Février-mars 2022 : le choc et l’urgence
Les premiers pourparlers directs entre Moscou et Kyiv se tiennent à peine quatre jours après le début de l’invasion. Le 28 février 2022, des représentants de haut rang des deux pays se retrouvent pour cinq heures de discussion. Aucun accord. Trois rondes supplémentaires en Biélorussie suivent, jusqu’au 7 mars 2022. Toutes échouent. À ce stade, les troupes russes avancent vers Kyiv. Le rapport de force est asymétrique : la Russie négocie depuis une position d’avancée militaire, l’Ukraine depuis une position de survie. La Turquie entre alors en scène. Le 10 mars 2022, à Antalya, les ministres des Affaires étrangères Dmytro Kuleba et Sergueï Lavrov se retrouvent face à face. C’est la première rencontre ministérielle depuis l’invasion. Elle ne produit rien de concret. Fin mars, à Istanbul, une nouvelle tentative de médiation turque s’effondre, elle aussi.
On négocie pendant que les chars roulent. C’est le paradoxe fondamental de ces premiers mois : chaque ronde de discussion légitime la continuation de l’offensive. L’agresseur négocie pour gagner du temps. La victime négocie pour survivre. Et le monde observe, comme un spectateur devant un accident au ralenti.
Boutcha : le point de non-retour
Début avril 2022, les troupes russes se retirent de la banlieue de Kyiv. Ce qu’elles laissent derrière elles change tout. Les massacres de Boutcha et d’Irpin sont documentés : des corps de civils dans les rues, des traces d’exécutions sommaires, des preuves de violences systématiques. Les images font le tour du monde. Vladimir Poutine déclare que les négociations sont dans une « impasse ». C’est lui qui a créé cette impasse. Et pourtant, c’est la communauté internationale qui en porte le poids. Comment négocier avec un régime qui commet des atrocités documentées contre des populations civiles? La question hante chaque effort de médiation qui suivra. Elle n’a toujours pas reçu de réponse satisfaisante.
L'accord céréalier : le seul rayon de lumière dans l'obscurité
Istanbul, juillet 2022 : quand le pragmatisme l’emporte
En juillet 2022, à Istanbul, un accord improbable est signé. L’Initiative céréalière de la mer Noire réunit l’Ukraine, la Russie, la Turquie et les Nations unies autour d’un corridor maritime humanitaire permettant l’exportation de céréales ukrainiennes. C’est la percée diplomatique la plus significative de la première année de guerre. La famine menace plusieurs régions d’Afrique. Les prix des denrées alimentaires explosent à l’échelle mondiale. L’accord n’est pas une paix — c’est un pansement sur une hémorragie. Mais il sauve des vies. Il prouve qu’un minimum de coopération est possible, même entre des parties qui se livrent une guerre totale. Et pourtant, même cet accord fragile ne survivra pas à la mauvaise foi de Moscou.
L’accord céréalier est la preuve que la diplomatie peut fonctionner — quand la pression est suffisante et que les intérêts convergent. Il est aussi la preuve que la Russie n’honore ses engagements que tant qu’ils lui servent. Dès que l’accord a cessé d’être utile à Moscou, il a été jeté comme un chiffon usé.
Juillet 2023 : Moscou déchire l’accord
En juillet 2023, la Russie se retire de l’Initiative céréalière. Le corridor humanitaire est interrompu. Les prix alimentaires mondiaux repartent à la hausse. Les pays les plus vulnérables d’Afrique et du Moyen-Orient en paient le prix. La décision russe n’est pas un accident de parcours — c’est un acte délibéré qui transforme la nourriture en arme de guerre. Le seul accord concret obtenu en quatre ans de conflit est détruit par celui-là même qui l’avait signé. Ce retrait ne provoque pas de conséquences significatives pour Moscou. Pas de sanctions supplémentaires proportionnelles. Pas de mécanisme de responsabilité. Le message envoyé au monde est limpide : la Russie peut signer, puis déchirer, sans que personne ne réagisse avec la force nécessaire.
Le plan Zelensky : dix points pour une paix que personne ne veut construire
G20 de Bali, novembre 2022 : une vision ambitieuse
Au sommet du G20 en Indonésie, le président Zelensky présente son plan de paix en dix points. Les demandes sont claires : retrait russe de tout le territoire ukrainien, sécurité nucléaire et radiologique, sécurité alimentaire, sécurité énergétique, libération des prisonniers ukrainiens et des enfants déportés. Le plan est cohérent. Il est ancré dans le droit international. Il exige ce que toute nation souveraine est en droit d’exiger après une invasion illégale. La réponse de Moscou est immédiate et prévisible : rejet total. La Russie réitère son refus de restituer les territoires saisis. Le plan Zelensky devient alors le cadre de référence pour l’Ukraine dans toutes les négociations futures — et le mur contre lequel chaque médiation viendra se fracasser.
