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OPINION : Les Baltes disent non à la peur — et oui à leur propre survie
Crédit: Adobe Stock

Quand l’allié principal devient une variable incertaine

La question qui hante les dirigeants de Tallinn, de Riga et de Vilnius n’est plus théorique. Pendant des décennies, l’engagement américain envers l’Article 5 de l’OTAN — la clause de défense collective — était traité comme une certitude absolue, le socle indiscutable de l’architecture de sécurité européenne. Donald Trump a dynamité cette certitude. Non pas en quittant l’OTAN — il ne l’a pas fait, pas encore, peut-être jamais — mais en créant quelque chose de presque aussi dévastateur : le doute. Le doute sur l’intention réelle des États-Unis. Le doute sur la solidité des engagements formels quand un président peut qualifier des alliés de « passagers clandestins » et laisser entendre qu’il laisserait la Russie faire « ce qu’elle veut » aux pays qui ne paient pas assez pour leur défense.

Ce doute a des effets concrets. Il modifie les calculs de Moscou. Il fragilise la dissuasion, qui repose précisément sur la certitude de la réponse. Une alliance dont on ne sait plus si elle va tenir est une alliance qui tente le destin. Les dirigeants baltes le savent. Ils l’ont dit publiquement, avec une franchise qui contraste avec la langue de bois diplomatique habituelle. La Première ministre estonienne Kaja Kallas — aujourd’hui Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères — a été l’une des voix les plus claires sur ce sujet. Elle a dit ce que beaucoup pensent tout bas : l’Europe doit assumer sa propre défense, parce qu’on ne peut plus compter sur le fait que Washington sera toujours là.

Le calcul froid de la dissuasion fragilisée

La dissuasion militaire est un jeu psychologique avant d’être un jeu militaire. Elle fonctionne quand l’adversaire croit que le coût d’une agression sera trop élevé. Cette croyance repose sur deux piliers : la capacité de réponse et la volonté de répondre. Les États-Unis disposent d’une capacité militaire sans égale. Mais la volonté? C’est là que Trump a semé la confusion. Quand un président américain laisse entendre qu’il ne défendrait pas automatiquement un allié, il détruit le second pilier. Et sans le second pilier, la dissuasion perd une grande partie de son effet. Ce n’est pas anodin. C’est potentiellement dangereux. Et les Baltes, mieux que quiconque, comprennent ce danger.

Il y a quelque chose de profondément troublant dans le fait que les nations les plus exposées à la menace russe — celles qui ont le plus besoin de la solidarité atlantique — soient précisément celles qui reçoivent le moins de certitudes de la part de Washington. C’est une inversion cruelle de la logique de l’alliance.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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