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BILLET : 890 morts aujourd’hui, et on a scrollé sans s’arrêter
Crédit: Adobe Stock

Ce que dit le registre

Froidement. Cliniquement. Parce que c’est comme ça qu’on compte les morts en 2026.

Voici ce que l’état-major général des forces armées ukrainiennes a publié le 17 février 2026, pour les dernières vingt-quatre heures. Je vais vous les donner comme ils les donnent.

Personnel : 890 soldats russes qui ne rentreront pas chez eux.

Chars : 2 de plus. Total cumulé : 11 678.

Véhicules blindés de combat : 3 de plus. Total : 24 045.

Systèmes d’artillerie : 4 de plus. Total : 37 323.

Drones opérationnels et tactiques : 614 de plus. Six cent quatorze. En une seule journée. Total cumulé : 136 073.

Missiles de croisière : 2 de plus. Total : 4 288.

Véhicules et camions-citernes : 71 de plus. Total : 78 725.

Les catégories sans changement : lance-roquettes multiples, systèmes de défense antiaérienne, avions, hélicoptères, navires de guerre, sous-marins, équipements spéciaux. Zéro modification. L’immobilité de ces lignes, paradoxalement, rend le mouvement des autres plus brutal. Parce que les lignes qui bougent, ce sont celles qui comptent les hommes et les machines qui les tuent.

Ce que le registre cache

Le registre ne dit pas que derrière le « +890 », il y a 890 familles qui se sont effondrées. 890 mères qui ont reçu un appel. Des pères, des frères, des sœurs, des enfants, des amis, des voisins qui ne reverront jamais celui qu’ils aimaient. Le registre ne dit pas que certains de ces 890 avaient dix-neuf ans. Que d’autres en avaient quarante-cinq. Que certains étaient volontaires et que d’autres avaient été envoyés sans formation, sans équipement, sans espoir — juste comme du matériel humain à sacrifier.

Ce que les médias montrent : des données. Des listes. Des graphiques en barres montrant la courbe des pertes. Ce que les médias cachent : les cris. Les appels téléphoniques. Les cercueils fermés. Les maisons devenues silencieuses. Ce que personne ne raconte.

Le registre ne dit pas non plus combien de soldats ukrainiens sont tombés dans les mêmes vingt-quatre heures. Ce nombre-là, l’Ukraine ne le publie pas. Et ce silence est une autre forme de vérité. Une vérité que personne n’est prêt à entendre. Une vérité qui pèse dans les décisions, dans les calculs, dans la géométrie cachée de cette guerre.

Le registre ne dit pas que 201 engagements de combat ont eu lieu sur la ligne de front pendant la même période. Deux cent un points sur la carte où des hommes se sont tiré dessus, se sont bombardés, se sont tués. Deux cent un endroits où la terre a tremblé et où quelqu’un a cessé de respirer.

Il y a quelque chose d’obscène dans un registre. Dans la mise en forme. Les colonnes bien alignées. Les totaux en gras. Les parenthèses avec les variations quotidiennes, comme un rapport trimestriel de résultats financiers. « +890 » — on dirait une performance. Un indicateur de rendement. Et quelque part dans un bureau à Kyiv, quelqu’un met à jour ce registre chaque matin. Chaque matin depuis quatre ans. Je me demande ce que ça fait à cette personne. Je me demande si elle arrive encore à voir des visages derrière les données, ou si les données ont fini par manger les visages.

Sources

Sources primaires

Ministère de la Défense de l’Ukraine (compte officiel X/Twitter) — Publication des pertes estimées des forces russes, données du 17 février 2026.

UNITED24 Media — Déclaration d’un haut responsable de l’OTAN — Estimation des pertes russes à environ 1,3 million de soldats tués ou blessés depuis le début de l’invasion à grande échelle.

Sources secondaires

UNITED24 Media — Couverture quotidienne du conflit en Ukraine, bulletins de pertes et analyses du champ de bataille, février 2026.

UNITED24 Media — Pertes russes de janvier 2026 — Article rapportant que la Russie a perdu 31 700 soldats au cours du premier mois de 2026, soit 9 000 de plus que le nombre de recrues enrôlées sur la même période.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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