Parks Tau à Pékin, ou quand la diplomatie se joue dans les marges
Parks Tau, ministre sud-africain du Commerce et de l’Industrie, s’est rendu à Pékin début février pour signer cet accord-cadre que personne n’a remarqué. L’accord prévoit un accès libre de droits au marché chinois pour certains produits sud-africains. En retour, la Chine obtient des opportunités d’investissement élargies en Afrique du Sud. Les secteurs couverts : mines, agriculture, énergie renouvelable, technologie. Quatre piliers de toute économie moderne. Le ministère s’attend à une finalisation d’ici fin mars 2026. La vitesse dit tout. Quand il faut des années pour renouveler l’AGOA au Congrès américain, il faut quelques semaines à Pékin pour offrir une alternative.
Parks Tau n’est pas allé à Pékin par amour de la Chine. Il y est allé parce que Washington lui a claqué la porte au visage. Les droits de douane de 30 % sur les exportations sud-africaines ne sont pas une politique commerciale. C’est un message. Et le message est clair : l’Afrique ne compte pas. Pékin, au moins, fait semblant que si.
La Chine, premier partenaire commercial de l’Afrique du Sud
La Chine est déjà le premier partenaire commercial de l’Afrique du Sud. Près de 20 % des exportations de l’Afrique subsaharienne prennent la direction de la Chine, 16 % des importations africaines proviennent de l’Empire du Milieu. Le fruit de vingt ans de stratégie patiente, de prêts massifs, d’infrastructures construites sous la bannière de la Nouvelle route de la soie. Les tarifs de Trump ne font qu’accélérer un mouvement tectonique déjà en cours. L’accord-cadre de février 2026 n’est pas un début. C’est une consolidation.
Les minerais critiques : le vrai butin
Cobalt, lithium, manganèse : la guerre invisible
Derrière les accords commerciaux et les poignées de main diplomatiques, il y a une réalité plus crue. La Chine ne s’intéresse pas à l’Afrique pour ses fruits. Elle s’intéresse à l’Afrique pour ce qui se trouve sous ses pieds. Le cobalt de la République démocratique du Congo. Le lithium du Zimbabwe. Le manganèse du Gabon. Les terres rares qui se cachent dans une douzaine de pays dont la plupart des Occidentaux seraient incapables de placer sur une carte. En 2025, les investissements chinois dans le secteur minier africain ont atteint des records historiques. Le premier semestre à lui seul a vu 24,9 milliards de dollars injectés dans les métaux et minerais, dont environ 10 milliards dans l’exploitation minière directe. Le Nigeria a vu ses engagements BRI exploser de 12 235 %. La Tanzanie de 1 930 %. Des chiffres qui donnent le vertige. Des chiffres qui racontent une histoire que personne ne veut entendre.
Quand la Chine investit 24,9 milliards de dollars en six mois dans les mines africaines, ce n’est pas de la philanthropie. C’est de l’acquisition. Et quand les pays africains acceptent ces investissements, ce n’est pas de la naïveté. C’est du désespoir. Le désespoir de nations que l’Occident a ignorées pendant des décennies et auxquelles il reproche maintenant de chercher des alternatives.
La gigafactory marocaine et l’économie verte selon Pékin
La première gigafactory de batteries pour véhicules électriques en Afrique doit entrer en production en 2026, au Maroc. La Zambie et la RDC ont créé une zone économique spéciale transfrontalière pour attirer les fabricants de composants pour véhicules électriques, avec le soutien de la Banque africaine de développement et de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique. Et qui se tient derrière tout cela, finançant, conseillant, construisant? La Chine. Le premier ministre chinois Li Qiang l’a dit clairement au sommet du FOCAC : dans les trois prochaines années, la Chine travaillera avec l’Afrique pour maintenir la stabilité de la chaîne d’approvisionnement en minerais et promouvoir la valeur ajoutée dans l’industrie. Les véhicules électriques, les batteries et les énergies renouvelables sont ce que Pékin appelle les « Trois Nouveaux ». Un nom qui sonne comme un slogan. Un slogan qui masque une stratégie de domination.
