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ANALYSE : 970 morts en 24 heures — le bilan apocalyptique de quatre ans de guerre russe en Ukraine
Crédit: Adobe Stock

Décoder le chiffre quotidien

970 pertes en 24 heures. Pour saisir la magnitude de ce chiffre, il faut le replacer dans sa perspective historique et contemporaine. À titre de comparaison, les États-Unis ont perdu environ 58 000 soldats sur l’ensemble de la guerre du Vietnam, soit sur plus de vingt ans de conflit direct. À ce rythme de 970 pertes par jour, la Russie accumulerait un bilan équivalent en moins de deux mois. Bien sûr, les définitions de « pertes » varient : les statistiques ukrainiennes incluent les tués, blessés graves, capturés et disparus, ce qui explique en partie des chiffres aussi élevés. Mais même en appliquant les ratios conventionnels admis par les analystes militaires — qui estiment généralement que les tués représentent environ 25 à 30% des pertes totales — cela signifie que la Russie compterait entre 240 et 290 tués au combat chaque jour. Une hécatombe silencieuse que les médias officiels russes s’emploient à masquer avec un acharnement qui frôle le pathétique.

Ces 970 pertes du 20 février 2026 s’inscrivent dans une tendance haussière préoccupante. Les analystes du conflit ont observé que les pertes quotidiennes russes ont augmenté significativement depuis le milieu de l’année 2024. Là où les bulletins ukrainiens affichaient 500 à 700 pertes quotidiennes en 2022 et 2023, les chiffres de 2025 et 2026 oscillent régulièrement entre 800 et 1200 par jour. Cette accélération coïncide avec plusieurs facteurs : l’intensification des offensives russes sur plusieurs axes simultanés, la dégradation de la qualité des troupes engagées — avec un recours massif à des recrues mal entraînées — et la sophistication croissante des systèmes d’armes ukrainiens, notamment en matière de drones et d’artillerie de précision. Le front consomme des hommes à un rythme que même l’immense réservoir démographique russe commence à peiner à satisfaire.

Ce que révèle cette accélération des pertes, c’est une guerre qui ne ralentit pas — elle s’emballe. Moscou a choisi la stratégie de l’entonnoir humain : envoyer des vagues et des vagues d’hommes, accepter des pertes inimaginables pour d’autres armées, dans l’espoir que l’Ukraine finisse par craquer avant la Russie. C’est un pari terrible, inhumain, et qui dit beaucoup sur la nature du régime qui le conduit.

La doctrine de l’attrition : Moscou joue une guerre de chiffres

La stratégie militaire russe depuis l’échec de la phase initiale de la guerre repose sur un principe brutal : l’attrition systématique. Moscou ne cherche plus à manœuvrer avec élégance ou à prendre des objectifs stratégiques audacieux. L’armée russe avance centimètre par centimètre, absorbant des pertes considérables pour grignoter des positions, consciente que sa supériorité numérique en hommes et en munitions devrait, théoriquement, finir par avoir raison de la résistance ukrainienne. Cette doctrine — appelée « rationnage humain » par certains analystes — est à la fois cynique et révélatrice d’une armée qui a renoncé à la victoire décisive pour jouer la carte de l’épuisement. Le problème est que l’Ukraine, soutenue par ses partenaires occidentaux, a démontré une résilience qui continue de déjouer les calculs de Moscou trimestre après trimestre.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.

Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.

Sources primaires : communiqués officiels de l’État-Major des Forces armées d’Ukraine, données publiées par ArmyInform (agence d’information officielle du ministère de la Défense d’Ukraine), déclarations publiques des dirigeants politiques et militaires, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News).

Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies comme le Oryx Project pour les pertes en équipements visuellement confirmées, l’Institut for the Study of War (ISW) pour l’analyse des dynamiques opérationnelles, et des publications spécialisées en géopolitique et stratégie militaire.

Les données de pertes citées proviennent exclusivement des bilans officiels ukrainiens. Ces chiffres incluent les tués, blessés, capturés et disparus selon la définition ukrainienne des pertes de combat. Les estimations occidentales indépendantes, bien que présentant des méthodologies différentes, confirment globalement les tendances directionnelles de ces bilans. Toute divergence d’estimation est naturelle dans le contexte d’une guerre active.

Nature de l’analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.

Toute évolution ultérieure de la situation — notamment en ce qui concerne les négociations diplomatiques en cours — pourrait modifier les perspectives présentées ici. Cet article reflète la situation telle qu’elle se présente au 20 février 2026, à quatre jours du quatrième anniversaire de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie.

Sources

Sources primaires

ArmyInform — Pertes russes au 20 février 2026 : 970 occupants, chars et véhicules blindés — 20 février 2026

ArmyInform — Plus de 1 000 occupants et un hélicoptère : pertes russes au 21 février 2026 — 21 février 2026

ArmyInform — La Russie lance un missile balistique et 120 drones sur l’Ukraine — 21 février 2026

Sources secondaires

ArmyInform — Crise de recrutement en Russie : les régions augmentent à nouveau les primes d’enrôlement — 21 février 2026

ArmyInform — La Russie perd plus qu’elle ne mobilise, tandis que l’Ukraine améliore ses systèmes sans pilote — 18 février 2026

ArmyInform — La guerre d’indépendance de l’Ukraine a commencé en février 2014 — 19 février 2026

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