Skip to content
BILLET : 14 000 milliards pour acheter l’impunité — le Kremlin affiche le prix de la trahison
Crédit: Adobe Stock

Anatomie d’une offre obscène

Commençons par cette somme. 14 000 milliards de dollars. Pour mettre ça en perspective : c’est plus que le PIB annuel de la Chine. C’est environ la moitié du PIB des États-Unis. C’est un chiffre tellement astronomique qu’il perd tout sens — et c’est précisément l’intention.

Dmitriev ne propose pas un deal réaliste. Il propose une abstraction. Une somme trop massive pour être vérifiée, assez séduisante pour ouvrir des portes. Assez vague pour que chacun y projette ses propres calculs.

Voici ce qu’il a écrit, mot pour mot : « The U.S. will eventually lift sanctions because sanctions on Russia cost U.S. businesses $300+ billion. The portfolio of potential U.S.-Russia projects is over $14 trillion. »

Examinons cette formulation. Première phrase : les mesures de rétorsion coûtent cher aux entreprises américaines. C’est l’argument commercial. Deuxième phrase : regardez ce que vous pourriez gagner si vous les leviez. C’est l’appât. La logique est celle d’un vendeur. Pas d’un diplomate. Pas d’un négociateur de paix. D’un vendeur qui sait que chaque mot compte.

Kirill Dmitriev, le visage lisse du cynisme

Kirill Dmitriev n’est pas un inconnu. Il dirige le Russian Direct Investment Fund, le fonds souverain russe. C’est l’homme que le Kremlin envoie quand il veut donner à ses manœuvres un vernis de respectabilité financière. Costume impeccable, anglais parfait, vocabulaire de MBA. Le genre d’homme qui peut parler de « synergies » et de « partenariats stratégiques » pendant qu’à des milliers de kilomètres, les immeubles qu’il contribue indirectement à financer s’effondrent sous les missiles.

Son rôle est précis : rendre l’inacceptable présentable. Traduire la brutalité du Kremlin en langage de salle de conférence. Et il est bon dans ce qu’il fait. Très bon. C’est lui que Moscou a choisi pour être le visage de cette proposition. Pas un général. Pas un diplomate de carrière. Un financier. Le message est dans le messager : cette hostilité est un problème comptable. Résolvons-le avec des chiffres.

Dmitriev n’a pas publié ce tweet par accident. Chaque mot, chaque chiffre est calibré. Le fait qu’il ait choisi X — un réseau social public, accessible à tous — plutôt qu’un canal diplomatique discret est en soi une déclaration. Il ne s’adresse pas seulement à Washington. Il s’adresse au monde. Il dit : « Regardez ce que nous offrons. Regardez combien ça vaut. Et maintenant, demandez-vous si vos principes valent plus que ça. »

C’est une enchère publique. Et le lot mis aux enchères, c’est l’impunité d’un État agresseur. Le plus glaçant, c’est le ton. Pas de menace. Pas d’ultimatum. De la séduction. Dmitriev ne dit pas « levez les restrictions ou sinon ». Il dit « levez-les et regardez ce que vous gagnerez ». La carotte, pas le bâton. Le sourire du vendeur, pas le poing du dictateur. Mais derrière le sourire, il y a les engins de reconnaissance. Toujours.

Dmitriev incarne la stratégie russe : transformer la brutalité en vocabulaire financier, l’agression en « opportunité », et laisser le prix de l’impunité s’afficher publiquement.

Sources

Sources primaires

Kyiv Independent — Russia publicly pitches $14 trillion economic deal to Trump tied to lifting US sanctions — Tim Zadorozhnyy, 18 février 2026. Article principal détaillant la proposition de Kirill Dmitriev, les réactions du sénateur Whitehouse et la position de la Maison-Blanche.

TASS — US interested in lifting anti-Russian sanctions due to lucrative projects — Couverture de l’agence de presse russe sur l’intérêt américain présumé pour la levée des restrictions, perspective du Kremlin.

Kyiv Independent sur X — Publication relayant l’article sur la proposition de 14 000 milliards — 18 février 2026.

Sources secondaires

Yahoo News — Russia publicly pitches $14 trillion economic deal to Trump tied to lifting sanctions — Reprise de l’article du Kyiv Independent avec diffusion élargie.

News Ukraine RBC — How Russia tried to leverage huge economic deals to win US support — Analyse contextuelle des tentatives russes d’utiliser des propositions économiques comme levier diplomatique.

Bloomberg News — Russia Memo Sees Return to Dollar System in Pitch Made for Trump — 12 février 2026. Révélation du mémo interne russe détaillant le souhait de Moscou de revenir au système de paiement en dollars en échange de la levée des restrictions.

The Economist — How Big Is the Prize of Reopening Russia? — 17 février 2026. Analyse estimant les projets proposés par Moscou à environ 12 000 milliards de dollars, incluant les allégations de participations offertes à des proches de Trump.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu