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CHRONIQUE : 201 affrontements en 24 heures — quand l’Ukraine refuse de plier sous le feu russe
Crédit: Adobe Stock

La ville qui ne veut pas mourir

Pokrovsk. Avant la guerre, une ville de 60 000 habitants dans l’oblast de Donetsk. Un noeud ferroviaire. Des écoles. Des marchés. Des enfants qui jouaient dans des cours d’immeubles soviétiques. Aujourd’hui, Pokrovsk est un mot que les analystes militaires prononcent en baissant la voix. La ville est devenue l’épicentre de l’offensive russe dans le Donbas. Les forces russes tentent de refermer un étau autour de Pokrovsk et de Myrnohrad, sa ville jumelle située à quelques kilomètres au nord-est. Selon les estimations du projet cartographique DeepState, le corridor entre les deux positions ukrainiennes s’est réduit à environ cinq kilomètres. Cinq kilomètres. La distance d’une promenade matinale. La distance entre la résistance et l’encerclement.

Le 16 février, l’armée russe a lancé 42 assauts dans le seul secteur de Pokrovsk. Les combats ont fait rage autour de Rodynske, Chervonyi Lyman, Kotlyne, Udachne, Novyi Donbas, Vilne, Shevchenko, Novooleksandrivka, Novopavlivka, Novopidhorodne et Filiia. Chaque nom est un point sur la carte. Chaque point, un enfer local. Les forces ukrainiennes rapportent avoir éliminé 167 soldats russes et blessé 19 autres dans ce seul secteur au cours des dernières 24 heures, en plus de la destruction de 13 véhicules, 43 drones, 15 abris et dépôts de munitions, et un char.

Quarante-deux assauts en une journée sur un seul secteur. C’est un assaut toutes les 34 minutes, sans pause, sans répit, du lever au coucher du soleil et au-delà. Comment décrit-on ça à quelqu’un qui n’a jamais entendu le son d’un obus? On ne le décrit pas. On compte les minutes entre les détonations et on prie pour que le prochain tombe ailleurs.

L’étau qui se resserre — et qui se desserre

L’épicentre des combats s’est déplacé vers Rodynske et Krasnyi Lyman, au nord de Pokrovsk. C’est là que la Russie intensifie sa pression, tentant de déployer de l’armement lourd supplémentaire et du personnel pour ce que les analystes décrivent comme une manoeuvre d’enveloppement. La tactique est lisible : couper les lignes d’approvisionnement terrestres, isoler les défenseurs, forcer la reddition ou le retrait. C’est la même tactique que la Russie a employée à Marioupol, à Bakhmut, à Avdiivka. Elle ne change pas de méthode. Elle change de cible.

Et pourtant, les forces ukrainiennes maintiennent le contrôle du nord de Pokrovsk. Les positions sont imbriquées. Russes et Ukrainiens occupent des bâtiments séparés par une rue, parfois par un mur. La guerre urbaine dans sa forme la plus crue. L’intelligence OTAN a été claire dans son évaluation : la capture de la ligne de front ne signifierait pas l’effondrement de la défense ukrainienne dans le secteur. Les positions sont profondes. Les réserves existent. La volonté est intacte.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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