Les mots du président et leur poids
Trump, devant les caméras, qualifie les pourparlers de Genève de « big talks ». Puis vient la sentence : « Ukraine better come to the table fast. That’s all I’m telling you. » Ce n’est pas une invitation. C’est une sommation. Et cette sommation ne s’adresse pas à la Russie. Le 15 février, il avait affirmé que c’était à l’Ukraine et à Zelensky de prendre les mesures nécessaires pour que les pourparlers aboutissent. Deux fois en quelques jours, le même doigt pointé dans la même direction.
Et pourtant, qui occupe le territoire de l’autre? Qui a lancé une invasion à grande échelle le 24 février 2022? Qui bombarde des hôpitaux, des écoles? Qui a déporté des milliers d’enfants ukrainiens? La réponse est la même à chaque question. Et pourtant, c’est l’autre camp qui reçoit la pression publique du président américain.
Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans le spectacle d’un président qui monte le son contre la victime et baisse le volume face à l’agresseur. C’est comme demander au cambriolé de rendre les clés au cambrioleur pour que tout le monde puisse dormir tranquille.
Le silence assourdissant envers Moscou
Qu’a dit Trump à la Russie dans le même intervalle? Rien. Pas un « Russia better stop bombing civilians ». Pas un « Putin better withdraw his troops ». Le silence est total. Il dit à Moscou : vous êtes en position de force. Il dit à Kiev : vous n’avez pas le choix. Zelensky a répondu avec une formule glaçante : « J’espère que c’est juste sa tactique et pas sa décision. » Le président ukrainien sait que la pression qu’il subit est peut-être la position réelle de Washington.
Genève, acte trois : les masques tombent
Quatre heures derrière des portes closes
Le mardi 18 février, les délégations se sont retrouvées autour d’une table en fer à cheval. Rustem Umerov, négociateur en chef ukrainien. Vladimir Medinsky, conseiller de Poutine. Au centre, Steve Witkoff, envoyé spécial de Trump, flanqué de Jared Kushner. La première journée a duré quatre heures. Les sujets : questions pratiques et mécanismes de solutions possibles, selon Umerov. En langage diplomatique : on a parlé sans rien résoudre de fondamental.
Car c’est de territoire qu’il s’agit. La Russie exige la reconnaissance de son annexion de Donetsk, Louhansk, Zaporijjia, Kherson — en plus de la Crimée. Moscou demande que l’Ukraine renonce à l’OTAN et accepte des limites sur ses forces armées. En d’autres termes : se désarmer face à son agresseur. Et pourtant, c’est l’Ukraine qui subit la pression de Washington.
Demander à un pays envahi de renoncer à rejoindre une alliance défensive et de réduire son armée, c’est comme demander à quelqu’un qui vient de se faire agresser de donner ses clés de maison et de vendre son système d’alarme. Le tout avec la bénédiction du shérif.
Des avancées microscopiques, des fractures béantes
Quelques résultats concrets. Un échange de plus de 300 prisonniers de guerre — le premier en plusieurs mois. Des discussions sur les mécanismes de surveillance d’un cessez-le-feu. Mais sur le fond — territoire, souveraineté, sécurité — les positions restent opposées. Umerov avait prévenu : « sans attentes excessives ». Il avait raison.
Zelensky face au mur : la dignité comme dernière arme
L’interview qui dit tout
Dans un entretien de 37 minutes avec Axios, Zelensky a livré sa réponse. D’abord le constat : « Ce n’est pas juste que le président Trump continue d’appeler publiquement l’Ukraine, et non la Russie, à faire des concessions. » Puis l’analyse : « Bien qu’il soit peut-être plus facile pour Trump de faire pression sur l’Ukraine que sur la Russie, beaucoup plus grande, la voie vers une paix durable ne peut pas être construite en donnant la victoire à Poutine. » Zelensky reconnaît la réalité du rapport de force. Mais il refuse que cette difficulté justifie d’écraser la partie la plus faible.
Et pourtant, Zelensky remercie Trump pour ses efforts de paix. Il précise que ses conversations avec Witkoff et Kushner ne comportent pas la même pression. Soit la pression publique est une tactique. Soit il y a un décalage entre ce que dit Trump en public et ce que font ses émissaires en privé. Dans les deux cas, l’Ukraine est une variable d’ajustement.
Zelensky remercie celui qui le pousse dans le dos. C’est la quintessence de la diplomatie en position de faiblesse. On serre la main qui serre le cou. Ce n’est pas de la soumission. C’est de la survie stratégique. Et c’est bouleversant de lucidité.
Le peuple comme bouclier démocratique
Zelensky a joué une carte puissante : le référendum. Washington et Kiev se sont accordés sur le fait que tout accord de paix devra être soumis au peuple ukrainien. Les Ukrainiens rejetteraient tout accord impliquant un retrait unilatéral du Donbas. « C’est une partie de notre pays, tous ces citoyens, le drapeau, la terre », a-t-il dit. Mais si l’accord se contente de geler les lignes de contact actuelles, Zelensky pense que le peuple l’accepterait. « Si nous mettons dans le document que nous restons là où nous sommes sur la ligne de contact, je pense que les gens soutiendront cela lors d’un référendum. »
L'asymétrie comme doctrine : pourquoi Trump cible Kiev
Le calcul froid derrière la rhétorique
L’Ukraine dépend de l’aide américaine — militaire, financière, diplomatique. Trump utilise cette dépendance comme un levier. Faire pression sur l’Ukraine, c’est facile : menacer de fermer le robinet. Faire pression sur la Russie, c’est autre chose. Moscou ne dépend pas de Washington. La Russie a réorienté son économie vers la Chine, l’Inde, les BRICS. Le levier américain sur Moscou est infiniment plus faible que celui sur Kiev. Et Trump choisit de pousser là où ça cède.
Au printemps dernier, sous pression, Zelensky a accepté un cessez-le-feu inconditionnel. Plus tard, il a accepté d’abandonner la candidature à l’OTAN et certaines limites sur ses forces armées. Chaque concession en appelle une autre. Et la Russie n’a rien concédé.
Le rapport de force explique la mécanique. Mais il ne la justifie pas. On ne négocie pas avec un braqueur en demandant à l’otage de faire des efforts. Sauf quand l’arbitre a besoin du braqueur pour autre chose — ou quand il est pressé de rentrer chez lui pour les prochaines élections.
Les midterms comme horloge de la diplomatie
L’urgence de Trump n’est pas humanitaire. Elle est électorale. Un accord avant juin 2026, c’est le récit du président qui a ramené la paix. Zelensky l’a dit le 7 février à Axios : Trump veut un accord avant les midterms. Et cette connaissance rend les négociations toxiques. Car si Moscou sait que Washington est pressé, pourquoi ferait-elle des concessions? Il suffit d’attendre. De laisser la pression américaine faire le travail.
Le Donbas, la ligne rouge et le référendum
Ce que les Ukrainiens accepteront et ce qu’ils refuseront
La proposition américaine pour le Donbas : les forces ukrainiennes se retireraient, la zone deviendrait une « zone économique libre » démilitarisée. L’Ukraine abandonnerait ce qu’elle tient sans que la Russie ne recule. Zelensky a rejeté cette proposition. Il est prêt à discuter d’un retrait, à condition que Moscou retire ses troupes à distance équivalente. « Les Ukrainiens ne peuvent pas comprendre pourquoi on leur demanderait de céder des terres supplémentaires. »
C’est la différence entre un gel et une cession. Un gel : la situation reste en l’état, rien n’est reconnu. Une cession : c’est fini, c’est russe. Et pourtant, Moscou ne veut pas d’un gel. Moscou veut une reconnaissance. C’est précisément ce que Trump, par sa pression, pousse l’Ukraine à accepter.
Le gel des lignes de front, l’Ukraine peut vivre avec. La cession de souveraineté, jamais. La différence tient dans un mot : reconnaissance. Et ce mot, pour un peuple qui se bat pour exister, pèse plus lourd que tous les accords du monde.
La rencontre Zelensky-Poutine : le dernier espoir?
Zelensky a demandé à son équipe d’organiser une rencontre directe avec Poutine à Genève. Seul un face-à-face pourrait débloquer les questions territoriales. Medinsky n’a pas le pouvoir de décider. Seul Poutine le peut. Et le président ukrainien craint que la délégation russe transforme les pourparlers en exercice de temporisation — gagner du temps sur le terrain militaire pendant qu’on parle de paix.