Les tarifs de Trump : une arme qui se retourne
500 % sur le pétrole russe, et après?
En janvier 2026, Donald Trump a donné son feu vert au Sanctioning Russia Act, porté par le sénateur Lindsey Graham et le démocrate Richard Blumenthal. Le texte est brutal : tout pays qui achète du pétrole russe s’expose à des tarifs de 500 % sur ses exportations vers les États-Unis. Cibles : la Chine, l’Inde, le Brésil. Sur le papier, une arme de dissuasion massive. En pratique, un pistolet pointé sur le pied de celui qui tire. Car la Chine achète du pétrole russe parce qu’il est moins cher, parce que la sécurité énergétique est une obsession existentielle pour 1,4 milliard d’habitants.
Il y a une forme d’absurdité magnifique dans la politique tarifaire de Trump. Menacer la Chine de tarifs de 500 % pour qu’elle cesse d’acheter du pétrole russe, c’est comme menacer un incendie avec un briquet. La Chine ne cessera pas d’acheter du pétrole russe. Elle trouvera simplement de nouvelles routes, de nouveaux intermédiaires, de nouvelles façons de contourner les sanctions. Elle le fait déjà.
L’Inde comme test, l’Afrique comme dommage collatéral
En février 2026, Trump a annoncé le retrait des tarifs de 25 % imposés à l’Inde, affirmant que New Delhi avait cessé d’acheter du pétrole russe. Pendant que Washington négocie avec les grandes puissances, l’Afrique subit les conséquences collatérales d’une guerre commerciale qui ne la concerne pas. Le CSIS l’a documenté : les pays africains sont « relativement plus durement touchés » par les tarifs de Trump que le reste du monde. Quand les prix mondiaux bougent, ce sont les économies les plus fragiles qui trinquent. Et les plus fragiles se trouvent en Afrique.
Le double jeu chinois sur les drones
80 % des composants critiques de la machine de guerre russe
Le paradoxe chinois tient en une phrase. Pendant que Pékin se présente en partenaire bienveillant du Sud global, ses entreprises fournissent à la Russie près de 80 % des composants à double usage nécessaires pour sa guerre en Ukraine. Le Département d’État américain est formel : la Chine est le fournisseur externe le plus important de la machine de guerre russe. Moteurs de drones, composants microélectroniques, câbles à fibre optique, batteries au lithium-ion : tout transite par des réseaux de réexportation via les Émirats, Hong Kong, la Turquie, le Kazakhstan. DJI et Autel Robotics au centre de l’écosystème. Les moteurs livrés à la Russie sont étiquetés « unités de réfrigération industrielle ». Le cynisme a trouvé son étiquette.
Des moteurs de drones étiquetés comme des unités de réfrigération industrielle. Il faut prendre un moment pour absorber l’ampleur de cette imposture. Ce n’est pas du commerce. C’est de la complicité. Et quand ces moteurs propulsent des drones qui frappent des immeubles résidentiels à Kharkiv, chaque étiquette mensongère porte le poids d’une vie perdue.
Le contrat Kupol : 6 000 drones, trois fois plus qu’en 2025
L’ampleur de cette collaboration ne relève plus de l’anecdote. Le fabricant russe Kupol a considérablement accéléré la production du Garpiya-A1, un drone d’attaque à longue portée basé sur le design iranien du Shahed mais propulsé par de la technologie chinoise. Un document interne a révélé un contrat avec le ministère russe de la Défense pour plus de 6 000 unités cette année. Trois fois le chiffre de 2025, qui était déjà de 2 000. Les expéditions chinoises de câbles à fibre optique et de batteries au lithium-ion vers la Russie ont bondi au second semestre 2025. Cet afflux a dopé la production russe de drones à fibre optique capables de frapper des cibles à 20 à 30 kilomètres derrière les lignes ukrainiennes. Et pourtant, l’Union européenne a imposé pour la première fois des sanctions complètes contre des entités et individus chinois impliqués dans la fourniture de ces composants. Et pourtant, rien ne change. Les sanctions européennes sont un pansement sur une hémorragie artérielle.