Le plan en dix points de Zelensky n’a rien d’extrémiste. Il demande le respect du droit international. Il demande qu’un pays envahi récupère son territoire. Il demande que des enfants déportés soient rendus à leurs familles. Que ces demandes soient considérées comme « irréalistes » en dit plus sur l’état du monde que sur les ambitions de l’Ukraine.
Le fossé entre le droit et la réalité
Le problème fondamental du plan Zelensky est qu’il exige de la Russie ce qu’elle refuse catégoriquement : un retrait territorial complet. Moscou contrôle environ un cinquième de l’Ukraine, y compris la Crimée annexée en 2014 et de vastes portions du Donbas. Pour le Kremlin, ces territoires sont « russes » — une fiction juridique que personne ne reconnaît, mais qu’une armée de 300 000 soldats impose par la force. Le droit international est du côté de l’Ukraine. La réalité militaire est du côté de la Russie. Et chaque médiateur qui entre dans cette équation doit naviguer entre ces deux vérités irréconciliables. Certains choisissent le droit. D’autres choisissent le pragmatisme. Aucun n’a trouvé la synthèse.
La Chine et l'Afrique : des médiateurs aux agendas transparents
Pékin, février 2023 : douze points et beaucoup de brouillard
En février 2023, la Chine publie son plan de paix en douze points. Il appelle à un cessez-le-feu et à la fin des « sanctions unilatérales ». Il insiste sur le fait que « la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de tous les pays doivent être effectivement respectées ». Les pays occidentaux relèvent immédiatement la contradiction : le plan ne reconnaît pas que c’est la Russie qui viole la souveraineté ukrainienne. Demander un cessez-le-feu sans nommer l’agresseur, c’est demander à la victime de cesser de se défendre. La Chine, partenaire stratégique de Moscou, ne pouvait pas se permettre de pointer du doigt son allié. Son plan n’est pas une médiation — c’est un exercice de positionnement géopolitique déguisé en initiative de paix. L’envoyé spécial chinois Li Hui multiplie les déplacements, mais aucune percée n’émerge de ses efforts.
Un médiateur qui refuse de nommer l’agresseur n’est pas un médiateur. C’est un complice qui se donne bonne conscience. Le plan chinois est l’équivalent diplomatique d’un arbitre de boxe qui demande aux deux combattants de s’arrêter — sans mentionner que l’un des deux a frappé l’autre en premier, par surprise, avec une barre de fer.
L’Afrique entre en scène : juin 2023
En juin 2023, une délégation africaine menée par le président sud-africain Cyril Ramaphosa, accompagné des présidents du Sénégal et de la Zambie, se rend à Kyiv puis à Saint-Pétersbourg. Leur plan en dix points met l’accent sur la désescalade et les exportations de céréales — un sujet vital pour le continent africain, durement frappé par la flambée des prix alimentaires et des engrais. Zelensky rejette la formulation : le terme « désescalade » implique un gel du conflit sans retrait russe, ce qui reviendrait à récompenser l’agression. L’initiative africaine est sincère dans ses motivations — l’Afrique paie un prix disproportionné pour une guerre qui n’est pas la sienne. Mais elle se heurte à la même réalité que tous les autres efforts : sans pression crédible sur la Russie, aucune médiation ne peut aboutir.
De Djeddah à Bürgenstock : les sommets de l'impuissance
Djeddah, août 2023 : quarante pays, zéro résultat
L’Arabie saoudite organise en août 2023 un sommet à Djeddah réunissant des représentants de quarante pays. La surprise vient de la présence de l’envoyé chinois Li Hui. La Russie, elle, n’est pas invitée. Les discussions portent sur la « Formule de paix » du président Zelensky. Aucun accord final n’est conclu. Aucune déclaration commune n’est publiée. Le Kremlin prédit que ces efforts « échoueront ». Pour une fois, Moscou dit vrai. Le sommet de Djeddah illustre un paradoxe récurrent : on peut rassembler des dizaines de pays autour d’une table, mais si l’agresseur n’y est pas et n’a aucune incitation à changer de comportement, la réunion n’est qu’un exercice de bonne volonté collective sans levier réel.
Quarante pays dans une salle. Zéro résultat sur la table. Il y a dans cette image la synthèse parfaite de l’impuissance contemporaine. On se réunit, on discute, on rédige des communiqués — et pendant ce temps, les missiles continuent de tomber. La diplomatie sans conséquences n’est pas de la diplomatie. C’est du théâtre.
