L’ancien paradigme de la reconquête est mort
Pendant des décennies, la doctrine de défense de l’OTAN sur le flanc oriental reposait sur un principe cruel. Si la Russie attaquait les pays baltes, l’Alliance absorberait le choc initial, puis contre-attaquerait avec la puissance combinée de 31 nations. Sur le papier, c’est logique. Dans la réalité, c’est une condamnation à mort. L’Estonie compte 1,3 million d’habitants. La Lettonie, 1,8 million. La Lituanie, 2,8 millions. Ensemble, 6 millions de personnes. Moins que la ville de Madrid. Laisser la Russie entrer, même temporairement, signifie une nation effacée de la carte le temps que les renforts arrivent. Et pourtant, c’était le plan.
Je me demande combien de stratèges, dans leurs bureaux climatisés de Bruxelles, ont dessiné ces scénarios de reconquête en sachant pertinemment ce que « absorber le choc initial » signifiait concrètement pour une famille de Narva ou de Tallinn. Probablement beaucoup. Et probablement en buvant leur café sans que leur main ne tremble.
Le nouveau paradigme : frapper avant d’être submergé
Ce que Tsahkna annonce, c’est une révolution doctrinale. L’OTAN ne défend plus en reculant. L’OTAN frappe en avançant. « C’est notre plan parce qu’il n’y a pas d’autre plan », a déclaré le ministre estonien. Si la Russie franchit la frontière d’un État membre de l’OTAN, la réponse sera immédiate : des frappes aériennes profondes sur des cibles stratégiques, des infrastructures militaires, des centres de commandement. Et pourtant, cette doctrine était encore impensable il y a quelques années. Moscou avait réussi, par la terreur nucléaire, à installer une ligne rouge invisible : on ne touche pas à la Russie. On peut imposer des sanctions. On peut condamner. Mais on ne frappe pas. Cette époque est révolue.
Narva : la ville qui cristallise toutes les peurs
À 150 kilomètres du néant
Narva. 55 000 habitants. Sur la frontière russe. De l’autre côté de la rivière, c’est Ivangorod, Russie. Deux forteresses médiévales se font face, l’une estonienne, l’autre russe, comme un résumé de huit siècles de tension. Narva est russophone à plus de 90 %. C’est la ville que tous les scénarios d’invasion citent en premier. Celle que Poutine pourrait utiliser comme prétexte, comme il a utilisé le Donbass : protéger les populations russophones. Le script est connu. En 2014, en Crimée. En 2022, dans le Donbass. Toujours le même prétexte. Toujours la même mécanique. Mais cette fois, derrière Narva, il y a l’article 5. Et derrière l’article 5, il y a une promesse de frappes profondes sur le sol russe.
Narva est un endroit étrange. Une ville européenne où l’on parle russe, protégée par un traité atlantique, menacée par un empire qui la considère comme sienne. Les habitants de Narva vivent dans cette contradiction quotidienne depuis trente ans. Ils savent que leur ville est un symbole. Ils savent aussi que les symboles, en géopolitique, sont les premiers à brûler.
Le scénario que personne ne veut imaginer
Les exercices récents de l’OTAN ont révélé une vérité gênante. L’exercice Griffin Lightning, qui a déployé 26 000 soldats multinationaux à travers les pays baltes et la Pologne, a testé les capacités de l’Alliance face à un scénario d’invasion. Les résultats ont été suffisamment préoccupants pour accélérer le changement de doctrine. Le problème est mathématique. La Russie peut concentrer des forces en quelques heures depuis la Biélorussie et Kaliningrad. L’OTAN doit déplacer des troupes depuis l’Allemagne, la France, les États-Unis. Des jours. Des semaines. Si l’on ne peut pas être assez rapide pour défendre, on sera assez rapide pour frapper en retour.
