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CHRONIQUE : Dans la nuit de Crimée, l’Ukraine frappe où Moscou ne l’attendait pas
Crédit: Adobe Stock

Une usine de réparation aéronautique comme cible

Pendant que les navires brûlaient à Inkerman, à l’autre bout de la péninsule, dans la ville de Yevpatoria, une autre opération se déroulait. L’usine de réparation aéronautique de Yevpatoria — une installation militaro-industrielle que Moscou utilise pour entretenir et remettre en état ses aéronefs déployés en Crimée — a été frappée. Cette nuit-là, deux appareils Be-12 stationnés sur le site ont été touchés.

Le Be-12 Tchaïka — « la mouette » en russe — est un avion amphibie d’origine soviétique. Âgé de plusieurs décennies, il reste pourtant en service actif dans la marine russe pour des missions de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine. En Crimée, ces appareils jouaient un rôle de surveillance des mouvements sous-marins en mer Noire, de détection de menaces, de coordination avec les unités navales. Deux Be-12 cloués au sol ou détruits, c’est un vide dans le réseau de détection maritime russe. Un vide que Moscou ne comblera pas facilement, dans une péninsule de plus en plus difficile à alimenter en matériel.

Yevpatoria est une ville balnéaire. Avant la guerre, les enfants y jouaient sur les plages. Aujourd’hui, cette même ville abrite des installations militaires russes que l’Ukraine vient de frapper. La guerre transforme tout ce qu’elle touche, même les noms qui sonnaient comme des vacances.

La valeur stratégique d’une usine de réparation

Dans une guerre d’usure comme celle qui se joue en Ukraine depuis 2022, les usines de réparation militaires sont aussi précieuses que les unités de combat elles-mêmes. Frapper une usine de réparation aéronautique, c’est obliger l’adversaire à évacuer le matériel restant, à allonger ses chaînes logistiques, à consacrer des ressources à la protection de sites industriels plutôt qu’au front. Chaque Be-12 endommagé à Yevpatoria est un appareil que les Russes devront soit réparer en Russie continentale — avec des délais, des coûts, des risques de transit — soit remplacer par du matériel qui manquera ailleurs.

L’Ukraine ne frappe pas au hasard. Elle frappe là où ça coûte le plus cher à l’économie de guerre russe. Les navires. Les avions. Les usines qui les maintiennent en état. La logique est celle d’une guerre asymétrique menée avec une précision croissante : transformer chaque rouble russe investi en Crimée en une question de sécurité permanente, une vulnérabilité constante, une dépense sans fin.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Cette chronique est rédigée par Maxime Marquette, chroniqueur indépendant spécialisé en géopolitique et conflits internationaux. Mon analyse s’appuie sur les faits vérifiés disponibles au moment de la rédaction et sur une couverture continue du conflit russo-ukrainien depuis 2022. Je n’ai aucun lien financier ou institutionnel avec des gouvernements ou organisations militaires impliqués dans ce conflit. Mon engagement éditorial est envers la vérité des faits et la dignité des personnes affectées.

Méthodologie et sources

Les informations de base de cet article proviennent du communiqué officiel de l’état-major des Forces armées ukrainiennes, relayé par l’agence Ukrinform. Les données contextuelles sur les navires Projet 22460, les avions Be-12, la flotte russe de mer Noire, et l’usine de Votkinsk reposent sur des sources ouvertes spécialisées, incluant des publications d’analyse militaire, des rapports d’instituts de recherche stratégique et la couverture continue du conflit par les grandes agences de presse internationales. Les appréciations stratégiques exprimées sont celles de l’auteur, nourries par quatre ans de suivi intensif du conflit.

Nature de l’analyse

Ce texte est une chronique d’opinion et non un article de presse factuel. Il mêle faits vérifiés et analyses personnelles, dans le respect des règles de la presse d’opinion. Les passages en italique représentent des réflexions éditoriales personnelles, clairement distinguées des éléments factuels. L’auteur assume pleinement ses positions, tout en reconnaissant que la complexité de ce conflit dépasse tout cadre d’analyse unique.

Toute couverture de ce conflit implique des choix éditoriaux. Couvrir les frappes ukrainiennes sur des cibles militaires en territoire occupé n’est pas une glorification de la guerre — c’est un témoignage de la réalité d’un conflit que le monde a parfois trop tendance à oublier.

Sources

Sources primaires

Ukrainian forces strike two Russian border guard ships, two Be-12 aircraft in Crimea — Ukrinform – 21 février 2026

Communiqué officiel de l’état-major des Forces armées ukrainiennes — Facebook officiel – 21 février 2026

Key Russian defense electronics facility ablaze in Mordovia — Ukrinform – 21 février 2026

Sources secondaires

Moskva: The flagship of Russia’s Black Sea fleet — BBC News – 14 avril 2022

Crimea Bridge: What Happened And What We Know — Radio Free Europe/Radio Liberty – 8 octobre 2022

Ukraine’s FP-5 Flamingo cruise missile program — Kyiv Independent – 2025

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