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OPINION : L’ombre glacée de l’hiver ukrainien face aux frappes russes
Crédit: Adobe Stock

Un réseau énergétique au bord de l’effondrement

Le système énergétique ukrainien, autrefois l’un des plus robustes d’Europe de l’Est, subit depuis près de quatre ans un pilonnage méthodique qui a réduit sa capacité de production à une fraction de son niveau d’avant-guerre. Les centrales thermiques, qui assuraient une part importante de la production d’électricité du pays, ont été systématiquement ciblées, endommagées, parfois détruites. Les centrales nucléaires, bien que relativement épargnées grâce à leur statut d’installations sensibles, fonctionnent désormais dans un environnement de plus en plus précaire, où les lignes de transmission et les sous-stations essentielles peuvent être coupées à tout moment. Cette dégradation progressive de l’infrastructure énergétique a transformé l’Ukraine en un pays où l’électricité n’est plus une ressource disponible en permanence, mais un luxe soumis aux aléas de la météo et aux décisions des stratèges militaires russes.

Les conséquences humanitaires de cette destruction méthodique sont impossibles à surestimer. Dans les hôpitaux, les médecins opèrent désormais à la lueur des lampes de secours, priant pour que les générateurs ne tombent pas en panne au milieu d’une intervention chirurgicale critique. Dans les écoles, les enfants s’assoient dans des salles de classe glacées, essayant de se concentrer sur leurs leçons pendant que leurs doigts engourdis par le froid peinent à tenir leurs crayons. Dans les foyers, les familles se rassemblent autour de bougies et de poêles à bois improvisés, attendant avec anxiété le retour de l’électricité qui leur permettra de recharger leurs téléphones, de communiquer avec leurs proches dispersés par la guerre, de simplement voir ce qu’ils mangent au dîner. Cette existence précaire, imposée à des millions de personnes par une stratégie militaire délibérée, constitue une violation flagrante des principes les plus fondamentaux du droit humanitaire international, pourtant le monde continue de regarder avec une passivité qui en dit long sur notre capacité collective à faire face aux atrocities modernes.

Chaque kilowattheure volé aux Ukrainiens est une victoire tactique pour la Russie, mais c’est surtout une défaite morale pour l’humanité tout entière qui refuse de voir dans ces attaques ce qu’elles sont véritablement : des crimes de guerre perpétrés à grande échelle.

Les températures qui tuent

L’hiver 2025-2026 en Ukraine s’annonce comme l’un des plus meurtriers de l’histoire récente du pays. Les météorologues prédisent des températures pouvant descendre jusqu’à moins vingt degrés Celsius dans certaines régions, un froid qui, sans chauffage adéquat, peut devenir mortel en quelques heures seulement. Les personnes âgées, les enfants en bas âge, les malades chroniques constituent des populations particulièrement vulnérables à ces conditions extrêmes. Chaque nuit sans chauffage les expose à des risques d’hypothermie, de pneumonie, d’aggravation de leurs conditions médicales préexistantes. Les statistiques officielles ne capturent qu’imparfaitement cette réalité tragique : combien de décès attribués à des causes naturelles sont en réalité les conséquences indirectes de la destruction systématique de l’infrastructure énergétique ukrainienne ?

Les autorités ukrainiennes tentent de répondre à cette crise humanitaire avec les moyens limités dont elles disposent. Des centres d’accueil chauffés ont été établis dans les grandes villes, où les citoyens peuvent venir se réchauffer, recharger leurs appareils électroniques, et accéder à des soins médicaux de base. Des milliers de générateurs ont été distribués aux hôpitaux et aux installations critiques. Mais ces mesures palliatives ne peuvent compenser la perte d’un système énergétique national qui nécessiterait des années et des milliards d’euros pour être reconstruit. Le paradoxe est cruel : pendant que la communauté internationale discute de l’aide à apporter à l’Ukraine, la Russie détruit méthodiquement les infrastructures que cette aide tente de protéger. Chaque frappe russe annule des mois d’efforts de reconstruction, chaque missile lancé contre une sous-station électrique représente des millions d’euros de dégâts que les contribuables occidentaux devront éventuellement financer pour reconstruire ce qui a été détruit.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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