L'accord sur les minerais : quand la paix a un prix
Le deal qui change la donne
L’accord sur les minerais rares, signé en mai 2025, crée un Fonds d’investissement entre les États-Unis et l’Ukraine. L’Ukraine s’engage à verser 50 % des revenus futurs de ses ressources naturelles — minerais rares, pétrole, gaz. La négociation fut tumultueuse. L’échange houleux à la Maison-Blanche entre Zelensky, Trump et JD Vance avait fait les manchettes. La proposition initiale — 500 milliards de dollars de profits comme compensation pour l’aide militaire — avait été jugée exorbitante par Kiev.
L’Ukraine n’est plus seulement un allié à protéger. Elle est un investissement à rentabiliser. Un accord de paix stabilise la zone. La zone stabilisée permet l’exploitation. Les profits sont le langage que Trump comprend le mieux. La paix, dans cette équation, n’est pas une fin. C’est un moyen d’accéder aux richesses du sous-sol ukrainien.
Quand on comprend que derrière chaque appel à la paix se cache un calcul de rendement, la rhétorique de Trump s’éclaire d’une lumière crue. Ce n’est pas la fin de la souffrance ukrainienne qu’il cherche. C’est le début de l’exploitation des ressources ukrainiennes. La paix comme préalable au profit.
Un pays riche sous un pays en ruines
L’Ukraine possède des gisements de minerais rares — lithium, titane, graphite, béryllium — essentiels pour l’aérospatiale, la défense, le nucléaire. Trump a présenté l’accord comme une opportunité de « rembourser » les États-Unis. On ne rembourse pas un allié. On rembourse un créancier. Et un créancier fait pression pour récupérer son dû.
Witkoff et Kushner : les émissaires de l'ambiguïté
Le duo qui négocie dans l’ombre
Steve Witkoff, homme d’affaires devenu envoyé spécial. Jared Kushner, gendre du président. Ni l’un ni l’autre n’a de formation diplomatique. Et pourtant, ce sont eux au centre de la table à Genève, entre la guerre et la paix. Zelensky a fait une distinction : les conversations avec eux ne comportent pas la même pression que les déclarations de Trump. Si c’est coordonné, Trump joue le « méchant flic » pendant qu’ils jouent les « gentils ». S’il agit en solo, la politique étrangère américaine est chaotique.
Un promoteur immobilier et un gendre autour d’une table à Genève pour négocier la fin de la plus grande guerre en Europe depuis 1945. C’est le casting de cette diplomatie. Et quelque part, des millions d’Ukrainiens attendent que ce casting décide de leur avenir.
Les limites du modèle transactionnel
La diplomatie trumpienne est transactionnelle. Tout est un deal. Tout a un prix. Mais l’Ukraine ne négocie pas un contrat immobilier. Elle négocie sa survie en tant que nation. La Russie négocie la validation de son droit à envahir un voisin. Réduire ce conflit à une transaction, c’est effacer le droit international et la souffrance de millions de personnes.
Quatre ans de guerre : ce que les chiffres ne disent pas
Le prix payé par l’Ukraine
Le 24 février 2022, la Russie lançait son invasion. Quatre ans plus tard : des dizaines de milliers de morts. Des millions de déplacés. Marioupol, Bakhmout, Avdiivka réduites en poussière. Des enfants qui ne connaissent que le son des sirènes. Et c’est à ce peuple que Trump dit de « venir à la table rapidement ». Comme si résister à une invasion était un caprice. La Russie a choisi cette guerre. Elle peut y mettre fin en retirant ses troupes. L’Ukraine peut seulement cesser de résister. Et cesser de résister, c’est cesser d’exister.
Quatre ans que des familles dorment dans des sous-sols. Quatre ans que des mères comptent les détonations. Et on leur dit de se dépêcher de signer. Comme si leur résistance était le problème. Comme si leur refus de mourir en silence était l’obstacle à la paix.
Le précédent que personne ne veut voir
Si cette guerre se termine par la validation des conquêtes russes, le message sera dévastateur. La force prime le droit. La Chine regardera vers Taïwan. Les Sudètes n’ont pas satisfait Hitler. La Crimée n’a pas satisfait Poutine. Le Donbas ne le satisfera pas non plus.
