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OPINION : Et si Trump avait vu juste sur la criminalité avant que les chiffres lui donnent tort
Crédit: Adobe Stock

Quand la rhétorique présidentielle remplace la réalité observable

Retournons quelques années en arrière, à ces moments où Donald Trump décrivait systématiquement les villes américaines comme des zones de non-droit comparables aux pires endroits de la planète. Chicago était son exemple favori, une ville qu’il qualifiait régulièrement de plus dangereuse que l’Afghanistan, où sortir dans la rue équivalait selon lui à risquer sa vie. Ces déclarations n’étaient pas des exagérations isolées, mais une stratégie communicationnelle délibérée visant à créer un sentiment d’urgence sécuritaire qui justifierait des mesures d’exception.

Ce qui rend cette approche particulièrement insidieuse, c’est qu’elle s’appuyait sur une manipulation sophistiquée de données partielles. Oui, Chicago connaissait effectivement des problèmes de violence dans certains quartiers spécifiques. Oui, certaines villes ont connu des augmentations ponctuelles de criminalité durant la pandémie. Mais extrapoler ces situations locales et temporaires pour peindre le portrait d’une Amérique entière plongée dans le chaos relevait de la fabrication pure et simple. Trump ne se contentait pas d’interpréter les données de manière favorable à son discours, il construisait une réalité alternative complètement déconnectée des tendances statistiques nationales.

L’instrumentalisation des forces de l’ordre dans un théâtre politique

La relation de Trump avec les forces de l’ordre illustre parfaitement cette schizophrénie entre discours et réalité. D’un côté, il se présentait comme leur plus grand défenseur, leur champion face à une gauche qui selon lui voulait les désarmer et les humilier. Il réclamait des moyens accrus, des protections renforcées, une impunité élargie pour les policiers dans l’exercice de leurs fonctions. De l’autre, il instrumentalisait systématiquement leur travail pour servir un narratif catastrophiste qui ne correspondait pas aux observations de terrain des professionnels de la sécurité.

De nombreux chefs de police, y compris dans des villes conservatrices, ont tenté de corriger publiquement ces distorsions. Ils expliquaient que si certains défis persistaient, la tendance générale était à l’amélioration, que les stratégies de police de proximité et les investissements dans la prévention donnaient des résultats mesurables. Mais ces voix professionnelles étaient systématiquement noyées sous le déluge de tweets présidentiels et de discours alarmistes. Trump n’avait pas besoin de l’expertise des forces de l’ordre, il avait besoin de leur image pour légitimer sa croisade sécuritaire.

Comment peut-on prétendre soutenir les policiers tout en ignorant systématiquement ce qu’ils constatent sur le terrain? Cette contradiction révèle la véritable nature de l’engagement trumpiste envers la sécurité: ce n’est pas une politique, c’est une performance.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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