L’inventaire des bluffs
On a déjà vu ce film. Plusieurs fois. Et chaque fois, on s’est levé du fauteuil en se disant : finalement, ce n’était que du bruit. En 2017, Trump promettait « le feu et la fureur » à la Corée du Nord. Kim Jong-un tremblait tellement qu’il a continué ses essais balistiques. Puis, quelques mois plus tard, les deux hommes se serraient la main à Singapour, sourires aux lèvres, comme deux vieux copains qui se retrouvent au golf. La Corée du Nord a gardé ses bombes. Trump a déclaré victoire.
En 2019, l’Iran abattait un drone américain au-dessus du détroit d’Ormuz. Trump avait ordonné une frappe de représailles. Les avions étaient en l’air. Dix minutes avant l’impact, il annulait. Dix minutes. Le monde entier a retenu son souffle, puis a expiré en se disant : « il bluffe ». Et c’était vrai. Ce jour-là, il bluffait.
Le pattern est documenté, répétitif, presque prévisible : escalade verbale spectaculaire, montée en pression médiatique, déploiement militaire ostentatoire, puis — au dernier moment — le recul. Suivi d’une requalification triomphale. « J’ai obtenu ce que je voulais. » Même quand il n’a rien obtenu. Surtout quand il n’a rien obtenu.
L’exception qui détruit la règle
Et puis il y a eu Soleimani.
Janvier 2020. Bagdad. Pas d’ultimatum. Pas de dix jours. Pas de mise en scène. Un drone, un convoi, une frappe chirurgicale. Qassem Soleimani, le deuxième homme le plus puissant d’Iran, le chef de la force Al-Qods, l’architecte de l’influence iranienne de Beyrouth à Sanaa — pulvérisé sur une route d’aéroport. Sans prévenir. Sans négociation. Sans sommation.
C’est ça qui empêche de dormir. Pas les ultimatums. L’absence d’ultimatum. Parce que quand Trump agit vraiment, il ne prévient pas. Il ne donne pas dix jours. Il ne fait pas de discours. Il appuie sur le bouton et annonce après coup. Ce qui veut dire quoi ? Que l’ultimatum est peut-être du théâtre. Ou que cette fois, justement, il veut que le monde entier regarde pendant qu’il appuie.
Vous savez ce qui me hante, dans cette histoire ? Ce n’est pas la menace elle-même. C’est l’impossibilité de savoir si elle est réelle. On est coincés dans une zone grise permanente — trop grave pour ignorer, trop incertain pour paniquer. Et c’est exactement là que Trump veut qu’on soit. Dans le doute. Dans l’attente. Suspendus à son prochain mot comme des marionnettes. Combien de fois peut-on crier au loup avant que le loup arrive vraiment ? Et combien de fois peut-on ignorer le cri avant de se faire dévorer ?
L'échiquier et ses pions vivants
Washington : la logique du marteau
Du côté américain, la mécanique est brutalement simple. Trump considère que la diplomatie traditionnelle — les négociations multilatérales, les accords-cadres, les compromis calibrés — est une perte de temps. Un signe de faiblesse. Le JCPOA, l’accord sur le nucléaire iranien signé en 2015, il l’a déchiré en 2018 comme on froisse un brouillon. Trop mou. Trop Obama. Pas assez spectaculaire.
Sa doctrine, si on peut appeler ça une doctrine, tient en une phrase : la pression maximale. Sanctions économiques écrasantes, isolement diplomatique, menace militaire permanente. L’idée étant que l’Iran, étranglé, viendra supplier à la table de négociation. Le problème, c’est que ça fait six ans que cette stratégie est appliquée. Et l’Iran n’est pas venu supplier. L’Iran a accéléré son enrichissement d’uranium. L’Iran a renforcé ses proxys. L’Iran a durci sa posture.
Six ans de pression maximale. Zéro résultat. Mais la méthode, elle, n’a jamais été remise en question.
Autour de Trump, les faucons poussent. Ils ont toujours poussé. Certains rêvent d’en finir avec le programme nucléaire iranien depuis vingt ans. L’ultimatum leur offre une fenêtre. Pas une fenêtre diplomatique — une fenêtre de tir. Et dans dix jours, si Téhéran ne plie pas, ils auront leur prétexte. Un prétexte enveloppé dans du papier cadeau démocratique : « On leur a laissé une chance. Ils ont refusé. »
Téhéran : l’orgueil et le calcul
De l’autre côté, l’Iran joue un jeu tout aussi dangereux. Le régime de Téhéran ne peut pas céder à un ultimatum public. C’est une impossibilité politique, culturelle, existentielle. Céder devant une menace américaine affichée, c’est mourir politiquement. C’est donner raison à quarante-cinq ans de rhétorique anti-impérialiste. C’est trahir la révolution — et dans la République islamique, trahir la révolution, c’est signer son arrêt de mort.
Mais l’Iran ne veut pas non plus la guerre. Pas maintenant. Pas comme ça. Le régime sait que ses forces conventionnelles ne font pas le poids face à la machine militaire américaine. Son avantage, c’est l’asymétrie : les proxys, les milices, la profondeur stratégique régionale. Le Hezbollah au Liban. Les Houthis au Yémen. Les milices chiites en Irak. Un réseau de fils tendus à travers tout le Moyen-Orient, chacun capable de s’enflammer indépendamment.
Alors Téhéran fait ce que Téhéran fait toujours : gagner du temps. Envoyer des signaux contradictoires. Laisser entendre qu’on pourrait négocier, tout en enrichissant l’uranium à 60 %. Souffler le chaud et le froid. Et espérer que Trump, comme d’habitude, finira par se lasser et passer à autre chose.
Et si cette fois, il ne se lasse pas ?
Les acteurs de l’ombre
Mais ce n’est pas un face-à-face. C’est un réseau. Israël observe, calcule, et pousse — discrètement mais fermement — pour une action militaire contre le programme nucléaire iranien. Netanyahou a ses propres raisons, ses propres calendriers, ses propres urgences domestiques. L’Arabie saoudite joue double jeu : normalisateur en façade, inquiet en coulisses. La Russie, empêtrée en Ukraine, n’a plus la bande passante pour jouer les médiateurs. La Chine, premier acheteur de pétrole iranien, observe en silence et prépare ses plans B.
Et au milieu de tout ça, il y a l’AIEA, l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui publie ses rapports dans un langage si technique, si aseptisé, que personne ne réalise ce qu’ils disent vraiment. Ce qu’ils disent vraiment, c’est que l’Iran enrichit de l’uranium à un niveau qui n’a aucune justification civile. Que le seuil de la bombe n’est plus une question d’années. C’est une question de mois. Peut-être de semaines.
Peut-être moins.
Je regarde cette carte du Moyen-Orient, et je vois des fils. Des dizaines de fils tendus entre des capitales, des bases militaires, des camps de réfugiés, des terminaux pétroliers. Chaque fil est un point d’ignition potentiel. Chaque fil est une vie. Des milliers de vies. Et quelqu’un, à Washington, a décidé de secouer la toile en donnant un délai de dix jours. Dix jours. Comme si la géopolitique fonctionnait comme une vente aux enchères. Comme si on pouvait mettre un compte à rebours sur un baril de poudre et appeler ça de la diplomatie.
Personne ne contrôle tout. Personne.
Les visages derrière le compte à rebours
Ispahan, mardi matin
Farah a 41 ans. Elle est pharmacienne à Ispahan. Sa mère est diabétique. Depuis le renforcement des sanctions américaines, l’insuline est devenue un luxe. Pas un luxe au sens figuré — un luxe au sens littéral. Quand il y en a, le prix a triplé. Quand il n’y en a pas, il n’y en a pas. Point.
Farah a compté ses boîtes ce matin. Douze. Il lui reste douze boîtes d’insuline pour sa mère. L’ultimatum en donne dix. Si dans dix jours les bombes tombent, les chaînes d’approvisionnement s’effondrent. Si dans dix jours les sanctions se durcissent encore, le peu qui arrive cessera d’arriver. Farah ne suit pas la géopolitique. Farah ne connaît pas le JCPOA. Farah ne sait pas ce que signifie « enrichissement à 60 % ». Farah compte des boîtes.
À Washington, on négocie des pourcentages d’enrichissement. À Ispahan, on compte des boîtes de médicaments. C’est la même histoire. Ce n’est pas du tout la même histoire.
Le Golfe, quelque part en mer
Tyler a 23 ans. Il est caporal dans l’US Navy, affecté sur un destroyer dans le golfe Persique. Il a vu le tweet de son commandant en chef sur son téléphone, entre deux quarts de veille. « Dix jours. » Il a regardé l’écran. Il a regardé la mer. Il a regardé l’écran encore.
Tyler a une fiancée à San Diego. Elle s’appelle Megan. Ils devaient se marier en juin. Tyler n’a pas voté pour Trump. Tyler n’a pas voté du tout, à vrai dire. Il s’est engagé à dix-neuf ans parce que l’université coûtait trop cher et que la Navy offrait une bourse. Personne ne lui a dit, à dix-neuf ans, qu’il se retrouverait à vingt-trois ans sur un navire de guerre dans le détroit d’Ormuz, à attendre qu’un homme qu’il n’a jamais rencontré décide si oui ou non il va entrer en guerre.
