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ANALYSE : La guerre du signal — comment la Russie improvise dans le chaos des communications après la coupure Starlink
Crédit: Adobe Stock

La révolution silencieuse du satellite de masse

Pour comprendre l’ampleur de la perte, il faut comprendre ce que Starlink avait changé dans la pratique quotidienne de la guerre au niveau tactique. Avant l’accès aux terminaux Starlink, les unités russes en première ligne dépendaient de radios souvent vieillissantes, de réseaux cellulaires civils — facilement interceptables et géolocalisables — et d’un commandement parfois incapable de transmettre des ordres en temps utile. L’arrivée des terminaux Starlink a transformé la donne : connexion à faible latence, bande passante suffisante pour transmettre des vidéos de drones, et surtout une couverture qui ne dépend pas d’une infrastructure terrestre que les forces ukrainiennes s’emploient systématiquement à détruire. C’était, pour parler franchement, une révolution.

Les opérateurs de drones russes, en particulier, avaient intégré Starlink comme composante centrale de leurs opérations. Les drones FPV (first-person view), les drones de reconnaissance, les systèmes de guidage d’artillerie — tout cela repose sur des communications à haute fiabilité et faible latence. La perte de Starlink n’est donc pas seulement une gêne administrative. C’est une dégradation directe de la capacité à opérer des drones, à coordonner des frappes, à partager des images de reconnaissance en temps réel. Sur un front où la guerre des drones est devenue le facteur déterminant des avancées et des reculs, c’est une perte considérable.

On a longtemps présenté la guerre en Ukraine comme un conflit du passé, une guerre de tranchées ressuscitée. C’est une caricature. C’est aussi la première guerre où perdre un abonnement satellite peut modifier l’équilibre tactique d’un secteur entier du front.

La géographie de la dépendance

Il serait inexact de dire que toute l’armée russe dépendait uniformément de Starlink. L’utilisation était variable selon les unités, les secteurs et les niveaux de commandement. Certaines unités d’élite avaient un accès organisé ; d’autres avaient acquis des terminaux via des réseaux de contrebande, des acheteurs intermédiaires dans des pays tiers, ou encore via des appareils récupérés sur des soldats ukrainiens. Le résultat était une mosaïque de dépendances, inégalement distribuée mais réelle. Et quand la coupure est venue, elle n’a pas frappé uniformément — mais elle a frappé là où ça faisait le plus mal : dans les unités les plus avancées, les plus actives, celles qui avaient le plus besoin de communications fiables pour coordonner leurs actions.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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