L'Ukraine privée de drones par son propre fournisseur
Quand Pékin coupe les ailes de Kyiv
Le double jeu chinois ne s’arrête pas à l’approvisionnement de la Russie. En septembre 2024, la Chine a imposé des restrictions à l’exportation de drones et de composants de drones fabriqués en Chine vers l’Ukraine et la Russie. En théorie, une mesure équitable. En pratique, une arme asymétrique dévastatrice. Car l’Ukraine dépendait de la Chine pour ses drones d’une manière que peu de gens imaginent. En 2023, Kyiv achetait 60 % de la production mondiale de quadricoptères DJI Mavic. L’Ukraine perd environ 10 000 drones par mois sur le champ de bataille. En mai 2025, la Chine a interrompu les exportations de DJI Mavic vers l’Ukraine, après que Moscou aurait fait pression sur Pékin pour empêcher que ses drones soient utilisés en zone de guerre. Les prix de certains composants ont triplé depuis l’entrée en vigueur de ces restrictions.
L’Ukraine achetait 60 % de la production mondiale de quadricoptères DJI Mavic. La Chine a coupé l’approvisionnement. Les prix ont triplé. Les soldats ukrainiens, eux, continuent de perdre 10 000 drones par mois sur un front de plus de 1 000 kilomètres. C’est cela, la neutralité chinoise. Une neutralité qui tue d’un côté et arme de l’autre.
Les fabricants ukrainiens cherchent des alternatives européennes
Face à cette rupture d’approvisionnement, les fabricants ukrainiens se sont tournés vers des intermédiaires européens pour contourner les restrictions chinoises. Un palliatif qui s’accompagne de coûts plus élevés et d’une disponibilité limitée. Le RUSI, dans un rapport publié en novembre 2025, a détaillé les efforts de découplage des chaînes d’approvisionnement de drones par rapport à la Chine. Le CSIS a analysé comment les restrictions chinoises sur la chaîne d’approvisionnement en UAV affaiblissent le pouvoir de négociation de l’Ukraine. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. En privant l’Ukraine de ses drones tout en inondant la Russie de composants, la Chine ne reste pas neutre. Elle incline le rapport de force. Et le président Zelensky l’a compris, annonçant le 8 février l’ouverture de 10 bureaux d’exportation d’armes dans l’Union européenne d’ici fin 2026. La diversification n’est plus un choix. C’est une question de survie.
Genève, février 2026 : la paix des dupes
Des pourparlers dans le fracas des missiles
Le 17 février 2026, Genève. Délégations russe et ukrainienne face à face pour un nouveau round de pourparlers de paix parrainés par les États-Unis. Deux sessions à Abou Dhabi n’avaient rien produit. Genève, ville de la neutralité helvétique. Un décor parfait pour une pièce de théâtre dont personne n’attend le dénouement. Car pendant que les diplomates prenaient place, la Russie lançait 400 drones et 29 missiles contre 12 régions ukrainiennes. Neuf blessés, dont des enfants. Infrastructures énergétiques visées. Le message de Moscou : chaque missile est un argument de plus sur la table.
Négocier la paix pendant que des missiles s’abattent sur des civils, c’est comme discuter du menu dans un restaurant en feu. Les pourparlers de Genève ne sont pas un exercice diplomatique. C’est un exercice de relations publiques. Et chaque drone lancé pendant les discussions est un aveu : la Russie ne veut pas la paix. Elle veut la capitulation.
Le territoire, obstacle insurmontable
Le blocage est territorial. La Russie exige un retrait complet des troupes ukrainiennes du Donetsk. L’Ukraine refuse tout retrait unilatéral sans garanties de sécurité occidentales. Les États-Unis ont fixé une échéance en juin. Personne n’y croit. Ni Moscou ni Kyiv ne bougent. Et dans ce vide, les drones continuent de voler. Propulsés par des moteurs chinois. Étiquetés comme des réfrigérateurs.