Tyler fait des calculs, lui aussi. Pas des calculs géopolitiques. Des calculs de distance. Combien de kilomètres entre son destroyer et la côte iranienne. Combien de secondes entre le lancement d’un missile anti-navire et l’impact. Combien de jours avant sa prochaine permission.
Il n’a appelé Megan qu’une fois cette semaine. Il n’a pas su quoi lui dire.
Je pense à Farah et à Tyler en même temps, et quelque chose se fissure dans ma compréhension du monde. Ils ne se connaîtront jamais. Ils ne se verront jamais. Ils vivent dans des mondes parallèles reliés par un seul fil — un chiffre, dix, prononcé par un homme qui ne connaît ni l’un ni l’autre. Farah compte des boîtes d’insuline. Tyler compte des secondes d’impact. Et l’homme qui a lancé le compte à rebours, lui, ne compte rien du tout. Il n’a rien à compter. Il n’a rien à perdre. C’est peut-être ça, le détail le plus obscène de toute cette histoire : celui qui décide n’a aucune peau dans le jeu.
Beyrouth, la mémoire du pire
Ahmad a 56 ans. Il tient une épicerie dans le quartier de Gemmayzeh, à Beyrouth. Il a survécu à l’explosion du port en 2020. Il a survécu à l’effondrement économique. Il a survécu à la crise politique. Son commerce a été détruit, reconstruit, presque re-détruit. Sa femme est partie vivre chez sa sœur à Montréal. Ses enfants sont éparpillés — un à Dubaï, une à Paris.
Ahmad sait ce que signifie un conflit entre Washington et Téhéran. Ça signifie le Hezbollah. Ça signifie des roquettes. Ça signifie que le Liban, encore une fois, deviendra un champ de tir pour des guerres qui ne sont pas les siennes. Ahmad a entendu l’ultimatum à la radio. Il n’a rien dit. Il a continué à ranger ses étagères.
Parce que quand on a déjà tout perdu une fois, on ne panique plus. On range ses étagères et on attend.
Trois personnes. Trois pays. Un seul chiffre. Dix.
Les scénarios — et aucun n'est bon
Scénario un : le bluff, encore
C’est le scénario le plus probable. Et c’est le plus insidieux. Trump laisse passer les dix jours, déclare que l’Iran a « montré des signes de bonne volonté », requalifie l’ultimatum en « pression stratégique réussie », et passe à autre chose. Les médias passent à autre chose. Le monde passe à autre chose.
Soulagement ? Peut-être. Mais à quel prix ? Chaque bluff non sanctionné érode la norme. Chaque ultimatum vide rend le prochain plus facile à lancer. Et chaque fois qu’un président américain menace de bombarder un pays souverain sans conséquence, on abaisse le seuil de ce qui est acceptable dans les relations internationales. On normalise l’innommable. On transforme la menace de guerre en outil de communication.
Le bluff ne coûte rien à celui qui bluffe. Il coûte tout à ceux qui y croient. Farah, à Ispahan, a passé dix nuits blanches pour rien. Tyler, dans le Golfe, a vécu dix jours en état d’alerte maximale pour rien. Ahmad, à Beyrouth, a rangé ses étagères en se demandant si c’était la dernière fois — pour rien.
Scénario deux : la frappe
C’est le scénario que personne ne veut envisager. Et c’est celui qu’il faut envisager. Si Trump frappe, ce ne sera pas chirurgical. Pas contre l’Iran. Les installations nucléaires iraniennes sont enterrées, dispersées, protégées. Fordow est sous une montagne. Natanz est un complexe souterrain. Pour les atteindre, il faut des bombes pénétrantes massives, des sorties multiples, une campagne aérienne soutenue.
Et la réponse iranienne ne sera pas symétrique. L’Iran ne lancera pas ses avions contre la Cinquième Flotte — ce serait du suicide. L’Iran activera ses proxys. Le Hezbollah tirera sur Israël. Les Houthis bloqueront le détroit de Bab el-Mandeb. Les milices irakiennes attaqueront les bases américaines en Irak et en Syrie. Le prix du pétrole explosera. Les marchés mondiaux plongeront. Et on se retrouvera dans une guerre régionale aux ramifications imprévisibles.
Tout ça en dix jours. Ou plutôt, tout ça après dix jours.