Bürgenstock, juin 2024 : le sommet des absents
En juin 2024, la Suisse accueille un sommet pour la paix dans la station de Bürgenstock. Plus de quatre-vingt-dix nations y participent. L’ordre du jour couvre la sécurité nucléaire, la sécurité alimentaire et les échanges de prisonniers. Mais les absences parlent plus fort que les présences. La Russie n’est pas là. L’Inde et l’Arabie saoudite refusent de signer le communiqué final. Le sommet produit de bonnes intentions sans mécanisme d’application. Et pourtant, c’est le rassemblement international le plus large jamais organisé autour du conflit russo-ukrainien. Son échec relatif montre que le nombre ne remplace pas le pouvoir de contrainte. Quatre-vingt-dix pays qui recommandent la paix pèsent moins lourd qu’un seul pays qui refuse de cesser le feu.
L'entrée en scène de Trump : la diplomatie comme spectacle
La promesse des 24 heures
Pendant sa campagne présidentielle de 2024, Donald Trump promet de négocier un cessez-le-feu entre la Russie et l’Ukraine « en 24 heures ». La promesse est aussi spectaculaire qu’elle est vide. Dès son retour à la Maison-Blanche, la réalité s’impose. En février 2025, Trump téléphone à Poutine — l’annonce est faite sur Truth Social, sa plateforme personnelle, comme s’il s’agissait du lancement d’un produit. Le 18 février 2025, en Arabie saoudite, le secrétaire d’État Marco Rubio rencontre le ministre des Affaires étrangères Lavrov. Le but affiché : poser les bases de futures négociations. Le problème : l’Ukraine et l’Union européenne sont exclues de ces discussions. Washington négocie la paix d’un pays sans ce pays à la table.
Promettre la paix en 24 heures, c’est soit de l’ignorance, soit du cynisme. Dans les deux cas, c’est insultant pour les familles qui comptent leurs morts au quotidien depuis quatre ans. La diplomatie n’est pas un tweet. Et la guerre n’est pas un deal immobilier.
28 février 2025 : l’humiliation du Bureau ovale
Le 28 février 2025 restera dans les annales de la diplomatie moderne comme l’un de ses moments les plus sombres. Dans le Bureau ovale, Trump et le vice-président JD Vance prennent à partie le président Zelensky. Ils lui reprochent sa tenue vestimentaire. Ils critiquent son manque de « gratitude ». L’échange est décrit comme « l’un des moments les plus conflictuels de la diplomatie moderne ». Un président dont le pays est envahi, dont les citoyens meurent sous les bombes, est sermonné sur ses manières par ceux qui prétendent l’aider. Le message envoyé à Moscou est dévastateur : les États-Unis exercent plus de pression sur la victime que sur l’agresseur. Poutine n’a pas besoin de gagner militairement s’il peut compter sur Washington pour affaiblir Kyiv diplomatiquement.
Le plan des 28 points : quand la paix ressemble à une capitulation
Novembre 2025 : la fuite qui change tout
En novembre 2025, lors de pourparlers à Genève, un document de 28 points fuite dans la presse. Il aurait été rédigé par l’envoyé américain Steve Witkoff et l’envoyé russe Kirill Dmitriev. Son contenu provoque un séisme diplomatique. Le plan prévoit un plafonnement des capacités militaires ukrainiennes, un gel de l’adhésion à l’OTAN, et des concessions territoriales suggérées en faveur de la Russie. Les capitales occidentales réagissent avec fureur. Le mot « capitulation » revient dans les déclarations de plusieurs dirigeants européens. Le plan demande à l’Ukraine de renoncer au Louhansk et au Donetsk, y compris des zones que ses forces contrôlent encore. C’est l’équivalent de demander à un pays agressé de signer l’acte de propriété de ses propres terres au profit de l’envahisseur.
Un plan de paix rédigé entre l’envoyé de l’agresseur et l’envoyé du supposé allié de la victime. Sans la victime dans la pièce. Il faut relire cette phrase lentement pour en mesurer l’obscénité. Ce n’est plus de la médiation. C’est de la prédation diplomatique en costume-cravate.
Berlin et Miami : les dernières tentatives de 2025
En décembre 2025, deux rencontres se succèdent. À Berlin, les 14 et 15 décembre, Zelensky retrouve les envoyés américains Witkoff et Kushner, en présence du chancelier allemand Friedrich Merz, du premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron. Les Américains affirment que 90 % des dossiers sont résolus. Restent les 10 % qui comptent : la souveraineté sur le Donbas et la ligne de démarcation. Plus tard en décembre, à Miami, Witkoff et Kushner tentent de débloquer ces derniers obstacles. En vain. La Russie refuse de reculer sur la question territoriale. L’Ukraine refuse de céder ce qu’elle défend encore. Et les États-Unis ne disposent pas — ou ne souhaitent pas utiliser — les leviers nécessaires pour forcer Moscou à bouger.