L'Europe, la grande absente
Le silence coupable du Vieux Continent
Où est l’Europe? Où sont Macron, Scholz, Starmer? L’Europe n’est même pas à la table de Genève. Les négociations sont trilatérales. L’Europe, dont le continent est directement affecté, dont les pays baltes vivent sous la menace russe, n’a pas de siège. Elle est spectatrice de sa propre sécurité. Son silence face à la pression américaine sur l’Ukraine est une forme de complicité passive.
L’Europe aurait pu constituer un front diplomatique solide. Elle aurait pu dire : nous soutenons l’Ukraine quoi que fasse Trump. Elle n’a rien fait de tout cela avec la constance nécessaire. Et si Poutine obtient ce qu’il veut, il ne s’arrêtera pas là. L’histoire ne s’arrête jamais là.
L’Europe regarde la négociation de sa propre sécurité depuis les gradins. Quand le match sera fini, quand les frontières auront été redessinées, elle découvrira que le score n’est pas en sa faveur. Mais il sera trop tard pour descendre sur le terrain.
Un continent qui sous-traite sa défense
L’Europe a les ressources pour soutenir l’Ukraine seule. Son PIB dépasse celui de la Russie. Mais sa volonté politique est fragmentée, sa dépendance envers Washington totale. Trump négocie au nom de l’Occident sans que l’Occident européen ait son mot à dire.
Conclusion : Le courage de dire non quand tout pousse à plier
Et si la paix de Trump n’était pas la paix?
Un accord qui récompense l’agression, est-ce la paix? Un accord obtenu par la pression sur la victime, est-ce la paix? Ou est-ce une pause qui permet à l’agresseur de digérer ses conquêtes et de préparer le prochain acte? La paix de Trump, si elle advient dans ces conditions, ne sera pas la fin de la guerre. Elle sera l’entracte. Et pourtant, la pression continue. Les Ukrainiens meurent pendant que les diplomates parlent. Les bombes tombent pendant que les délégations dînent.
La vraie question n’est pas de savoir si Trump obtiendra son accord avant juin. La vraie question est de savoir si cet accord tiendra après juin. Si une paix arrachée sous la contrainte, imposée à la victime, validant les conquêtes de l’agresseur, survivra à sa propre signature. L’histoire connaît la réponse. Et l’histoire ne pardonne pas ceux qui refusent de l’écouter.
Ce que Zelensky défend au-delà de l’Ukraine
En disant « ce n’est pas juste », Zelensky ne défend pas seulement l’Ukraine. Il défend le principe que la paix ne peut pas être construite sur l’injustice. Que la victime ne doit pas payer le prix de l’agression. En résistant, en posant des conditions, en exigeant un référendum, Zelensky se bat avec les armes qui lui restent : la légitimité démocratique, le droit international, et la dignité d’un peuple qui refuse de se coucher.
Zelensky l’a dit, et ses mots résonneront longtemps : « La voie vers une paix durable ne peut pas être construite en donnant la victoire à Poutine. » C’est la phrase qui devrait être affichée dans chaque chancellerie, chaque parlement. La paix qui récompense l’agression n’est pas la paix. C’est la préparation de la prochaine guerre. Maintenant, vous savez. La question est de savoir ce que vous allez en faire.
Ce qui reste après les négociations
Les pourparlers reprendront. D’autres ultimatums tomberont depuis Air Force One. Et l’Ukraine continuera de naviguer entre la résistance et la survie. Ce qui restera, c’est cette asymétrie fondamentale que Zelensky a nommée. Cette inversion des rôles qui est peut-être la plus grande victoire de Poutine — avoir réussi à faire porter le chapeau à celui qu’il a envahi.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies (Axios, Al Jazeera, NBC News, Kyiv Post, Euromaidanpress, Kyiv Independent, Carnegie Endowment).
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Zelensky says Ukrainian public won’t let him hand Russia territory — Axios, 17 février 2026
Sources secondaires
Land in focus at new Geneva peace talks between Russia and Ukraine — NBC News, 17 février 2026
Zelenskyy says U.S. too often asks Ukraine, not Russia, for concessions — CBC News, 17 février 2026
First day of Ukraine-Russia talks to end war conclude in Geneva — Geneva Solutions, 17 février 2026
Zelensky says Trump wants Russia-Ukraine peace deal by June, before midterms — Axios, 7 février 2026
What’s the Deal with Trump’s Ukraine Mineral Agreement? — Council on Foreign Relations, 2026
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