Une escalade justifiée par la « guerre contre les cartels »
Donald Trump a déclaré la guerre aux cartels. Une guerre totale, sans demi-mesure, sans état d’âme. « Nous sommes en conflit armé », a-t-il martelé, comme si ces mots suffisaient à suspendre le droit international, les conventions de Genève, les principes les plus élémentaires de justice. Sous son administration, les frappes se sont multipliées, les morts aussi. Et pour quoi ? Pour quelques kilos de drogue présumés, pour des routes de trafic supposées, pour une victoire qui reste toujours aussi lointaine.
Le US Southern Command, chargé de ces opérations, agit désormais en toute impunité. Les bateaux sont ciblés, détruits, et leurs occupants tués, sans que personne ne puisse vérifier les allégations. Les familles des victimes n’ont même pas le droit de savoir. Pas de noms, pas de visages, juste des chiffres dans un communiqué de presse.
Et pourtant, l’histoire nous a montré que les guerres contre la drogue ne se gagnent pas par la force. Elles se gagnent par la justice, par le développement, par la coopération internationale. Pas par des frappes aveugles qui ne font que nourrir la violence.
Des « narco-terroristes » ou des boucs émissaires ?
Dans son communiqué, le US Southern Command qualifie les victimes de « narco-terroristes ». Un terme commode, qui permet de justifier l’injustifiable. Mais qui sont vraiment ces hommes ? Des trafiquants endurcis ? Des pêcheurs pris dans la tourmente ? Des migrants désespérés ? Personne ne le sait. Personne ne cherche à le savoir.
Ce qui est sûr, c’est que ces frappes ne font qu’alimenter le cycle de la violence. Chaque mort crée de nouveaux ennemis, chaque frappe renforce la détermination des cartels. Une spirale sans fin, où la seule certitude est que les innocents paient le prix fort.
L'absence de preuves : un scandale qui dure
Des vidéos de destruction, mais aucune preuve de trafic
Les vidéos diffusées par l’armée américaine montrent des bateaux en train de couler, des explosions spectaculaires. Mais où sont les preuves du trafic ? Où sont les saisies de drogue ? Où sont les enquêtes qui permettraient de distinguer les coupables des innocents ?
Rien. Juste des affirmations, des communiqués, des mots creux. « Nous avons ciblé des trafiquants », répète le commandement militaire, comme un mantra. Mais dans les faits, personne ne peut vérifier. Personne ne peut contester. La parole de l’armée suffit. La présomption d’innocence ? Un concept dépassé.
Et pourtant, dans un État de droit, c’est à l’accusation de prouver la culpabilité. Pas à l’accusé de prouver son innocence. Surtout quand l’accusé est déjà mort.
Un bilan humain de plus en plus lourd
Depuis le début de l’année, le bilan ne cesse de s’alourdir. 144 morts en quelques semaines. Des centaines de familles brisées, des vies détruites, des communautés entières traumatisées. Et pour quoi ? Pour une guerre qui, année après année, prouve son inefficacité.
Les cartels, eux, continuent de prospérer. Ils s’adaptent, changent de routes, corrompent, infiltrent. Pendant ce temps, l’Amérique frappe, tue, et s’enferme dans une logique de violence qui ne mène nulle part.
Les Caraïbes et le Pacifique : nouveaux théâtres d'une guerre sans fin
Une militarisation croissante des eaux internationales
Les frappes du 16 février ne sont pas un incident isolé. Elles s’inscrivent dans une stratégie plus large de militarisation des Caraïbes et du Pacifique. Une stratégie qui, sous couvert de lutte contre la drogue, permet à l’Amérique d’étendre son influence, de contrôler les routes maritimes, de justifier sa présence militaire dans des zones stratégiques.
Mais à quel prix ? Celui de la souveraineté des États de la région, celui de la stabilité régionale, celui de la confiance entre les nations. Les pays d’Amérique latine, déjà méfiants envers les États-Unis, voient d’un très mauvais œil cette escalade. Ils y voient une ingérence, une violation de leur souveraineté, une nouvelle forme de colonialisme.
Et pourtant, l’administration Trump semble sourde à ces critiques. Comme si la fin justifiait les moyens. Comme si la guerre contre la drogue pouvait se gagner à coups de missiles, sans égard pour les conséquences.
Le risque d’une escalade régionale
Ces frappes ne sont pas sans risque. Elles pourraient bien déclencher une escalade, une réaction des cartels, une radicalisation des populations locales. Une guerre qui, aujourd’hui, se limite aux eaux internationales pourrait bien gagner les terres, les villes, les villages.
Déjà, les tensions montent. Les gouvernements de la région, de plus en plus inquiets, commencent à protester. Mais leurs voix peinent à se faire entendre. Face à la puissance militaire américaine, ils n’ont d’autre choix que de subir.
Le silence des médias : complicité ou résignation ?
Une couverture médiatique minimaliste
Étrangement, ces frappes ne font pas la une des journaux. Pas de débats enflammés, pas de questions au Congrès, pas de mobilisation de l’opinion publique. Juste quelques articles en bas de page, quelques dépêches rapidement oubliées.
Pourquoi un tel silence ? Par lassitude ? Par résignation ? Par complicité ? Les médias américains, souvent critiques envers Trump, semblent ici donner leur blanc-seing. Comme si la guerre contre la drogue était une cause si noble qu’elle justifiait tous les excès.
Et pourtant, le rôle des médias est justement de poser les questions qui dérangent. De demander des comptes. De refuser l’impunité. Pas de se faire les complices silencieux d’une dérive qui, chaque jour, s’aggrave.
L’opinion publique, grande absente du débat
L’Amérique semble s’être habituée à ces frappes. À ces morts sans nom, sans visage. À cette justice expéditive qui, peu à peu, devient la norme. Comme si la vie de ces hommes valait moins que celle des autres. Comme si, parce qu’ils étaient soupçonnés de trafic, ils avaient perdu tout droit à la dignité, à la justice, à la vie.
Mais jusqu’où irons-nous ? Jusqu’où accepterons-nous que notre gouvernement tue au nom de la sécurité ? Jusqu’où fermerons-nous les yeux sur les excès commis en notre nom ?
Le précédent dangereux des frappes ciblées
Une doctrine qui pourrait s’étendre
Ces frappes contre les bateaux de drogue créent un précédent dangereux. Si l’Amérique peut tuer des suspects sans preuve, sans procès, pourquoi s’arrêter là ? Pourquoi ne pas étendre cette doctrine à d’autres « menaces » ? Aux migrants ? Aux opposants politiques ? Aux « ennemis » de l’Amérique, où qu’ils se trouvent ?
Une fois que la porte est ouverte, il est difficile de la refermer. Une fois que l’on a accepté que l’armée puisse tuer sur simple suspicion, il est difficile de revenir en arrière. Et c’est toute la démocratie qui en sort affaiblie.
Et pourtant, l’histoire nous a montré où mène cette logique. Aux pires excès, aux pires abus. À une société où la peur remplace la justice, où la force remplace le droit.
Un glissement vers l’autoritarisme
Ces frappes sont un symptôme d’un mal plus profond : celui d’une Amérique qui, peu à peu, renonce à ses principes. Qui accepte que la fin justifie les moyens. Qui préfère la force brute à la justice.
Un glissement dangereux, qui rappelle les heures les plus sombres de notre histoire. Quand la peur l’emportait sur la raison, quand la violence remplaçait le dialogue.
Les alternatives ignorées : développement, coopération, justice
Une guerre qui ne peut être gagnée par les armes
La guerre contre la drogue ne se gagnera pas par les frappes, par les missiles, par la violence. Elle ne se gagnera que par le développement, par la coopération internationale, par la justice sociale. En s’attaquant aux causes profondes du trafic : la pauvreté, le manque d’opportunités, la corruption.
Mais ces solutions demandent du temps, des efforts, de la patience. Elles ne font pas de belles images pour les chaînes d’information. Elles ne rapportent pas de voix aux élections. Alors on préfère frapper, tuer, et donner l’illusion d’agir.
Et pourtant, ces solutions existent. Elles ont fait leurs preuves, ailleurs, dans d’autres contextes. Mais elles exigent du courage, de la détermination, et une vraie volonté de changer les choses.
Le coût humain de l’inaction
Chaque frappe, chaque mort, est un échec. Un échec de la politique, un échec de la diplomatie, un échec de l’humanité. Un échec que nous paierons cher, tôt ou tard.
Car la violence appelle la violence. Chaque mort crée de nouveaux ennemis, chaque frappe nourrit la haine. Une haine qui, un jour, pourrait bien se retourner contre nous.
Les familles des victimes : les grands oubliés
Des vies brisées, des questions sans réponse
Derrière les chiffres, il y a des vies. Des pères, des fils, des frères. Des familles qui ne savent même pas ce qui est arrivé à leurs proches. Qui n’auront jamais de réponse, jamais de justice.
Le US Southern Command ne publie pas leurs noms. Il ne donne pas de détails. Juste un bilan, froid, impersonnel. 11 morts. Comme si ces vies ne valaient pas la peine d’être pleurées, d’être commémorées.
Et pourtant, ces familles ont le droit de savoir. Elles ont le droit à la vérité, à la justice, à la réparation. Elles ont le droit de ne pas être les oubliées de cette guerre.
Le devoir de mémoire
Nous avons le devoir de nous souvenir. De ne pas laisser ces morts tomber dans l’oubli. De ne pas accepter que des vies soient effacées d’un coup de missile, sans que personne ne s’en émeuve.
Car c’est dans l’oubli que se niche l’impunité. C’est dans le silence que se prépare la prochaine frappe. La prochaine victime.
Conclusion : Une Amérique en perte de repères
Quand la fin justifie-t-elle les moyens ?
Les frappes du 16 février posent une question fondamentale : jusqu’où sommes-nous prêts à aller au nom de la sécurité ? Jusqu’où accepterons-nous que notre gouvernement tue en notre nom, sans preuve, sans procès, sans pitié ?
L’Amérique a toujours été un pays de droits, de libertés, de justice. Mais aujourd’hui, elle semble avoir oublié ces principes. Elle semble avoir accepté que la guerre contre la drogue justifie tous les excès, toutes les dérives.
Et pourtant, il est encore temps de revenir en arrière. Il est encore temps de dire stop. De refuser l’impunité, la violence, l’arbitraire. De redonner à la justice sa place. De redonner à la vie sa valeur.
Un choix de société
Ce que nous acceptons aujourd’hui déterminera le monde de demain. Un monde où la force prime sur le droit ? Où la suspicion suffit à condamner ? Où la vie humaine n’a plus de prix ?
Ou un monde où la justice, la dignité, et le respect des droits de l’homme restent nos boussoles ? Le choix nous appartient. Mais il faut agir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.
Signé Jacques Pj Provost
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels du US Southern Command, déclarations des autorités militaires américaines, rapports des agences de presse internationales (AFP, Associated Press).
Sources secondaires : articles de presse (Jamaica Observer, US News, NBC News, Los Angeles Times, Military.com, ABC News), analyses d’experts et de médias internationaux.
Les données et citations citées proviennent des sources suivantes :
– Jamaica Observer (17 février 2026)
– US News (17 février 2026)
– NBC News (17 février 2026)
– Los Angeles Times (17 février 2026)
– Military.com (17 février 2026)
– ABC News (17 février 2026)
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
Jamaica Observer — 11 killed in US military strikes on alleged drug-smuggling boats in Pacific Ocean and Caribbean Sea — 17 février 2026
US News — Strikes on 3 More Alleged Drug Boats Kill 11 People, US Military Says — 17 février 2026
NBC News — Trump administration strikes three more alleged drug boats in the Pacific and Caribbean — 17 février 2026
Sources secondaires
Los Angeles Times — Strikes on 3 more alleged drug boats kill 11 people, U.S. military says — 17 février 2026
Military.com — Strikes on 3 More Alleged Drug Boats Kill 11 People, US Military Says — 17 février 2026
ABC News — US military strikes 3 more alleged drug boats in Eastern Pacific, Caribbean, killing 11: SOUTHCOM — 17 février 2026
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