Les chiffres de l'effort : quand les petits pays pensent grand
Le réarmement balte, une révolution silencieuse
Les mots de Tsahkna ne sont pas du bluff. Ils sont adossés à des investissements massifs. L’Estonie consacrera 5,37 % de son PIB à la défense en 2026, contre 3,35 % en 2025. Plus de 10 milliards d’euros entre 2026 et 2029. Pour un pays de 1,3 million d’habitants, c’est un effort de guerre en temps de paix. La Lituanie vise 5 à 6 % de son PIB. La Lettonie suit la même trajectoire. Ensemble, les trois pays baltes ont fait un choix que la plupart des nations européennes n’osent pas faire : ils ont décidé que leur survie valait plus que leur confort budgétaire. Et pourtant, pendant que Tallinn, Riga et Vilnius transforment leurs économies pour se préparer au pire, certaines grandes nations européennes peinent encore à atteindre le seuil des 2 % que l’OTAN demandait déjà en 2014. L’Espagne reste le seul membre de l’Alliance à ne pas avoir souscrit au nouvel objectif de 5 % du PIB consacré à la défense, dont 3,5 % en dépenses militaires directes et 1,5 % en infrastructures de défense.
Il y a quelque chose de profondément révélateur dans ces chiffres. Les pays les plus petits, les plus vulnérables, les plus proches du danger, sont ceux qui investissent le plus. Tandis que certains grands pays, protégés par la géographie, comptent leurs euros et repoussent leurs engagements. La solidarité atlantique a un prix. Les pays baltes le paient. La question est de savoir qui d’autre est prêt à le payer.
Le soutien américain : fragile mais confirmé
Le Congrès américain a approuvé le Fiscal Year 2026 Defense Appropriations Act, un budget de défense de 838,7 milliards de dollars signé par le président Trump le 3 février 2026. Ce budget inclut le financement de la Baltic Security Initiative, le programme de coopération sécuritaire avec l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie. Ce financement a survécu malgré des tentatives au sein du Pentagone de l’éliminer. Un détail qui en dit long sur les tensions internes à Washington concernant l’engagement américain en Europe. Car si le Congrès a tenu bon, les signaux contradictoires de la Maison-Blanche continuent d’alimenter l’inquiétude des alliés européens. L’Allemagne, consciente de cette fragilité transatlantique, a commencé à construire des défenses en Pologne et à déployer davantage de troupes en Lituanie. Le message implicite est clair : l’Europe se prépare à un scénario où le parapluie américain pourrait se rétrécir. Et les pays baltes, en première ligne, ne peuvent pas se permettre d’attendre pour savoir si cette hypothèse se matérialisera.
L'ombre de Kaliningrad : l'enclave qui menace
Une forteresse russe au coeur de l’Europe
Kaliningrad. Cette enclave russe, coincée entre la Pologne et la Lituanie, est la base avancée la plus dangereuse de Moscou en Europe. Environ 12 000 soldats russes y sont stationnés. Des missiles balistiques Iskander, capables de frapper à travers toute la région baltique, y sont déployés. Des systèmes S-400 verrouillent l’espace aérien. Un porte-avions terrestre. Et c’est depuis Kaliningrad que la Russie pourrait couper le corridor de Suwalki, cette bande de terre de 65 kilomètres entre la Pologne et la Lituanie qui constitue le seul lien terrestre entre les pays baltes et le reste de l’OTAN. Couper Suwalki, c’est isoler trois nations. C’est les transformer en îles.
On parle souvent des points chauds du monde. Taiwan. La mer de Chine. Le détroit d’Ormuz. Mais le corridor de Suwalki, ces 65 kilomètres de route entre la Pologne et la Lituanie, est peut-être le point le plus dangereux de la planète. Parce que c’est le seul endroit où une action militaire russe pourrait isoler physiquement trois membres de l’OTAN du reste de l’Alliance. Et parce que cette action pourrait prendre quelques heures, pas quelques jours.
