des tables de dix mètres de long, parle à des généraux qui n’osent pas lui dire la vérité. La légitimité de l’un se nourrit du courage partagé ; celle de l’autre, de la soumission imposée. Cette différence abyssale dans la nature du lien social est un handicap stratégique majeur pour Moscou.

Même dans les territoires temporairement occupés, la résistance ne faiblit pas. Les partisans font dérailler les trains de ravitaillement, identifient les positions des officiers russes pour les frappes de précision, et maintiennent un sentiment d’insécurité permanent. L’administration d’occupation peine à fonctionner, car personne ne collabore volontairement. La Russie ne contrôle pas, elle occupe. Et occuper un pays de 40 millions d’habitants hostiles est un cauchemar logistique et militaire. Cela draine des ressources colossales, fixe des troupes qui manquent ailleurs, et transforme chaque « victoire » territoriale en un nouvel abcès à vider.

Je me souviens d’une interview d’une grand-mère à Irpin, quelques jours après la libération de la ville. Sa maison était en miettes. Elle cuisinait sur un feu de camp pour les soldats. Elle m’a regardé droit dans les yeux et a dit, calmement : « Ils pensaient qu’on allait les accueillir avec des fleurs. On les a accueillis avec des cocktails Molotov. » Cette phrase, c’est tout le malentendu du Kremlin. Ils ont cru revenir dans une province sœur. Ils ont découvert une nation ennemie.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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