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BILLET : 201 affrontements en 24 heures — quand la guerre devient une chaîne de montage
Crédit: Adobe Stock

Quand les nombres deviennent des armes

Commençons par ce que le communiqué de l’état-major ukrainien nous dit en langage militaire. Deux frappes de missiles utilisant cinq missiles. Quatre-vingt-une opérations aériennes larguant 200 bombes guidées. Et puis cette ligne qui devrait faire la une de tous les journaux du monde : 4 574 drones kamikazes déployés en vingt-quatre heures. Ajoutez 2 306 bombardements, dont 56 au lance-roquettes multiples. Voilà le menu d’une journée ordinaire sur le front ukrainien en février 2026.

Ordinaire. Le mot fait mal. Mais c’est le mot juste. Ce n’est pas un pic. Ce n’est pas une escalade soudaine. C’est le rythme de croisière d’une machine de guerre qui a trouvé sa cadence industrielle. La Russie ne frappe pas par à-coups. Elle frappe par vagues continues, méthodiques, implacables. Chaque jour apporte son lot de missiles, de bombes, de drones, de roquettes. Chaque jour, le compteur tourne.

Et le compteur, justement. 1 255 340 pertes russes depuis le 24 février 2022. Un million deux cent cinquante-cinq mille trois cent quarante soldats. Morts, blessés, capturés, disparus. Ce chiffre est tellement énorme qu’il en devient abstrait. Le cerveau ne sait pas quoi faire avec un million. Il ne sait pas quoi faire avec mille. Il sait quoi faire avec un. Un soldat. Un corps. Un nom. Mais un million, ça dépasse la capacité humaine de compassion.

Ces nombres ne sont pas des statistiques. Ce sont des vies qui s’éteindront sans que le monde ne sache leurs noms.

La logistique de l’horreur

4 574 drones kamikazes ne tombent pas du ciel par magie. Quelqu’un les a conçus. Quelqu’un les a fabriqués. Quelqu’un les a assemblés dans une usine, probablement en Iran, peut-être en Russie, peut-être ailleurs. Quelqu’un les a transportés. Quelqu’un les a programmés. Quelqu’un les a lancés.

C’est une chaîne de production. Avec des fournisseurs, des sous-traitants, des contrôles qualité, des calendriers de livraison. La destruction de vies humaines fonctionne exactement comme une ligne d’assemblage automobile. Sauf qu’au bout de la chaîne, il n’y a pas une voiture qui sort de l’usine. Il y a un drone bourré d’explosifs qui va s’écraser sur une position militaire, sur une infrastructure civile, sur un être humain.

200 bombes guidées. Guidées. Le mot est important. Ce ne sont pas des munitions larguées au hasard. Ce sont des projectiles de précision, équipés de systèmes de guidage, pointés vers des cibles identifiées. Chaque bombe a une adresse. Chaque bombe a été programmée pour toucher un point précis sur la carte. Et ce point précis, c’est souvent un village dont vous n’avez jamais entendu le nom.

Velykomykhailivka. Malynivka. Vovche. Samiilivka. Novoukrainka. Kopani. Hirke. Shyroke. Charivne. Myrne. Liubytske. Vozdvyzhivka. Rozivka. Nizhenka. Mykilske. Novoandriivka. Kushchove. Olhivka. Vesele. Je lis ces noms et je me dis : chacun de ces endroits existe. Chacun a une église, une épicerie, un cimetière. Des gens y sont nés, y ont grandi, y ont enterré leurs parents. Et aujourd’hui, des bombes guidées tombent dessus. Des bombes avec des coordonnées GPS. Des bombes qui savent exactement où elles vont. C’est la précision au service de la destruction. Et personne ne parle de Kopani. Personne ne parle de Myrne. Myrne, en ukrainien, ça veut dire « paisible ». Paisible. Le mot résonne comme une injure face à la réalité.

Sources

Sources primaires

État-major général des forces armées ukrainiennes — Mise à jour opérationnelle, situation au 17 février 2026, 08h00

Ukrinform — Pertes russes cumulées — Bilan des pertes militaires russes depuis le 24 février 2022 jusqu’au 17 février 2026

Sources secondaires

Ukrinform (version anglaise) — War update: 201 combat clashes on front line over past day, heaviest fighting in Pokrovsk and Huliaipole sectors, 17 février 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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