L'Afrique, laboratoire du nouvel ordre chinois
La Route de la soie version 2026
Revenons en Afrique. C’est là que se joue le vrai match. La Nouvelle route de la soie de Xi Jinping n’a jamais été un projet d’infrastructures. C’est un projet d’influence. Les routes, les ports, les chemins de fer construits à travers l’Afrique relient des ressources à des ports d’exportation vers la Chine. La zone économique spéciale entre la Zambie et la RDC en est l’exemple. Sur le papier, du développement. En réalité, un corridor d’extraction. Le cobalt de la RDC devient des batteries pour véhicules électriques chinois. La valeur ajoutée quitte l’Afrique. Les profits quittent l’Afrique. Ce qui reste : des dettes et une dépendance qui s’approfondit.
On appelle cela du « développement ». On devrait appeler cela ce que c’est : de l’extraction avec une meilleure brochure marketing. Quand Li Qiang parle de « maintenir la stabilité de la chaîne d’approvisionnement en minerais », il ne parle pas de stabilité pour l’Afrique. Il parle de stabilité pour la Chine. La nuance est fondamentale. Et elle est systématiquement effacée.
Les « Trois Nouveaux » de Pékin et la dépendance africaine
Les « Trois Nouveaux » chinois : véhicules électriques, batteries, énergies renouvelables. Trois industries qui dépendent de minerais africains. La Chine a gagné une position dominante dans les minerais critiques du continent grâce à des investissements à long terme. Le Centre africain d’études stratégiques a documenté cette approche : investir dans l’extraction, contrôler le raffinage, verrouiller les chaînes d’approvisionnement. Le résultat est une dépendance structurelle qui transcende les cycles politiques. L’Afrique extrait. La Chine transforme. Le monde achète. L’Afrique recommence.
Le grand paradoxe américain
Punir ses alliés potentiels pour contraindre ses rivaux
La politique tarifaire américaine sous Trump souffre d’un paradoxe fondamental. Washington punit les maillons les plus faibles pour contraindre les plus forts. L’Afrique du Sud, frappée de 30 % de tarifs, n’a aucun levier sur Pékin. Aucun. Elle a un besoin vital de marchés d’exportation. Quand les États-Unis ferment la porte, la Chine l’ouvre. Bloomberg a rapporté que les États-Unis ont renouvelé un programme de préférences commerciales avec les nations africaines pour un an, mais que cette mesure n’a « que peu d’impact immédiat » en raison des tarifs mondiaux de Trump. Un pansement sur une plaie ouverte.
La politique américaine en Afrique se résume à ceci : on vous ignore, on vous taxe, et on s’étonne que vous alliez voir ailleurs. Il y a un mot pour cela. Ce mot n’est pas « stratégie ». C’est « négligence ». Et la négligence, en géopolitique, se paie toujours. Toujours. La facture arrive simplement avec un peu de retard.
L’AGOA morte, l’Afrique en quête d’alternatives
L’AGOA a expiré en septembre 2025. Le vide commercial n’a pas été comblé. Pékin l’a immédiatement exploité. Le Center for Global Development a qualifié le régime tarifaire de « nouveau coup dur pour l’Afrique ». Le Carnegie Endowment a documenté la réponse africaine aux tarifs réciproques : les pays se tournent vers les BRICS, l’Union européenne, et surtout la Chine. L’Afrique n’a pas choisi la Chine. Les États-Unis ont choisi de l’abandonner. Et pourtant, c’est l’Afrique qu’on accusera d’avoir fait le mauvais choix.
Le fil invisible entre Pretoria et Kharkiv
Quand les minerais africains alimentent les drones russes
Voici le fil que personne ne tire. Les minerais critiques extraits en Afrique sous contrôle chinois alimentent les chaînes de production qui fabriquent les composants qui équipent les drones qui frappent l’Ukraine. Le lithium des batteries. Les terres rares des moteurs. Les métaux des circuits imprimés. Chaque Garpiya-A1 qui décolle d’une base russe pour frapper une ville ukrainienne contient, quelque part dans ses entrailles, un fragment d’Afrique. Un fragment extrait par des travailleurs qui ne savent probablement pas où finira leur labeur. Transformé dans des usines chinoises. Étiqueté comme réfrigérateur. Expédié à travers des réseaux de contrebande. Assemblé dans une usine russe. Lancé contre un immeuble résidentiel. La chaîne est longue. La responsabilité est diluée. Et c’est exactement ce qui la rend possible.
