Skip to content
BILLET : Zelensky dit non. Encore. Et les morts du Donbas lui interdisent de céder.
Crédit: Adobe Stock

Le poids des mots non prononcés

Il y a ce que le président énonce publiquement. Et il y a ce qu’aucun dirigeant en guerre ne peut exprimer. La lassitude qui s’accumule sans fin. Le doute qui grandit dans les silences. L’envie parfois — juste parfois — que tout s’arrête. Que le téléphone cesse de sonner avec des nouvelles de décès. Que les nuits redeviennent des nuits, pas des calculs militaires et des décisions impossibles. Mais il ne peut pas le dire. Parce que révéler l’essoufflement, c’est donner des munitions à l’ennemi. C’est donner de l’espoir à Poutine.

Alors Zelensky parle d’honneur. De valeurs. D’indépendance. Il parle de ces 240 brigades venues de toutes les régions d’Ukraine pour réparer Kyiv après les attaques énergétiques de l’hiver. Il parle d’unité nationale. De résilience qui refuse de plier. Tout cela est vrai. Mais derrière ces paroles, il y a un homme qui porte un fardeau que personne ne devrait avoir à porter. Le fardeau de dire à son peuple : « On persévère. Encore un peu. Encore. » Le fardeau de cette détermination qui ne faiblit jamais, même quand tout crie d’arrêter.

Comment annoncer à des gens épuisés qu’ils doivent persister encore ? Comment leur expliquer que la paix qu’on leur propose n’est pas vraiment la paix, juste une pause avant la prochaine invasion ? Zelensky le sait. Il l’a énoncé : toute paix doit inclure des garanties de sécurité institutionnelles. Pas de la confiance personnelle en Poutine — cela, il l’a rejeté catégoriquement. Des mécanismes. Des traités. Des engagements qui coûtent cher à violer. Parce que sans cela, Moscou reviendra. Dans deux ans. Dans cinq ans. Mais il reviendra.

Le calcul impossible

Zelensky effectue un calcul que personne ne devrait avoir à faire. D’un côté : des milliers de morts supplémentaires si la guerre se prolonge. Des villes détruites. Des familles brisées. Une génération traumatisée. De l’autre : la trahison des sacrifiés si l’Ukraine cède maintenant. Et dans dix ans, peut-être, une nouvelle invasion, encore plus de deuils, parce qu’on aura enseigné à Poutine que Kyiv finit toujours par plier.

C’est un calcul infernal. Il n’existe pas de bonne réponse. Il n’y a que des mauvaises options et des pires options. Et le chef de l’État doit trancher. Seul. Avec le regard de 44 millions d’Ukrainiens sur lui. Avec le poids de dizaines de milliers de sacrifiés sur ses épaules. Avec la mémoire de ceux qui sont tombés en croyant que leur mort servirait à quelque chose. Et néanmoins, il continue. Il ne s’effondre pas. Il persévère.

Il voudrait la paix. Évidemment qu’il voudrait la paix. Quel être humain sain d’esprit ne voudrait pas que la violence s’arrête ? Mais pas n’importe quelle paix. Pas une paix qui serait une capitulation maquillée. Pas une paix qui dirait aux morts : « Désolé, finalement, vous êtes tombés pour rien. » Il ne peut pas. Moralement, politiquement, humainement, il ne peut pas.

Je pense à Zelensky dans son bureau à Kyiv. Tard le soir. Les rapports militaires devant lui. Les photos des soldats tombés cette semaine. Et je me demande comment on dort après cela. Comment on se lève le lendemain et on annonce « on persévère ». Quelle force ou quelle folie faut-il pour porter ce fardeau ? Il ne le dit jamais. Mais ça se voit dans ses yeux. Cette lassitude qui ne part jamais complètement. Cette détermination qui n’est plus de l’héroïsme mais de l’endurance pure. Persévérer. Juste persévérer.

Sources

Sources primaires

Zelensky says Ukraine won’t withdraw from Donbas, ‘won’t lose dignity’ as peace talks stall on territory – Kyiv Independent, 18 février 2026. Interview du président Zelensky avec Piers Morgan et couverture des négociations de Genève.

Zelensky says Ukrainian public won’t let him hand Russia territory – Axios, 17 février 2026. Analyse des positions ukrainiennes dans les négociations.

Zelensky says Ukrainians won’t let him hand Donbas over to Russia – Ukrinform, 18 février 2026. Agence de presse ukrainienne officielle.

Sources secondaires

‘Difficult But Businesslike’: Ukraine Peace Talks in Switzerland End – The Moscow Times, 18 février 2026. Perspective sur la position russe dans les négociations.

Zelensky Says Ukrainians Would Reject Deal Handing Donbas to Russia – Kyiv Post, 18 février 2026. Analyse du sentiment public ukrainien.

Reuters – Dépêches diverses sur les exigences russes concernant le retrait ukrainien de l’oblast de Donetsk.

Associated Press – Couverture de la disqualification de Vladyslav Heraskevych aux Jeux olympiques d’hiver.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu