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COMMENTAIRE : La Silhouette Fantôme de la Guerre Froide du Pacifique Le H-20 et le Choc de la Réalité Stratégique
Crédit: Adobe Stock

La Quête de la Furtivité Absolue

Sur le plan technique, le H-20 représenterait l’aboutissement de décennies d’espionnage industriel, de recherche autochtone et d’investissements colossaux. Tout indique une configuration d’aile volante, similaire au B-2 et au B-21, une forme qui offre la signature radar la plus faible possible. Les matériaux composites absorbant les ondes radar, les entrées d’air dissimulées, et un revêtement spécialisé sont des certitudes. Mais la véritable révolution pourrait se nicher dans les détails : une gestion thermique avancée pour réduire la signature infrarouge, des systèmes de communication et de brouillage intégrés d’une nouvelle génération, et peut-être des techniques de « furtivité adaptative » encore théoriques en Occident.

La portée est l’autre paramètre clé. Les estimations parlent d’un rayon d’action de plus de 12 000 kilomètres sans ravitaillement, potentiellement étendu avec des réservoirs supplémentaires ou un ravitaillement en vol. Une telle autonomie permet depuis le territoire chinois d’atteindre l’ensemble du Pacifique, de menacer Guam – pivot stratégique américain –, de survoler l’océan Indien, et même de frôler les côtes d’Hawaï ou de l’Alaska. Couplée à la furtivité, cette portée transforme la géographie. Les océans ne sont plus des barrières protectrices, mais des zones de vulnérabilité. Les « sanctuaires » arrière américains deviennent potentiellement exposés.

La Charge de la Déstabilisation

Que transporterait ce fantôme ? La question de l’armement est centrale. Outre les bombes guidées de précision classiques ou les missiles de croisière furtifs, la véritable inquiétude concerne les missiles hypersoniques. Imaginer un H-20 lançant, à distance de sécurité, des véhicules glissants hypersoniques (HGV) comme le DF-17, ou de futurs missiles de croisière hypersoniques, crée un scénario de cauchemar pour toute défense. La combinaison d’une plateforme furtive de pénétration et d’une munition invulnérable aux défenses actuelles représente un saut qualitatif bien plus grand que la simple somme de ses parties.

Cette capacité n’est pas destinée à un conflit nucléaire stratégique, pour lequel la Chine dispose déjà des missiles balistiques intercontinentaux DF-41. Son but est conventionnel. Il s’agit de pouvoir frapper, avec une précision chirurgicale et une quasi-impunité, des cibles de très haute valeur en première ligne : les systèmes de commandement AEGIS des destroyers, les pistes des bases aériennes de Kadena ou d’Andersen, les centres logistiques, les radars longue portée. Le but est de « crever les yeux » et de « couper la tête » d’une force d’intervention avant même qu’elle ne puisse se déployer pleinement. C’est une stratégie d’anéantissement des capacités, conçue pour gagner un conflit dans ses premières heures.

Penser à ces engins, non pas comme des machines, mais comme des instruments de volonté politique, donne le frisson. Ils incarnent la froide détermination d’une Chine qui ne se contente plus de défendre ses frontières, mais entend dicter les termes de la sécurité dans son voisinage – un voisinage qu’elle définit de plus en plus largement. Chaque gramme de composite furtif est imprégné de cette ambition.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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