La Biélorussie, l’autre menace au nord
Au nord, la Biélorussie de Loukachenko est devenue un vassal militaire de Moscou. Le président Zelensky, à Munich, a averti que la Russie prévoyait de déployer 15 divisions, soit 100 000 à 150 000 soldats, principalement en Biélorussie. Les exercices Zapad-2025, menés en septembre 2025, incluaient des scénarios de frappe nucléaire simulée aux portes de l’OTAN. Ce sont des mouvements de troupes. Des chars. Des systèmes d’armes. La Lituanie a contesté certains chiffres, affirmant que la Russie ne maintient que quelques milliers de soldats en Biélorussie. Mais la question n’est pas combien il y en a aujourd’hui. La question est combien il pourrait y en avoir demain.
Le rapport estonien : la vérité derrière la bravade
Le renseignement dit non, le ministre dit préparez-vous
Le 11 février 2026, le Département du renseignement extérieur estonien publiait son rapport annuel. Conclusion : la Russie n’a pas l’intention d’attaquer l’OTAN dans un avenir proche. Le directeur Kaupo Rosin : « Il n’y a pas de raison de paniquer. » Et pourtant. Cinq jours plus tard, le ministre des Affaires étrangères promet des frappes profondes en Russie. Contradiction? Non. Le renseignement dit : pas maintenant. Le ministre dit : quand ça arrivera, nous serons prêts. Car le même rapport contient des données glaçantes. La Russie a multiplié par 17 sa production de munitions d’artillerie depuis 2021. Moscou reconstitue ses stocks stratégiques malgré la guerre en Ukraine. La Russie pourrait être prête à mener une opération régionale dans la zone baltique dans deux à trois ans après la fin des hostilités. Deux à trois ans.
Il y a un mot que le rapport estonien utilise et qui devrait empêcher tout le monde de dormir : reconstituer. La Russie est en train de reconstituer ses stocks. En pleine guerre. Avec des pertes massives sur le front ukrainien. Et elle y arrive. Qu’est-ce que cela nous dit sur ce qui se passera quand la guerre en Ukraine sera terminée et que toute cette capacité industrielle sera libérée?
La production de guerre russe, un signal d’alarme ignoré
Pour le Kremlin, le maintien de stocks stratégiques est central dans la planification de futurs conflits. Le rapport ne dit pas « si » un futur conflit. Il dit « futurs conflits », au pluriel. La Russie pense en termes de guerres à venir. Le contrôle de l’Ukraine, selon les analystes estoniens, est une obsession pour Poutine. Pas un objectif. Une obsession. Les négociations de paix ne sont qu’un moyen parmi d’autres de gagner la guerre. Et quand la guerre en Ukraine sera terminée, la machine de guerre russe ne s’éteindra pas. Elle se repositionnera.
L'article 5 : le pilier qu'on n'a jamais testé
La promesse la plus importante jamais faite
L’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord. « Une attaque contre un allié est une attaque contre tous. » Sept décennies de paix en Europe reposent sur cette phrase. Mais l’article 5 n’a été invoqué qu’une seule fois. Le 12 septembre 2001. Pour une situation radicalement différente d’une invasion terrestre en Europe. Personne ne sait ce qui se passerait si la Russie envahissait un pays balte. Personne ne sait si les 32 nations répondraient unanimement. Et c’est cette incertitude que Poutine exploite. Chaque hésitation affaiblit la dissuasion. Les mots de Tsahkna ne laissent aucune place à l’ambiguïté. Et pourtant, l’ambiguïté persiste.
L’article 5 est la plus grande promesse de l’histoire diplomatique moderne. C’est aussi la promesse la moins testée. Et les promesses non testées ont une fâcheuse tendance à s’évaporer quand vient le moment de les honorer. Les pays baltes le savent. C’est pour ça qu’ils ne comptent plus uniquement sur une promesse. Ils construisent leur propre capacité de frappe.