Scénario trois : la négociation forcée
C’est le scénario que Trump vend. L’Iran, terrifié par la menace, revient à la table. Un « deal » est conclu. Trump triomphe. Photos, poignées de main, conférence de presse. « J’ai fait ce qu’Obama n’a jamais pu faire. »
Le problème, c’est que ce scénario légitime la méthode. Si l’ultimatum fonctionne, pourquoi ne pas recommencer ? Avec la Chine. Avec la Russie. Avec n’importe qui. La coercition devient la norme diplomatique. La menace de guerre devient un outil de négociation standard. Et chaque pays du monde en tire la même leçon : pour être pris au sérieux, il faut avoir la bombe. Parce que personne ne lance d’ultimatum à une puissance nucléaire confirmée.
C’est la leçon que la Corée du Nord a comprise avant tout le monde. C’est la leçon que l’Iran est peut-être en train d’apprendre.
Quel est le meilleur des pires scénarios ? Je retourne la question dans ma tête depuis trois jours et je n’arrive pas à trouver de réponse qui ne me laisse pas une nausée lente, celle des dilemmes sans issue. Le bluff normalise. La frappe détruit. La négociation légitime. Dans chaque cas, quelqu’un paie. Et dans chaque cas, ce ne sont pas ceux qui décident. C’est toujours les mêmes qui paient — ceux qui comptent des boîtes, des secondes, des jours. Ceux dont le nom n’apparaîtra dans aucun communiqué officiel.
Ce que dix jours révèlent de nous
La fatigue informationnelle comme arme
Il y a quelque chose de profondément calculé dans la répétition. Trump le sait — consciemment ou instinctivement, peu importe. Chaque nouvel ultimatum produit un peu moins de réaction que le précédent. La première fois, le monde s’alarme. La deuxième fois, le monde s’inquiète. La troisième fois, le monde hausse les épaules.
C’est la mécanique de la normalisation. On ne normalise pas par un grand discours. On normalise par la répétition. Par l’usure. Par la fatigue. À force de crier au loup, on ne tue pas le loup — on tue la capacité des gens à réagir quand le loup arrive vraiment. Et c’est peut-être la conséquence la plus dangereuse de tous ces ultimatums : pas la guerre elle-même, mais l’érosion de notre capacité collective à la prendre au sérieux.
Parce que le jour où la menace sera réelle — vraiment réelle, irréversiblement réelle — nous serons trop fatigués pour la voir venir. Trop habitués au bruit pour entendre le signal. Trop anesthésiés pour sentir la douleur.
La diplomatie comme spectacle
Il fut un temps où les ultimatums étaient des actes diplomatiques gravissimes. L’ultimatum austro-hongrois à la Serbie en 1914. L’ultimatum britannique à l’Allemagne en 1939. Des documents rédigés avec une précision chirurgicale, pesés mot par mot, transmis par des ambassadeurs en costume sombre dans des salons feutrés. Des actes qui engageaient l’honneur et la crédibilité d’une nation. Des actes qui signifiaient quelque chose.
Avant, un ultimatum pouvait déclencher une guerre mondiale. Aujourd’hui, il déclenche un cycle d’information de 72 heures.
Aujourd’hui, un ultimatum se lance depuis un podium, entre deux commentaires sur les cotes d’écoute et une remarque sur le cours du Bitcoin. Il n’a pas de texte officiel. Pas de conditions précises. Pas de mécanisme de vérification. Pas de conséquences définies. C’est un geste médiatique habillé en acte diplomatique. Un coup de poker déguisé en politique étrangère.
Et le pire, c’est que ça fonctionne. Pas diplomatiquement — médiatiquement. Pendant dix jours, le monde entier parle de Trump. Pendant dix jours, l’agenda international est dicté par un chiffre rond. Pendant dix jours, tous les autres sujets — le climat, l’Ukraine, la pauvreté, les crises sanitaires — passent au second plan. Mission accomplie.
Je me demande parfois si on n’est pas devenus les figurants d’une émission de téléréalité géopolitique dont on n’a jamais signé le contrat. Chaque semaine, un nouveau rebondissement. Chaque mois, un nouveau cliffhanger. Et nous, assis dans nos salons, on regarde le compteur tourner en se disant « il ne va quand même pas… ». Mais on ne change pas de chaîne. On ne peut pas. Parce que quelque part entre le divertissement et la terreur, il y a cette zone grise où Trump nous maintient tous — trop médusés pour détourner le regard, les mains vides et la gorge sèche devant l’écran. C’est le piège parfait. Et on est tous dedans.
