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ÉDITORIAL : L’Étau Se Resserre Sur Pokrovsk, Le Drame Silencieux D’une Guerre Qui N’en Finit Plus
Crédit: Adobe Stock

L’Art Militaire Au Service De La Terreur

La manœuvre d’encerclement, ou « mouvement en tenailles », est l’une des plus anciennes et des plus redoutables de l’art de la guerre. Son principe est simple dans sa cruauté : éviter l’affrontement frontal coûteux en attaquant simultanément deux ou plusieurs flancs de l’ennemi, afin de le prendre en étau, de couper ses lignes de ravitaillement, de communication et de retraite. L’objectif final est la destruction ou la reddition de la force encerclée. Ce qui se joue autour de Pokrovsk est l’application de ce principe à l’échelle d’une agglomération civile et militaire. Les forces russes ne cherchent pas seulement à prendre du terrain ; elles cherchent à piéger les unités de défense ukrainiennes, à les isoler, à les anéantir méthodiquement.

Cette tactique nécessite une supériorité matérielle et numérique significative. Elle témoigne d’une volonté russe d’user l’Ukraine par une guerre d’attrition longue et coûteuse, en capitalisant sur son avantage en artillerie et en ressources humaines. Chaque tentative d’encerclement réussi, même partiellement, démoralise la défense, coupe des voies d’approvisionnement critiques en munitions et en renforts, et offre à l’assaillant des positions de départ pour la phase suivante de l’offensive. C’est une stratégie de grignotage et d’étouffement systématique, particulièrement adaptée à ce théâtre d’opérations de la guerre de position.

Pokrovsk, Carrefour Vital Dans La Ligne De Mire

Pourquoi Pokrovsk ? La réponse tient en trois mots : logistique, symbolique, stratégique. Géographiquement, la zone de Pokrovsk est un nœud de communication dans l’est de l’Ukraine. Les routes et voies ferrées qui y convergent sont essentielles pour le déplacement des troupes, l’acheminement du matériel militaire et le soutien logistique à l’ensemble du front du Donetsk. Contrôler Pokrovsk, c’est menacer de désorganiser toute la défense ukrainienne dans le secteur, ouvrant la voie à une poussée plus large vers les grands centres urbains encore tenus par Kyiv.

Symboliquement, la prise de l’agglomération représenterait une victoire médiatique majeure pour le Kremlin, qui pourrait la brandir comme preuve de « l’inexorable avancée » de ses armées, surtout après la chute coûteuse d’Avdiïvka. Stratégiquement, réussir un encerclement d’une telle ampleur démontrerait la capacité opérationnelle renouvelée des forces russes, malgré leurs pertes colossales, et enverrait un signal terrifiant à toutes les autres villes ukrainiennes situées sur la ligne de front.

Penser Pokrovsk uniquement comme une case sur un échiquier militaire serait une faute morale. C’est d’abord le foyer de dizaines de milliers de personnes qui, pour certaines, ont déjà fui d’autres horreurs. Leur vie est réduite à l’attente du prochain impact, au calcul angoissé des risques de la fuite. La stratégie des tenailles est aussi une stratégie de la terreur civile.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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