Le cobalt extrait au Congo, raffiné en Chine, transformé en batterie, intégré dans un drone, lancé sur Kharkiv. Cette chaîne n’est pas une métaphore. C’est une réalité documentée. Et chaque maillon de cette chaîne permet aux autres de prétendre que ce n’est pas leur responsabilité. Le mineur congolais ne sait pas. L’industriel chinois ne veut pas savoir. Le militaire russe s’en moque. La victime ukrainienne, elle, n’a pas besoin de savoir d’où vient le drone. Elle sait juste qu’il arrive.
La complaisance comme politique étrangère
Le plus troublant dans cette équation n’est pas le cynisme chinois. Le cynisme est un outil géopolitique vieux comme le monde. Le plus troublant, c’est la complaisance occidentale. Les sanctions européennes contre les entités chinoises impliquées dans la fourniture de composants de drones à la Russie sont un premier pas. Mais un premier pas après quatre ans de guerre. Les États-Unis menacent la Chine de tarifs de 500 % sur le pétrole russe, tout en lui imposant simultanément des tarifs réciproques qui poussent les pays africains dans ses bras. La main gauche ignore ce que fait la main droite. Et pendant ce temps, la Chine construit méthodiquement un réseau d’influence qui s’étend de Pretoria à Lusaka, de Lagos à Dar es Salaam, tissant un filet dont les mailles se resserrent année après année.
Le monde selon Pékin : commerce, contrôle, patience
La stratégie du temps long contre l’impatience occidentale
Ce qui distingue la stratégie chinoise, c’est le temps. Les États-Unis fonctionnent par cycles de quatre ans. Obama ignorait l’Afrique. Trump la taxe. Chaque rupture est une opportunité pour Pékin. La Chine planifie sur des décennies. Les investissements BRI de 2013 portent leurs fruits en 2026. Les prêts des années 2010 structurent les relations commerciales des années 2020. Les accords-cadres d’aujourd’hui deviendront les accords de libre-échange de demain. Cette patience stratégique est la force la plus sous-estimée de la Chine. L’Occident court après les crises du jour. Pékin construit les structures du lendemain.
La plus grande victoire de la Chine n’est pas commerciale. Elle est cognitive. Pékin a réussi à convaincre une bonne partie du monde que son expansion est un partenariat, que ses prêts sont de la générosité, que ses investissements sont du développement. Et le plus remarquable, c’est que cette illusion persiste même quand les faits la contredisent. Pas parce que les Africains sont naïfs. Mais parce que l’alternative occidentale est tellement médiocre que l’illusion chinoise reste plus attrayante que la réalité américaine.
2026, l’année charnière
L’année 2026 s’annonce comme un moment charnière. Les pourparlers de Genève entre la Russie et l’Ukraine piétinent. Les tarifs américains reconfigurent les flux commerciaux mondiaux. La Chine consolide sa présence en Afrique à une vitesse que personne n’avait anticipée. Les drones propulsés par des composants chinois continuent de frapper l’Ukraine. Et Washington semble incapable de comprendre que sa politique tarifaire et sa politique de sécurité sont en contradiction directe. On ne peut pas punir la Chine pour avoir armé la Russie tout en lui offrant, sur un plateau d’argent, le continent africain. On ne peut pas exiger que l’Afrique choisisse l’Occident tout en la traitant comme une variable d’ajustement dans une guerre commerciale qui la dépasse. Et pourtant, c’est exactement ce que font les États-Unis. Et la Chine, silencieuse, patiente, méthodique, en récolte les fruits.