Abu Dhabi : le mirage du progrès
Janvier 2026 : les premiers pourparlers trilatéraux depuis 2022
Le 23 janvier 2026, au palais Al Shati d’Abu Dhabi, un événement historique se produit : les premiers pourparlers trilatéraux entre les États-Unis, l’Ukraine et la Russie depuis l’invasion de 2022. Les Émirats arabes unis servent de médiateurs. L’événement est salué comme une percée diplomatique. Pour la première fois en quatre ans, les trois parties sont dans la même pièce. Mais être dans la même pièce ne signifie pas être sur la même longueur d’onde. Les discussions sont qualifiées de « constructives » par les deux camps — ce qui, en langage diplomatique, signifie qu’on s’est parlé sans s’insulter.
On célèbre le fait que les belligérants se soient assis dans la même pièce. En 2026. Après un million de morts. C’est comme féliciter un pyromane parce qu’il a accepté de rencontrer les pompiers. La barre est si basse qu’elle est sous terre.
4 février 2026 : l’échange de prisonniers, une lueur dans la nuit
Le 4 février 2026, la deuxième ronde d’Abu Dhabi produit un résultat concret : un accord d’échange de prisonniers. 157 prisonniers de chaque côté — 314 au total — sont libérés. C’est le premier échange en cinq mois. Pour 314 familles, c’est un fils, une fille, un parent qui rentre. Ce n’est pas la paix. Ce n’est même pas le début de la paix. Mais c’est la preuve que la négociation peut produire quelque chose de tangible quand la volonté politique existe. Et pourtant, sur les questions fondamentales — le territoire, la sécurité, l’avenir de l’Ukraine dans l’architecture de sécurité européenne — rien ne bouge. Les prisonniers sont libres. Le conflit reste verrouillé.
Genève et les murs invisibles : pourquoi la paix refuse de naître
17-18 février 2026 : des délégations massives, des résultats minces
Les 17 et 18 février 2026, à quelques jours du quatrième anniversaire de l’invasion, une troisième ronde de pourparlers se tient à Genève. La délégation russe, forte d’une vingtaine de membres, est menée par Vladimir Medinsky, assisté du chef du renseignement militaire Igor Kostyoukov et de l’envoyé spécial Kirill Dmitriev pour le volet économique. Côté ukrainien, Rustem Umerov dirige les discussions, accompagné de Kyrylo Boudanov, chef d’état-major de Zelensky, et du conseiller Serhiy Kyslytsya. Les États-Unis sont représentés par Steve Witkoff et Jared Kushner. La première journée se termine plus tôt que prévu. Witkoff parle de « progrès significatifs ». Medinsky décrit des discussions « difficiles mais professionnelles ». Umerov qualifie le second jour d’« intensif et substantiel ». Pendant ce temps, Trump, à bord d’Air Force One, lâche une phrase qui résume toute son approche : « L’Ukraine ferait mieux de venir à la table, vite. » La phrase vise l’Ukraine — pas la Russie. Le président Zelensky réagit en déclarant que cette approche n’est « pas juste » et rappelle que « seule une pression suffisante sur la Russie et des garanties de sécurité claires pour l’Ukraine peuvent mettre fin à cette guerre ».
Le mur du territoire : l’obstacle fondamental
Le principal obstacle à tout accord de paix est la question territoriale. La Russie exige que l’Ukraine cède les 20 % restants de la région de Donetsk que les forces russes n’ont pas réussi à conquérir. Kyiv refuse catégoriquement. La version révisée du plan en 28 points prévoit l’abandon par l’Ukraine du Louhansk et du Donetsk, y compris des zones encore sous contrôle ukrainien. C’est une demande sans précédent dans la diplomatie moderne : exiger d’un pays qu’il cède des territoires qu’il défend encore à l’armée qui l’a envahi. Et pourtant, cette demande est présentée comme un « compromis réaliste » par certains acteurs. Le réalisme est devenu le nouveau nom de la capitulation.
On demande à l’Ukraine de donner ce qu’elle possède encore. Pas ce qu’elle a perdu — ce qu’elle défend. Quand le médiateur demande à la victime de donner les clés de sa maison au cambrioleur, il ne faut plus appeler ça une médiation. Il faut appeler ça une complicité. Les mots polis — « progrès significatifs », « difficiles mais professionnels » — sont des masques posés sur une réalité plus crue : personne n’a cédé sur l’essentiel.
Les garanties de sécurité : le fantôme de Budapest
L’Ukraine exige des garanties de sécurité occidentales robustes pour accepter tout accord. La mémoire du Mémorandum de Budapest de 1994 — par lequel l’Ukraine avait renoncé à son arsenal nucléaire en échange de garanties de souveraineté de la part de la Russie, des États-Unis et du Royaume-Uni — hante chaque discussion. Ces garanties n’ont valu rien en 2014 lors de l’annexion de la Crimée. Elles n’ont valu rien en 2022 lors de l’invasion à grande échelle. Kyiv a toutes les raisons de se méfier des promesses sur papier. Sans adhésion à l’OTAN — que Moscou refuse catégoriquement — et sans présence militaire internationale sur le terrain — que Moscou refuse également —, quelles garanties sont crédibles? La réponse, pour l’instant, est aucune. Le fantôme de Budapest plane sur chaque table de négociation. L’Ukraine a déjà cru aux promesses une fois. Elle en a payé le prix avec son sang. Demander à ce pays de croire à nouveau sur parole, sans mécanisme de garantie concret, relève soit de la naïveté, soit du cynisme calculé.
Conclusion : Le prix de l'inaction se paie en vies humaines
Quatre ans de cercles vicieux
Depuis février 2022, le monde a tenté de mettre fin à la guerre russo-ukrainienne par la voie diplomatique. Biélorussie, Turquie, Indonésie, Chine, Afrique du Sud, Arabie saoudite, Suisse, Émirats arabes unis, États-Unis — la liste des médiateurs couvre tous les continents. Le résultat tient en une phrase : un accord céréalier déchiré et un échange de 314 prisonniers. Quatre ans de diplomatie pour ça. Le schéma est toujours le même : une initiative est lancée avec optimisme, elle se heurte au refus russe de restituer les territoires occupés, elle se fracasse contre l’impossibilité ukrainienne d’accepter un démembrement national, et elle s’éteint dans un communiqué poli annonçant que les « discussions se poursuivront ». Les discussions se poursuivent. Les bombardements aussi. Les morts aussi.
Ce que la prochaine ronde ne changera pas
La ronde de Genève ne sera pas la dernière. D’autres suivront. D’autres envoyés spéciaux prendront l’avion. D’autres communiqués seront rédigés. Et tant que la communauté internationale continuera d’exercer plus de pression sur la victime que sur l’agresseur, tant que les sanctions ne seront pas à la hauteur de l’agression, tant que le droit international restera un concept théorique sans mécanisme de contrainte, rien ne changera fondamentalement. La paix n’est pas impossible. Elle exige simplement quelque chose que le monde semble incapable de fournir : la volonté de dire à l’agresseur qu’il doit s’arrêter, avec les moyens de l’y contraindre. Quatre ans. Plus d’un million de victimes. Et la question qui hante : combien faudra-t-il de rondes de négociations, combien faudra-t-il de sommets internationaux, combien faudra-t-il de morts avant que le mot « paix » cesse d’être une promesse vide et devienne enfin une réalité?
Maintenant, vous savez. Vous connaissez chaque sommet, chaque plan, chaque échec. Vous savez que des dizaines de pays se sont réunis, que des centaines de diplomates ont négocié, que des milliers de pages ont été rédigées. Et que pendant tout ce temps, les missiles n’ont pas cessé de tomber. La question n’est plus de savoir si la paix est possible. La question est de savoir si quelqu’un a vraiment envie de la construire.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements diplomatiques, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies (Al Jazeera, CNN, NPR, UPI, Euronews, Newsweek, The Guardian).
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et diplomatiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
Al Jazeera — Russia-Ukraine talks: All the mediation efforts, and where they stand — 18 février 2026
Al Jazeera — Difficult Russia-Ukraine talks conclude without breakthrough — 18 février 2026
Al Jazeera — Missiles fly as tense Russia-Ukraine peace talks wrap up day one — 17 février 2026
Sources secondaires
UPI — Witkoff hails progress in peace negotiations with Russia, Ukraine — 18 février 2026
CNN — Inside the world of Trump’s unorthodox diplomatic duo — 18 février 2026
NPR — What could progress look like in the latest Russia-Ukraine peace talks — 17 février 2026
Newsweek — Trump Envoy Says Russia, Ukraine Struck New Agreement After Five Months — février 2026
Brussels Morning — Difficult Ukraine Peace Talks Critical Failures — février 2026
House of Commons Library — Ukraine peace talks — février 2026
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