La question nucléaire, l’éléphant dans la salle
Derrière chaque discussion sur une frappe en territoire russe, il y a un mot que personne ne prononce à voix haute. Nucléaire. La Russie possède environ 6 000 ogives nucléaires. La doctrine militaire russe prévoit l’utilisation d’armes nucléaires en cas de menace existentielle. Des frappes de l’OTAN sur le territoire russe constitueraient-elles une telle menace? L’OTAN promet de frapper. La Russie promet de riposter par tous les moyens. Chaque camp compte sur la rationalité de l’autre. Mais la rationalité est un concept fragile quand les missiles volent. Les exercices Zapad-2025 incluaient des simulations de frappe nucléaire. Ce ne sont pas des jeux. Ce sont des officiers qui calculent des trajectoires et des rayons de destruction.
L'Europe face à son miroir : la leçon ukrainienne ignorée
Le test de la solidarité réelle
Kaya Kallas, la Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, était également à Munich. Son message : « L’Europe, ce sont les Avengers. Et la Russie n’est pas une superpuissance. » La formule est percutante. Mais derrière la métaphore hollywoodienne, la réalité est plus nuancée. Les nations européennes ont une longue tradition de désunion quand le moment critique arrive. La guerre en Ukraine l’a démontré. Il a fallu des mois pour s’accorder sur les premières sanctions. Des années de débats sur les chars, les avions, les missiles longue portée. Si l’Europe a mis deux ans à livrer des Leopard 2 à l’Ukraine, combien de temps mettrait-elle à lancer des frappes sur le territoire russe? La France et l’Allemagne, les deux piliers historiques de l’Europe, envoient des signaux contradictoires. Paris a longtemps prôné le dialogue avec Moscou. Berlin a construit sa prospérité économique sur le gaz russe bon marché. L’Allemagne construit certes des défenses en Pologne et déploie davantage de troupes en Lituanie. Mais la Bundeswehr souffre encore de décennies de sous-investissement. Des hélicoptères cloués au sol. Des blindés en panne. Des stocks de munitions qui tiendraient quelques jours en cas de conflit de haute intensité. Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson l’a dit clairement à Munich : « la mer Baltique est une grande vulnérabilité », faisant référence aux multiples actes de sabotage contre des câbles sous-marins et des pipelines. L’opération Baltic Sentry, lancée le 14 janvier 2025, renforce la présence maritime de l’OTAN en mer Baltique précisément pour contrer ces menaces.
L’Europe aime se regarder dans le miroir et y voir une superpuissance en devenir. Mais le miroir ne ment pas. Ce qu’il reflète aujourd’hui, c’est un continent qui dépense moins pour sa défense qu’il ne dépense en subventions agricoles. Un continent où le mot « urgence » signifie « on en reparlera au prochain sommet ». Quatre ans de guerre en Ukraine. Des centaines de milliers de morts. Des villes rayées de la carte. Et la leçon la plus importante de cette guerre n’est pas militaire. Elle est politique. La dissuasion fonctionne uniquement quand elle est crédible. Les pays baltes, eux, n’ont plus le luxe de l’indécision.
Le prix de l’inaction et le scénario que personne ne veut nommer
L’Ukraine est la leçon que l’Europe refuse d’apprendre. L’annexion de la Crimée en 2014 n’a provoqué que des sanctions molles. L’invasion du Donbass n’a généré que des protocoles de Minsk que personne n’a respectés. Et quand l’invasion totale est venue, le monde a découvert avec stupeur que les signaux d’alerte étaient là depuis huit ans. Les pays baltes ont retenu la leçon. Ils ne seront pas la prochaine Ukraine. Pas parce qu’ils sont plus forts. Mais parce qu’ils sont plus lucides. Imaginons. Un matin d’hiver. Des forces spéciales russes apparaissent à Narva. Des « petits hommes verts » sans insignes, comme en Crimée. Des cyberattaques massives paralysent les réseaux estoniens. Des blindés russes franchissent la frontière. Le gouvernement estonien invoque l’article 5. Et alors? Combien d’heures avant que le Conseil de l’Atlantique Nord se réunisse? Combien de jours avant que les premiers renforts arrivent? La réponse de Tallinn est claire : nous n’attendrons pas. Nous frapperons immédiatement. Nous avons les plans. Nous avons les moyens. L’Estonie ne fait plus confiance au seul mécanisme collectif. Elle construit sa propre capacité de riposte.