Conclusion : L'échiquier invisible
Un monde qui se redessine sous nos yeux
Le fil qui relie les tarifs de Trump, les minerais africains, les drones chinois et les ruines ukrainiennes est invisible pour qui ne veut pas le voir. Mais il est là. Solide. Structurant. Déterminant. La Chine ne gagne pas malgré les contradictions du système international. Elle gagne grâce à elles. Chaque tarif imposé par Washington ouvre une porte à Pékin. Chaque sanction contournée renforce les réseaux de réexportation chinois. Chaque programme commercial expiré pousse un pays africain supplémentaire vers l’orbite chinoise. Ce n’est pas une théorie du complot. C’est de la géopolitique à l’état brut. Le rapport de force mondial est en train de basculer, pas dans les salles de conférence de Genève, pas dans les tweets de la Maison-Blanche, mais dans les mines du Congo, les ports de Dar es Salaam, les usines de Shenzhen et les champs de bataille du Donbass.
L’histoire retiendra peut-être que le véritable tournant de cette décennie ne fut ni une guerre, ni une élection, ni un traité. Mais un accord-cadre commercial signé entre Pékin et Pretoria, un jour de février, pendant que le monde regardait ailleurs. Les empires ne s’effondrent pas dans le fracas. Ils s’effondrent dans le silence. Et le silence, en ce moment, est assourdissant.
La question qui reste
Maintenant, vous savez. Vous savez que les tarifs censés protéger l’Amérique arment la Chine. Vous savez que les drones censés être interdits volent toujours, étiquetés comme des appareils de réfrigération. Vous savez que l’Afrique, prise entre deux empires, choisit celui qui se donne la peine de venir frapper à sa porte. Vous savez que chaque batterie, chaque moteur, chaque composant qui quitte le sol africain pour rejoindre une usine chinoise peut finir dans un drone au-dessus de l’Ukraine. La Chine joue aux échecs. Le reste du monde joue aux dames. Et sur l’échiquier, les pions africains avancent dans une seule direction. Celle que Pékin a choisie pour eux.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis ni reporter ni correspondant, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles (The Washington Post, The Diplomat, Financial Times, Al Jazeera, Kyiv Independent, Foreign Policy).
Les données statistiques, économiques et géopolitiques citées proviennent d’institutions officielles : Organisation mondiale du commerce (OMC), Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, CSIS, Africa Center for Strategic Studies, Carnegie Endowment for International Peace, RUSI.
Ce commentaire constitue une synthèse analytique de dynamiques géopolitiques interconnectées, fondée sur des sources vérifiables et des données documentées. Les interprétations proposées reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales. Toute évolution ultérieure pourrait naturellement modifier les perspectives présentées.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources
Sources primaires
Al Jazeera — Missiles fly as tense Russia-Ukraine peace talks wrap up day one — 17 février 2026
Al Jazeera — Trump backs bill to sanction China, India over Russian oil — 8 janvier 2026
Sources secondaires
CSIS — How Should Africa Respond to Trump’s New Tariffs? — 2026
CSIS — Tracking the U.S. Reciprocal Tariff Rates for All African Countries — 2026
CSIS — Why China’s UAV Supply Chain Restrictions Weaken Ukraine’s Negotiating Power — 2025
The Diplomat — China’s Drone War in Ukraine — janvier 2026
Africa Center for Strategic Studies — China’s Critical Minerals Strategy in Africa — 2025
Africa Center — What to Expect from Africa-China Relations in 2026 — 2026
The Cipher Brief — Drones are Funding Russia’s War Against Ukraine — 2025
Bloomberg — US Renews Africa Trade Program Though Trump Tariffs Remain — 3 février 2026
Center for Global Development — The New US Tariff Regime Is Another Blow for Africa — 2025
Kyiv Independent — China cuts drone sales to Ukraine, West but continues supplying Russia — mai 2025
Russia Matters (Harvard) — Chinese Drone Tech Fuels Both Sides of Russia-Ukraine War — 2025
Euromaidan Press — China, Africa, Tariffs, Ukraine, Russia, Drones — 17 février 2026
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