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BILLET : 1 459 jours — et la Russie continue de compter ses morts en Ukraine
Crédit: Adobe Stock

Ce que disent les données ukrainiennes

Selon le rapport de Defence Ukraine daté du 11 juillet 2025, voici l’état des pertes russes documentées depuis le 24 février 2022 : 980 580 soldats mis hors de combat. 10 138 chars détruits ou capturés. 21 060 véhicules blindés neutralisés. 24 581 pièces d’artillerie perdues. 1 247 systèmes de lance-roquettes multiples. 1 020 systèmes de défense aérienne. 369 avions et 329 hélicoptères abattus. 19 700 drones détruits. 28 navires et bateaux coulés ou endommagés. Ces chiffres ne sont pas ceux du ministère de la Défense russe, qui lui publie des données que la réalité sur le terrain contredit systématiquement.

Est-ce que ces chiffres sont parfaits ? Non. Est-ce qu’ils sont vérifiables à 100% dans un contexte de guerre active ? Non. Mais ils sont corroborés par des sources indépendantes multiples — par des images satellites, par des vidéos géolocalisées, par des analyses d’Oryx, la plateforme open-source de référence sur les pertes d’équipements militaires, et par les rapports de plusieurs gouvernements occidentaux. Nier ces chiffres en bloc, c’est nier l’évidence d’une armée russe qui saigne depuis plus de quatre ans.

Ce que Moscou prétend, et ce que la réalité dit

La propagande russe a longtemps présenté cette guerre comme une opération chirurgicale, limitée, contrôlée. Vladimir Poutine s’est tenu devant des caméras et a parlé d’objectifs atteints, de démilitarisation, de dénazification. Mais les régions russes racontent une autre histoire. Les cérémonies funèbres se multiplient dans des villes que Moscou ne filme pas. Les contrats de mobilisation ont été étendus, les primes d’engagement gonflées, les conditions d’admissibilité élargies aux condamnés, aux malades, aux vieux. Quand un pays envoie ses prisonniers se battre, c’est qu’il a épuisé ses réserves confortables.

Et pourtant, la machine continue de tourner. La Russie accepte des pertes que nul État démocratique ne pourrait imposer à sa population sans s’effondrer politiquement. C’est là le paradoxe le plus glaçant de cette guerre : Moscou peut absorber le choc humain, non pas parce que ses soldats sont indestructibles, mais parce que son système politique est imperméable à la douleur collective.

Dix mille chars. Je répète : dix mille chars. C’est plus que ce que la plupart des pays de l’OTAN possèdent au total. Et la Russie les a perdus. Et elle continue. Cette seule donnée devrait glacer le sang de quiconque croit encore que cette guerre est une parenthèse.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.

Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables. Les données de pertes russes citées sont issues du rapport quotidien de Defence Ukraine, croisées avec les analyses d’Oryx (pertes d’équipements vérifiées par images) et les estimations des gouvernements occidentaux. Les chiffres de pertes en zones de guerre actives comportent une marge d’incertitude inhérente, clairement assumée dans ce billet.

Sources primaires : rapports officiels ukrainiens, déclarations des états-majors, données d’agences de presse internationales reconnues. Sources secondaires : analyses d’Oryx, rapports d’institutions de recherche spécialisées en sécurité internationale, publications de l’Institut international d’études stratégiques, couverture de médias reconnus incluant Reuters, Associated Press, BBC, Le Monde et The Guardian.

Nature de l’analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans ce billet constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles au 11 juillet 2025. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et d’offrir une lecture cohérente des transformations en cours. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales. Toute évolution ultérieure pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici.

Sources

Sources primaires

Defence Ukraine — 1459 Days of Russia-Ukraine War: Russian Casualties in Ukraine — 11 juillet 2025

Ministère de la Défense de l’Ukraine — Rapports quotidiens sur les pertes ennemies — 2025

OTAN — Ukraine : présence et soutien de l’Alliance — mis à jour 2025

Sources secondaires

Oryx — Attack on Europe: Documenting Russian Equipment Losses During the Russian Invasion of Ukraine — mis à jour en continu, 2022-2025

International Institute for Strategic Studies (IISS) — Ukraine Conflict Tracker — juillet 2025

Reuters — Russia-Ukraine War Latest Updates — 11 juillet 2025

Le Monde — Guerre en Ukraine : le bilan des pertes russes — juillet 2025

BBC News — Russia’s war in Ukraine: Maps and charts — mis à jour 2025

Foreign Policy — Ukraine’s War of Attrition: What the Numbers Really Tell Us — juillet 2025

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