Dix jours, et après
Le compte à rebours qui ne s’arrête jamais
Dans dix jours — peut-être moins, peut-être plus, parce que les délais de Trump sont aussi fiables que ses promesses — il se passera quelque chose. Ou il ne se passera rien. C’est la seule certitude qu’on a : l’incertitude. Et cette incertitude, à elle seule, est déjà une arme.
Parce que pendant ces dix jours, Farah ne dormira pas. Tyler restera en alerte. Ahmad rangera ses étagères. Les marchés fluctueront. Les diplomates courront dans tous les sens. Les analystes publieront des scénarios. Les chaînes d’information tourneront en boucle. Et Trump — Trump regardera. Depuis son bureau, depuis son avion, depuis son téléphone. Il regardera le monde retenir son souffle et il se dira, peut-être, que c’est exactement ce qu’il voulait.
L’attention. Le contrôle de l’attention. C’est le vrai pouvoir. Pas les missiles. Pas les sanctions. L’attention. Et pendant dix jours, il l’a. Toute entière.
Refuser la normalisation
Mais voilà ce que je refuse. Ce que je refuse de toutes mes forces, avec toute la lucidité dont je suis capable et toute la rage tranquille que je suis prêt à assumer. Je refuse que ça devienne normal. Je refuse qu’un ultimatum à une puissance nucléaire potentielle soit traité comme un fait divers. Je refuse que les Farah, les Tyler, les Ahmad de ce monde soient réduits à des dommages collatéraux d’une stratégie de communication.
Je refuse la résignation déguisée en sophistication. Le « oh, c’est du Trump, ne vous inquiétez pas » prononcé par des gens qui n’ont rien à perdre, depuis des bureaux climatisés, à dix mille kilomètres de la zone de tir. Je refuse le cynisme comme posture intellectuelle. Je refuse le haussement d’épaules comme réponse à un compte à rebours.
Parce que le jour où on cessera de réagir, le jour où un ultimatum nucléaire ne provoquera plus qu’un soupir fatigué et un scroll vers le prochain article — ce jour-là, on aura perdu quelque chose d’irréparable. Pas une guerre. Quelque chose de pire. Notre capacité à reconnaître le danger quand il se présente. Notre capacité à dire non.
Et ce jour-là, il sera trop tard pour se demander quand exactement on a cessé de—
Dix jours. Le chiffre tourne dans ma tête comme une horloge qu’on ne peut pas arrêter. Je ne sais pas ce qui se passera au bout de ces dix jours. Personne ne le sait. Peut-être rien. Peut-être tout. Mais je sais une chose : dans dix jours, quand le compte à rebours sera terminé, je veux pouvoir me regarder dans le miroir et me dire que je n’ai pas détourné les yeux. Que je n’ai pas haussé les épaules. Que je n’ai pas fait semblant que c’était normal. Parce que ce n’est pas normal. Ce ne sera jamais normal. Et le jour où ça le deviendra, c’est nous qu’on aura perdus — pas l’Iran, pas la guerre, pas le pétrole. Nous.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News, Xinhua News Agency).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles (The Washington Post, The New York Times, Financial Times, The Economist, Foreign Affairs, Le Monde, The Guardian).
Les données statistiques, économiques et géopolitiques citées proviennent d’institutions officielles : Agence internationale de l’énergie (AIE), Organisation mondiale du commerce (OMC), Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, instituts statistiques nationaux.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
Le Télégramme — Donald Trump lance un ultimatum de « dix jours » à l’Iran — Couverture factuelle de l’ultimatum présidentiel et du contexte diplomatique, 2025.
WJLA — Trump signals Iran strike decision could come within 10 days — Analyse du déploiement militaire américain au Moyen-Orient et des signaux de frappe potentielle.
KOMO News — Trump gives Iran an ultimatum: Make a deal or face the US military — Détails sur les conditions de l’ultimatum et la posture militaire américaine.
BBC News — Trump warns Iran ‘time is running out’ for nuclear deal as US military assets deployed — Couverture internationale de l’avertissement présidentiel et du renforcement militaire dans la région du Golfe.
Sources secondaires
CNN — Trump’s rationale is still opaque as he slides closer to war with Iran — Analyse de la logique stratégique derrière l’escalade et de l’opacité du processus décisionnel présidentiel.
Wikipedia — 2025–2026 Iran–United States negotiations — Chronologie complète des négociations et des tensions entre Washington et Téhéran depuis 2025.
Foreign Affairs — Analyses de fond sur la doctrine de pression maximale et ses effets sur le programme nucléaire iranien.
Reuters, Associated Press, Agence France-Presse — Dépêches factuelles sur les déploiements militaires américains au Moyen-Orient et les réactions iraniennes à l’ultimatum.
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.