La dissuasion au XXIe siècle : entre doctrine et réalité
Ce qui a changé depuis la guerre froide
La dissuasion de la guerre froide était binaire. OTAN contre Pacte de Varsovie. Si tu frappes, je frappe. Personne ne survit. Aujourd’hui, la Russie mène des guerres hybrides. Des cyberattaques. Du sabotage d’infrastructures. Des campagnes de désinformation. Des provocations juste en dessous du seuil de l’article 5. Comment dissuader un adversaire qui coupe des câbles sous-marins avec des navires fantômes? Qui finance des partis extrémistes dans les démocraties occidentales? La réponse de l’Estonie : on abaisse le seuil. Si tu franchis notre frontière avec des soldats et des chars, la réponse sera des frappes sur ton territoire. Pas des sanctions. Des frappes.
Poutine a passé vingt ans à tester les limites de l’Occident. À grignoter, morceau par morceau, les lignes rouges. La Géorgie en 2008. La Crimée en 2014. Le Donbass. La Syrie. L’Ukraine en 2022. Chaque fois, la réponse occidentale était un cran en dessous de ce que la situation exigeait. L’Estonie vient de dire : la prochaine fois, il n’y aura pas de cran en dessous. Il y aura des missiles sur Moscou. C’est la dissuasion à l’état pur. Et c’est peut-être la seule langue que le Kremlin comprend.
Le pari de la crédibilité
Poutine croit-il à cette menace? Croit-il que des pilotes allemands, français, américains largueraient des bombes sur des villes russes pour défendre Tallinn? C’est le pari fondamental de la dissuasion. Chaque déclaration comme celle de Tsahkna ajoute une brique au mur de crédibilité. Chaque augmentation budgétaire, chaque déploiement de troupes renforce le message. Mais une seule hésitation pourrait faire s’écrouler l’ensemble. La dissuasion est un édifice sans fondations. Elle tient parce que tout le monde croit qu’elle tient. Le jour où quelqu’un cesse d’y croire, elle s’effondre.
Ce que Munich 2026 nous dit sur le monde qui vient
Un ordre mondial en recomposition
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio y a prononcé un discours devant des alliés qui ne savent plus ce que le mot « allié » signifie pour Washington. Le président Macron y a déclaré que l’Europe devait « agir fièrement ». Le président Zelensky y a demandé une date d’adhésion à l’Union européenne. Et au milieu de tout cela, un ministre d’un pays de 1,3 million d’habitants a volé la vedette en promettant des frappes profondes sur la Russie. Les grandes puissances hésitent. Les petites nations agissent. Les empires tergiversent. Les pays de première ligne se préparent.
Il y a une ironie magnifique et terrible dans le fait que c’est l’Estonie, un pays que la Russie pourrait théoriquement traverser en quelques heures, qui redéfinit la posture stratégique de la plus grande alliance militaire de l’histoire. Les petits pays ont un avantage que les grands n’ont pas : ils ne peuvent pas se permettre le luxe de l’indécision. Quand votre existence est en jeu, la clarté stratégique n’est pas un choix. C’est une nécessité vitale.
Le monde d’après la dissuasion
La Russie ne s’arrêtera pas après l’Ukraine. Les rapports de renseignement sont unanimes. La question n’est pas si Moscou testera les frontières de l’OTAN. La question est quand. La réponse de l’Estonie est de ne pas attendre la question. De donner la réponse avant qu’elle ne soit posée. Vous attaquez, nous frappons. Pas de négociation. Pas d’ambiguïté. C’est peut-être la seule chose qui empêchera le scénario de se réaliser.
Conclusion : Le silence avant la tempête
Ce que nous savons et ce que nous refusons de voir
Les faits sont là. La Russie multiplie par 17 sa production de munitions. Elle reconstitue ses stocks stratégiques en pleine guerre. Elle déploie des Iskander à Kaliningrad. Elle simule des frappes nucléaires. Elle coupe des câbles sous-marins en mer Baltique. Elle renforce sa présence en Biélorussie. Et en face, un pays de 1,3 million d’habitants dit : nous frapperons au coeur de votre territoire. L’Estonie n’a pas la puissance de frappe pour menacer la Russie seule. Mais elle a la clarté. La clarté de celui qui a vu ce qui est arrivé à l’Ukraine et qui a décidé que ce ne serait pas son destin.
Maintenant, vous savez. Vous savez qu’un ministre estonien a promis des frappes profondes en Russie. Vous savez que la Russie multiplie sa production d’armes par 17. Vous savez que le corridor de Suwalki fait 65 kilomètres et que c’est peut-être le point le plus dangereux de la planète. Vous savez que les anciens plans de l’OTAN impliquaient la disparition des nations qu’ils étaient censés protéger. Et maintenant que vous savez tout cela, la question est simple : qu’est-ce que vous allez en faire?
Le monde retient son souffle
Quelque part à Tallinn, un officier estonien met à jour ses plans de frappe. Quelque part à Moscou, un général russe évalue la crédibilité de la menace. Quelque part à Narva, une famille russophone regarde par la fenêtre la forteresse d’Ivangorod et se demande combien de temps la paix va durer. Margus Tsahkna a transformé l’implicite en explicite. Le flou stratégique en promesse de feu. Et ce faisant, il a peut-être rendu la guerre un peu moins probable. Parce que la dissuasion ne fonctionne que quand l’adversaire sait ce qu’il va perdre. Aujourd’hui, Poutine le sait. La question est de savoir s’il y croit.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News, Xinhua News Agency).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles (The Washington Post, The New York Times, Financial Times, The Economist, Foreign Affairs, Le Monde, The Guardian).
Les données statistiques, économiques et géopolitiques citées proviennent d’institutions officielles : Agence internationale de l’énergie (AIE), Organisation mondiale du commerce (OMC), Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, instituts statistiques nationaux.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Cette analyse s’inscrit dans un moment charnière de la sécurité européenne. La déclaration de l’Estonie ne peut pas être lue isolément. Elle doit être comprise dans le contexte plus large d’une Europe qui se réarme, d’une Russie qui se reconstitue, et d’un ordre mondial qui vacille. Les prochains mois seront déterminants. Et ce que nous faisons aujourd’hui, collectivement, déterminera si la dissuasion tient ou si elle cède.Les sources ci-dessous documentent chaque fait, chaque chiffre, chaque citation utilisée dans cette analyse. La transparence n’est pas une option quand on traite de sujets qui engagent la survie de nations entières. Le lecteur mérite de pouvoir vérifier, croiser, et se forger sa propre conviction.
Sources
Sources primaires
Militarnyi — NATO Will Strike Russia If It Attacks Baltics, Says Foreign Ministry of Estonia
The Telegraph — Nato will strike deep inside Russia if Putin hits Baltics
Estonian World — Foreign intelligence: Russia has no intention of attacking Estonia this year
Sources secondaires
Kyiv Post — We’ll Bring the War to Russia if Moscow Strikes Baltic States, Estonia Says
Radio Free Europe — US Congress Approves Funds For Baltics As Russia Tests NATO’s Eastern Flank
Defense News — Estonian spies believe Europe’s collective deterrence push is working
GLOBSEC — How Russia’s Hybrid Warfare Will Escalate in 2026 and What Europe Must Do
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